Linguistique comparative

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  • RILLY Claude
    Linguistique comparative. Entretien filmé. Claude RILLY est chargé de recherche au LLACAN, CNRS, où il travaille sur la langue du royaume de Méroé, écrite il y a deux millénaires au nord du Soudan. La particularité de son travail consiste à relier la philologie classique, les études méroïtiques étant une branche de l'égyptologie, et la description linguistique appliquée à des langues africaines modernes, pour la plupart presque inconnues. Il nous présente ici les particularité de sa profession, étant actuellement le seule spécialiste reconnu de la langue méroïtique, l'histoir de l'étude de cette culture. Il aborde également quelques questions de linguistique au travers des deux modes d'écritures développés par la civilisation de Méroé.
  • Linguistique comparative. Enquête linguistique filmée. Pour mener une recherche linguistique, il faut disposer d'une bonne description des variétés de langues et dialectes parlés. Or, bien que commencé dans les années 1970, ce travail a peu avancé et il reste beaucoup à faire notamment dans les régions où le quechua a fortement reculé voire disparu ces dernières années, déclare César Itier. Au début des années 1960, le fondateur de la linguistique andine, Alfredo Torero, a publié une «classification des dialectes quechua» dans laquelle il propose deux grands groupes de dialectes délimités géographiquement: le quechua I (centre et centre nord du Pérou) et le quechua II (centre sud et sud du Pérou, Bolivie, Argentine, Equateur et extrême sud de la Colombie). Dans les années 1980, un linguiste australien, Gérald Taylor, admet qu'il existe des dialectes mixtes, c'est-à-dire qui présentent des caractéristiques du quechua I et II ainsi que des caractéristiques d’autres zones (par exemple de la région de Lima qui serait comme une zone de transition entre les dialectes I et II). D'après les recensements les plus récents, le nombre de locuteurs seraient d'environ 10 millions de personnes (ce qui fait du quechua la première famille linguistique d'Amérique du sud).
  • Linguistique comparative: Ethnolinguistique. Enquête linguistique filmée. Les différences entre les quechua I et II sont surtout d'ordre lexical et phonologique alors que le système grammatical et la syntaxe sont assez similaires. Le quechua est une langue à tendance agglutinante qui procède par juxtaposition de suffixes sur une base soit verbale soit nominale. Ces suffixes expriment des valeurs grammaticales ou sémantiques. Par exemple, le quechua de Cuzco comporte une centaine de suffixes. A la plupart de ces suffixes ne correspond qu'un seul signifié, ce qui rend la langue assez transparente. La langue quechua a une morphologie verbale très riche (suffixes apposés sur une base verbale). Le quechua s'intéresse peu au temps: il n'y a pas de présent et peu de passé. En revanche, la langue exprime l'orientation des processus dans l'espace. Il existe donc tout un ensemble de suffixes pour exprimer l'orientation et la place des actants dans l'espace. L'inscription dans l'espace concerne tous les rapports que peuvent y entretenir les individus et c'est ce qui est le plus difficile à apprendre dans la langue car cela nous oblige à regarder les processus d'une façon différente, déclare César Itier.