Ethnolinguistique

11 médias.
  • Françoise ROSE
    Ethnolinguistique. Enquête linguistique filmée. Dans cet entretien, Françoise ROSE expose son travail de description sur deux langues en danger dont elle est devenue spécialiste: l’émérillon de la famille tupi-guarani de Guyane française et le mojeño trinitario de la famille arawak, parlé dans les basses terres de Bolivie. Elle décrit ces deux langues à travers leur morphosyntaxe et illustre sa description par quelques exemples phonologiques et sémantiques. Elle conclut sa présentation par un résumé typologique et aréal, un état des lieux de l’enseignement de ces langues ainsi que de ses premiers résultats sur le mojeño trinitario.
  • Antoine GUILLAUME
    Ethnolinguistique. Enquête linguistique filmée. Dans cet entretien, Antoine GUILLAUME décrit ses recherches, depuis sa maîtrise jusqu'aux recherches post-doctorales, en passant par ses multiples séjours de terrain dans les terres basses de Bolivie. Il explique sa méthodologie et plus particulièrement la linguistique de documentation. Il se livre à une démonstration de quelques outils informatiques dédiés à l'analyse des langues et à la linguistique de corpus.
  • GIL GARCÍA Francisco Miguel
    Ethnolinguistique: Anthropologie. Colloque filmé. Francisco Miguel GIL GARCÍA, anthropologue à l’Université Complutense de Madrid (Espagne) s’intéresse aux processus “d’expropriation” du passé pour la construction d’identités présentes dans la communauté de Santiago de Chuquilla, située dans le Province du Nord Lipez, Potosi, Bolivie. Il cherche à interpréter les logiques narratives qu’utilisent les populations de la communauté de Santiago pour reconstruire leur histoire et construire leur identité présente à partir d’une « expropriation » sélective d’évènements du passé, qui se reflète et se projette sur des bornes spatiales concrètes. Il se demande ainsi dans quelle mesure la représentation du passé et la reconstruction historique contribuent à définir l’identité des comuneros de Santiago. Pour cela il analyse et interprète la chronologie historique de la communauté à travers les différents récits recueillis et les documents administratifs compilés.
  • César ITIER
    Ethnolinguistique. Enquête linguistique filmée. Dans cet entretien, César Itier fait un panorama des grandes caractéristiques linguistiques de la langue quechua et précise les thèmes liés à la tradition orale. César ITIER est maître de conférences à l'INALCO (Institut des Langues et Civilisations Orientales) où il enseigne le quechua et son histoire. Il fait également partie du laboratoire du CNRS CELIA (Centre d'Etudes des Langues Indigènes d'Amérique) et travaille plus particulièrement sur la tradition orale quechua, le théâtre quechua colonial et moderne, la philologie des textes quechuas coloniaux, la linguistique historique et la dialectologie du quechua.
  • Francesc QUEIXALOS
    Ethnolinguistique. Enquête linguistique filmée. Au-delà de ses propres travaux de recherche, Francesc Queixalos présente dans cet entretien le concept de diversité des langues, la carte linguistique de l'Amérique, l'hypothèse de Greenberg et l'évolution des recherches sur les migrations ethniques, la distribution des familles de langues et leurs locuteurs, ainsi que la notion de langues ergatives.
  • ROULON-DOKO, Paulette
    Ethnolinguistique: Anthropologie linguistique. Entretien filmé. Paulette Roulon-Doko, Directrice de recherche au CNRS, membre de LLACAN (Langues et Cultures d’Afrique Noire), nous présente dans cet entretien, la langue et la culture de l’ethnie Gbaya 'bodoe de Centrafrique.
  • GRINEVALD Colette
    Ethnolinguistique: Anthropologie linguistique. Entretien filmé. Colette GRINEVALD est linguiste, spécialiste des langues amérindiennes. Après avoir enseigné à l'Université d'Oregon aux Etats-Unis dans les années 90, elle revient en France où elle enseigne à présent la linguistique à l'Université Lumière à Lyon. Elle est également membre du laboratoire Dynamique Du Langage (DDL) membre du Conseil Scientifique du programme Sorosoro de la Fondation Chirac. Son travail se concentre notamment sur la description des langues amérindiennes : langues mayas, langues chibchas, langues amazoniennes du Guatemala, du Nicaragua, de l'Equateur et de la Bolivie. Dans cet entretien, Colette GRINEVALD se penche sur la problématique des langues en danger. Son travail de terrain en Amérique Latine lui a permis de construire une réflexion autour des questions de documentation de ces langues, de leur protection ainsi que de leur revitalisation.
  • Ethnolinguistique. Extrait d'une enquête ethnographique filmée. La première démarche est de se débarrasser des mots inertes comme par exemple «narration», expose SEVERI. Il donne un exemple concret en examinant la forme (très différente d’une forme narrative) et le contexte d’énonciation. Il rappelle ensuite le schéma narratif classique définit par les théoriciens du chamanisme comme Mircea Eliade, qui explique le chamanisme comme une grande intrigue internationale qui irait de l’Asie centrale jusqu’à l’Océanie, et qui raconterait la disparition d’un principe spirituel : la disparition d’une âme provoque un corps souffrant. L’activité thérapeutique, selon eux, serait alors essentiellement réduite à l’intervention du retour à l’ordre, c’est-à-dire la recherche de l’âme perdue et son rétablissement dans le corps pour lui redonner la santé. SEVERI prétend que ce schéma narratif ne se trouve qu’en toile de fond et que du point de vue de la forme, on trouve plutôt de façon récurrente une organisation presque musicale de groupes de mots qui, selon lui, a un sens. Il précise d’ailleurs que ces séquences de mots n’ont rien d’une interlocution directe puisque les témoins ne comprennent rien à ce que le chant communique et qu’on trouve des interlocuteurs animaux dans ce chant, ce qui signifie qu’on utilise une langue dont la source n’est pas humaine.
  • Ethnolinguistique. Extrait d'une recherche de terrain filmée. La narration traditionnelle occidentale joue avec l’attention et provoque une mise en attente d’un développement ou d’une surprise. La position d’énonciation n’est pas marquée: c’est une parole qui est à tout le monde et qui acquiert une valeur par sa diffusion. Elle fait partie des grands patrimoines communs, explique SEVERI. Le chant chamanique, lui, s’énonce dans certaines conditions spécifiques, ce qui multiplie les obstacles à la propagation. Il s’agit d’une tradition orale qui est aussi chorégraphique, qui n’a pas de structure narrative, et qui contient des parties qui ne doivent jamais être énoncées. SEVERI revient sur la définition du mot «chant»: le terme indigène Igala signifie «parcours» et il n’est en aucun cas question de musique, même si les mots sont assemblés de manière sonore. SEVERI démontre que le modèle de la tradition orale, qu’on aurait pu être tenté de prendre comme référence, ne fonctionne pas pour le chant chamanique Kuna.
  • Ethnolinguistique. Extrait d'une enquête ethnographique filmée. On fait du mémorable dans une société, en mobilisant tout d'abord des images saisissantes qui frappent l’imagination, rappelle SEVERI. Cependant on se rend compte que ces images ont une forme spécifique et qu’elles ne sont pas seulement le produit d’une imagination mais plutôt d’une imagination orientée. Il y a un modèle commun qui permet d’engendrer de nouvelles images selon une véritable règle du jeu. Le jaguar du ciel vit d’une tension basée sur le fait qu’il est simultanément une chose et une autre. Ce sont des connotations contradictoires qui témoignent de l’animal impossible, en éternelle métamorphose, et qui est toujours quelque chose et son contraire. Il est un déclencheur d’histoires, de pensées, de rêves éveillés et d’angoisses éventuellement. L’exercice de l’imagination qu’il engendre est orienté par des techniques qui le rendent reconnaissable. Ce jeu est celui du surnaturel kuna qui repose sur une interpénétration d’univers différents. Cette technique est celle du parallélisme, la matrice qui permet de fixer la mémorisation et d’inventer, à l’intérieur d’un domaine qui reste reconnaissable. L’un des talents d’un chef religieux kuna est d’utiliser le parallélisme pour respecter l’énonciation des règles ritualisées. Nous sommes dans une parole forte qui fait aussi l’autorité d’un chef. C’est une mémoire dynamique qui respecte les règles de la tradition, du passé. Et SEVERI conclut que toute technique de la mémoire n’est donc pas seulement une technique de codage mais aussi de’ l’imagination.