Musicologie

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  • Carlo SEVERI
    Musicologie: Panamá, Guyane. Extrait d'une enquête ethnographique filmée. Cette archive correspond à la cinquième séance d'une présentation de Carlo SEVERI, anthropologue, directeur d'études à l'EHESS, sur les Arts de la mémoire. Dans la première partie de son intervention, Carlo SEVERI rappelle les objectifs de ce séminaire et les notions abordées dans les séances précédentes. Il présente ensuite le système de parallélisme qui, dit-il, caractérise entre autres l'énonciation chamanique et la technique de la mémoire et de l'imagination. Dans la deuxième partie, il en vient à la communication entre humains et non-humains à travers la relation par le son et l'illustre par des extraits sonores de la pièce du toucan dont il commente en détails la structure.
  • Musicologie: Guyane. Extrait d'une enquête ethnographique filmée. SEVERI expose les travaux de Jean-Michel Beaudet, et notamment «Souffles d’Amazonie», publié par la Société d’ethnologie à Nanterre. Il cite Beaudet: «Tout acte de musique dans cette société est un acte de communication». Avec l’exemple des Wayᾶpis, on peut faire une sorte de sociologie de la musique en prenant trois niveaux de socialisation : l’individuel, la classe d’âge et le village. On distingue alors le solo, le Ture et le chant clanique (accompagné d’une danse). Cette sociologie répond à deux caractères importants de la musique : sa structure interne et son caractère monovalent. Dans le chant individuel on voit une distinction entre les auteurs et les intervalles. Dans le chant clanique il n’y a pas de distinction de notes mais on a des hétérophonies (la mélodie des hommes est à l’unisson alors que les femmes sont dans une sorte de canons désorganisés). Le Ture (clarinettes) est caractérisé par des plages de l’auteur et par l’intervention de contraste dans le timbre. Chaque musique est donc appropriée pour une seule situation de communication. Les instruments, les humains et les animaux parlent chez les Wayᾶpis, mais seuls les humains chantent.Les répertoires sont très définis, intolérants, et conduisent à des images musicales précises qui sont la propriété de quelqu’un, structurées de façon très fortes et similaires aux chants chamaniques Kuna. Le chant est une histoire auquel on a donné la forme d’une exécution musicale : le contenu et la forme frappent l’esprit par des correspondances à des niveaux d’élaboration structurale. Paroles chamaniques et musiques ritualisées sont des formes de communications monovalentes dont la circulation est sévèrement surveillée et dont le message convient à une seule situation d’énonciation. Le chant chamanique apparaît comme un schéma de communication qui correspond point par point à des situations particulières de communication par le son dans les sociétés amazoniennes.