Rencontre avec Bernardo SORJ, sociologue, Université de São Paulo. SORJ, Bernardo

Chapitre

Titre: Introduction
Durée: 00:02:45   [00:00:00 > 00:02:45]
Courte présentation de Bernardo SORJ par Neli DOBREVA.
Bernardo SORJ est professeur de sociologie à l’institut d’études avancées de Sao Paolo. Il a reçu son titre de doctorat (PhD) de l’Université de Manchester en 1976. Depuis il vit et travaille au Brésil. Il a été professeur invité (visiting professor) dans plusieurs universités européennes, des Etats-Unis et de l’Amérique latine. Bernardo SORJ est l’auteur de 28 livres et plus de 100 articles publiés en plusieurs langues. Ses recherches portent sur la théorie sociale, l’Amérique latine, les impacts des nouvelles technologies et la globalisation.
Titre: Théorie sociale en Amérique Latine
Durée: 00:06:05   [00:02:45 > 00:08:51]
Bernardo SORJ s'interroge sur la théorie sociale possible en Amérique latine.
Bernardo SORJ se demande quelle théorie sociale peut-on produire en Amérique latine à partir des théories développées en Europe ou en Amérique du nord. Selon lui, ce n’est pas de créer une autre théorie nationaliste, c’est impossible dans un monde moderne mondialisé. En même temps, il faut comprendre les spécificités nationales. Il avait tendance à penser que si les pays sud-américains étaient sous-développés c’était parce qu’ils n’avaient pas de bourgeoisie, d’institutions démocratiques ou de classe ouvrière comme en Europe. Mais cette idée est limitée. Déjà parce qu’on ne peut pas généraliser, puis parce que cette tendance de vouloir s’expliquer à soi-même ce qu’il leur manque produit une théorie sociale victimaire. Il prend l’exemple de l’Uruguay, où le rêve était d’entrer dans la fonction publique. Peut-on expliquer les problèmes de l’Uruguay par l’impérialisme, ou plutôt par les choix d’une société ? Il pense qu’on ne peut pas expliquer leur histoire, leur destin en tant que victimes de l’histoire.
Sujet: Sujet
Topique: Sociologie
Mots-clés: Sociologie générale en Amérique latine
Libellé: Thème de la théorie sociale en Amérique latine
Mots-clés: Théorie sociale, Amérique latine
Localisation spatiale du sujet:
Bernardo SORJ étudie la société en Amérique latine dans son ensemble.
Type de discours consacré au sujet: Hypothèse ; Proposition
Bernardo SORJ se questionne sur quelle théorie sociale est possible en Amérique latine.
Bernardo SORJ s'intéresse à différents axes : structures rurales et urbaines, juridisation de la politique, société de consommation et société civile et relations internationales en Amérique latine.
Bernardo SORJ s'intéresse ici à la production d'une théorie sociale en Amérique latine à partir de celles développées en Europe et en Amérique du Nord.
Titre: Diaspora et théorie sociale
Durée: 00:05:25   [00:08:51 > 00:14:17]
Bernardo SORJ s'arrête sur son intérêt pour la diaspora, notamment juive et revient sur le problème de théorie sociale non adaptée à tous les sujets.
Les intérêts de Bernardo SORJ pour le judaïsme sont de caractère biographique, car il est né dans une famille juive marquée par la shoah. Ça lui a donné une sensibilité particulière : comprendre les phénomènes historiques et sociaux mais aussi les caractéristiques de chaque histoire, chaque société. Son intérêt a sinon été de comprendre la difficulté des sciences sociales à comprendre le judaïsme. La théorie sociale a fait la même faute avec le judaïsme qu’en Amérique latine : comment on explique quelque chose parce qu’il manque (le peuple juif avec le territoire manquant). Il faut flexibiliser la théorie sociale pour permettre à ces sujets qui ne font pas partie de la d’être étudiés dans leur spécificité. Pendant 200 ans on a pensé que l’état national européen était la norme, or ces règles marchent de moins en moins et on l’observe avec la mondialisation. Les religions, les diasporas dépassent les cadres nationaux. Cela pose des problèmes pour la théorie sociale héritée qui fonctionne de moins en moins : alors, quels modèles utiliser pour comprendre le monde ?
Sujet: Sujet
Topique: Dispora juive
Mots-clés: Disapora juive, Judaïsme
Libellé: Thème de la théorie sociale
Mots-clés: Etude du judaïsme en sciences sociales
Type de discours consacré au sujet: Critique
Bernardo SORJ critique le fait que la théorie sociale n'est pas assez flexible pour étudier le judaïsme ou l'Amérique latine.
Bernardo SORJ s'est intéressé à la diaspora juive d'une part parce qu'il vient d'une famille juive, d'autre part parce qu'il pense que les sciences sociales ont du mal à comprendre le judaïsme.
Bernardo SORJ pense que la théorie sociale n'est pas assez flexible pour pouvoir étudier correctement le judaïsme ou l'Amérique latine.
Titre: Crise de la représentation
Durée: 00:06:50   [00:14:17 > 00:21:07]
Bernardo SORJ s'arrête ici sur le manque de persectives des sciences sociales dû à la perte d'objet d'étude dont elles ont besoin, à savoir la société elle-même.
D’après Bernardo SORJ, les sciences sociales souffrent aussi du manque de perspectives. C’est un milieu lié à la société et à ce qu’elle pense d’elle-même. Les sociologues peuvent élaborer les idées mais la base reste la société elle-même. Aujourd’hui la société ne donne pas donne pas d’éléments pour la pensée, c’est un produit en crise pour la sociologie. La crise de la représentation est plus concentrée sur la dimension de partis et d’idéologies politiques. L’imaginaire social est plus large, c’est comment les gens pensent leur société. L’un influence l’autre. Le monde moderne est en crise permanente. Il pense que c’est bien. Mais les changements sont justifiés au nom de la tradition, donc nous avons perdu l’ambition. Les gens pensent alors que les changements gardent une continuité qui est la tradition. Avec la modernité le changement ne se justifie pas par la tradition, les gens pensent que le changement est positif, il produit l’amélioration. Aujourd’hui en Europe la question qui se pose est que les changements produisent des choses négatives. Au niveau de l’imaginaire social, le paradigme est l’écologie qui nous dit que le futur c’est le désastre. Le futur n’a pas de perspective positive. Envisager un futur positif tient donc de l’imaginaire personnel, puisqu’au niveau de la société on ne peut rien faire. Ça pose un problème car sur la sociologie elle a perdu son objet : la société. Les sociétés sont pensées comme une partie de cette vie collective. Aujourd’hui en pensant à soi-même (famille, travail, désirs, consommation), il n’y a pas de sensation de vivre en société de manière collective. Cela aussi crée une crise profonde en la capacité de la sociologie d’élaborer l’ambition du monde.
Sujet: Sujet
Topique: Sociologie de l'imaginaire
Mots-clés: Crise de la représentation, Imaginaire social
Libellé: Thème de la crise de l'imaginaire social
Mots-clés: Crise de la société, Crise de l'imaginaire social
Type de discours consacré au sujet: Evaluation critique' ; Explication
Bernardo SORJ interpelle ici sur la crise de l'imaginaire social et de la représentation qui mènent à la crise des sciences sociales.
Bernardo SORJ pense le monde des sciences sociales en crise car la société elle-même est en crise. Il fait notamment référence à la crise de la représentation et de l'imaginaire social en général : les individus ne se pensent plus comme vivant en société de manière collective.
Bernardo SORJ pense que l'imaginaire social est en crise car la société ne se pense plus comme telle, comme vivant de manière collective. Ne produisant donc rien en tant que société, les chercheurs manquent de matière à étudier.
Titre: Société civile
Durée: 00:13:48   [00:21:07 > 00:34:55]
Le sociologue explique le croisement société civile/société de consommation qu'il fait pour comprendre la société.
Bernardo SORJ vient d’un background marxiste. En Amérique latine il est normal d’avoir des sciences sociales utilisant des théories marxistes. Marx a expliqué comment les différents éléments de la société sont liés. Cette vision réductionniste a donné la sensation aux gens de comprendre comment ces éléments de la société étaient liés. Il y a eu une crise du marxisme et pour lui c’était plutôt de comprendre comment ces éléments sont liés entre eux, comment provoquent-ils des tendances. Le phénomène de la consommation a été très important pour comprendre comment les gens organisent leur vie, leurs attentes, la mécanisation de la vie. Son livre « La nouvelle société brésilienne » s’intéresse aux nouveaux phénomènes de la consommation. Le phénomène de la société civile : à la fin de la dictature militaire en Amérique latine, la société civile a joué un rôle important. Elle a été appuyée comme la base de la nouvelle démocratie. Pour lui, les ONG sont la professionnalisation de l’activité publique et de la critique sociale. Il a trouvé que durant la période de la dictature la société civile avait trouvé un appui avec les ONG qui a disparu par la suite. En général, ces organisations ont besoin d’argent et ont donc des limites d’autonomie. Il pense que la société civile est aussi bureaucratisée, orientée par des intérêts donc elle a des limites. Il y a une nouvelle forme de société civile mais elle n’est pas complètement changée. Le conflit social est produit dans l’imaginaire mais aussi la pratique. Les partis politiques sont moins capables d’élaborer les demandes de l’imaginaire social. Il y a eu un transfert des pouvoirs des partis vers les pouvoirs exécutifs et maintenant les pouvoirs sont plutôt du côté judiciaire. Ça pose des problèmes car ce n’est pas représentatif de la société, ils ne sont pas élus. Le pouvoir est donc dans les mains d’une institution non représentative de la société.
Sujet: Sujet
Topique: Mouvement de la société civile en Amérique du Sud
Mots-clés: Société civile en Amérique du Sud
Libellé: Thème du croisement société civile/société de consommation
Mots-clés: Société civile, Société de consommation
Localisation spatiale du sujet:
Bernardo SORJ évoque ici la société civile sud-américaine.
Type de discours consacré au sujet: Explication ; Exposé historique
Bernardo SORJ explique ici son intérêt pour la société civile sud-américaine et nous présente un bref exposé historique pour illustrer ses propos.
A la fin de la dictature militaire en Amérique latine, la société civile a joué un rôle important en Amérique du Sud. Elle a été appuyée comme la base de la nouvelle démocratie.
D'après SORJ, la société civile est en train de changer progressivement, elle se bureaucratise et entre en connexion avec la société de consommation moderne et actuelle.
Titre: Culture de la tradition
Durée: 00:06:40   [00:34:55 > 00:41:36]
Bernardo SORJ s'arrête ici sur le concept de la culture de la tradition en Amérique latine.
L’Amérique latine est un continent très homogène si on exclut les Caraïbes (qui sont toujours exclus lorsqu’on parle de l’Amérique latine). Mais on ne peut pas non plus généraliser. Il espère qu’à l’avenir il y aura plus de recherche faite sur l’Europe de l’Est et l’Amérique latine pour comparer la sortie du communisme. En Europe de l’Est la tradition démocratique n’est pas aussi enracinée qu’en Amérique latine où il existe plutôt une tradition libérale. Ce qu’il appelle la culture de la tradition est l’individualisme de la tradition en Amérique latine. L’idée c’est que les lois sont bien, mais on ne les applique pas sur soi-même. Donc on fait des lois pour les autres. Cela vient de la culture oligarchique : la loi pour les pauvres et la compréhension et l’exception pour les autres. Il pense qu’avec la démocratisation des valeurs, tout le monde pense avoir des droits, tout le monde est citoyen, mais cette culture oligarchique s’est aussi démocratisée, ce qu’il appelle donc la culture de la tradition. Il voudrait voir s’il y a cette culture d’exception dans les pays de l’Est, voir si aujourd’hui cette transgression de la loi existe. Pour lui c’est destructif du tissu social.
Sujet: Théories et notions scientifiques en SHS
Topique: Concept de la culture de la tradition en Amérique latine
Mots-clés: Tradition, Oligarchie, Individualisme
Discipline, domaine: Sociologie
Mots-clés: Tradition
Type de discours consacré au sujet: Exposé scientifique
Bernardo SORJ explique le concept de culture de la tradition en Amérique latine.
Bernardo SORJ pense qu'en Amérique latine existe une culture de la tradition, c'est-à-dire qu'elle prévaut sur le reste et l'influence. Des lois existent mais pas pour soi-même, pour l'autre. Cela vient d'une culture oligarchique à l'époque où il y avait des lois pour les pauvres, et les autres bénéficiaient de la compréhension et de l'exception. Cette culture oligarchique démocratisée est ce qu'il appelle la culture de la tradition.
Bernardo SORJ propose le concept de culture de la tradition en tant que sociologue.
Titre: Cuba
Durée: 00:03:19   [00:41:36 > 00:44:55]
Bernardo SORJ s'arrête sur le cas de Cuba en comparaison avec l'Europe de l'Est.
Cuba serait le seul cas d’Amérique latine qu’on peut comparer. Cuba n’est pas comme l’Europe de l’Est qui a été dominée par l’union soviétique. A Cuba il y a eu une vraie révolution avec l’appui populaire. Aujourd’hui à cuba ils sont dans une situation où le pouvoir continue à diriger le pays, mais les gens sont dans l’apathie politique et les conditions de vie sont de plus en plus dégradées. Mais ils ont gardé l’aspect positif c’est-à-dire le service public bénéficiant d’un système de santé et d’éducation de bonne qualité. Cela se dégrade car les gens veulent certes la santé et l’éducation mais aussi plus. C’est un néo-libéralisme : pour acheter des choses il faut aller dans un marché noir.
Titre: Projets et démarche
Durée: 00:07:26   [00:44:55 > 00:52:22]
Le sociologue présente sa démarche d'effort collectif de la création intellectuelle ainsi que ses projets actuels liés aux sciences sociales et à l'internet.
Bernardo SORJ pense que la création intellectuelle est un effort collectif mais il faut avoir l’illusion qu’on va faire, seul, quelque chose de différent. Dans cette vision il essaye de promouvoir cet effort collectif. Au Brésil, après son doctorat, il avait créé un programme d’études comparatives latino-américaines qui a duré 8 ans. Ces 10 dernières années il a organisé et promu l’activité intellectuelle. Le défi pour lui dans la recherche aujourd’hui est internet. Son projet actuel, avec le Centre Edelstein de recherche sociale, est la création des bibliothèques virtuelles. Il a proposé de mettre des livres de sciences sociales en ligne et gratuitement. Selon le sociologue, mettre un livre en ligne gratuitement est une forme de publicité car certaines personnes seront éventuellement intéressées pour l’acheter physiquement. Il n’y a donc rien à perdre. Ils ont donc mis 120 livres en ligne et ont créé des bibliothèques de textes scientifiques sur des thèmes spécifiques. Le projet de plateforme démocratique, soit création d’un réseau des 21 institutions de recherche académique sur la démocratie. Ils ont l’impression que l’agenda de la recherche est dirigé par la recherche en économie. Donc l’espace de la pensée politique et sociologique a été perdu. Ils veulent redonner plus d’importance à ces disciplines en créant un think tank pour développer des projets.
Sujet: Sujet
Topique: Plateforme démocratique
Mots-clés: Plateforme de recherche, Rehcerche en démocratie
Libellé: Thème de la démocratie en Amérique latine
Mots-clés: Démocratie, Amérique latine
Mots-clés: Think tank
Discipline, domaine: Sciences politiques
Discipline, domaine: Sociologie
Localisation spatiale du sujet: Brésil
Les projets dont parle Bernardo SORJ prennent place au Brésil.
Type de discours consacré au sujet: Explication
Le sociologue explique quels sont les buts de ses projets actuels.
L'idée de plateforme démocratique est de créer un réseau de 21 institutions sud-américaines de recherche académique sur le sujet de la démocratie, comme un think tank, pour développer des projets afin que la sociologie reprenne une place dans la recherche.
Ce projet a pour but de travailler en mdoe projet sur le thème de la démocratie en Amérique latine.
Ce projet réunit des instituts de recherche dont la pensée est politique et sociologique.
Titre: Avenir de la sociologie
Durée: 00:05:34   [00:52:22 > 00:57:57]
Bernardo SORJ partage son point de vue quant à l'avenir des sciences sociales.
Pour Bernardo SORJ la sociologie et les sciences politiques ont perdu de l’espace car les cadres d’interprétation ne fonctionnent plus, le futur n’est pas clair, les gens n’ont pas d’ambition de société. Les sociologues ne peuvent donc pas inventer. La sociologie est en crise et ils n’ont pas trouvé comment exprimer cette crise pour qu’elle soit pertinente pour la société. Aussi, les gens ne lisent pas leurs travaux. Le focus disciplinaire a changé, ce sont les études de la communication, du droit, du business et de l’économie qui parlent de la société, laissant de côté la sensibilité qu’a la sociologie. Un changement des paradigmes dans les disciplines sociales lié à la nouvelle vision de la démarche sociale, qui touche plutôt les nouvelles disciplines. Question de quel type de chercheurs pourront produire.
Titre: Relation Amérique latine / France
Durée: 00:03:44   [00:57:57 > 01:01:41]
Bernardo SORJ pense qu’il faut prendre les relations entre Amérique latine et France dans une perspective nouvelle. L’Amérique latine prend une place de plus en plus centrale. En Europe c’est le contraire. Ces deux régions sont donc en périphérie, plus ou pas encore au centre du pouvoir mondial. Sur cette base, on cherche de l’espace dans un nouveau contexte, sans revenir sur le passé. Il pense qu’il existe un dialogue possible entre ces deux régions.

10 chapitres.
  • Bernardo SORJ s'arrête sur le cas de Cuba en comparaison avec l'Europe de l'Est.
  • Bernardo SORJ pense qu’il faut prendre les relations entre Amérique latine et France dans une perspective nouvelle. L’Amérique latine prend une place de plus en plus centrale. En Europe c’est le contraire. Ces deux régions sont donc en périphérie, plus ou pas encore au centre du pouvoir mondial. Sur cette base, on cherche de l’espace dans un nouveau contexte, sans revenir sur le passé. Il pense qu’il existe un dialogue possible entre ces deux régions.
Titre: Rencontre avec Bernardo SORJ, sociologue, Université de São Paulo
Sous-titre: Programme Directeurs d’Etude Associés - FMSH
Auteur(s): SORJ, Bernardo
Durée: 01:01:41
Date de réalisation: 30/06/2014
Lieu de réalisation: 190 avenue de France, 75013 Paris, France Paris France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Cet entretien avec le Professeur Bernardo SORJ abordera plusieurs questions : la théorie sociale en Amérique latine, la diaspora, la crise de l'imaginaire social et des représentations, le phénomène de société civile et la culture de la tradition en Amérique latine. Il reviendra également sur la crise du monde des sciences sociales, ses projets en cours et à venir.
Dans cet entretien, le sociologue reviendra sur ses interrogations à différents sujets. D’abord sur quelle théorie sociale est possible en Amérique latine en se posant la question de comment prendre des théories développées en Europe ou en Amérique du Nord, sans non plus mettre de côté les spécificités de cette région et ces pays. Bernardo SORJ reviendra ensuite sur son intérêt pour la diaspora juive qu’il liera avec l’Amérique du Sud : la théorie sociale n’arrive pas à expliquer le judaïsme comme elle n’arrive pas à expliquer l’Amérique latine. Il en viendra à dire que la théorie sociale a besoin d’être plus flexible pour être en mesure de s’appliquer à différentes sociétés qui n’entrent pas dans la norme européenne. En ce sens, le sociologue viendra à discuter de la crise du monde des sciences sociales qui manque de perspectives et de matière pour avancer. En effet, le sociologue soutient l’idée que la société vit une crise de l’imaginaire. Les individus ne se pensent plus en tant que société vivant de manière collective. De ce fait, les sociologues se trouvent dans l’incapacité d’élaborer des idées à partir de leur matériau qu’est la société. Par la suite, Bernardo SORJ reviendra sur le croisement du phénomène de la consommation avec le phénomène de la société civile qu’il utilise pour comprendre la société et le conflit social. Il explique cela avec l’Amérique latine qui a vu son pouvoir glisser à la fin de la dictature militaire : les pouvoirs des partis sont passés aujourd’hui du côté du judiciaire. Posant problème car le pouvoir est détenu par des institutions non représentatives de la société. Le sociologue reviendra aussi sur son concept de la culture de la tradition en Amérique latine. Il explique ce concept par l’idée que la tradition oligarchique s’est démocratisée, gardant le principe que bien qu’il y ait des lois, elles ne sont pas appliquées par tous, à cause de cette tradition de la loi pour les autres (anciennement pour les pauvres). Bernardo SORJ s’arrêtera également sur la situation de Cuba qui n’est pas vraiment comparable aux anciens pays communistes comme ceux de l’Europe de l’Est. Le chercheur parlera ensuite du monde des sciences sociales, en abordant d’abord sa démarche de valorisation de la création intellectuelle collective. Puis de ses projets, comme ceux de la création de bibliothèques virtuelles, visant à démocratiser l’accès libre aux publications de sciences sociales, ou encore le projet de plateforme démocratique, un think tank sud-américain pour la valorisation de la recherche en sociologie et en sciences politiques. Le sociologue partagera enfin son point de vue sur l’avenir de la sociologie et des sciences politiques qui ont perdu de l’espace sur la scène de la recherche, se demandant alors qui et que pourra être produit à l’avenir.
Sujet: Théories et notions scientifiques en SHS
Topique: Concept de la culture de la tradition en Amérique Latine
Mots-clés: Culture de la tradition, Amérique latine
Discipline, domaine: Sociologie
Mots-clés: Culture de la tradition
Localisation spatiale du sujet:
Le concept de culture de la tradition s'applique à toute la région sud-américaine.
Type de discours consacré au sujet: Explication ; Exposé historique
Bernardo SORJ explique son concept de culture de la tradition en utilisant des exemples historiques.
Bernardo SORJ soutient l'idée qu'en Amérique latine, il existe une tradition oligarchique qui s'est démocratisée. Aujourd'hui, bien qu'il existe des lois et des règles, elles ne sont pas appliquées par tous, surtout pas par soi-même. Expliquant ainsi une culture de la tradition.
Bernardo SORJ est un sociologue qui s'intéresse ici à la sociologie de façon générale et théorique.
Sujet: Sujet
Topique: Représentation collective de la société
Mots-clés: Crise de l'imaginaire de la société
Type de discours consacré au sujet: Explication ; Témoignage
Bernardo SORJ explique ce qu'il dit être une crise de l'imaginaire de la société et le manque de matériau auquel les sociologues font face.
Au sujet de la crise en sociologie, Bernardo SORJ explique que la société est aujourd'hui en train de ne plus se projeter en tant que société. Chacun pense à soi et ne se conçoit pas comme mbre d'une société. Ainsi, le sociologue soutient l'idée que la société en tant que tout ne produit aucune pensée collective.
Sujet: Sujet
Topique: Sociologie de l'imaginaire
Domaine: Sociologie de la crise
Domaine: Sociologie générale et théorie sociologique
Mots-clés: Sociologie générale à propos de l'Amérique du Sud
Libellé: Thème de la théorie sociale en Amérique du Sud
Mots-clés: Théorie sociale, Amérique du Sud
Localisation spatiale du sujet:
Bernardo SORJ s'intéresse particulièrement à l'Amérique du Sud.
Type de discours consacré au sujet: Entretien
Bernardo SORJ s'entretien au sujet de la sociologie générale et théorique.
Bernardo SORJ évoque ici la sociologie de manière générale et théorique, mais il parle aussi de la crise du monde de la sociologie ainsi que la sociologie de l'imaginaire avec les notions d'imaginaire collectif.
Bernardo SORJ s'intéresse particulièrement à quelle théorie sociale serait possible en Amérique du Sud sur des modèles de théories sociales préexistantes.
Nom: SORJ
Prénom: Bernardo
Rôle: Sociologues
Appartenance: Universidade de São Paulo (USP), Brésil
Fonction: Sociologue
Adresse: São Paulo, Brésil
Né à Montevideo, Uruguay, naturalisé brésilien, Bernardo SORJ a reçu son titre de doctorat (PhD) de l’Université de Manchester en 1976. Depuis il vit et travaille au Brésil. Il a été professeur invité (visiting professor) dans plusieurs universités européennes, des Etats-Unis et de l’Amérique latine. Il a été invité de la Chaire Sérgio Buarque de Holanda (EHESS/FMSH), ainsi que de la Chaire Simón Bolívar de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine à Paris, France. Bernardo SORJ est l’auteur de 28 livres et plus de 100 articles publiés en plusieurs langues. Ses recherches portent sur la théorie sociale, l’Amérique latine, les impacts des nouvelles technologies et la globalisation.
Type: Sites web
Auteur: Centro Edelstein de pesquisas sociais
Url: http://www.centroedelstein.org.br/
Centre Edelstein pour la recherche sociale dont fait partie Bernardo SORJ.
Type: Colloque filmé
Auteur: Archives Audiovisuelles de la Recherche
Url: http://www.archivesaudiovisuelles.fr/EN/Event.asp?id=1388&url=/1388/accueil.asp
L’analyse des politiques publiques et industrielles, des stratégies des acteurs étatiques et patronaux, dans leur relation avec les formes de régulations politiques a été la clef de lecture privilégiée par Jean Revel-Mouroz et ses partenaires de recherche en Europe et en Amérique latine, pour comprendre les grands réagencements territoriaux dans le dernier demi-siècle. Les grands projets de développement autour de pôles énergético-miniers et de la mise en oeuvre de fronts de colonisation agricole sous l’égide des Etats-développeurs étaient au coeur des politiques de planification régionale et d’aménagement du territoire. A partir des années 1980, le changement de modèle de développement en consonance avec la mondialisation, l’ouverture des économies et les intégrations régionales a profondément modifié les territoires. Comment dans le cadre d’une intégration croissante se combinent, « s’ajustent » ou se fracturent les territoires construits par les acteurs du champ économique mondialisé, des logiques entrepreneuriales et les territoires définis par les nouvelles formes de régulation politique et sociale ?
Type: Entretien filmé
Auteur: Archives Audiovisuelles de la Recherche
Url: http://www.archivesaudiovisuelles.fr/EN/Event.asp?id=2283&url=/2283/home.asp
Invité par la Fondation maison des sciences de l’homme dans le cadre du Programme des directeurs d’études associées (DEA), Ilan BIZBERG a été interviewé par Marta CRAVERI, directrice scientifique adjointe de la FMSH, sur son parcours académique et sur les principaux aspects et enjeux qui animent son travail de chercheur. Ilan Bizberg a détaillé les problématiques auxquelles il s’intéresse plus particulièrement, la spécificité de son travail par rapport à l’existant, les références théoriques et les aspects méthodologiques de ses recherches actuelles sur les impacts de la globalisation sur les politiques sociales en Amérique latine.
SORJ, Bernardo. "Rencontre avec Bernardo SORJ, sociologue, Université de São Paulo", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°2301, 2014, [en ligne] ; URL (Evènement): http://www.archivesaudiovisuelles.fr/2301
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2014
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© SETO Momoko, CNRS, France, 2014 © DE PABLO Elisabeth, ESCoM-FMSH, Paris, France, 2014
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© SORJ Bernardo, Université de Sao Paulo, France, 2014 © DOBREVA Neli, ESCoM-FMSH, Paris, France, 2014
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
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Titre: Analyse générale de la vidéo "Rencontre avec Bernardo SORJ, sociologue, Université de São Paulo"
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: MAREGLIA, Laura. "Analyse générale de la vidéo "Rencontre avec Bernardo SORJ, sociologue, Université de São Paulo"", 2015.
Id analyse: 1080f9c7-5c9b-441b-9c83-1b24a688234b
Id vidéo: 5b1f4870-6b34-4074-8f85-6c04fc797b71
Analyse générale de la vidéo sur l'entretien avec Bernardo SORJ concernant ses activités de sociologue.