Jean-François Breton

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  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Jean-François Breton présente brièvement son parcours professionnel et son engagement dans l’expédition de fouilles archéologiques à Shabwha, en Yémen en 1974. Après avoir retracé la chronologie des avancées de recherches archéologiques au Yémen, il expose son double intérêt pour le pays. La cause première est que, à l’inverse de l’Egypte, le Mésopotamie et le Levant, l’Arabie du Sud et le Yémen en particulier est resté longtemps méconnu par les archéologues, dû notamment aux troubles politiques. La deuxième raison est son originalité. Son isolement par rapport aux autres civilisations pose la question de l’influence ou d’isolement total.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. La première question incitée par l’étude de la civilisation sudarabique est celle de l’agriculture, et notamment celle de l’agriculture irriguée. Dès le IIIe millénaire, se dégagent deux types d’agricultures selon les milieux différents : une agriculture en marge du désert qui dépend des orages annuels et une agriculture de montagne, cette dernière étant la plus sophistiquée. Les agriculteurs ont su utiliser les crues violentes des montagnes pour créer des oasis dans lesquels peuvent se construire des établissements urbains.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Les fouilles à Shabwa ont permis de découvrir un grand nombre de bâtiments dont la nature a été débattue par différentes théories historiques. Deux sources contradictoires amènent à penser d’une part, sur la base des fouilles de l’Armée britannique en 1936, qu’il s’agit de nécropoles et d’autre part en suivant la source antique, de lieux de cultes. Selon la deuxième théorie , les sous-bassement correspondraient à la fondation des maisons. Les études de ces vestiges, ainsi que le palais royal de Shabwa permet de reconstituer d’une façon précise l’architecture du Yémen antique et les solutions originales qu’elle apporte.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Jean-François Breton apporte plus de précision sur le commerce de l’encens et sa concentration dans la région sudarabique, due à son climat favorable. Les plantes de l’encens se trouvent dans les franges désertiques, sur les côtes de la Mer Rouge. L’Egypte a fait plusieurs tentatives d’acclimater les plantes à leur milieu. A la moitié du IIe millénaire, ils importent les plantes d’encens, or leur exploitation est sans succès car le climat d’Egypte n’est pas propice à la culture. Le Proche-Orient connait d’autres types d’encens que ceux commercialisés par l’Arabie du Sud. Le commerce prend fin à la fin de l’Antiquité.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Jean-François Breton prend l’exemple du royaume de Saba pour comprendre l’organisation de la société yémnite en rapport avec son territoire. Il en donne la défintion comme étant une collectivité humaine unie par un culte et un territoire, en occurrence, l’oasis. La société se repose donc sur une organisation vitale de gestion d’eau, ainsi pourrait-on la rapprocher à une société hydraulique. Or, le cas particulier de l’Arabie de Sud est que les sociétés tribales s’organisent entre-eux sans pouvoir f édérateur. En revanche le royaume de Saba entretient par périodes un rôle de domination par rapport aux autres royaumes. Le progrès technique du système d’irrigation est le problème central de ces sociétés. Trois thèses ont été proposées sur la solution adoptée : soit les habitants ont construit des canaux pour ramener de l’eau en amont, en sachant que les structures sont fragiles, soit ils ont surbaissé le niveau des champs, soit, telle la solution leguée à Saba, ils ont construits des digues pour soulever l’eau au niveau des champs. Ces différentes thèses sont au cœur du débat entre les historiens et archéologues.
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    Jean-François Breton. Entretien filmé. Jean-François Breton fait un état des lieux des éléments connus en 1974 par rapport à la civilisation sudarabique, au Ier millénaire avant Jésus Christ. Il énumère le corpus d’inscriptions découvertes par les archéologues , allant de textes d’irrigation, de construction aux dédicaces aux dieux et aux textes illustrant les échanges économiques dans la vie quotidienne.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Jean-François Breton développe la réflexion sur les oasis et le système d’irrigation originale autour de Shabwa. Cette originalité provient du fait que les oasis sont directement liés aux torrents et qu’il existe une répartition égale en amont et en aval. Grâce à la collaboration avec les géologues, il a pu dresser un schéma général de la création de l’oasis. Il réussit ainsi à déterminer la durée de ces oasis, commençant dès le IIIe millénaire avant Jésus Christ et la taille maximum des oasis. Une tentative de datation des champs est en cours, par le biais de moyens thermoluminescence.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. La Mer Rouge devient au cours des décennies un lieu d’échanges et de liens entre les régions environnantes. Au IIe millénaire avant Jésus Christ, elle constitue un ensemble culturel et commercial entre les pays de la côte d’Afrique, mais elle sera remplacée par l’Arabie du Sud. A la moitié du VIIe siècle, à l’apogée du Saba, le royaume s’étend sur l’autre rive de la Mer Rouge et établit ses colonies dans le Tigré. Enfin, au IIe millénaire après Jésus-Christ, l’invasion de l’Arabie du Sud par les Ethiopiens à deux reprises signent de nouveaux liens entre les régions autour de la Mer Rouge.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. En lien avec l’irrigation, le commerce de l’encens constitue une autre grande source de revenus en Arabie du Sud. Or, ses bénéfices ont, plutôt que contribuer à améliorer l’agriculture irriguée, servi à augmenter le prestige des villes à travers l’architecture en pierre très travaillée. Ainsi les progrès techniques dans l’agriculture n’ont pas été investis, à la différence des civilisations contemporaines grecque et romaine. Il exclut ainsi la troisième théorie selon laquelle les agriculteurs auraient construit des digues. En effet, ils continuent à utiliser le système traditionnel des canaux jusqu’à l’épuisement obligeant l’abandon des oasis dans le Ve siècle avant Jésus Christ. Dès lors le peuple de L’Arabie du Sud se réfugie dans les hauts plateaux, notamment au Moyen-âge.
  • BRETON, Jean-François
    Jean-François Breton. Entretien filmé. Après avoir décrit le corpus d’inscriptions découvertes à Yémen, Jean-François Breton énumère les sources extérieures parlant de l’Arabie du Sud, à savoir la Bible, le Livre des Rois, les récits des voyageurs grecs et plus tard, les écrivains romains. L’ensemble de documents a fait naître deux thèses sur l’avènement de la culture sudarabique, l’un la situant au Vie siècle avant Jésus-Christ et l’autre au Ier millénaire avant Jésus-Christ. Ce débat va motiver les recherches de Jacqueline Pirenne, directrice de l’expédition de fouilles de la Mission Archéologique Française, à Shabwa, Yémen.