Engagement d'un historien. STORA Benjamin

Chapitre

Titre: Croisement de l’histoire et de l’autobiographie
Durée: 00:03:27   [00:00:00 > 00:03:27]
Genre: Extrait d'entretien filmé
Langue(s): Français
Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique brièvement ce qui l’a amené d’un statut d’historien classique à celui d’historien d’atypique. Selon lui, beaucoup d’historiens se présentant comme neutres sont en réalité influencés par leur vécu ou leurs engagements. Marqué par l’ouvrage « L’historien engagé » (édition de l’Aube, 2000), d’Eric Hobsbawm, il compare son parcours au sien. Cela commence par une phase d’investissement dans l’histoire de l’Algérie au travers des archives classiques des années 1970 jusqu’aux années 1990, puis il bascule vers un autre type d’histoire avec son ouvrage « La gangrène et l’oubli » (éditions La Découverte, 2005), pour arriver à un investissement également autobiographique et personnel dans l’écriture de l’histoire directe.
Type: Livre
Auteur: Benjamin STORA
Url: http://www.univ-paris13.fr/benjaminstora/premieres-pages/178-la-gangrene-et-loubli-la-memoire-de-la-guerre-dalgerie
"Cet ouvrage sur la mémoire de la guerre d’Algérie a été rédigé en 1990-1991. Trente ans après l’indépendance de l’Algérie, j’ai tenté de montrer comment cette guerre ne se finissait pas, dans les têtes et dans les cœurs. Parce que, de part et d’autre de la Méditerranée, elle n’a pas été suffisamment nommée, montrée, assumée dans et par une mémoire collective. La mise en mémoire qui devait permettre l’apaisement par une évaluation rationnelle de la guerre d’Algérie a été « empêchée » par les acteurs belligérants. Le lecteur verra comment se sont mis en place les mécanismes de fabrication de l’oubli de ce conflit inavouable ; comment les « événements » qui se sont produits entre 1954 et 1962 ont structuré en profondeur la culture politique française contemporaine ; comment une frénésie de la commémoration de la guerre, en Algérie, a fondé une légitimité militaire étatique, appuyée sur un parti unique. En France, un oubli de la guerre, et en Algérie, un oubli de l’histoire réelle pour construire une culture de guerre…Bref, cet ouvrage d’histoire, La Gangrène et l’Oubli, entendait ne pas perdre de vue l’injonction de Freud, « N’oubliez pas l’oubli ! », en proposant une réflexion sur le décalage entre ceux qui doivent légitimement oublier pour continuer à vivre après la guerre d’Algérie, ceux qui souffrent de cruelles réminiscences, et ceux qui ne supportent plus, de part et d’autre de la Méditerranée, les trous de mémoire voulu, volontaire de cette guerre." (Université Paris XIII, http://www.univ-paris13.fr/benjaminstora/premieres-pages/178-la-gangrene-et-loubli-la-memoire-de-la-guerre-dalgerie)
Type: Livre
Auteur: Eric HOBSBAWM, Claude KIEJMAN (dir.)
Eric HOBSBAWM, Claude KIEJMAN (dir.). "L'historien engagé", Paris, Edition de l'Aube, 2000, 64 pages.
Titre: La Guerre d’Algérie : une histoire dans le présent
Durée: 00:05:48   [00:03:27 > 00:09:15]
Langue(s): Français
Benjamin STORA explique dans ce chapitre les raisons qui l’ont amené à s’intéresser à la Guerre d’Algérie d’un point de vue académique. Dans les années 1970, sous l’impulsion des manifestations, les étudiants très engagés politiquement à gauche portaient un grand intérêt pour les révolutions. Benjamin STORA a été amené à s’intéresser à l’Algérie, poussé par ses professeurs, en pensant aborder un sujet banal et vierge. Il ne s’attendait pas à ce que cette histoire le touche personnellement, ni à ce que ce sujet se retrouve au cœur de polémiques diverses. Cependant, bien que finie, en France cette guerre n’était pas enterrée, et l’actualité de ces évènements l’a poussé naturellement à se rapprocher de son présent. C’est presque malgré lui qu’il a quitté le statut d’historien traditionnel pour celui d’auteur.
Titre: Les années d’engagement politique
Durée: 00:10:51   [00:09:15 > 00:20:06]
Langue(s): Français
Dans ce chapitre, Benjamin STORA revient sur les évènements qui l’ont ouvert à la conscience politique. Il y a eu pour cela deux dates clés : 1962 et 1968. En 1962, il quitte l’Algérie pour la France. Il a alors 12 ans et c’est pour lui une rupture brutale le faisant passer d’une vie en communauté constituée autour d’une filiation à une dispersion et un isolement. Cette solitude ne prendra fin qu’avec les évènements de 1968, alors qu’il a 17 ans. Il vit alors une aventure collective qu’il qualifie d’incroyable. Cet éveil est pour lui une période très riche d’apprentissage au travers de livres, de films et d’échanges.
Sujet: Peuples du monde
Topique: France
Détail particulier: 01/05/1968
Mots-clés: France ; manifestation ; grève ; mai 68 ; 1968
Localisation spatiale du sujet: France
Localisation temporelle du sujet: 1968
Aspects rhétoriques et discursifs: Témoignage
En mai 1968, la France a connu une série d’événements qui ont mené au plus important mouvement social de France du XXe siècle. Les mouvements étudiants et ouvriers qui ont mené à des manifestations et à des grèves générales avaient des origines et des revendications très variées, allant de la contestation politique à la revendication matérielle et salariale. Mai 68 est également un symbole du soulèvement social.
Titre: Les enseignements de Camus
Durée: 00:05:36   [00:20:06 > 00:25:42]
Langue(s): Français
Benjamin STORA explique dans ce chapitre l’évolution du regard qu’il posait sur Albert Camus et sur ses œuvres. Au début, il avait un regard traditionnaliste, presque « sartrien », comme il le dit lui-même. La tendance dans les années 1970 était au modèle théorique, l’opposition entre colonisateurs et colonisés, exploiteurs et exploités, or en refusant de choisir un camp, Camus ne rentrait pas dans le carcan classique. Ce n’est qu’à partir du début de la guerre civile algérienne, lorsque l’armée s’est retrouvée opposée aux groupes islamistes armés, et qu’il n’a pu choisir entre l’un ou l’autre des camps, que Benjamin STORA a commencé à comprendre le positionnement de Camus. En 1994, « Lorsqu’il lit le premier homme » (éditions Gallimard, 1994), son regard bascule, il comprend alors qu’il est attaché à un pays et non à un groupe.
Sujet: Personnalités de référence
Topique: CAMUS
Prénom: Albert
Mots-clés: Camus ; écrivain ; engagement ; france ; algérie
Localisation spatiale du sujet: Algérie ; France
Localisation temporelle du sujet: 1913/1960
Aspects rhétoriques et discursifs: Critique ; Engagement ; Explication
Albert CAMUS est un écrivain français du XXe siècle. Né en Algérie française d’un père français et d’une mère d’origine espagnole, il évolue dans un milieu relativement pauvre. Il rejoint le Parti Communiste Algérien en 1935 mais en est exclu en 1937 à cause de ses désaccords avec certaines lignes politiques du parti. Son premier essai parait en 1936, et il ne s’arrêtera plus jusqu’à sa mort. Albert CAMUS se méfiait des idéologies et des déviations révolutionnaires, ce qui l’a amené à des confrontations avec certains de ses amis, jusqu’à la rupture, comme avec Jean-Paul SARTRE en 1952. En 1958, il obtient le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Son positionnement sur la guerre d’Algérie se caractérise par un refus de prendre parti pour l’un ou l’autre des camps, ce qui une nouvelle fois l’a amené à être âprement critiqué par une partie de la population. Il décède en France en 1960 dans un accident de voiture.
Type: Livre
Auteur: Albert CAMUS
CAMUS, Albert. "L'Etranger", Paris: Gallimard, 1971, 191p.
Titre: L’épreuve de l’objectivité
Durée: 00:06:45   [00:25:42 > 00:32:27]
Langue(s): Français
Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique les avantages et désavantages de sa proximité avec la terre algérienne et les Algériens. C’est un avantage parce que cela lui a ouvert des portes : il a pu rencontrer des militants nationalistes qui lui ont accordé leur confiance plus facilement et a ainsi eu accès à des sources algériennes plus librement, comme avec la fille de Messali HADJ. Cependant, cette proximité peut également être un handicap lorsqu'elle est prise dans la subjectivité: il faut alors prendre des distances qui permettent de porter un regard critique.
Sujet: Personnalités de référence
Topique: Messali
Autre formulation du sujet: Hadj
Prénom: AHMED
Mots-clés: Messali ; algérie ; politique ; indépendance
Localisation spatiale du sujet: Algérie
Localisation temporelle du sujet: 1898/1974
Messali HADJ est un homme politique algérien du XXe siècle. Il a notamment joué un rôle important dans le processus ayant mené à l’indépendance algérienne. Fondateurs de plusieurs mouvements pro Algérie indépendante, il réclame cette dernière dès 1927. L’un de ses mouvements, le Mouvement National Algérien, entre en conflit avec le Front de Libération Nationale et Messali HADJ s’est donc retrouvé écarté du monde politique, même après la création de la nouvelle République.
Titre: L’histoire à « hauteur d’homme »
Durée: 00:02:15   [00:32:27 > 00:34:42]
Langue(s): Français
Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique ce qu’il appelle une histoire à hauteur d’homme. Pour lui, envisager l’histoire comme simple et unique est insatisfaisant. L’un des inconvénients d’une telle histoire est le dogmatisme, c’est pourquoi lorsqu’il s’est dégagé de ce type d’engagement, il a rédigé un dictionnaire biographique des nationalistes algériens. Il a voulu ainsi quitter le rivage des textes théoriques des idéologues français : l’histoire à hauteur d’homme offre une perspective bien plus complexe et diverse.
Titre: La guerre d’Algérie ou la persistance du non-dit
Durée: 00:05:00   [00:34:42 > 00:39:42]
Langue(s): Français
Benjamin STORA revient brièvement dans ce chapitre sur le non-dit de la guerre et de l’après-guerre. D’après lui, pour les Français comme pour les Algériens, il y a une quasi-impossibilité à pouvoir assumer une histoire complexe du côté opposé. Il pensait que son travail sur la mémoire de la guerre permettrait de réduire les saignements de cette dernière, cependant cela a été rendu inefficace par l’insatisfaction sur le plan politique engendrée par ce regard porté sur l’histoire.
Titre: La biographie comme mode d’écriture de l’histoire
Durée: 00:02:27   [00:39:42 > 00:42:09]
Langue(s): Français
Dans ce chapitre, Benjamin STORA évoque rapidement le choix qu’il a fait de la biographie pour écrire l’histoire. Pour lui, cette décision découle d’une volonté de donner des visages à l’histoire. Dans les années 1970, l’accent était mis sur la masse anonyme, rédiger une thèse sur une biographie n’était pas évident, les autobiographies étaient même considérées comme faisant partie d’une histoire mineure.
Sujet: Littérature par genre
Topique: Littérature biographique
Mots-clés: Littérature ; biographie ; autobiographie
Aspects rhétoriques et discursifs: Argumentation
La biographie est un genre littéraire qui a pour objet l’histoire de la vie d’une personne. Elle se décline en deux sous-branches : l’autobiographie, dans laquelle une personne rapporte sa propre histoire, et la biographie dans laquelle une tiers personne rapporte le récit d’une vie. Ce genre littéraire existe depuis l’antiquité, même si le terme qui le désigne n’est apparu qu’au XVIIe siècle.
Titre: Désir de mémoire et désir d’oubli
Durée: 00:07:31   [00:42:09 > 00:49:40]
Langue(s): Français
Benjamin STORA explique ici le phénomène de l’oubli dans les sociétés françaises et algériennes. Il n’y a pas d’instance, explique-t-il, qui décide de l’oubli ou de l’alternance entre l’oubli et la mémoire. Cependant, l’Etat tente de s’imposer dans ce domaine, notamment avec les amnisties dont la société française s’accommode globalement. La volonté de l’oubli est en effet déjà présente au cœur même de cette société. Du côté algérien, cette volonté est vue comme un pacte des élites. A la sortie de la guerre civile, les Algériens épuisés aspiraient ardemment à la paix, c’est pourquoi il n’y a pas eu de refus formulé de ce pacte. Le désenchantement est venu plus progressivement.
Titre: L’Union du Maghreb Arabe ou l’archaïsme des frontières
Durée: 00:02:57   [00:49:40 > 00:52:37]
Langue(s): Français
Benjamin STORA conclut cet entretien en abordant le paradoxe de l’Union du Maghreb Arabe. Ce dernier est en effet au point mort, peut être que le nom aurait pu être différent, le Maghreb n’étant pas qu’arabe. Aujourd’hui, les pays du Maghreb se présentent divisés. Pour Benjamin STORA il est important de réfléchir au moins à la libre circulation dans l’espace et de rétablir des liens de confiance entre des sociétés. L’archaïsme des frontières doit être dépassé.

10 chapitres.
  • Extrait d'entretien filmé. Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique brièvement ce qui l’a amené d’un statut d’historien classique à celui d’historien d’atypique. Selon lui, beaucoup d’historiens se présentant comme neutres sont en réalité influencés par leur vécu ou leurs engagements. Marqué par l’ouvrage « L’historien engagé » (édition de l’Aube, 2000), d’Eric Hobsbawm, il compare son parcours au sien. Cela commence par une phase d’investissement dans l’histoire de l’Algérie au travers des archives classiques des années 1970 jusqu’aux années 1990, puis il bascule vers un autre type d’histoire avec son ouvrage « La gangrène et l’oubli » (éditions La Découverte, 2005), pour arriver à un investissement également autobiographique et personnel dans l’écriture de l’histoire directe.
  • Benjamin STORA explique dans ce chapitre les raisons qui l’ont amené à s’intéresser à la Guerre d’Algérie d’un point de vue académique. Dans les années 1970, sous l’impulsion des manifestations, les étudiants très engagés politiquement à gauche portaient un grand intérêt pour les révolutions. Benjamin STORA a été amené à s’intéresser à l’Algérie, poussé par ses professeurs, en pensant aborder un sujet banal et vierge. Il ne s’attendait pas à ce que cette histoire le touche personnellement, ni à ce que ce sujet se retrouve au cœur de polémiques diverses. Cependant, bien que finie, en France cette guerre n’était pas enterrée, et l’actualité de ces évènements l’a poussé naturellement à se rapprocher de son présent. C’est presque malgré lui qu’il a quitté le statut d’historien traditionnel pour celui d’auteur.
  • Dans ce chapitre, Benjamin STORA revient sur les évènements qui l’ont ouvert à la conscience politique. Il y a eu pour cela deux dates clés : 1962 et 1968. En 1962, il quitte l’Algérie pour la France. Il a alors 12 ans et c’est pour lui une rupture brutale le faisant passer d’une vie en communauté constituée autour d’une filiation à une dispersion et un isolement. Cette solitude ne prendra fin qu’avec les évènements de 1968, alors qu’il a 17 ans. Il vit alors une aventure collective qu’il qualifie d’incroyable. Cet éveil est pour lui une période très riche d’apprentissage au travers de livres, de films et d’échanges.
  • Benjamin STORA explique dans ce chapitre l’évolution du regard qu’il posait sur Albert Camus et sur ses œuvres. Au début, il avait un regard traditionnaliste, presque « sartrien », comme il le dit lui-même. La tendance dans les années 1970 était au modèle théorique, l’opposition entre colonisateurs et colonisés, exploiteurs et exploités, or en refusant de choisir un camp, Camus ne rentrait pas dans le carcan classique. Ce n’est qu’à partir du début de la guerre civile algérienne, lorsque l’armée s’est retrouvée opposée aux groupes islamistes armés, et qu’il n’a pu choisir entre l’un ou l’autre des camps, que Benjamin STORA a commencé à comprendre le positionnement de Camus. En 1994, « Lorsqu’il lit le premier homme » (éditions Gallimard, 1994), son regard bascule, il comprend alors qu’il est attaché à un pays et non à un groupe.
  • Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique les avantages et désavantages de sa proximité avec la terre algérienne et les Algériens. C’est un avantage parce que cela lui a ouvert des portes : il a pu rencontrer des militants nationalistes qui lui ont accordé leur confiance plus facilement et a ainsi eu accès à des sources algériennes plus librement, comme avec la fille de Messali HADJ. Cependant, cette proximité peut également être un handicap lorsqu'elle est prise dans la subjectivité: il faut alors prendre des distances qui permettent de porter un regard critique.
  • Dans ce chapitre, Benjamin STORA explique ce qu’il appelle une histoire à hauteur d’homme. Pour lui, envisager l’histoire comme simple et unique est insatisfaisant. L’un des inconvénients d’une telle histoire est le dogmatisme, c’est pourquoi lorsqu’il s’est dégagé de ce type d’engagement, il a rédigé un dictionnaire biographique des nationalistes algériens. Il a voulu ainsi quitter le rivage des textes théoriques des idéologues français : l’histoire à hauteur d’homme offre une perspective bien plus complexe et diverse.
  • Benjamin STORA revient brièvement dans ce chapitre sur le non-dit de la guerre et de l’après-guerre. D’après lui, pour les Français comme pour les Algériens, il y a une quasi-impossibilité à pouvoir assumer une histoire complexe du côté opposé. Il pensait que son travail sur la mémoire de la guerre permettrait de réduire les saignements de cette dernière, cependant cela a été rendu inefficace par l’insatisfaction sur le plan politique engendrée par ce regard porté sur l’histoire.
  • Dans ce chapitre, Benjamin STORA évoque rapidement le choix qu’il a fait de la biographie pour écrire l’histoire. Pour lui, cette décision découle d’une volonté de donner des visages à l’histoire. Dans les années 1970, l’accent était mis sur la masse anonyme, rédiger une thèse sur une biographie n’était pas évident, les autobiographies étaient même considérées comme faisant partie d’une histoire mineure.
  • Benjamin STORA explique ici le phénomène de l’oubli dans les sociétés françaises et algériennes. Il n’y a pas d’instance, explique-t-il, qui décide de l’oubli ou de l’alternance entre l’oubli et la mémoire. Cependant, l’Etat tente de s’imposer dans ce domaine, notamment avec les amnisties dont la société française s’accommode globalement. La volonté de l’oubli est en effet déjà présente au cœur même de cette société. Du côté algérien, cette volonté est vue comme un pacte des élites. A la sortie de la guerre civile, les Algériens épuisés aspiraient ardemment à la paix, c’est pourquoi il n’y a pas eu de refus formulé de ce pacte. Le désenchantement est venu plus progressivement.
  • Benjamin STORA conclut cet entretien en abordant le paradoxe de l’Union du Maghreb Arabe. Ce dernier est en effet au point mort, peut être que le nom aurait pu être différent, le Maghreb n’étant pas qu’arabe. Aujourd’hui, les pays du Maghreb se présentent divisés. Pour Benjamin STORA il est important de réfléchir au moins à la libre circulation dans l’espace et de rétablir des liens de confiance entre des sociétés. L’archaïsme des frontières doit être dépassé.
Titre: Engagement d'un historien
Auteur(s): STORA Benjamin
Date de réalisation: 05/01/2009
Lieu de réalisation: Asnières, France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Cette vidéo présente un entretien avec Benjamin STORA, historien et professeur, au sujet de son parcours intellectuel atypique en tant qu’historien engagé et dont la formation a été marquée par les bouleversements de la fin des années 1960.
Benjamin STORA, historien spécialiste du Maghreb à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, revient sur son parcours personnel et intellectuel atypique. Un parcours qui va du départ de Constantine en 1962, aux années fécondes de la production et de la reconnaissance universitaires, en passant par les années de formation et d’engagement politique très ancré à gauche. Il nous parle de son attachement au devoir de vérité et d’objectivité dans sa représentation de la Guerre d’Algérie, malgré les déchirements personnels et les blessures intimes qui s’y rapportent et malgré les relations de fidélité qui le lient à ses amis algériens.
Sujet: Mémoire collective et mémorialisation
Topique: Guerre d'Algérie
Mots-clés: Guerre ; Algérie ; France ; Mémoire
Localisation spatiale du sujet: Algérie ; France
Aspects rhétoriques et discursifs: Explication ; Hypothèse
La guerre d’Algérie a vu la France et l’Algérie s’affronter entre 1954 et 1962 pour l’indépendance de cette dernière. Comme l’explique Benjamin STORA dans cet entretien, ce conflit a donné lieu à une « guerre des mémoires » entre les deux puissances.
Sujet: Discipline/approche SHS
Topique: Histoire (Recherche en -)
Discipline(s), approche(s): Histoire de l'homme
Discipline(s), approche(s): Histoire sociale
Mots-clés: Histoire ; France ; Algérie ; Guerre
Localisation spatiale du sujet: Algérie ; France
Localisation temporelle du sujet: 1954
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Explication ; Témoignage
Benjamin STORA étudie l'histoire de la guerre d'Algérie, cela implique des aspects humains, sociaux, politiques et religieux.
Nom: STORA
Prénom: Benjamin
Rôle: Invité(e) de l'entretien
Appartenance: INaLCO - Institut national des Langues et Civilisations Orientales, France
Fonction: Historien
Adresse: Paris, France
"Né le 2 décembre 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora est Professeur des universités. Il enseigne l’histoire du Maghreb contemporain (XIXe et XXe siècles), les guerres de décolonisations, et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe, à l’Université Paris 13 et à l’INALCO (Langues Orientales, Paris). Docteur en sociologie (1978), et Docteur d’Etat en Histoire (1991), il a été le fondateur et le responsable scientifique de l’Institut Maghreb-Europe. Membre de l’Ecole Française d’Extrême-Orient (EFEO), il poursuit en 1995 et 1996 des recherches au Vietnam. Il vit alors à Hanoi, pour une étude portant sur Les imaginaires de guerres Algérie-Vietnam. Puis, il a été Professeur invité à l’université de New York (NYU, 1998), et chercheur trois années à Rabat, au Maroc (1998-2001) pour une recherche sur les nationalismes marocain et algérien (publié sous le titre : Maroc, Algérie, histoires parallèles, destins croisés, Ed Maison neuve et Larose, 2002). Il a été Professeur invité à l’université de Berlin, Freï universität, en 2011." (présentation issue du site internet de l'Université Paris XIII : www.univ-paris13.fr/benjaminstora, consulté le 10/03/2016)
Lien: Biographie
Type: Présentation(s) détaillée(s)
Benjamin STORA offre une présentation détaillée de son parcours intellectuel et de son positionnement en tant qu'historien.
Type: Contexte "Education"
Public cible: Pour tout public
Cette vidéo présente le témoignage d'un parcours intellectuel marqué par un engagement personnel et politique.
STORA Benjamin. « Engagement d’un historien », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°1632, 2009, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/1632/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2009
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, Réalisateur, ESCoM-FMSH, Paris, France, 2009 © DE PABLO Elisabeth, Responsable Editoriale ESCoM-FMSH, Paris, France, 2009 © EL JABBAR Nabil, ESCoM-FMSH, Paris, France, 2009
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© EL JABBAR Nabil, ESCoM-FMSH, Paris, France, 2009 © STORA Benjamin, Historien, INaLCO, Paris, France, 2009
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/"
Lien: "Creative Commons - Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France"
Titre: Analyse générale de l’entretien « Engagement d’un historien »
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRISA, Oriane. « Analyse générale de l’entretien « Engagements d’un historien ». (Portail ARC, 2016), http://www.arc.msh-paris.fr/
Id analyse: 05e895b0-4672-417b-ac32-85821a454c8d
Id vidéo: 6ff497d8-20cb-4118-922e-7319b7d8b3eb
Analyse générale de l’entretien avec Benjamin STORA sur son parcours d’historien engagé.