Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien. JULLIEN François, WIEVIORKA Michel, WIHTOL de WENDEN Catherine

Chapitre

Titre: Penser global : une nouvelle approche en sciences sociales par Michel WIEVIORKA
Durée: 00:16:26   [00:00:00 > 00:16:26]
L’objectif de Michel Wieviorka, à travers la création du Collège d’Etudes Mondiales et la parution de la nouvelle revue « Socio » (Editions MSH) était de sortir du « nationalisme méthodologique » et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion et de dialogue autour de la question du « penser global ». Il aborde ainsi plusieurs points concernant cette question, notamment la nécessité d’une ouverture mondiale des sciences sociales, délaissant le monopole de l’occident pour donner une portée globale à la réflexion. L’interdisciplinarité et le dialogue entre les compétences lui paraissent également nécessaires pour sortir d’une spécialisation et « monter » en généralités des questions globales. Penser global conduit aussi à avoir une réflexion de type éthique nouvelle, en s’intéressant d’un côté à tout ce qui résiste à la globalisation économique, et en réfléchissant d’un autre côté réfléchit à tout ce qui est porteur d’une responsabilité globale (développement durable, générations futures, écologie, etc.).
Titre: « Penser global » et l’analyse des nouveaux phénomènes en sciences politiques par Catherine WIHTOL de WENDEN
Durée: 00:07:49   [00:16:26 > 00:24:16]
Catherine WIHTOL de WENDEN, politologue, travaillant sur la question des migrations dans un contexte international, nous présente ce que signifie pour elle « penser global ». Cette nouvelle perspective implique de penser que toute une série de phénomènes étendus à l’ensemble de la planète ont les mêmes facteurs et les mêmes effets ; et prendre en compte le fait que nous sommes entrés dans un monde global, liquide, où tout circule et où émerge de plus en plus un phénomène d’interdépendance. La conséquence pour l’analyse de ces phénomènes en sciences politiques est que l’Etat est le grand perdant. Les acteurs ont en effet beaucoup changé, ils sont supra ou infra-étatique. L’individu est redevenu un acteur puissant sur la scène internationale dans ce monde de réseau, de transnationalisme, de circulation, et de mobilité. Pour l’interprétation de ces phénomènes, elle propose notamment d’utiliser le comparatisme comme outil d’analyse pour donner une intelligibilité à des éléments locaux dans une version plus large de la compréhension d’un phénomène.
Titre: Renouveler nos concepts d’analyse en philosophie pour appréhender un nouveau monde global par François JULLIEN
Durée: 00:15:21   [00:24:16 > 00:39:38]
François Jullien, philosophe et sinologue, comment par poser la question de la différence entre le « général » et le « global ». Penser global c’est non plus penser la tension classique de la philosophie dans un rapport de l’individuel au général selon l’exigence du concept, mais bien du local au global. Pour éviter les écueils de l’universalisme et du relativisme, nous sommes obligés de repenser le concept d’universel, comme principe régulateur, mais un universel rebelle, contre un universalisme facile et à l’encontre de l’uniforme. Pour cela, François Jullien introduit la notion d’écart, à l’encontre du concept de différence, qui oblige à ranger depuis une position de surplomb, alors même que l’écart est un concept de dérangement (faire un écart, faire sortir de ce qui est déjà normé). En faisant travailler les écarts, nous pouvons produire du commun, car il met en tension ce qui séparait. L’écart en tant qu’embranchement nous permet de penser comment aujourd’hui nous pouvons articuler le local et le global. La nouvelle figure de sujet que cela appelle, est un sujet alerte, qui va savoir évoluer entre des exigences diverses, entre une exigence de globalité et de localité. Il s’agit donc d’articuler la pensée entre ces deux niveaux : le local là où se produit les choses intensément (à ne pas négliger) et le global en s’articulant, en dialoguant.
Titre: Discussion entre les intervenants
Durée: 00:14:28   [00:39:38 > 00:54:06]
La discussion entre les intervenants aborde les thèmes de la différence comme concept et de la comparaison comme méthode d’étude.

4 chapitres.
  • L’objectif de Michel Wieviorka, à travers la création du Collège d’Etudes Mondiales et la parution de la nouvelle revue « Socio » (Editions MSH) était de sortir du « nationalisme méthodologique » et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion et de dialogue autour de la question du « penser global ». Il aborde ainsi plusieurs points concernant cette question, notamment la nécessité d’une ouverture mondiale des sciences sociales, délaissant le monopole de l’occident pour donner une portée globale à la réflexion. L’interdisciplinarité et le dialogue entre les compétences lui paraissent également nécessaires pour sortir d’une spécialisation et « monter » en généralités des questions globales. Penser global conduit aussi à avoir une réflexion de type éthique nouvelle, en s’intéressant d’un côté à tout ce qui résiste à la globalisation économique, et en réfléchissant d’un autre côté réfléchit à tout ce qui est porteur d’une responsabilité globale (développement durable, générations futures, écologie, etc.).
  • Catherine WIHTOL de WENDEN, politologue, travaillant sur la question des migrations dans un contexte international, nous présente ce que signifie pour elle « penser global ». Cette nouvelle perspective implique de penser que toute une série de phénomènes étendus à l’ensemble de la planète ont les mêmes facteurs et les mêmes effets ; et prendre en compte le fait que nous sommes entrés dans un monde global, liquide, où tout circule et où émerge de plus en plus un phénomène d’interdépendance. La conséquence pour l’analyse de ces phénomènes en sciences politiques est que l’Etat est le grand perdant. Les acteurs ont en effet beaucoup changé, ils sont supra ou infra-étatique. L’individu est redevenu un acteur puissant sur la scène internationale dans ce monde de réseau, de transnationalisme, de circulation, et de mobilité. Pour l’interprétation de ces phénomènes, elle propose notamment d’utiliser le comparatisme comme outil d’analyse pour donner une intelligibilité à des éléments locaux dans une version plus large de la compréhension d’un phénomène.
  • François Jullien, philosophe et sinologue, comment par poser la question de la différence entre le « général » et le « global ». Penser global c’est non plus penser la tension classique de la philosophie dans un rapport de l’individuel au général selon l’exigence du concept, mais bien du local au global. Pour éviter les écueils de l’universalisme et du relativisme, nous sommes obligés de repenser le concept d’universel, comme principe régulateur, mais un universel rebelle, contre un universalisme facile et à l’encontre de l’uniforme. Pour cela, François Jullien introduit la notion d’écart, à l’encontre du concept de différence, qui oblige à ranger depuis une position de surplomb, alors même que l’écart est un concept de dérangement (faire un écart, faire sortir de ce qui est déjà normé). En faisant travailler les écarts, nous pouvons produire du commun, car il met en tension ce qui séparait. L’écart en tant qu’embranchement nous permet de penser comment aujourd’hui nous pouvons articuler le local et le global. La nouvelle figure de sujet que cela appelle, est un sujet alerte, qui va savoir évoluer entre des exigences diverses, entre une exigence de globalité et de localité. Il s’agit donc d’articuler la pensée entre ces deux niveaux : le local là où se produit les choses intensément (à ne pas négliger) et le global en s’articulant, en dialoguant.
Titre: Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien
Sous-titre: Le salon du livre des sciences humaines 2012
Auteur(s): JULLIEN François, WIEVIORKA Michel, WIHTOL de WENDEN Catherine
Durée: 01:49:55
Date de réalisation: 25/11/2012
Lieu de réalisation: Espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48 rue Vieille-du-temple, 75004 Paris, France
Genre: Table ronde filmée
Langue(s): Français
Dernièrement, on observe que la thématique de la pensée globale revient de manière récurrente dans les sciences sociales, impliquant un renouvellement des objets d’études, des méthodes d’approches et des modes d’analyses. Les trois chercheurs présents, Catherine Wihtol de Wenden (politologue, CNRS), François Jullien (philosophe, Université Paris-Diderot) et Michel Wieviorka (Sociologue, FSMH), exposent dans cette discussion leurs propositions et les nouveaux concepts ou outils auxquels ils font appel pour interpréter et donner à comprendre le monde global dans lequel nous évoluons actuellement.
Inscrit dans le festival d’événements "Des livres et des idées", le Salon du livre des sciences humaines est un espace de découverte éditoriale, de rencontres et de débats entre chercheurs, professionnels et grand public, nous offrant un panorama sur l’actualité en sciences humaines et sociales En écho aux tensions sociales et économiques qui bouleversent actuellement l’Europe, le Salon du livre des sciences humaines a choisi pour sa 6e édition de s’intéresser à la question des "politiques de crise et des crises du politique". Ce thème sera décliné à travers plusieurs tables-rondes, abordant des sujets tels que : les sciences humaines et la mondialisation, l’édition indépendante critique, la condition animale dans nos sociétés, ou encore les menaces de la démocratie.
Sujet: Sujet
Topique: Le phénomène de globalisation dans l'analyse en sciences sociales
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Discussion ; Exposé scientifique
Nom: JULLIEN
Prénom: François
Rôle: Professeur
Appartenance: Université Paris Diderot (Paris VII), France
Fonction: Titulaire de la Chaire sur l'Altérité, CEM, FMSH
Adresse: France
Professeur à l'université Paris-Diderot, ses travaux se déploient au carrefour de la sinologie et de la philosophie générale. Il est actuellement titulaire de la Chaire de recherche sur l’Altérité au sein du Collège d’Etudes Mondiales de la FMSH.
Nom: LEGRAND
Prénom: Valérie
Rôle: Analyste d'oeuvres audiovisuelles
Appartenance: FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme, ESCoM - Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, France
Fonction: Anthropologue - Ingénieur de recherche
Adresse: ESCoM-FMSH 190, avenue de France 75013 PARIS, Paris, FRANCE
Valérie Legrand est une anthropologue-linguiste spécialiste des Andes péruviennes quechuaphones. Rattachée au laboratoire du CERLOM (Centre d'étude et de recherche sur les littératures et oralités du monde), elle mène actuellement ses recherches de doctorat sur un patrimoine immatériel quechua - le chant poétique wayno- dans la région de Cusco (Sud du Pérou). Chargée de cours de langue et civilisation quechua à l'INaLCO, elle a également travaillé au sein de la section du Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO. Elle participe depuis 2011 aux travaux de recherches du programme ESCoM-FMSH sur les archives audiovisuelles numériques en sciences sociales, à travers les projets "ASA-SHS" - Atelier de Sémiotique Audiovisuelle en Sciences Humaines et Sociales (ANR, FMSH, 2011), "Convergence" (Projet Européen, FMSH, 2012) et « Campus AAR » (ANR, FMSH, 2014-2017). Dans ce cadre, elle a développé le site PCIA - Patrimoine Culturel Immatériel Andin - un portail audiovisuel de recherche consacré au patrimoine vivant des populations andines du Pérou et de Bolivie ().
Nom: WIEVIORKA
Prénom: Michel
Rôle: Directeurs d'études
Appartenance: FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris, France
Fonction: Administrateur
Adresse: France
Michel WIEVIORKA - Administrateur de la FMSH depuis 2009, docteur d'Etat ès Lettres et Sciences Humaines, Directeur d'études à l'EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, CADIS-Centre d'Analyse et d'Intervention Sociologiques (EHESS-CNRS, Paris, France) fondé en 1981 par Alain Touraine - centre qu'il a dirigé jusqu'en 2009. En juillet 2006, il est élu président de l'Association internationale de sociologie (AIS/ISA). Depuis novembre 2006, il préside le comité de sélection du prix Michel Seurat créé par le CNRS. Il est également membre du Centre de coopération franco-norvégienne en sciences sociales et humaines / FMSH Paris. Il est co-directeur, avec Georges Balandier, de la revue Cahiers internationaux de sociologie. Après avoir dirigé la collection "Voix et Regards" aux Editions Balland, il dirige aujourd'hui la collection "Le monde comme il va" aux Editions Robert Laffont. Il est également membre des comités de rédaction de plusieurs revues, dont Journal of Ethnic and Migration Studies / Ethnic and Racial Studies / French Politics, Culture and Society. En 2013, il fonde la nouvelle revue de sociologie « Socio » aux éditions de la FMSH. Ses recherches portent sur la notion de conflit, sur le terrorisme et la violence, sur le racisme, l'antisémitisme, sur les mouvements sociaux, sur la démocratie ainsi que sur les phénomènes de différence culturelle.
Nom: WIHTOL de WENDEN
Prénom: Catherine
Rôle: Directeurs de recherche
Appartenance: Centre National de la Recherche Scientifique - CNRS
Adresse: France
Politologue. Directrice de recherche au CNRS (CERI) et docteur en science politique (Institut d'études politiques de Paris), elle est une spécialiste des migrations internationales sur lesquelles depuis une vingtaine d'années.
Type: Livre
Auteur: Catherine WIHTOL de WENDEN
Catherine WIHTOL de WENDEN Atlas des migrations: Un équilibre mondial à inventer. 2012
Type: Livre
Auteur: Michel WIEVIORKA, Joël ROMAN
Michel WIEVIORKA (avec Joël Roman) Identité nationale : quel "débat"? in L'État pyromane, Paris, éd Delavilla, 2010.
Type: Livre
Auteur: François JULLIEN
François JULLIEN L’Écart et l'entre, 96 p., Galilée, 2012
Type: Livre
Auteur: Catherine WIHTOL de WENDEN
Catherine WIHTOL de WENDEN La question migratoire au XXIe siècle. Migrants, réfugiés et relations internationales, Paris, Presses de Sciences Po, 2010.
JULLIEN François, WIEVIORKA Michel, WIHTOL de WENDEN Catherine. «Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°2223, 2012, URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=2223&ress=7334&video=145566&format=68
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Jean-Michel HENNY (Responsable table ronde, FMSH, Paris, France), Elisabeth de PABLO (Réalisation et mise en ligne, ESCoM-FMSH, Paris, France),Pierre BLANCHANDIN (Cadreur/réalisateur, Aquitaine Events, France), Florent TROCHEL (Hana San Studio, Paris, France), 2012
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Michel WIEVIORKA (FMSH, Paris, France), Catherine WIHTOL de WENDEN (CNRS, Paris, France), François JULLIEN (FMSH, Paris, France), 2012
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Titre: Analyse générale de la vidéo « Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien»
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: LEGRAND, Valérie. « Analyse générale de la vidéo « Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien» (Portail AGORA, 2013), URL Vidéo : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=2223&ress=7334&video=145566&format=68 (AAR, 2012)
Id analyse: 1a759e1a-fd74-4201-9506-4f5184ffe063
Id vidéo: 210bc602-c76b-4c27-96ca-d9aed7de7e4e
Analyse générale de la vidéo « Penser global. Sciences sociales et mondialisation par Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden et François Jullien».