Gestion des ressources naturelles

1 média.
  • Gestion des ressources naturelles. Historiquement, la question de la relation entre population et subsistances est posée depuis la fin du XVIIIème siècle par Thomas Malthus. Selon lui, l'augmentation de la population est inévitablement freinée par le plafond des subsistances disponible. Après un arrêt de la croissance et une augmentation de la production de subsistances, l'augmentation de population peut rependre, pour recommencer un cycle similaire. Selon Hervé LE BRAS, cette théorie ne permet pas d'envisager la complexité du système. En effet, la Food and Agriculture Organization (FAO) a montré que la production agricole a augmenté plus vite que la population humaine depuis les années 1950. Le fait qu'une grande partie de la population ne soit pas nourrie ne peut être que partiellement expliqué par une répartition sociale inégalitaire. Il faut aussi prendre en compte les usages de l'agriculture, ce que propose de faire Hervé LE BRAS. Il existe selon lui un problème entre production et consommation, la première étant fort supérieure à la seconde. En effet, une grande partie de la production agricole est destinée à la consommation animale, qui engendre des « pertes ». Les humains consomment ainsi une plus petite part de céréales que les animaux. Ainsi, il apparaît que l'équilibre entre les subsistances et la population ne dépend pas simplement de l'augmentation de cette dernière, mais bien du type de régime alimentaire adopté : si la part accordée à l'alimentation animale était nulle, il serait possible de nourrir 11 milliards d'êtres humains avec la production agricole actuelle. A l'inverse, si l'ensemble de la production était destinée à la consommation de viande, 2 milliards d'humains pourraient être nourris. Le système alimentaire est donc un enjeu essentiel de la relation entre subsistances et populations. Par ailleurs, l'agriculture sert de plus en plus à d'autres usages, comme les biocarburants (liés aux coûts du pétrole). Ainsi, le lien entre population et subsistances dépend moins du nombre de la première que de l'évolution des usages de l'agriculture et du système adopté.