MONDORAL - Pourquoi faut-il raconter des histoires ? Quatrième partie. PELLICANE, Myriam, LAFERRIERE, Dany, GAUDE, Laurent, ANGELOPOULOS, Anna, MAXIMIN, Daniel, KOWARSKY, Didier, POTIER, Gérard, MORO, Rose-Marie, GITLIS, Ivry, CARRIERE, Jean-Claude, TOUATI, Henri, DE LA SALLE, Bruno, CATINCHI, Philippe-Jean

Chapitre

Titre: Médiation Philippe-Jean CATINCHI
Durée: 00:01:06   [00:00:00 > 00:01:06]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Philippe-Jean CATINCHI, en tant que médiateur, présente cette quatrième et dernière table ronde de l’événement.
Nom: CATINCHI
Prénom: Philippe-Jean
Rôle: Modérateurs de séance
Appartenance: Le Monde, France
Fonction: Journaliste
Adresse: Paris, France
Philippe-Jean Catinchi est par ordre alphabétique, adepte de la course d'orientation, et de la course en montagne, admirateur de V. Nabokov et d'I. Calvino, agrégé d'histoire, auteur de livres pour la jeunesse, escrimeur, journaliste au Monde, père de trois enfants, spécialiste de M.Yourcenar et soucieux d'éviter les étiquettes réductrices. Journaliste au Monde, membre du Prix du jeune écrivain, du Goncourt des Lycéens, du livre d'histoire du Sénat et de Cluny. Il est également animateur des débats au Salon du Livre de Paris et de Montreuil.
Titre: Histoire de Myriam PELLICANE
Durée: 00:12:24   [00:01:06 > 00:13:30]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Myriam PELLICANE ouvre cette table ronde avec trois contes un peu déjantés. Le premier est celui d’un couple partit chasser des singes dans la forêt, le deuxième celui d’une femme ayant une technique secrète pour pêcher, et le troisième, celui de deux enfants et d’en bélier.
Nom: PELLICANE
Prénom: Myriam
Rôle: Participant-discutant
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Conteuse
Adresse: France
Myriam Pellicane est aujourd’hui directrice de la compagnie Izidoria. Son approche, aux multiples facettes, est toujours décalée. Comme elle le dit, sa mission est de raconter tout ce qui a été censuré dans le temps, les histoires qui dérangent. Elle veut procurer la sensation avant la compréhension.
Type: Sites web
Url: http://www.izidoria.org/
Site internet de la compagnie Izidoria, fondée par Myriam Pellicane et Didier Kowarsky en 2005.
Titre: Paroles de Dany LAFERRIERE
Durée: 00:10:42   [00:13:30 > 00:24:12]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Dany LAFERRIERE commence son intervention en évoquant le souvenir qu’il a de sa grand-mère en Haïti, et qui parvenait à faire parler les gens d’eux-mêmes en leur offrant une simple tasse de café, lui aimait les écouter. C’est ce souvenir précis qui lui a donné le goût des histoires. Par la suite, en arpentant les maisons voisines afin de lire les livres qu'elles recelaient, il s’est aperçu qu cela le faisait entrer en contact avec la vie des gens, qu’il décelait une partie de leurs secrets. Fasciné, il a donc décidé d’écrire la vie des gens. Il conclut son intervention en citant une anecdote sur l’une de ses tantes qu’il a un jour inclue dans l’un de ses romans.
Nom: LAFERRIERE
Prénom: Dany
Rôle: Participant-discutant
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Ecrivain
Adresse: Montreal, Canada
Dany Laferrière est un écrivain et scénariste canadien, originaire d’Haïti. Depuis 1991, il a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Médicis en 2009 pour son roman « L’énigme du retour ».
Titre: Paroles de Laurent GAUDE
Durée: 00:08:28   [00:24:12 > 00:32:40]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Laurent GAUDE introduit son intervention par une phrase de Stig DAGERMAN (1923-1954), « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Pour lui, il y a un lien profond entre cette recherche de consolation et la lecture. En grandissant, les hommes passent du ‘tout possible’, à la prise de choix, étape de cristallisation nécessaire dans le parcours de la vie. Laurent GAUDE, cependant, ne cesse de se demander « et si », et si les choses avaient été différentes, et si… Or écrire, tout comme lire un livre, permet de sublimer le fantasme du « Et si ? ».
Sujet: Oeuvres de référence
Topique: Notre besoin de consolation est impossible à rassasier
Détail particulier: Essai de Stig DAGERMAN sur le sens de l'existence, la mort et le suicide. Il s’agit de l’un de ses derniers écrits avant son suicide en 1954.
Langue d'origine: Svenska
Expression en langue originale: Vårt behov av tröst
Mots-clés: essai ; dagerman ; suède ; suicide ;
Localisation spatiale du sujet: Suède ; Stockholm
Localisation temporelle du sujet: 1952
Aspects rhétoriques et discursifs: Narration
Nom: GAUDE
Prénom: Laurent
Rôle: Participant-discutant
Fonction: Romancier/Dramaturge
Adresse: France
Laurent Gaude a commencé par des études de Lettres Modernes et d’Etudes Théâtrales à Paris. Sa première pièce est publiée en 1997, jouée pour la première fois en 200 au Théâtre National de Strasbourg. Son premier roman est lui publié en 2001. Depuis, il a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Goncourt, en 2004, pour son roman « La mort du roi Tsongor ».
Titre: Paroles de Rose-Marie MORO
Durée: 00:11:44   [00:32:40 > 00:44:24]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Rose-Marie MORO commence par nous raconter des anecdotes autour de sa grand-mère espagnole. Cette dernière lui disait souvent qu’en chaque personne se trouve une pépite, une théorie de la vie. Elle lui a également expliqué, que pour vivre et transmettre la vie, il y a plus important que la réalité : l’illusion. En effet, trouver cette illusion permettrait de ranimer la ‘pépite’ lorsqu’elle s’éteint, et les contes en seraient l’un des vecteurs. Pour illustrer son propos, Rose-Marie MORO, relate l’expérience qu’elle a eue avec plusieurs enfants d’immigrés dans le cadre de son travail. Elle se base pour cela sur une technique proposée par Danièle PINON-ROUSSEAU, celle du « conte bilingue ». Les parents choisissent un conte, dans la langue de leur choix, qu’ils traduisent avec l’enfant dans une autre langue. Le conte devient alors un objet actif avec lequel l’enfant joue. Les contes permettent ainsi de consoler et d’apaiser.
Nom: MORO
Prénom: Rose-Marie
Rôle: Participant-discutant
Fonction: Psychiatre
Adresse: Paris, France
Rose-Marie Moro, d’origine espagnole, est psychanalyste, ethnopsychiatre et psychiatre. Elle l’une des figure moderne majeur de la psychiatrie transculturelle, elle travail d’ailleurs principalement avec des enfants issus de l’immigration, et qui sont en général à cheval sur plusieurs langues.
Titre: Paroles de Ivry GITLIS
Durée: 00:14:19   [00:44:24 > 00:58:43]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Lorsqu’Ivry GITLIS était enfant, il avait pour habitude de raconter ses voyages fictifs en Chine. Il n’y est par la suite jamais allé de peur que ses contes perdent leur sens. Lors de cette intervention, il cite deux courtes histoires, la première est celle d’un oiseau qui rencontre un éléphant, ce dernier l’envie de la liberté que lui offre ses ailes, alors l’oiseau décide de l’aider. La deuxième est celle d’une tête qu’un arbre prend en pitié et décide protéger, leurs racines se rencontrent alors et une belle forêt voit le jour.
Titre: Paroles de Jean-Claude CARRIERE
Durée: 00:12:10   [00:58:43 > 01:10:53]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Jean-Claude CARRIERE commence son intervention en nous expliquant que, dans Mahâbhârata indien, il est dit que les hommes écrivent et écoutent des histoires parce que c’est un acte agréable et parce que, parfois, ces histoires nous rendent meilleurs. Un neurologue lui a un jour expliqué qu’un homme normal est un homme aves une histoire et capable de la raconter. Il relate ensuite une petite histoire liée à Nasreddin et sur le thème du nationalisme. Pour Jean-Claude CARRIERE, les histoires sont un moyen de lutter contre le temps, pendant le récit, le temps se met en pause. Il raconte alors à nouveau une très courte histoire iranienne qui permet d’illustrer cette idée du temps. Il ajoute que les histoires sont là parce que nous ne sommes pas satisfaits de notre réalité, avant de conclure avec une citation d’un maître soufie.
Sujet: Oeuvres de référence
Topique: Mahâbhârata
Détail particulier: Le Mahâbhârata, que l’on fait remonter au Ie siècle de notre ère, est un livre sacré de l’Inde, une épopée mythologique (avec de possibles traces historiques) relatant le parcours de deux branches d’une famille royale qui aurait vécue aux environs du XXIIe siècle avant notre ère.
Langue d'origine: Hindî (हिन्दी)
Expression en langue originale: महाभारत
Mots-clés: épopée ; inde ; hindoue mythologie ;
Localisation spatiale du sujet: Inde
Localisation temporelle du sujet: Ier siècle av. J.-C. ; XXIIe siècle av. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Narration
Sujet: Oeuvres littéraires
Topique: Nasreddin Hodja
Mots-clés: conte ; moral ; nasreddin ; sage ; fou ; muslman ;
Nasreddin Hodja, ou Molla Nasreddin, est un personnage de la littérature d’Europe de l’Est ou d’Asie centrale, en général reconnu comme Turque, mais il est présent dans les traditions littéraires du Maghreb jusqu’en Mongolie. Plusieurs protagonistes de la littérature, présents dans différents pays du monde, sont assimilés à son personnage. Sage fou (ou fou sage ?) du VIIIe siècle (estimation), sa littérature se compose de petites histoires qui se finissent toujours par une morale.
Titre: Paroles de Anna ANGELOPOULOS
Durée: 00:14:21   [01:10:53 > 01:25:14]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Anna ANGELOPOULOS a choisi d’axer son intervention sur les mythes. En effet, de nombreux contes sont la survivance de mythes transmis inconsciemment. Elle cite alors le conte de Muscambre. Dans cette histoire, un roi offre à sa fille, qui ne trouve pas de prince qui lui convienne, des épices nobles afin qu’elle façonne l’homme de ses rêves. Or ce récit ressemble fortement au mythe de la naissance d’Adonis. Le folkloriste Russe Vladimir PROPP (1895-1970) a dit « Parfois, une religion meurt et un conte merveilleux naît ». Anna ANGELOPOULOS conclue son intervention en faisant remarquer que les héros des contes merveilleux portent rarement de nom, mais sont identifiés par des surnoms qui deviennent emblématiques et facilitent la mémorisation.
Sujet: Contes en scène
Topique: Muscambre
Détail particulier: "Muscambre" est un conte adapté du mythe d'Adonis.
Mots-clés: adonis ; conte ; mythe ; grèce ; adaptation ;
Localisation spatiale du sujet: Grèce
Aspects rhétoriques et discursifs: Narration
Sujet: Mythologies et mythes
Topique: Mythe de la naissance d'Adonis
Détail particulier: Selon la mythologie grecque, Adonis est le fils du roi de Chypre, Cynras, et de sa fille, la princesse Myrrha. Il serait par la suite devenu l’amant d’Aphrodite et de Perséphone.
Mots-clés: mythe ; mythologie ; grèce ; chypre ; inceste ;
Langue d'origine: Hellênikề glỗtta (Ἑλληνικὴ γλῶττα)
Expression en langue originale: Ἄδωνις
Localisation spatiale du sujet: Chypre
Aspects rhétoriques et discursifs: Narration
Sujet: Personnalités de référence
Topique: Propp
Prénom: Vladimir
Localisation spatiale du sujet: Russie
Localisation temporelle du sujet: 1895/1970
Vladimir Propp est un russe, connu en occident pour son étude des contes merveilleux et du folklore russe. Il a enseigné à partir de 1938 à l’université de Leningrad, et si au début de sa carrière, il a eu des difficultés à s’imposer, à la fin, ses cours ne désemplissaient pas.
Nom: ANGELOPOULOS
Prénom: Anna
Rôle: Participant-discutant
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Psychanalyste
Adresse: Paris, France
Anna Angelopoulos est psychanalyste et traductrice, spécialiste du conte.
Titre: Paroles de Daniel MAXIMIN
Durée: 00:13:45   [01:25:14 > 01:38:59]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Pour Daniel MAXIMIN, on ne sait pas pourquoi on raconte des histoires, de plus cette action a toujours eut une double signification, ce qui la rend ambigue. L’enfant ne sait pas si l’histoire est un moyen de l’endormir ou de le tenir éveillé. Ainsi, le conte peut êter une médiation entre le réel et l’imaginaire, faire la transition entre la vie et le sommeil (assimilé à une petite mort). Lorsqu’il était enfant, en Guadeloupe, une vielle femme venait régulièrement lui raconter une histoire. Il s’agissait d’une belle histoire, celle d’un colibri qui malgré sa petite taille résistait à différentes attaques, mais pendant laquelle il s’endormait toujours, c’est pourquoi il ne savait pas que le colibri finissait par perdre. Plus tard, parce qu’il avait grandi, son père refusa que la vieille femme revienne, il se mit donc mis à lire. Dianiel MAXIMIN conclue son intervention en citant le poème d’Arthur RIMBAUD : « Le dormeur du val ». En effet, dans ce poème, si l’on ne connaît pas la fin, on peut croire à un instant de paix et de repos, seul le dernier tercets permet de comprendre que le jeune soldat est en réalité mort.
Sujet: Oeuvres littéraires
Topique: Le dormeur du val
Nom de famille: Rimbaud
Prénom: Arthure
Mots-clés: rimbaud ; poème ; sonnet ; dormeur ; val ;
Localisation spatiale du sujet: France ; Paris
Localisation temporelle du sujet: 1870
Aspects rhétoriques et discursifs: Narration
« Le dormeur du val » est un sonnet d’Arthur Rimbaud (1854-1891), poète français, qu’il a rédigé à l’âge de 16 ans. Le dormeur du val : "C'est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."
Arthur Rimbaud est un poète français du XIXe siècle. Il n’a écrit des poèmes que de ses 15 à ses 20 ans, ses écrits suivants sont tous issus de ses voyages et consistent principalement en de la correspondance et quelques cartes. Malgré cela, il est aujourd’hui considéré comme l’une des figures majeures de la littérature française.
Nom: MAXIMIN
Prénom: Daniel
Rôle: Participant-discutant
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Poète/Romancier
Adresse: Paris, France
Daniel Maximin est un poète et romancier Français, originaire de Guadeloupe. Particulièrement connu pour sa trilogie, son récit autobiographique « Tu, c’est l’enfance », reçoit le Grand Prix de l’Académie Française en 2004. D’autres décorations comme La Légion d’honneur, le titre de Chevalier des Arts et de des Lettres, ou encore d’Officier des Arts et des Lettres, lui ont été personnellement décernées. Depuis le début de sa carrière il s’implique également dans le monde de l’édition et de la culture.
Titre: Parole de Gérard POTIER
Durée: 00:17:18   [01:38:59 > 01:56:17]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Gérard POTIER cite cinq petites histoires : La première, sur le ton de l’humour, tente d’expliquer la raison pour laquelle il est chauve. La deuxième est une anecdote familiale, un dialogue entre sa mère et l’une de ses tantes, à l’enterrement de l’un de ses oncles. La troisième relate l’histoire d’un petit garçon qui veut apprendre à conduire un tracteur. Mais lorsqu’il monte dessus pour la première fois, il se trompe et enlise l'engin dans un étang. Tout devient calme, soulagé que son père ne soit pas en colère, il part alors à travers les chemins de la campagne. Dans la troisième histoire, alors qu’il organise une fête chez son cousin, il s’aperçoit que le chien de l’un des invités a tué le lapin de ce dernier. Il décide alors de le nettoyer et de le replacer dans son clapier, comme si de rien n’était. La quatrième et dernière histoire rapporté par Gérard POTIER est celle d’un psychanalyste qui une fois par semaine, voit une jeune fille entrer dans son bureau et sa cacher sous son bureau pendant vingt minutes.
Nom: POTIER
Prénom: Gérard
Rôle: Participant-discutant
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Comédien
Adresse: France
C’est en 1978 que Gérard Potier intègre un troupe d’art pour la première fois. D’éducation catholique, il découvre alors l’éducation populaire. Depuis, sa carrière prolifique l’a amené autant à jouer dans des pièces qu’à en créer lui-même.
Titre: Les mots de la fin
Durée: 00:04:20   [01:56:17 > 02:00:37]
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Jean-Claude Carrière clôt cette rencontre en citant un conte persan, l’histoire d’un conteur qui, face à l’océan, récite toutes les histoires qu’il connait. Il est dit que si le conteur s’arrête, nul ne sait alors ce que ferait l’océan.

11 chapitres.
  • Table ronde filmée. Myriam PELLICANE ouvre cette table ronde avec trois contes un peu déjantés. Le premier est celui d’un couple partit chasser des singes dans la forêt, le deuxième celui d’une femme ayant une technique secrète pour pêcher, et le troisième, celui de deux enfants et d’en bélier.
  • Table ronde filmée. Dany LAFERRIERE commence son intervention en évoquant le souvenir qu’il a de sa grand-mère en Haïti, et qui parvenait à faire parler les gens d’eux-mêmes en leur offrant une simple tasse de café, lui aimait les écouter. C’est ce souvenir précis qui lui a donné le goût des histoires. Par la suite, en arpentant les maisons voisines afin de lire les livres qu'elles recelaient, il s’est aperçu qu cela le faisait entrer en contact avec la vie des gens, qu’il décelait une partie de leurs secrets. Fasciné, il a donc décidé d’écrire la vie des gens. Il conclut son intervention en citant une anecdote sur l’une de ses tantes qu’il a un jour inclue dans l’un de ses romans.
  • Table ronde filmée. Laurent GAUDE introduit son intervention par une phrase de Stig DAGERMAN (1923-1954), « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Pour lui, il y a un lien profond entre cette recherche de consolation et la lecture. En grandissant, les hommes passent du ‘tout possible’, à la prise de choix, étape de cristallisation nécessaire dans le parcours de la vie. Laurent GAUDE, cependant, ne cesse de se demander « et si », et si les choses avaient été différentes, et si… Or écrire, tout comme lire un livre, permet de sublimer le fantasme du « Et si ? ».
  • Table ronde filmée. Rose-Marie MORO commence par nous raconter des anecdotes autour de sa grand-mère espagnole. Cette dernière lui disait souvent qu’en chaque personne se trouve une pépite, une théorie de la vie. Elle lui a également expliqué, que pour vivre et transmettre la vie, il y a plus important que la réalité : l’illusion. En effet, trouver cette illusion permettrait de ranimer la ‘pépite’ lorsqu’elle s’éteint, et les contes en seraient l’un des vecteurs. Pour illustrer son propos, Rose-Marie MORO, relate l’expérience qu’elle a eue avec plusieurs enfants d’immigrés dans le cadre de son travail. Elle se base pour cela sur une technique proposée par Danièle PINON-ROUSSEAU, celle du « conte bilingue ». Les parents choisissent un conte, dans la langue de leur choix, qu’ils traduisent avec l’enfant dans une autre langue. Le conte devient alors un objet actif avec lequel l’enfant joue. Les contes permettent ainsi de consoler et d’apaiser.
  • Table ronde filmée. Lorsqu’Ivry GITLIS était enfant, il avait pour habitude de raconter ses voyages fictifs en Chine. Il n’y est par la suite jamais allé de peur que ses contes perdent leur sens. Lors de cette intervention, il cite deux courtes histoires, la première est celle d’un oiseau qui rencontre un éléphant, ce dernier l’envie de la liberté que lui offre ses ailes, alors l’oiseau décide de l’aider. La deuxième est celle d’une tête qu’un arbre prend en pitié et décide protéger, leurs racines se rencontrent alors et une belle forêt voit le jour.
  • Table ronde filmée. Jean-Claude CARRIERE commence son intervention en nous expliquant que, dans Mahâbhârata indien, il est dit que les hommes écrivent et écoutent des histoires parce que c’est un acte agréable et parce que, parfois, ces histoires nous rendent meilleurs. Un neurologue lui a un jour expliqué qu’un homme normal est un homme aves une histoire et capable de la raconter. Il relate ensuite une petite histoire liée à Nasreddin et sur le thème du nationalisme. Pour Jean-Claude CARRIERE, les histoires sont un moyen de lutter contre le temps, pendant le récit, le temps se met en pause. Il raconte alors à nouveau une très courte histoire iranienne qui permet d’illustrer cette idée du temps. Il ajoute que les histoires sont là parce que nous ne sommes pas satisfaits de notre réalité, avant de conclure avec une citation d’un maître soufie.
  • Table ronde filmée. Anna ANGELOPOULOS a choisi d’axer son intervention sur les mythes. En effet, de nombreux contes sont la survivance de mythes transmis inconsciemment. Elle cite alors le conte de Muscambre. Dans cette histoire, un roi offre à sa fille, qui ne trouve pas de prince qui lui convienne, des épices nobles afin qu’elle façonne l’homme de ses rêves. Or ce récit ressemble fortement au mythe de la naissance d’Adonis. Le folkloriste Russe Vladimir PROPP (1895-1970) a dit « Parfois, une religion meurt et un conte merveilleux naît ». Anna ANGELOPOULOS conclue son intervention en faisant remarquer que les héros des contes merveilleux portent rarement de nom, mais sont identifiés par des surnoms qui deviennent emblématiques et facilitent la mémorisation.
  • Table ronde filmée. Pour Daniel MAXIMIN, on ne sait pas pourquoi on raconte des histoires, de plus cette action a toujours eut une double signification, ce qui la rend ambigue. L’enfant ne sait pas si l’histoire est un moyen de l’endormir ou de le tenir éveillé. Ainsi, le conte peut êter une médiation entre le réel et l’imaginaire, faire la transition entre la vie et le sommeil (assimilé à une petite mort). Lorsqu’il était enfant, en Guadeloupe, une vielle femme venait régulièrement lui raconter une histoire. Il s’agissait d’une belle histoire, celle d’un colibri qui malgré sa petite taille résistait à différentes attaques, mais pendant laquelle il s’endormait toujours, c’est pourquoi il ne savait pas que le colibri finissait par perdre. Plus tard, parce qu’il avait grandi, son père refusa que la vieille femme revienne, il se mit donc mis à lire. Dianiel MAXIMIN conclue son intervention en citant le poème d’Arthur RIMBAUD : « Le dormeur du val ». En effet, dans ce poème, si l’on ne connaît pas la fin, on peut croire à un instant de paix et de repos, seul le dernier tercets permet de comprendre que le jeune soldat est en réalité mort.
  • Table ronde filmée. Gérard POTIER cite cinq petites histoires : La première, sur le ton de l’humour, tente d’expliquer la raison pour laquelle il est chauve. La deuxième est une anecdote familiale, un dialogue entre sa mère et l’une de ses tantes, à l’enterrement de l’un de ses oncles. La troisième relate l’histoire d’un petit garçon qui veut apprendre à conduire un tracteur. Mais lorsqu’il monte dessus pour la première fois, il se trompe et enlise l'engin dans un étang. Tout devient calme, soulagé que son père ne soit pas en colère, il part alors à travers les chemins de la campagne. Dans la troisième histoire, alors qu’il organise une fête chez son cousin, il s’aperçoit que le chien de l’un des invités a tué le lapin de ce dernier. Il décide alors de le nettoyer et de le replacer dans son clapier, comme si de rien n’était. La quatrième et dernière histoire rapporté par Gérard POTIER est celle d’un psychanalyste qui une fois par semaine, voit une jeune fille entrer dans son bureau et sa cacher sous son bureau pendant vingt minutes.
  • Table ronde filmée. Jean-Claude Carrière clôt cette rencontre en citant un conte persan, l’histoire d’un conteur qui, face à l’océan, récite toutes les histoires qu’il connait. Il est dit que si le conteur s’arrête, nul ne sait alors ce que ferait l’océan.
Titre: MONDORAL - Pourquoi faut-il raconter des histoires ? Quatrième partie
Sous-titre: OPUS 4 - Table ronde 20h - 22h
Auteur(s): PELLICANE, Myriam, LAFERRIERE, Dany, GAUDE, Laurent, ANGELOPOULOS, Anna, MAXIMIN, Daniel, KOWARSKY, Didier, POTIER, Gérard, MORO, Rose-Marie, GITLIS, Ivry, CARRIERE, Jean-Claude, TOUATI, Henri, DE LA SALLE, Bruno, CATINCHI, Philippe-Jean
Durée: 02:00:37
Date de réalisation: 28/01/2014
Lieu de réalisation: Odéon - Théâtre de l'Europe - Place de l'Odéon, 75006 Paris, France
Langue(s): Français
MONDORAL et l'ODEON - Théâtre de l'Europe vous invitent au grand jeu des questions-réponses par le moyen d'histoires. Le sujet est : pourquoi faut-il raconter des histoires ? il s'agit d'interroger la notion de transmission, sa nécessité, la métamorphose de ses formes, son adaptation au monde de demain. Il s’agit ici de la dernière des quatre parties qui composent la journée, elle accueil sous l’œil attentif de Philippe-Jean CATINCHI, qui tient le rôle de médiateur, neuf participants venus exposer leurs points de vues.
Sujet: Contes en scène
Topique: Contes du mondes
Détail particulier: Les contes sont universels, ils sont présents dans toutes les cultures. Se sont même parfois les mêmes histoires n’ayant pour différences que quelques particularités culturelles. De longueurs variables, ils sont toujours porteurs d’une morale forte. Les contes se transmettent traditionnellement oralement, mais avec les progrès techniques et l’évolution de l’éducation, aujourd’hui les contes sont également aussi souvent écrits.
Mots-clés: conte ; récit ; histoire ;
Aspects rhétoriques et discursifs: Interprétation ; Interrogation
Sujet: La transmission culturelle
Topique: Transmission des contes
Détail particulier: La question est de savoir, pourquoi raconter les histoires, donc, pourquoi transmettre. Raconter une histoire, c’est la transmettre à l’auditeur, qui devient alors lui-même sont porteur. Bien que les contes évoluent avec le temps, en se chargeant de leurs conteurs, de leurs expériences, de leurs voyages, le cycle de transmission perdure depuis des milliers d’années.
Mots-clés: transmission ; conte ; moral ; culture ; conteur ;
Aspects rhétoriques et discursifs: Interrogation
Nom: ANGELOPOULOS
Prénom: Anna
Rôle: Participants-discutants
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Psychanalyste
Adresse: Paris, France
Anna Angelopoulos est psychanalyste et traductrice, spécialiste du conte.
Nom: CATINCHI
Prénom: Philippe-Jean
Rôle: Participants-discutants
Appartenance: Le Monde, France
Fonction: Journaliste
Adresse: Paris, France
Philippe-Jean Catinchi est par ordre alphabétique, adepte de la course d'orientation, et de la course en montagne, admirateur de V. Nabokov et d'I. Calvino, agrégé d'histoire, auteur de livres pour la jeunesse, escrimeur, journaliste au Monde, père de trois enfants, spécialiste de M.Yourcenar et soucieux d'éviter les étiquettes réductrices. Journaliste au Monde, membre du Prix du jeune écrivain, du Goncourt des Lycéens, du livre d'histoire du Sénat et de Cluny. Il est également animateur des débats au Salon du Livre de Paris et de Montreuil.
Nom: ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche)
Rôle: Producteurs d'oeuvres audiovisuelles
Adresse: FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Nom: GAUDE
Prénom: Laurent
Rôle: Participants-discutants
Fonction: Romancier/Dramaturge
Adresse: France
Laurent Gaude a commencé par des études de Lettres Modernes et d’Etudes Théâtrales à Paris. Sa première pièce est publiée en 1997, jouée pour la première fois en 200 au Théâtre National de Strasbourg. Son premier roman est lui publié en 2001. Depuis, il a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Goncourt, en 2004, pour son roman « La mort du roi Tsongor ».
Nom: GITLIS
Prénom: Ivry
Rôle: Participants-discutants
Fonction: Violoniste
Adresse: Paris, France
Ivry Gitlis est un violoniste israélien, nommé Ambassadeur de Bonne Volonté par l’UNESCO en 1990. C’est dès l’âge de quatre ans qu’il a débuté son apprentissage du violon. A sept ans, il donnait son premier concert. Afin de parfaire son apprentissage, il a voyagé à Paris, puis à Londres et aux Etats-Unis. Depuis les années 1960, au moins, il est considéré comme l’un des interprètes les plus en vues.
Nom: LAFERRIERE
Prénom: Dany
Rôle: Participants-discutants
Appartenance: Le Monde, France
Fonction: Ecrivain
Adresse: Montreal, Canada
Dany Laferrière est un écrivain et scénariste canadien, originaire d’Haïti. Depuis 1991, il a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Médicis en 2009 pour son roman « L’énigme du retour ».
Nom: MAXIMIN
Prénom: Daniel
Rôle: Participants-discutants
Fonction: Poète/Romancier
Adresse: Paris, France
Daniel Maximin est un poète et romancier Français, originaire de Guadeloupe. Particulièrement connu pour sa trilogie, son récit autobiographique « Tu, c’est l’enfance », reçoit le Grand Prix de l’Académie Française en 2004. D’autres décorations comme La Légion d’honneur, le titre de Chevalier des Arts et de des Lettres, ou encore d’Officier des Arts et des Lettres, lui ont été personnellement décernées. Depuis le début de sa carrière il s’implique également dans le monde de l’édition et de la culture.
Nom: MORO
Prénom: Rose-Marie
Rôle: Participants-discutants
Fonction: Psychiatre
Adresse: France
Rose-Marie Moro, d’origine espagnole, est psychanalyste, ethnopsychiatre et psychiatre. Elle l’une des figure moderne majeur de la psychiatrie transculturelle, elle travail d’ailleurs principalement avec des enfants issus de l’immigration, et qui sont en général à cheval sur plusieurs langues.
Nom: PELLICANE
Prénom: Myriame
Rôle: Participants-discutants
Appartenance: Le Monde, France
Fonction: Conteuse
Adresse: France
Myriam Pellicane est aujourd’hui directrice de la compagnie Izidoria. Son approche, aux multiples facettes, est toujours décalée. Comme elle le dit, sa mission est de raconter tout ce qui a été censuré dans le temps, les histoires qui dérangent. Elle veut procurer la sensation avant la compréhension.
Nom: POTIER
Prénom: Gérard
Rôle: Participants-discutants
Fonction: Comédien
Adresse: France
C’est en 1978 que Gérard Potier intègre un troupe d’art pour la première fois. D’éducation catholique, il découvre alors l’éducation populaire. Depuis, sa carrière prolifique l’a amené autant à jouer dans des pièces qu’à en créer lui-même.
Type: Citation(s)
Plusieurs des intervenants citent des contes et des récits afin d'illustrer leurs propos.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Les intervenants se posent la question de savoir comment, pourquoi, et peut-on, raconter des histoires ?
PELLICANE, Myriam, LAFERRIERE, Dany, GAUDE, Laurent, ANGELOPOULOS, Anna, MAXIMIN, Daniel, KOWARSKY, Didier, POTIER, Gérard, MORO, Rose-Marie, GITLIS, Ivry, CARRIERE, Jean-Claude, TOUATI, Henri, DE LA SALLE, Bruno, CATINCHI, Philippe-Jean. « MONDORAL - Pourquoi faut-il raconter des histoires ? Quatrième partie », Archives Rencontre des Cultures (ARC), 2130, 2010, [en ligne] ; URL :
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© DE PABLO, Elisabeth, Ingénieur de Recherche, ESCoM-AAR, FMSH, Paris, France, 2010 © CHEMOUNY, Muriel, ESCoM-AAR, FMSH, Paris, France, 2010 © PARADISO, Frédéric, Réalisateur, LT Production, Paris, France, 2010
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© PELLICANE, Myriam, Conteuse, Izidoria Lyon, France, 2010 © LAFERRIERE, Dany, Ecrivain, Canada, 2010 © GAUDE, Laurent, Romancier, Paris, France, 2010 © ANGELOPOULOS, Anna, Psychanalyste, Paris, France, 2010 © MAXIMIN, Daniel, Romancier, Paris, France, 2010. © KOWARSKY, Didier, Conteur, Paris, France, 2010 © POTIER, Gérard, Conteur, Paris, France, 2010 © MORO, Rose-Marie, Psychiatre, Paris, France, 2010 © GITLIS, Ivry, Violoniste, Israël, 2010 © CARRIERE, Jean-Claude, Ecrivain/Scénariste, SACD, Paris, France, 2010 © CATINCHI, Philippe-Jean, Journaliste, Le Monde, Paris, France, 2010 © TOUATI, Henri, Directeur, Centre des Arts et du Récit, France, 2010 © DE LA SALLE, Bruno, Ecrivain, CLIO, Paris, France, 2010
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page "
Titre: Analyse d’une table ronde autour du sujet : Pourquoi raconter des histoires ? Quatrième partie
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRISA, Oriane. « Analyse d’une table ronde autour du sujet : Pourquoi raconter des histoires ? Quatrième partie » (Portail ARC, 2014) :
Id analyse: 17f7e765-3be9-41d4-acf0-cee432b135b1
Id vidéo: 5910799b-409c-4d6f-93a7-c4d5c435dfaa
Analyse de la quatrième partie de la table ronde « Pourquoi raconter des histoires ? », issue du programme MONDORAL.