Daniel Caslin, ancien modeleur en porcelaine chez Larchevêque (partie 2).

Chapitre

Titre: L'organisation de la production
Durée: 00:03:51   [00:00:00 > 00:03:51]
Daniel Caslin évoque ici l'organisation de la production de l'usine qui était divisée en différents postes, notamment selon le type de pièces fabriquées. La spécialisation des ouvriers rendait complexe leur remplacement.
Sujet: Chaîne opératoire
Topique: opérations techniques
Sujet: Produits
Topique: porcelaine
Titre: Les rapports de camaraderie dans l'usine
Durée: 00:06:19   [00:03:51 > 00:10:11]
Dans cet extrait, Daniel Caslin décrit un esprit de camaraderie fort, en dépit des conditions de travail parfois extrêmes (fortes chaleurs provenant des fours jusqu'à 50°C le matin par exemple), ainsi que des relations hiérarchiques entres les différents postes. Mais il évoque à partir des années 1960 un changement d'ambiance de travail net avec l'arrivée de la mécanisation, et se souvient d'une époque où les sanctions ont été plus strictes, et les conditions de travail plus cadrées.
Sujet: Environnement de travail
Topique: exposition conditions extrêmes
Sujet: Innovation technique et organisationnelle
Topique: mécanisation
Sujet: Pénibilité
Topique: pénibilité physique
Titre: La céramique, un secteur d'activité fluctuant
Durée: 00:06:54   [00:10:11 > 00:17:05]
Dans cet extrait, Daniel Caslin évoque les diverses crises survenues dans le secteur de la porcelaine et leurs raisons : la première crise notable fut celle de 1959 causée en grande partie par la concurrence allemande. A partir des années 1970, l'expansion des grandes surfaces, à l'affût de la moindre négociation possible en termes de prix et moins attentives à la qualité, a selon lui largement contribué à la baisse de la production du secteur en France.
Titre: La place des femmes chez Larchevêque
Durée: 00:10:39   [00:17:05 > 00:27:44]
Dans ce passage, Daniel Caslin évoque le souvenir de bons rapports entre les hommes et les femmes dans l'usine. Ces dernières représentaient environ la moitié de l'effectif, et étaient surtout attachées aux postes de décoration de la porcelaine. Elles n'entretenaient que peu de contacts avec les ouvriers/ouvrières de la fabrique : on peut comprendre ici qu'une forme de hiérarchie existait entre le secteur de production et celui de la décoration, le premier étant moins prestigieux à l'époque que le second. Il explique que la réputation des personnes travaillant dans la céramique n'était pas fameuse à Vierzon et en détaille les raisons. Il évoque à nouveau la pénibilité liée à la chaleur et à la poussière.
Sujet: Relations entre services / ateliers
Topique: espaces de travail segmentés
Sujet: Pénibilité
Topique: pénibilité physique
Titre: Les conditions de travail et les rémunérations suivant les ateliers dans l'usine
Durée: 00:07:01   [00:27:44 > 00:34:46]
Dans cet extrait, Daniel Caslin évoque d'une part la rémunération des ouvriers, et d'autre part leurs conditions générales de travail. Dans les années 1950-60, chez Larchevêque, la filière décoration était la plus prestigieuse mais c'est le secteur fabrication qui bénéficiait des meilleurs salaires. Les conditions de travail décrites semblent elles aussi plus difficiles : respiration de poussières, port de charges lourdes, chaleur infernale des fours, etc.
Sujet: Environnement de travail
Topique: exposition conditions extrêmes
Sujet: Rémunérations
Topique: mode de rémunération
Sujet: Pénibilité
Topique: pénibilité physique
Titre: La mobilité professionnelle
Durée: 00:04:33   [00:34:46 > 00:39:19]
Daniel Caslin évoque dans cet extrait le faible taux de mobilité professionnelle chez Larchevêque, les changements d'atelier nécessitant un réapprentissage des gestes et des techniques difficile : les ouvriers de l'époque ne souhaitaient donc pas forcément changer de poste. Il raconte la façon dont il a pris des responsabilités au sein de son atelier de modelage. Il détaille l'évolution de la société, avec la spécialisation de l'usine de Vierzon dans la fabrication d'assiettes, les ateliers de coulage et de décoration étant partis à Lamotte-Beuvron et une nouvelle usine étant ouverte près de Limoges, afin d'obtenir l'appellation appréciée à l'époque. C'est ainsi que l'usine Larchevêque de Vierzon a fini par fermer définitivement.
Titre: Le syndicalisme dans le secteur de la porcelaine
Durée: 00:04:15   [00:39:19 > 00:43:35]
Aucun syndicat n'était implanté chez Larchevêque, sauf peut-être à la fin de l'activité. Daniel Caslin, qui y a travaillé de 1955 à 1968, pense que le fait que les ouvriers étaient payés à la tâche et que les rémunérations étaient correctes explique en partie leur faible engagement dans les différents mouvements sociaux.
Sujet: Conflits du travail
Topique: vie syndicale
Titre: Les années 1960 : période de bouleversements techniques et socio-économiques
Durée: 00:06:15   [00:43:35 > 00:49:50]
Daniel Caslin revient sur la période des années 1960 et les changements qui ont eu lieu au sein de l'usine. Il raconte l'embauche à cette période d'une main-d'oeuvre originaire d'Algérie, du Portugal ou d'Espagne. Il se souvient de la mécanisation de la production, avec l'arrivée des calibreuses semi-automatiques, qui induisirent des changements de matériaux et de main-d'oeuvre, et l'arrivée des des machines à couler. Il évoque également l'amélioration des conditions de sécurité et de santé avec des systèmes d'aération contre la respiration de particules fines par exemple.
Sujet: Innovation technique et organisationnelle
Topique: mécanisation
Sujet: Santé et risques professionnels
Topique: prévention / protection
Titre: La reconversion de Daniel Caslin : d'ouvrier à enseignant à l'Ecole Nationale Professionnelle
Durée: 00:04:40   [00:49:50 > 00:54:30]
Daniel Caslin se remémore ici son départ de l'usine Larchevêque à la suite d'un différend avec l'un de ses supérieurs et de ses débuts en tant qu'enseignant à l'Ecole Nationale Professionnelle. On comprend ici la difficile transition entre le monde de l'usine et celui des salles de cours : solitude face aux élèves, nostalgie de l'entraide entre les ouvriers, difficulté à se faire au système administratif de ces établissements,... Malgré cette adaptation difficile, Daniel Caslin dit avoir été heureux d'enseigner à des élèves motivés et gentils : il en garde les bons moments plutôt que les mauvais.
Sujet: Apprentissage - Formation initiale
Topique: L'exemple de l'Ecole Nationale Professionnelle
Titre: Les fêtes à l'usine Larchevêque
Durée: 00:02:25   [00:54:30 > 00:56:56]
Daniel Caslin évoque avec malice les fêtes qui avaient lieu à l'usine Larchevêque lors des remises de médaille, des arbres de Noël, de la saint Antoine, patron des porcelainiers.
Sujet: Sociabilités au travail
Topique: repas exceptionnel
Titre: Les festivités du Père Cent, organisées par les élèves de l'Ecole Nationale Professionnelle
Durée: 00:01:52   [00:56:56 > 00:58:48]
Dans cet extrait, Daniel Caslin évoque les fêtes, organisées par les élèves de l'Ecole Nationale Professionnelle, ayant lieu à Vierzon au moment du Père Cent : la lettre, avec des textes sur les surnoms des professeurs, le défilé et le bal où tout le monde était convié...
Sujet: Apprentissage - Formation initiale
Topique: L'exemple de l'Ecole Nationale Professionnelle
Titre: Les maisons "Marc Larchevêque"
Durée: 00:02:18   [00:58:48 > 01:01:07]
Daniel Caslin évoque le financement avant-guerre de logements d'ouvriers de chez Larchevêque avec une partie des bénéfices de l'usine, qui étaient répartis entre ouvriers (qui en touchaient 50 %), employés (10 %) et patron (40 %). Il évoque également l'importance de la loi Loucheur pour les logements durant ces années et revient sur son propre parcours : après avoir été propriétaire, il est actuellement redevenu locataire.
Sujet: Logement
Topique: "Maisons Marc Larchevêque"
Titre: La vie sociale à Vierzon et la place des ouvriers
Durée: 00:08:55   [01:01:07 > 01:10:02]
Daniel Caslin se souvient des loisirs des jeunes des années 1950 : les bals "parquet", le cinéma, la guinguette au bord du Cher... Il évoque les loisirs familiaux du dimanche après-midi et l'importante fréquentation des bistrots de village par les ouvriers à la sortie des différentes usines. Il livre quelques anecdotes sur l'importance de la boisson, dans et hors de l'usine, et revient sur la liberté accordée aux ouvriers : "c'étaient des rois", dit-il. Il se souvient notamment des dejeuners de "têtes de veau" et en explique l'organisation, ou le départ impromptu pour le ramassage des champignons. Daniel Caslin conclut en disant que ses années de travail chez Larchevêque sont pour lui les "plus belles années de sa vie".
Sujet: Loisirs
Topique: musique / danse
Sujet: Sociabilités au travail
Topique: repas exceptionnel

13 chapitres.
  • Dans cet extrait, Daniel Caslin décrit un esprit de camaraderie fort, en dépit des conditions de travail parfois extrêmes (fortes chaleurs provenant des fours jusqu'à 50°C le matin par exemple), ainsi que des relations hiérarchiques entres les différents postes. Mais il évoque à partir des années 1960 un changement d'ambiance de travail net avec l'arrivée de la mécanisation, et se souvient d'une époque où les sanctions ont été plus strictes, et les conditions de travail plus cadrées.
  • Dans cet extrait, Daniel Caslin évoque les diverses crises survenues dans le secteur de la porcelaine et leurs raisons : la première crise notable fut celle de 1959 causée en grande partie par la concurrence allemande. A partir des années 1970, l'expansion des grandes surfaces, à l'affût de la moindre négociation possible en termes de prix et moins attentives à la qualité, a selon lui largement contribué à la baisse de la production du secteur en France.
  • Dans ce passage, Daniel Caslin évoque le souvenir de bons rapports entre les hommes et les femmes dans l'usine. Ces dernières représentaient environ la moitié de l'effectif, et étaient surtout attachées aux postes de décoration de la porcelaine. Elles n'entretenaient que peu de contacts avec les ouvriers/ouvrières de la fabrique : on peut comprendre ici qu'une forme de hiérarchie existait entre le secteur de production et celui de la décoration, le premier étant moins prestigieux à l'époque que le second. Il explique que la réputation des personnes travaillant dans la céramique n'était pas fameuse à Vierzon et en détaille les raisons. Il évoque à nouveau la pénibilité liée à la chaleur et à la poussière.
  • Dans cet extrait, Daniel Caslin évoque d'une part la rémunération des ouvriers, et d'autre part leurs conditions générales de travail. Dans les années 1950-60, chez Larchevêque, la filière décoration était la plus prestigieuse mais c'est le secteur fabrication qui bénéficiait des meilleurs salaires. Les conditions de travail décrites semblent elles aussi plus difficiles : respiration de poussières, port de charges lourdes, chaleur infernale des fours, etc.
  • Daniel Caslin évoque dans cet extrait le faible taux de mobilité professionnelle chez Larchevêque, les changements d'atelier nécessitant un réapprentissage des gestes et des techniques difficile : les ouvriers de l'époque ne souhaitaient donc pas forcément changer de poste. Il raconte la façon dont il a pris des responsabilités au sein de son atelier de modelage. Il détaille l'évolution de la société, avec la spécialisation de l'usine de Vierzon dans la fabrication d'assiettes, les ateliers de coulage et de décoration étant partis à Lamotte-Beuvron et une nouvelle usine étant ouverte près de Limoges, afin d'obtenir l'appellation appréciée à l'époque. C'est ainsi que l'usine Larchevêque de Vierzon a fini par fermer définitivement.
  • Daniel Caslin revient sur la période des années 1960 et les changements qui ont eu lieu au sein de l'usine. Il raconte l'embauche à cette période d'une main-d'oeuvre originaire d'Algérie, du Portugal ou d'Espagne. Il se souvient de la mécanisation de la production, avec l'arrivée des calibreuses semi-automatiques, qui induisirent des changements de matériaux et de main-d'oeuvre, et l'arrivée des des machines à couler. Il évoque également l'amélioration des conditions de sécurité et de santé avec des systèmes d'aération contre la respiration de particules fines par exemple.
  • Daniel Caslin se remémore ici son départ de l'usine Larchevêque à la suite d'un différend avec l'un de ses supérieurs et de ses débuts en tant qu'enseignant à l'Ecole Nationale Professionnelle. On comprend ici la difficile transition entre le monde de l'usine et celui des salles de cours : solitude face aux élèves, nostalgie de l'entraide entre les ouvriers, difficulté à se faire au système administratif de ces établissements,... Malgré cette adaptation difficile, Daniel Caslin dit avoir été heureux d'enseigner à des élèves motivés et gentils : il en garde les bons moments plutôt que les mauvais.
  • Daniel Caslin évoque le financement avant-guerre de logements d'ouvriers de chez Larchevêque avec une partie des bénéfices de l'usine, qui étaient répartis entre ouvriers (qui en touchaient 50 %), employés (10 %) et patron (40 %). Il évoque également l'importance de la loi Loucheur pour les logements durant ces années et revient sur son propre parcours : après avoir été propriétaire, il est actuellement redevenu locataire.
  • Daniel Caslin se souvient des loisirs des jeunes des années 1950 : les bals "parquet", le cinéma, la guinguette au bord du Cher... Il évoque les loisirs familiaux du dimanche après-midi et l'importante fréquentation des bistrots de village par les ouvriers à la sortie des différentes usines. Il livre quelques anecdotes sur l'importance de la boisson, dans et hors de l'usine, et revient sur la liberté accordée aux ouvriers : "c'étaient des rois", dit-il. Il se souvient notamment des dejeuners de "têtes de veau" et en explique l'organisation, ou le départ impromptu pour le ramassage des champignons. Daniel Caslin conclut en disant que ses années de travail chez Larchevêque sont pour lui les "plus belles années de sa vie".
Titre: Daniel Caslin, ancien modeleur en porcelaine chez Larchevêque (partie 2)
Date de réalisation: 29/10/2015
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Dans la deuxième partie de cet entretien, Daniel Caslin évoque l'organisation de l'usine de porcelaine Larchevêque dans laquelle il a passé l'essentiel de sa carrière, la place des femmes, l'évolution du marché et les crises vécues par le secteur. Il raconte sa reconversion en tant qu'enseignant à l'Ecole Nationale Professionnelle et évoque la vie sociale à Vierzon.
Sujet: Secteurs industriels
Topique: Industrie céramique
Entreprise Larchevêque
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler la paternité de(s) ayant-droit(s) du contenu du média: © CASLIN Daniel, Vierzon, France, 2015. Vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/.
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Titre: Analyse thématique de l'entretien de Daniel Caslin, ancien modeleur en porcelaine chez Larchevêque (Partie 2)
Type: Analyses thématiques
Id analyse: 17ec4801-d661-466d-98a1-9de7868a636a
Id vidéo: 9c5c4e4a-2858-45e3-990d-0bd6b455e159