Perceptions du sauvage et du domestique chez les populations d'Asie orientale, du sous-continent Indien et les populations Européennes. DESCOLA Philippe

Chapitre

Titre: Introduction
Durée: 00:13:53   [00:00:00 > 00:13:53]
Genre: Extrait d'un séminaire de recherche filmé
Cette deuxième séance reprend le questionnement global du séminaire. Philippe DESCOLA s’interroge en effet sur l’universalité d’une ligne de partage entre nature et culture. L’examen de l’opposition plus restreinte entre sauvage et domestique, commencé lors de la première séance, semble être un bon indicateur de la pertinence des hypothèses plus générales sur cette question. L’anthropologue résume en introduction les principaux éléments de la séance dernière. Ainsi, après avoir montré que l’opposition domestique et sauvage n’avait pas de sens dans certaines sociétés ayant un faible degré d’anthropisation, l’anthropologue voudrait aborder le cas des sociétés domestiquant de manière permanente certaines espèces.
Titre: Dualité du couple sauvage-domestique dans les langues des grandes civilisations orientales
Durée: 00:09:58   [00:13:53 > 00:23:51]
Mettant provisoirement de côté le cas de l’Europe, Philippe DESCOLA aborde les grandes civilisations orientales à fort degré d’anthropisation. Il remarque que leur langage marque une opposition entre les lieux sur lesquels les hommes marquent un contrôle, et ceux qui y échappent. Il illustre son propos par les exemples chinois, japonais, et sanskrit. Cependant, si l’on s’intéresse aux pratiques et représentations de ces lieux sémantiquement marqués, alors on constate qu’on ne retrouve pas l’opposition domestique/sauvage effectuée en Europe.
Titre: Complémentarité spirituelle entre la ville et la montagne en Chine et au Japon
Durée: 00:16:03   [00:23:51 > 00:39:54]
Philippe DESCOLA s’intéresse lors de ce passage non plus aux coupes terminologiques, mais aux usages du couple sauvage et domestique. En s’appuyant sur les travaux de l’historien Marcel GRANET, le chercheur indique ainsi que dans la Chine ancienne, l’opposition principale s’opère entre la ville et la montagne. Elle n’est cependant pas aussi tranchée qu’il n’y parait, puisqu’il s’agit d’un rapport de complémentarité, comme l’illustre l’exemple du Feng Shui. Au Japon, la montagne est aussi le territoire qui entre dans un rapport de complémentarité avec les espaces de plaines.
Titre: Le cas indien: la complexité de "Jangala"
Durée: 00:06:29   [00:39:54 > 00:46:23]
En Inde, la situation est plus complexe, en raison de difficultés terminologiques mises en évidence par l’anthropologue Francis ZIMMERMANN. Le terme « jangala » recouvre deux acceptions. Il s’agit d’un lieu inhabité, mais aussi les terres sèches, ce qui est l’exact opposé de ce que nous nous représentons par le mot « jungle ». Les terres sèches s’opposent aux zones paludéennes humides. Comment une terre sèche peut-elle être le lieu de la civilisation agricole et de la colonisation aryenne ? Un tel paradoxe empêche de penser « jangala » comme un espace sauvage qui devrait être civilisé.
Titre: L'Europe et l'héritage romain
Durée: 00:08:49   [00:46:23 > 00:55:13]
Ces exemples permettent de mettre en doute l’universalité de la perception européenne du sauvage et du domestique, que l’anthropologue étudie à présent. A la différence des multiples formes d’englobement ou de discontinuités graduelles, en Europe, le sauvage et le domestique sont mutuellement exclusifs, et n’acquièrent tout leur sens que rapportés l’un à l’autre dans une opposition complémentaire. A travers l’étymologie romaine, nous avons hérité des valeurs associées à ce couple antithétique.
Titre: Hypothèses du sauvage comme dimension universelle
Durée: 00:11:22   [00:55:13 > 01:06:36]
Certains auteurs ont négligé la complémentarité du couple sauvage et domestique, faisant ainsi du sauvage une dimension universelle humaine, progressivement refoulée au cours du temps, au fur et à mesure de la maitrise de l’homme sur les non-humains et l’environnement. Cette conception est par exemple repérable chez le philosophe Max OELSCHLAEGER et l’archéologue Ian HODDER. Ces interprétations laissent en suspens la question de savoir pourquoi une domestication de l’environnement et des non-humains s’est déroulée en Europe, et non ailleurs dans le monde. Philippe DESCOLA récuse en définitive l’idée de domestication comme pulsion psychologique irrépressible. Il se propose de l’expliquer en termes de choix opéré par certains chasseurs cueilleurs.
Titre: Le mythe du sang noir
Durée: 00:08:22   [01:06:36 > 01:14:58]
Une autre façon d’aborder le sauvage existe, représentée notamment par Bertrand HELL. Dans Le mythe du sang noir, l’auteur développe l’idée qu’il existerait une représentation du sauvage présente partout en Eurasie, concernant la chasse et le traitement du gros gibier. Le sang noir serait un signe central de cette représentation. Philippe DESCOLA en vient ici à envisager l’opposition entre sauvage et domestique en Allemagne (d’où Bertrand HELL tire la majorité de ses sources), qui présente certaines spécificités par rapport à d’autres pays européens. Il s’oppose alors à la généralisation que Bertrand HELL a faite de la représentation du sauvage à partir du cas allemand, spécifique.
Type: HAL SHS - L'archive ouverte des SHS
Auteur: Bertrand HELL
Url: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00114968
Bertrand HELL, Le sang noir. Chasse et mythe du Sauvage en Europe, Paris, Flammarion, Champs Anthropologie, 1997, 381p.
Titre: Une forte tendance à l'ethnocentrisme
Durée: 00:05:10   [01:14:58 > 01:20:09]
L’anthropologue rappelle, à partir des exemples fournis, les dangers de l’ethnocentrisme. La révolution néolithique du Proche-Orient n’est pas un scénario universel, transposable à toutes les régions du monde. Dans les autres berceaux de l’agriculture, la domestication s’est opérée dans des contextes qui ne semblent pas avoir favorisé une distinction mutuellement exclusive entre un domaine anthropisé et un secteur résiduel. S’il est absurde de dire que cette distinction n’aurait été perçue qu’en Occident, il parait probable que les valeurs et significations attachées à cette opposition sont propres à une trajectoire historique particulière, dépendant d’un processus singulier de néolithisation.
Titre: Un contraste entretenu entre animaux domestiques et animaux sauvages
Durée: 00:09:14   [01:20:09 > 01:29:23]
Le néolithique proche oriental et européen - au cours duquel la domestication des plantes et des animaux a eu lieu presqu’e simultanément - a donc créé un contraste majeur opposant espaces cultivés et ceux qui ne le sont pas, mais aussi les animaux domestiques et sauvages. Philippe DESCOLA s’appuie ici sur les travaux de l’archéozoologue Jean-Denis VIGNE, ayant mis en lumière les choix de domestication relatifs à la chasse ou à l’élevage, ainsi que sur ceux de Pierre VIDAL-NAQUET sur la chasse dans la Grèce antique.
Type: Persee- Le portail des revues scientifiques
Auteur: Robert TURCAN
Url: http://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1974_num_185_1_10116
Turcan Robert. J.-P. Vernant et P. Vidal-Naquet. Mythe et tragédie en Grèce ancienne. In: Revue de l'histoire des religions, tome 185, n°1, 1974. pp. 98-99.
Titre: La forêt, obstacle à l'extension de l'emprise agricole dans le monde latin
Durée: 00:09:16   [01:29:23 > 01:38:40]
Le monde latin offre un contraste par rapport au monde grec, évoqué brièvement. La chasse n'y joue alors pas le même rôle. Rome se dégage du modèle de la chasse héroïque, pour ne voir dans la chasse au gibier qu’un moyen de protéger les cultures. Par ailleurs, les romains semblent avoir un rapport ambivalent à la forêt. Simon SCHAMA a étudié ce point dans Le paysage et la mémoire, que Philippe DESCOLA mobilise ici. Il y montre comment la forêt représente l’extérieur de Rome, la limite de la juridiction de l’Etat. Nous serions aujourd’hui tributaires de cette conception particulière de la gestion de l’espace.
Type: Persee- Le portail des revues scientifiques
Auteur: Bernard DEBARBIEUX
Url: http://www.persee.fr/doc/spgeo_0046-2497_1999_num_28_4_1289
Debarbieux Bernard. Paysage et mémoire [Schama Simon (1999). Le Paysage et la mémoire. Paris : Le Seuil]. In: Espace géographique, tome 28, n°4, 1999. pp. 378-379.
Titre: Une atténuation de la ligne de partage sauvage/domestique au moyen-âge
Durée: 00:05:02   [01:38:40 > 01:43:42]
L’opposition entre le sauvage et le domestique, à l’issue de cet examen, semble donc posséder une histoire propre conditionnée par un système de l’aménagement de l’espace, plutôt que d’être une caractéristique naturelle et intemporelle propre à l’homme. Rien n’autorise donc à la généraliser au reste du monde. Par ailleurs, même en Europe, cette ligne de partage semble avoir connu des variations. Elle est donc moins repérable au moyen-âge qu’à l’époque romaine : les changements des habitudes alimentaires joueront un rôle dans cette atténuation.
Titre: Le retour d'une séparation stricte
Durée: 00:08:46   [01:43:42 > 01:52:28]
Philippe DESCOLA émet l’hypothèse selon laquelle il faut attendre le XIXe siècle pour voir cette frontière entre sauvage et domestique acquière une vigueur nouvelle. Celle-ci se dote des caractéristiques esthétiques morales et esthétiques, à travers le romantisme allemand, la philosophie de la « wilderness », etc. La nature devient alors sauvage et sublime, lorsqu’elle était auparavant douce. Un tel sentiment de défense de la nature menacée nait dans un contexte d’industrialisation forte. En définitive, Philippe DESCOLA réitère l’idée développée au cours de ce séminaire : le sentiment d’universalité de l’opposition entre sauvage et domestique doit son pouvoir de conviction à une histoire particulière que d’autres peuples n’ont pas partagée. Il semble donc impossible de l’utiliser comme un modèle général d’organisation des rapports entre une société et son environnement, hors du contexte où cette conception a pris naissance.

12 chapitres.
  • Extrait d'un séminaire de recherche filmé. Cette deuxième séance reprend le questionnement global du séminaire. Philippe DESCOLA s’interroge en effet sur l’universalité d’une ligne de partage entre nature et culture. L’examen de l’opposition plus restreinte entre sauvage et domestique, commencé lors de la première séance, semble être un bon indicateur de la pertinence des hypothèses plus générales sur cette question. L’anthropologue résume en introduction les principaux éléments de la séance dernière. Ainsi, après avoir montré que l’opposition domestique et sauvage n’avait pas de sens dans certaines sociétés ayant un faible degré d’anthropisation, l’anthropologue voudrait aborder le cas des sociétés domestiquant de manière permanente certaines espèces.
  • Mettant provisoirement de côté le cas de l’Europe, Philippe DESCOLA aborde les grandes civilisations orientales à fort degré d’anthropisation. Il remarque que leur langage marque une opposition entre les lieux sur lesquels les hommes marquent un contrôle, et ceux qui y échappent. Il illustre son propos par les exemples chinois, japonais, et sanskrit. Cependant, si l’on s’intéresse aux pratiques et représentations de ces lieux sémantiquement marqués, alors on constate qu’on ne retrouve pas l’opposition domestique/sauvage effectuée en Europe.
  • Philippe DESCOLA s’intéresse lors de ce passage non plus aux coupes terminologiques, mais aux usages du couple sauvage et domestique. En s’appuyant sur les travaux de l’historien Marcel GRANET, le chercheur indique ainsi que dans la Chine ancienne, l’opposition principale s’opère entre la ville et la montagne. Elle n’est cependant pas aussi tranchée qu’il n’y parait, puisqu’il s’agit d’un rapport de complémentarité, comme l’illustre l’exemple du Feng Shui. Au Japon, la montagne est aussi le territoire qui entre dans un rapport de complémentarité avec les espaces de plaines.
  • En Inde, la situation est plus complexe, en raison de difficultés terminologiques mises en évidence par l’anthropologue Francis ZIMMERMANN. Le terme « jangala » recouvre deux acceptions. Il s’agit d’un lieu inhabité, mais aussi les terres sèches, ce qui est l’exact opposé de ce que nous nous représentons par le mot « jungle ». Les terres sèches s’opposent aux zones paludéennes humides. Comment une terre sèche peut-elle être le lieu de la civilisation agricole et de la colonisation aryenne ? Un tel paradoxe empêche de penser « jangala » comme un espace sauvage qui devrait être civilisé.
  • Ces exemples permettent de mettre en doute l’universalité de la perception européenne du sauvage et du domestique, que l’anthropologue étudie à présent. A la différence des multiples formes d’englobement ou de discontinuités graduelles, en Europe, le sauvage et le domestique sont mutuellement exclusifs, et n’acquièrent tout leur sens que rapportés l’un à l’autre dans une opposition complémentaire. A travers l’étymologie romaine, nous avons hérité des valeurs associées à ce couple antithétique.
  • Certains auteurs ont négligé la complémentarité du couple sauvage et domestique, faisant ainsi du sauvage une dimension universelle humaine, progressivement refoulée au cours du temps, au fur et à mesure de la maitrise de l’homme sur les non-humains et l’environnement. Cette conception est par exemple repérable chez le philosophe Max OELSCHLAEGER et l’archéologue Ian HODDER. Ces interprétations laissent en suspens la question de savoir pourquoi une domestication de l’environnement et des non-humains s’est déroulée en Europe, et non ailleurs dans le monde. Philippe DESCOLA récuse en définitive l’idée de domestication comme pulsion psychologique irrépressible. Il se propose de l’expliquer en termes de choix opéré par certains chasseurs cueilleurs.
  • Une autre façon d’aborder le sauvage existe, représentée notamment par Bertrand HELL. Dans Le mythe du sang noir, l’auteur développe l’idée qu’il existerait une représentation du sauvage présente partout en Eurasie, concernant la chasse et le traitement du gros gibier. Le sang noir serait un signe central de cette représentation. Philippe DESCOLA en vient ici à envisager l’opposition entre sauvage et domestique en Allemagne (d’où Bertrand HELL tire la majorité de ses sources), qui présente certaines spécificités par rapport à d’autres pays européens. Il s’oppose alors à la généralisation que Bertrand HELL a faite de la représentation du sauvage à partir du cas allemand, spécifique.
  • L’anthropologue rappelle, à partir des exemples fournis, les dangers de l’ethnocentrisme. La révolution néolithique du Proche-Orient n’est pas un scénario universel, transposable à toutes les régions du monde. Dans les autres berceaux de l’agriculture, la domestication s’est opérée dans des contextes qui ne semblent pas avoir favorisé une distinction mutuellement exclusive entre un domaine anthropisé et un secteur résiduel. S’il est absurde de dire que cette distinction n’aurait été perçue qu’en Occident, il parait probable que les valeurs et significations attachées à cette opposition sont propres à une trajectoire historique particulière, dépendant d’un processus singulier de néolithisation.
  • Le néolithique proche oriental et européen - au cours duquel la domestication des plantes et des animaux a eu lieu presqu’e simultanément - a donc créé un contraste majeur opposant espaces cultivés et ceux qui ne le sont pas, mais aussi les animaux domestiques et sauvages. Philippe DESCOLA s’appuie ici sur les travaux de l’archéozoologue Jean-Denis VIGNE, ayant mis en lumière les choix de domestication relatifs à la chasse ou à l’élevage, ainsi que sur ceux de Pierre VIDAL-NAQUET sur la chasse dans la Grèce antique.
  • Le monde latin offre un contraste par rapport au monde grec, évoqué brièvement. La chasse n'y joue alors pas le même rôle. Rome se dégage du modèle de la chasse héroïque, pour ne voir dans la chasse au gibier qu’un moyen de protéger les cultures. Par ailleurs, les romains semblent avoir un rapport ambivalent à la forêt. Simon SCHAMA a étudié ce point dans Le paysage et la mémoire, que Philippe DESCOLA mobilise ici. Il y montre comment la forêt représente l’extérieur de Rome, la limite de la juridiction de l’Etat. Nous serions aujourd’hui tributaires de cette conception particulière de la gestion de l’espace.
  • L’opposition entre le sauvage et le domestique, à l’issue de cet examen, semble donc posséder une histoire propre conditionnée par un système de l’aménagement de l’espace, plutôt que d’être une caractéristique naturelle et intemporelle propre à l’homme. Rien n’autorise donc à la généraliser au reste du monde. Par ailleurs, même en Europe, cette ligne de partage semble avoir connu des variations. Elle est donc moins repérable au moyen-âge qu’à l’époque romaine : les changements des habitudes alimentaires joueront un rôle dans cette atténuation.
  • Philippe DESCOLA émet l’hypothèse selon laquelle il faut attendre le XIXe siècle pour voir cette frontière entre sauvage et domestique acquière une vigueur nouvelle. Celle-ci se dote des caractéristiques esthétiques morales et esthétiques, à travers le romantisme allemand, la philosophie de la « wilderness », etc. La nature devient alors sauvage et sublime, lorsqu’elle était auparavant douce. Un tel sentiment de défense de la nature menacée nait dans un contexte d’industrialisation forte. En définitive, Philippe DESCOLA réitère l’idée développée au cours de ce séminaire : le sentiment d’universalité de l’opposition entre sauvage et domestique doit son pouvoir de conviction à une histoire particulière que d’autres peuples n’ont pas partagée. Il semble donc impossible de l’utiliser comme un modèle général d’organisation des rapports entre une société et son environnement, hors du contexte où cette conception a pris naissance.
Titre: Perceptions du sauvage et du domestique chez les populations d'Asie orientale, du sous-continent Indien et les populations Européennes
Sous-titre: Le sauvage et le domestique – Séance du 4 décembre 2003
Auteur(s): DESCOLA Philippe
Date de réalisation: 04/12/2003
Lieu de réalisation: EHESS 105 boulevard Raspail 75006 Paris France Paris France
Genre: Séminaire de recherche filmé
Langue(s): Français
Cette deuxième et dernière séance du séminaire « Le sauvage et le domestique », mené durant l’année 2003 à l’EHESS, est consacrée à l’étude des rapports à l’environnement et au degré d’anthropisation de différents types de populations. Ce séminaire vise, à travers l’examen systématique de l’opposition entre sauvage et domestique, à évaluer la justesse de ses propositions plus globales relatives à la remise en cause d’un universalisme de la ligne de fracture entre nature et culture.
Philippe DESCOLA est anthropologue. Après avoir suivi des études de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, il se forme à l’anthropologie à l’université Paris X Nanterre puis à la VIe section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, qui deviendra par la suite l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Après un terrain ethnographique mené de 1976 à 1979 en Amazonie, il soutient une thèse de doctorat sous la direction de Claude LEVI-STRAUSS. Devenu professeur à l’EHESS, il est élu en 2000 au Collège de France, où il occupe la chaire d’Anthropologie de la nature. Il dirige également le Laboratoire d’Anthropologie Sociale. Son travail interroge les rapports entre humains et non-humains dans une perspective anthropologique. Il a ainsi publié de nombreux ouvrages qui ont fait date, tels que La Nature domestique en 1986, Les Lances du crépuscule en 1993, ou encore Par-delà nature et culture en 2005. Au cours de cette seconde et dernière séance, Philippe DESCOLA poursuivra l’étude des conceptions du rapport entre sauvage et domestique dans des sociétés à plus fort degré d’anthropisation que celles envisagées lors de la première séance. L’examen mené lui permet de formuler la proposition centrale suivante : le sentiment d’universalité de l’opposition entre sauvage et domestique doit son pouvoir de conviction à une histoire particulière à l’Europe, que d’autres peuples n’ont pas partagée. Il semble donc impossible de l’utiliser comme un modèle général d’organisation des rapports entre une société et son environnement, hors du contexte où cette conception a pris naissance.
Sujet: Discipline/approche SHS
Topique: Anthropologie
Libellé: Nature et environnement
Mots-clés: nature; culture; sauvage; domestique; représentation; pratique; anthropologie
Aspects rhétoriques et discursifs: Explication ; Exposé scientifique ; Hypothèse
A travers la question de la perception de la distinction entre le sauvage et le domestique dans des sociétés à faible degré d'anthropisation, l'anthropologue Philippe DESCOLA cherche ici à questionner la ligne de partage entre nature et culture, que l'anthropologie a longtemps considéré comme universelle.
Les représentations de la nature et les pratiques liées à l'environnement sont ici prises pour objet d'étude par l'anthropologue Philippe DESCOLA.
Sujet: Domaines et objets de recherche sur les cultures
Topique: La notion "culture"
Aspects rhétoriques et discursifs: Argumentation ; Exposé scientifique ; Hypothèse ; Interprétation ; Interrogation ; Suggestion
A travers l'étude anthropologique de l'opposition entre le sauvage et le domestique, Philippe DESCOLA en vient à questionner les notions mêmes de culture et de nature. La nature est-elle universellement pensée en termes d'exclusion mutuelle de la culture? L'anthropologue met en doute cette hypothèse longtemps considérée comme vraie.
Sujet: Peuples du monde
Topique: Peuples à fort degré d'anthropisation
Mots-clés: anthropisation; rapport; environnement;
Aspects rhétoriques et discursifs: Explication ; Exposé scientifique ; Hypothèse
L'anthropologue Philippe DESCOLA étudie ici le rapport à l'environnement de nombreuses sociétés ayant fortement anthropisé leur environnement: les populations asiatique, indienne, et européenne.
Sujet: Visions et représentations culturelles
Topique: Représentation du sauvage et de la nature
Mots-clés: représentations; sauvage; nature; anthropologie
Aspects rhétoriques et discursifs: Exposé scientifique ; Hypothèse ; Interprétation ; Interrogation
Les représentations du sauvage et de la nature chez des peuplesasiatique, indien, et européen sont ici prises pour objet d'étude par l'anthropologue Philippe DESCOLA.
Type: Revue.org - Le portail des revues en ligne
Auteur: Alban BENSA
Url: http://enquete.revues.org/268
Alban Bensa, « De la relation ethnographique », Enquête [En ligne], 1 | 1995, mis en ligne le 10 juillet 2013, consulté le 09 décembre 2015.
Type: Revue.org - Le portail des revues en ligne
Auteur: Arnaud FOSSIER
Url: http://traces.revues.org/165
Arnaud FOSSIER, « « Par-delà nature et culture » », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], 10 | 2006, mis en ligne le 11 février 2008, consulté le 09 décembre 2015.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Séminaire de l’anthropologue Philippe DESCOLA destiné à toute personne s’intéressant à l’anthropologie et aux rapports entre nature et culture.
DESCOLA Philippe. « Perceptions du sauvage et du domestique chez les populations d'Asie orientale, du sous-continent Indien et les populations Européennes », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°183, 2003, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/183/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2003
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© DESCOLA Philippe, anthropologue, LAS (Collège De France/EHESS/CNRS), Paris, France, 2003
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Perceptions du sauvage et du domestique chez les populations d'Asie orientale, du sous-continent Indien et les populations Européennes »
Sous-titre: Le sauvage et le domestique – Séance du 4 décembre 2003
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Perceptions du sauvage et du domestique chez les populations d'Asie orientale, du sous-continent Indien et les populations Européennes ». (Portail ARC, 2015), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 11c10172-cf68-46a3-a268-59307fb08bd5
Id vidéo: fb3b557d-5be9-447d-9794-23960fdd6341
Analyse de la vidéo d’une séance de séminaire de Philippe DESCOLA.