Musique

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  • Musique. Extrait d'un colloque filmé. Daniel Durney aborde ici le cri comme un débordement. Il s’agit d’un écart de la voix comme l’on parle d’écart de langage. Bien que la musique classique aime et recherche l’homogénéité, la musique contemporaine (à partir des années 1060) cherche, elle, à « déborder » de ce carcan. La voix perd en propreté ce qu’elle gagne alors en intensité, mais cette transformation, la théâtralité qui en est induite, ne doit pas être gratuite. Daniel Durney distingue quatre critères qui définissent le cri : l’élargissement de l’appareil phonatoire ; la disparition du langage articulé et la prééminence du son ; la préférence pour les messages cachés ; le refus de l’identification psychologique aux personnages. Le but de tout cela, d’après lui, est de sauvegarder l’imaginaire du spectateur. Il nous présente alors plusieurs compositeurs, leurs partitions et des extraits sonores de leurs travails. Tout d’abord Sequenza III de Berio, qui est une écriture sonore des émotions. Ensuite, l’oresteïa de Xenakis, inspirée du mythe de Cassandre. Puis, Stimmung de Stockhausen, un cœur pour 6 voix, avec des résonnances mystiques. Nuits, une pièce pour 12 chanteurs, de Xenakis. Et il finit avec un extrait d’Aventures, de Ligeti, un morceau pour trois chanteurs qui expriment tout un panel d’émotions. (la suite de l'intervention de Daniel Durney est disponible dans la deuxième partie de ce colloque)
  • Musique. Extrait d'un colloque filmé. Claire Pillot commence par expliquer que le cri est une élévation de la parole, il est plus intense (de 2 ou 3 octaves en général), mais il l’uniformise aussi. En effet, bien que le timbre et le spectre varient selon les locuteurs et les intentions, la parole est moins distinguable lorsqu’elle est criée. Claire Pillot mentionne ensuite les particularités phonétiques directes du cri : les voyelles sont allongées tandis que les consonnes sont courtes et la bouche est largement ouverte. Elle conclue sont intervention en diffusant plusieurs extraits de musiques qui illustrent ses propos : 1. « Les cris de paris », Clément Janequin 2. « Le cri de la fin du Don Giovanni », Mozart 3. « Der Freschütz », Karl Maria von Weber 4. « Carmen », Georges Bizet Le but de cette intervention est d’amener à réfléchir sur le rôle du cri et ses implications selon les situations.
  • Musique. Colloque filmé. Enzo Cormann, dramaturge et écrivain de théâtre, ainsi que Jean-Marc Padovani, saxophoniste, compositeur et formateur de jazz européen, prennent tour à tour la parole pour présenter leur travail commun sur le jazz poème. Enzo Cormann commence par lire un texte expliquant les préalables de leurs recherches, ainsi que les raisons qui les ont poussés à choisir le jazz. C’est en 1990 qu’a débuté leur aventure, avec la création d’un label commun. Leur souhait d’associer poèmes et mélodies exclu de reléguer la musique au rang d’accompagnement ainsi que la romantisation de la parole. Le mode et le rythme ne doivent ni être figé, ni figer la composition. Ils comparent le rapprochement de la musique et de la parole à une couture, en effet ils s’unissent sans se mélanger. Le jazz s’est imposé de lui-même dans leur travail. Etant principalement une musique d’improvisation, il se prête parfaitement à ce qu’ils souhaitent faire. Enzo Cormann et Jean-Marc Padovani font ensuite écouter plusieurs extraits musicaux qu’ils commentent en même temps. Tout d’abord, trois versions contemporaine de « Summertime » (Davis - 1958 : John Coltrane - 1961 ; Albert Ayler - 1963), suivit d’une improvisation d’Ornette Colemann, puis d’un extrait de l’un de leurs travaux improvisés sur des textes de Jack Kerouac « Les chorus ». Enfin, ils terminent leur intervention par une chanson de William Burroughs qui illustre ce qu’ils appellent ‘la parole croisée’.