Los cocaleros del Chapare . RUIZ MONTEALEGRE Manuel, ULLOQUE FRANCO Hector

Chapitre

Titre: Représenter la réalité du Chapare
Durée: 00:07:34   [00:00:00 > 00:07:34]
Langue(s): Español
L'idée du documentaire est de faire connaître et de communiquer la réalité sud-américaine, en créant un lien avec les populations, en entrant dans leur vie quotidienne, sans que la caméra n'altère cette quotidienneté. Il y a également eu une réflexion menée sur l’articulation entre le contenu et la forme du documentaire, Manuel se concentrant plus sur le contenu lui-même, tandis qu'Hector s'intéressait plus aux modes de transmission de ce contenu.
Titre: La culture de la coca et la configuration historico-sociale du Chapare
Durée: 00:06:57   [00:07:34 > 00:14:31]
Langue(s): Español
Le Chapare correspond géographiquement au Tropique de Cochabamba, département du nord-est de la Bolivie. Cette région boisée, tropicale et humide est située à la frontière entre la cordillère des Andes et l’Amazonie. La région du Chapare commence à se peupler plus densément au début du XXe siècle par des paysans d’origine quechua, notamment à partir de la réforme agraire de 1952 qui donne lieu à la fois à une colonisation orientée favorisée par l’Etat et une spontanée. La spécificité du Chapare est que cette zone va progressivement se convertir en un lieu de grande production de feuille de coca, notamment à partir des années 1970, phénomène qui va entraîner une importante migration vers cette région. L’enjeu du documentaire est ainsi de dresser un panorama général de la population sociale du Chapare depuis le processus politico-social des années 80, jusqu’à l’élection du président Evo Morales, point culminant de ce processus. Le documentaire s’intéresse donc au Chapare en tant que cadre d’émergence d’un président indigène. Le Chapare est aussi analysé en tant que zone de tensions où se développe depuis plus de 20 ans, à la suite de la prohibition portant sur la feuille de coca, un mouvement de lutte politico-sociale, connu sous le nom de « mouvement cocalero » et défendant la culture de la coca. La feuille de coca étant un produit beaucoup plus rentable économiquement que les autres produits agricoles, le mouvement social va commencer à émerger pour des raisons principalement économiques.
Titre: La force du mouvement social cocalero
Durée: 00:05:08   [00:14:31 > 00:19:40]
Langue(s): Español
Pour les cocaleros, il n’était en effet pas compréhensible que le gouvernement veuille éradiquer la culture de la coca, alors que les anciennes dictatures avaient participé à cette production et alors que cette décision ne résolvait pas en parallèle les principaux problèmes économiques de la région. L’interdiction de la culture de coca et l’augmentation des problèmes économiques que cela entraîne sont à l’origine des résistances, des mobilisations, des luttes armées et des conflits mortels qui vont se produire dans la région. Les cocaleros, opposés à l’interdiction gouvernementale de la culture de la feuille de coca, se sont ainsi organisés politiquement en syndicats afin de défendre leurs intérêts. Dans le cas du Chapare, le processus de lutte sociale se fonde sur l’existence d’une organisation syndicale antérieure, correspondant au syndicalisme agraire dans le cas bolivien. Les syndicats se sont constitués en Bolivie depuis la réforme agraire de 1952 et sont des institutions de contrôle politique et social. Les syndicats développent ainsi des discours revendicateurs qui légitiment la culture de coca en se servant d’arguments culturels et historiques en faveur de la feuille de coca.
Titre: Principaux axes thématiques abordés dans le documentaire
Durée: 00:01:59   [00:19:40 > 00:21:39]
Langue(s): Español
Les principaux thèmes abordés dans le documentaire sont la coca, ses techniques de collecte, ses modes de commercialisation, le rapport entre la coca et les luttes, les protestations sociales et la répression, ainsi que l’organisation syndicale dans le Chapare. La participation politique des femmes est également un thème important, qui a ouvert la voie pour parler de la campagne électorale. Les réalisateurs se sont ainsi rendu compte que les élections présidentielles étaient le moment parfait pour pouvoir observer ces organisations mobilisées.
Titre: Importance du syndicat dans l'organisation sociale des cocaleros
Durée: 00:09:13   [00:21:39 > 00:30:53]
Langue(s): Español
Le thème le plus important concernant les cocaleros est celui de l’organisation. Dans le Chapare, l’ensemble de l’organisation sociale part du syndicat en tant que matrice sociale, ce dernier étant profondément relié avec les questions de la vie quotidienne, familiale et culturelle de la région. Les dirigeants sont élus parmi les membres du syndicat et sont rotatifs tous les ans ou tous les 2 ans. Le syndicat se réunit une fois par mois de manière sacrée. Les réunions, appelées « el ampliado » par référence au fait que tout le monde a le droit de parole, se font sous forme d’assemblées générales dans lesquelles participe toute la communauté. Pendant ces réunions, se discutent tous les problèmes de la communauté, se définissent les cotisations à payer et les obligations à remplir, selon le principe indigène andin d’horizontalité (c’est-à-dire par consensus général et non par décision hiérarchique) Les syndicats se regroupent en centrales, à partir d’une dizaine en général (il existe plusieurs milliers de syndicats au Chapare). La centrale dispose aussi de ses propres dirigeants qui sont élus à partir des dirigeants du syndicat. Et les centrales sont regroupées en fédérations. Toute famille disposant d’un lopin de terre participe au syndicat. Les lopins de terre dans le Chapare sont dénommés chacos, par référence à l’activité de chaquear qui signifie débroussailler le terrain. Les chacos sont limités à une extension de 10 hectares. Le fait d’être détenteurs d’un lopin de terre implique ainsi des obligations communautaires envers l’nsemble des membres du syndicat.
Titre: Partis et instruments politiques du Chapare
Durée: 00:04:59   [00:30:53 > 00:35:52]
Langue(s): Español
La politique dans le Chapare est un autre thème important du documentaire. En 1994, le gouvernement bolivien a promulgué une loi de participation populaire, qui permet de créer de nouveaux groupements politiques. A partir de ce moment, le mouvement cocalero décide de créer et de faire partie avec d’autres organisations de « l’instrument politique de souveraineté des peuples », un instrument qui permet aux organisations sociales d’avoir une présence publique et politique pour défendre leurs intérêts. Dans ce cas nous ne parlons pas d’hommes politiques professionnels, mais de dirigeants sociaux participant en politique. Les candidats du parti sont ainsi des membres du syndicat, élus comme représentants parmi les membres paysans de l’organisation. L’organisation sociale des syndicats part ainsi du mouvement social, qui s’est ensuite converti en parti politique. Lors des élections présidentielles de 2005, Evo Morales a ainsi obtenu 54% des votes au niveau national et 97% des votes au niveau du Chapare, ce qui exprime bien la force politique des syndicats de cocaleros.
Titre: Participation des femmes dans l'espace politique
Durée: 00:03:50   [00:35:52 > 00:39:42]
Langue(s): Español
La participation politique des femmes est un élément nouveau qui commence à transformer la culture politique de la région. Les femmes font partie de l’organisation et commencent à avoir une participation active depuis les années 1993-1994. Dans le conflit qu’il y a eu entre les cocaleros et le gouvernement concernant l’interdiction de la coca, de nombreuses femmes ont souffert et ont gagné leur place en tant que femmes dans la lutte politico-sociale de la région. Ce rôle des femmes a insufflé beaucoup de force à l’organisation syndicale, en créant une autre scène sociale et politique. De plus, il existe un ensemble de syndicats et de centrales dédiés aux femmes, dans lesquels les femmes s’organisent et font des ateliers de formation pour les femmes.
Titre: Réethnification et transformations dans le discours: les revendications des cocaleros
Durée: 00:05:21   [00:39:42 > 00:45:04]
Langue(s): Español
La définition des cocaleros comme indigènes ou paysans est une question très débattue. Au niveau des recherches anthropologiques, les cocaleros ne sont pas considérés comme faisant partie des communautés traditionnelles. Les populations du Chapare proviennent en effet de différentes origines, à la fois quechuas et aymaras, qui se sont métissées en une nouvelle communauté à travers le processus de migration. Cependant, une de ces transformations politiques est en rapport avec l’auto-reconnaissance des cocaleros qui se revendiquent eux-mêmes comme des peuples originaires quechuas, la langue qu’ils parlent en majorité. Cette transformation du discours permet aussi aux cocaleros de se revendiquer d’une identité au niveau national, afin d’être légitimés au même titre que les autres peuples indigènes.
Titre: Fonctions et usages de la feuille de coca
Durée: 00:03:35   [00:45:04 > 00:48:39]
Langue(s): Español
La feuille de coca est en rapport avec la revendication ethnique, car elle représente la possibilité que ces paysans colonisateurs se légitiment en tant que peuple « originaire quechua ». Le mouvement cocalero se légitime ainsi à travers le symbole de la coca, car non seulement elle appartient à la pachamama (Terre-mère : entité féminine fertile centrale dans les Andes) et elle dispose d’un long passé historique et culturel dans les Andes. La coca participe aussi activement à la vie quotidienne à la fois dans le travail, dans les réunions communautaires et dans les rituels, à travers notamment la pratique de mastication, qui reçoit différentes appellations selon les régions (akulliku-, hallpa-, pikch’a-, chakcha- etc.) La coca est une plante très rentable qui a un fort rendement agricole et qui nécessite peu d’entretien. Il existe des recherches sur le processus de culture de la coca et son rôle dans la société bolivienne.
Titre: Soutien économique au milieu d'une zone de conflit
Durée: 00:05:11   [00:48:39 > 00:53:51]
Langue(s): Español
La coca est le support économique de la région, bien que la terre localement soit très fertile pour toutes sortes de plantes. Après toutes les luttes et les conflits qui se sont déroulés dans la région pour la défense des plantations de coca, la coca a acquis un poids fondamental pour les gens. Actuellement, un accord a été mis au point pour réglementer la production de la feuille de coca, notamment pour contrôler les déviations de la coca vers la production de cocaïne. Actuellement il existe en Bolivie entre 6000 et 8000 hectares de plantations de coca. Les cocaleros insistent fortement sur la séparation entre la feuille de coca et la cocaïne, mais il existe cependant un lien : les plantations de coca sont illégales et les lieux où se cultivent la coca sont des zones de conflit. La coca ne peut ainsi pas seulement être perçue d’un point de vue culturel et symbolique, mais doit aussi être considérée en relation avec les questions actuelles plus larges de la modernité et des conflits de la région.
Titre: Transformation des modes de production et l'éradication des plantations de coca
Durée: 00:03:00   [00:53:51 > 00:56:51]
Langue(s): Español
Actuellement, une des transformations majeures entraînées par la victoire d’Evo Morales aux élections présidentielles, est l’arrêt des forces armées gouvernementales de répression contre les cocaleros, le contrôle de la production et la recherche d’une industrialisation traditionnelle de la coca, hors du narcotrafic. Une autre innovation est la création d’une université dans le Chapare pour pouvoir développer les initiatives de la région.
Titre: La réception de projets étrangers
Durée: 00:01:33   [00:56:51 > 00:58:25]
Langue(s): Español
Dans le Chapare, il existe de nombreuses entreprises de coopération internationale qui ont mis au point des projets de développement gérés par l’organisation syndicale en tant que pouvoir politique public.
Titre: Le documentaire comme relfet de la réalité en Amérique Latine andine
Durée: 00:04:39   [00:58:25 > 01:03:04]
Langue(s): Español
La réalisation de ce projet a permis aux réalisateurs de rentrer en contact avec une réalité régionale importante, en rapport avec la feuille de coca et le monde rural et indigène. Ce documentaire a ainsi été l’occasion de témoigner d’éléments culturels et politiques caractéristiques de l’Amérique latine andine. L’enjeu de ce documentaire est ainsi d’articuler l’analyse ethnographique avec le mode de transmission audiovisuel, qui permet une diffusion large et démocratique des connaissances envers de nombreux secteurs sociaux.
Durée: 00:00:00   [01:03:04 > 01:03:04]
Langue(s): Français

14 chapitres.
  • L'idée du documentaire est de faire connaître et de communiquer la réalité sud-américaine, en créant un lien avec les populations, en entrant dans leur vie quotidienne, sans que la caméra n'altère cette quotidienneté. Il y a également eu une réflexion menée sur l’articulation entre le contenu et la forme du documentaire, Manuel se concentrant plus sur le contenu lui-même, tandis qu'Hector s'intéressait plus aux modes de transmission de ce contenu.
  • Le Chapare correspond géographiquement au Tropique de Cochabamba, département du nord-est de la Bolivie. Cette région boisée, tropicale et humide est située à la frontière entre la cordillère des Andes et l’Amazonie. La région du Chapare commence à se peupler plus densément au début du XXe siècle par des paysans d’origine quechua, notamment à partir de la réforme agraire de 1952 qui donne lieu à la fois à une colonisation orientée favorisée par l’Etat et une spontanée. La spécificité du Chapare est que cette zone va progressivement se convertir en un lieu de grande production de feuille de coca, notamment à partir des années 1970, phénomène qui va entraîner une importante migration vers cette région. L’enjeu du documentaire est ainsi de dresser un panorama général de la population sociale du Chapare depuis le processus politico-social des années 80, jusqu’à l’élection du président Evo Morales, point culminant de ce processus. Le documentaire s’intéresse donc au Chapare en tant que cadre d’émergence d’un président indigène. Le Chapare est aussi analysé en tant que zone de tensions où se développe depuis plus de 20 ans, à la suite de la prohibition portant sur la feuille de coca, un mouvement de lutte politico-sociale, connu sous le nom de « mouvement cocalero » et défendant la culture de la coca. La feuille de coca étant un produit beaucoup plus rentable économiquement que les autres produits agricoles, le mouvement social va commencer à émerger pour des raisons principalement économiques.
  • Pour les cocaleros, il n’était en effet pas compréhensible que le gouvernement veuille éradiquer la culture de la coca, alors que les anciennes dictatures avaient participé à cette production et alors que cette décision ne résolvait pas en parallèle les principaux problèmes économiques de la région. L’interdiction de la culture de coca et l’augmentation des problèmes économiques que cela entraîne sont à l’origine des résistances, des mobilisations, des luttes armées et des conflits mortels qui vont se produire dans la région. Les cocaleros, opposés à l’interdiction gouvernementale de la culture de la feuille de coca, se sont ainsi organisés politiquement en syndicats afin de défendre leurs intérêts. Dans le cas du Chapare, le processus de lutte sociale se fonde sur l’existence d’une organisation syndicale antérieure, correspondant au syndicalisme agraire dans le cas bolivien. Les syndicats se sont constitués en Bolivie depuis la réforme agraire de 1952 et sont des institutions de contrôle politique et social. Les syndicats développent ainsi des discours revendicateurs qui légitiment la culture de coca en se servant d’arguments culturels et historiques en faveur de la feuille de coca.
  • Les principaux thèmes abordés dans le documentaire sont la coca, ses techniques de collecte, ses modes de commercialisation, le rapport entre la coca et les luttes, les protestations sociales et la répression, ainsi que l’organisation syndicale dans le Chapare. La participation politique des femmes est également un thème important, qui a ouvert la voie pour parler de la campagne électorale. Les réalisateurs se sont ainsi rendu compte que les élections présidentielles étaient le moment parfait pour pouvoir observer ces organisations mobilisées.
  • Le thème le plus important concernant les cocaleros est celui de l’organisation. Dans le Chapare, l’ensemble de l’organisation sociale part du syndicat en tant que matrice sociale, ce dernier étant profondément relié avec les questions de la vie quotidienne, familiale et culturelle de la région. Les dirigeants sont élus parmi les membres du syndicat et sont rotatifs tous les ans ou tous les 2 ans. Le syndicat se réunit une fois par mois de manière sacrée. Les réunions, appelées « el ampliado » par référence au fait que tout le monde a le droit de parole, se font sous forme d’assemblées générales dans lesquelles participe toute la communauté. Pendant ces réunions, se discutent tous les problèmes de la communauté, se définissent les cotisations à payer et les obligations à remplir, selon le principe indigène andin d’horizontalité (c’est-à-dire par consensus général et non par décision hiérarchique) Les syndicats se regroupent en centrales, à partir d’une dizaine en général (il existe plusieurs milliers de syndicats au Chapare). La centrale dispose aussi de ses propres dirigeants qui sont élus à partir des dirigeants du syndicat. Et les centrales sont regroupées en fédérations. Toute famille disposant d’un lopin de terre participe au syndicat. Les lopins de terre dans le Chapare sont dénommés chacos, par référence à l’activité de chaquear qui signifie débroussailler le terrain. Les chacos sont limités à une extension de 10 hectares. Le fait d’être détenteurs d’un lopin de terre implique ainsi des obligations communautaires envers l’nsemble des membres du syndicat.
  • La politique dans le Chapare est un autre thème important du documentaire. En 1994, le gouvernement bolivien a promulgué une loi de participation populaire, qui permet de créer de nouveaux groupements politiques. A partir de ce moment, le mouvement cocalero décide de créer et de faire partie avec d’autres organisations de « l’instrument politique de souveraineté des peuples », un instrument qui permet aux organisations sociales d’avoir une présence publique et politique pour défendre leurs intérêts. Dans ce cas nous ne parlons pas d’hommes politiques professionnels, mais de dirigeants sociaux participant en politique. Les candidats du parti sont ainsi des membres du syndicat, élus comme représentants parmi les membres paysans de l’organisation. L’organisation sociale des syndicats part ainsi du mouvement social, qui s’est ensuite converti en parti politique. Lors des élections présidentielles de 2005, Evo Morales a ainsi obtenu 54% des votes au niveau national et 97% des votes au niveau du Chapare, ce qui exprime bien la force politique des syndicats de cocaleros.
  • La participation politique des femmes est un élément nouveau qui commence à transformer la culture politique de la région. Les femmes font partie de l’organisation et commencent à avoir une participation active depuis les années 1993-1994. Dans le conflit qu’il y a eu entre les cocaleros et le gouvernement concernant l’interdiction de la coca, de nombreuses femmes ont souffert et ont gagné leur place en tant que femmes dans la lutte politico-sociale de la région. Ce rôle des femmes a insufflé beaucoup de force à l’organisation syndicale, en créant une autre scène sociale et politique. De plus, il existe un ensemble de syndicats et de centrales dédiés aux femmes, dans lesquels les femmes s’organisent et font des ateliers de formation pour les femmes.
  • La définition des cocaleros comme indigènes ou paysans est une question très débattue. Au niveau des recherches anthropologiques, les cocaleros ne sont pas considérés comme faisant partie des communautés traditionnelles. Les populations du Chapare proviennent en effet de différentes origines, à la fois quechuas et aymaras, qui se sont métissées en une nouvelle communauté à travers le processus de migration. Cependant, une de ces transformations politiques est en rapport avec l’auto-reconnaissance des cocaleros qui se revendiquent eux-mêmes comme des peuples originaires quechuas, la langue qu’ils parlent en majorité. Cette transformation du discours permet aussi aux cocaleros de se revendiquer d’une identité au niveau national, afin d’être légitimés au même titre que les autres peuples indigènes.
  • La feuille de coca est en rapport avec la revendication ethnique, car elle représente la possibilité que ces paysans colonisateurs se légitiment en tant que peuple « originaire quechua ». Le mouvement cocalero se légitime ainsi à travers le symbole de la coca, car non seulement elle appartient à la pachamama (Terre-mère : entité féminine fertile centrale dans les Andes) et elle dispose d’un long passé historique et culturel dans les Andes. La coca participe aussi activement à la vie quotidienne à la fois dans le travail, dans les réunions communautaires et dans les rituels, à travers notamment la pratique de mastication, qui reçoit différentes appellations selon les régions (akulliku-, hallpa-, pikch’a-, chakcha- etc.) La coca est une plante très rentable qui a un fort rendement agricole et qui nécessite peu d’entretien. Il existe des recherches sur le processus de culture de la coca et son rôle dans la société bolivienne.
  • La coca est le support économique de la région, bien que la terre localement soit très fertile pour toutes sortes de plantes. Après toutes les luttes et les conflits qui se sont déroulés dans la région pour la défense des plantations de coca, la coca a acquis un poids fondamental pour les gens. Actuellement, un accord a été mis au point pour réglementer la production de la feuille de coca, notamment pour contrôler les déviations de la coca vers la production de cocaïne. Actuellement il existe en Bolivie entre 6000 et 8000 hectares de plantations de coca. Les cocaleros insistent fortement sur la séparation entre la feuille de coca et la cocaïne, mais il existe cependant un lien : les plantations de coca sont illégales et les lieux où se cultivent la coca sont des zones de conflit. La coca ne peut ainsi pas seulement être perçue d’un point de vue culturel et symbolique, mais doit aussi être considérée en relation avec les questions actuelles plus larges de la modernité et des conflits de la région.
  • Actuellement, une des transformations majeures entraînées par la victoire d’Evo Morales aux élections présidentielles, est l’arrêt des forces armées gouvernementales de répression contre les cocaleros, le contrôle de la production et la recherche d’une industrialisation traditionnelle de la coca, hors du narcotrafic. Une autre innovation est la création d’une université dans le Chapare pour pouvoir développer les initiatives de la région.
  • La réalisation de ce projet a permis aux réalisateurs de rentrer en contact avec une réalité régionale importante, en rapport avec la feuille de coca et le monde rural et indigène. Ce documentaire a ainsi été l’occasion de témoigner d’éléments culturels et politiques caractéristiques de l’Amérique latine andine. L’enjeu de ce documentaire est ainsi d’articuler l’analyse ethnographique avec le mode de transmission audiovisuel, qui permet une diffusion large et démocratique des connaissances envers de nombreux secteurs sociaux.
Titre: Los cocaleros del Chapare
Sous-titre: Entretien avec Manuel RUIZ et Hector ULLOQUE
Auteur(s): RUIZ MONTEALEGRE Manuel, ULLOQUE FRANCO Hector
Date de réalisation: 14/09/2006
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme - 54 boulevard Raspail - Paris (2006)
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Español
Manuel RUIZ et Hector ULLOQUE, réalisateurs du documentaire "Hartos Evos Aquí Hay" los cocaleros del Chapare, nous décrivent sous un regard anthropologique, les principaux problèmes politiques et sociaux de la région du Chapare, située au niveau du Tropique de Cochabamba, en Bolivie. Au sein de cet environnement, le documentaire reflète les conditions d’émergence du principal leader cocalero du pays, Evo Morales, à l’aube de son élection présidentielle.
Le documentaire "Hartos Evos aqui hay, Los cocaleros del Chapare", traite du processus politique et social qui s’est développé dans la région du Chapare, en Bolivie, ainsi que des élections présidentielles de décembre 2005. Ce travail se fonde sur la recherche menée par Manuel Ruiz sur les cultivateurs de coca (cocaleros) et sur les connaissances audiovisuelles d'Hector Ulloque. Le Chapare correspond géographiquement au Tropique de Cochabamba, département du nord-est de la Bolivie. Cette région boisée, tropicale et humide est située à la frontière entre la cordillère des Andes et l’Amazonie. Le documentaire essaie ainsi de dresser un panorama général du Chapare depuis le processus social des années 80, jusqu’à l’élection du président Evo Morales.
Sujet: Domaines et objets de recherche sur les cultures
Topique: Anthropologie
Discipline, domaine: Anthropologie culturelle
Discipline, domaine: Anthropologie politique
Discipline, domaine: Anthropologie visuelle
Libellé: Analyse anthropologique de la situation politique des populations boliviennes cultivatrices de coca dans le Chapare, à travers l'entretien des réalisateurs du documentaire "Hartos Evos aqui hay" concernant les élections présidentielles de 2005, ayant mené Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie.
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: 2000-2006
Sujet: Régions et pays
Topique: Bolivie
Libellé: Les cultivateurs de coca du Chapare
Langue d'origine: Español
Expression en langue originale: Los cocaleros del Chapare
Localisation temporelle du sujet: 2000-2006
Le Chapare correspond géographiquement au Tropique de Cochabamba, département du nord-est de la Bolivie. Cette région boisée, tropicale et humide est située à la frontière entre la cordillère des Andes et l’Amazonie.
Zone de yungas: transition entre les Andes et l'Amazonie en Bolivie
Sujet: Evénements (historiques)
Topique: Elections présidentielles boliviennes de 2005
Libellé: Les élections présidentielles boliviennes de 2005, ayant mené Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie.
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: 2005
Sujet: Traditions, coutumes et moeurs
Topique: La coca
Fait culturel: Patrimoine culturel immatériel
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
La coca participe activement à la vie quotidienne à la fois dans le travail, dans les réunions communautaires et dans les rituels, à travers notamment la pratique de mastication, qui reçoit différentes appellations selon les régions (akulliku-, hallpa-, pikch’a-, chakcha- etc.).
Sujet: Peuples du monde
Topique: Les cultivateurs de coca du Chapare
Langue d'origine: Español
Expression en langue originale: Los cocaleros del Chapare
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: 2000-2006
Sujet: De l'identité culturelle
Topique: Les cultivateurs de coca du Chapare
Langue d'origine: Español
Expression en langue originale: Los cocaleros del Chapare
Langue d'origine: Español
Expression en langue originale: Los cocaleros del Chapare
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: 2000-2006
Nom: DE PABLO
Prénom: Elisabeth
Rôle: Responsables d'entretiens
Appartenance: FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme, ESCoM - Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, France
Fonction: Ingénieur de recherche
Adresse: 190, avenue de France 75013 PARIS, Paris, France
Elisabeth De Pablo-Stockinger est la responsable du site portail ARC (A la Rencontre des Cultures) réalisé grâce à une subvention de recherche de l'ANR (Agence Nationale de la Recherche). Elle est chargée de cours en communication interculturelle à l'INALCO, Paris.
Nom: LEGRAND
Prénom: Valérie
Rôle: Analyste d'oeuvres audiovisuelles
Appartenance: FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme, ESCoM - Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, France
Fonction: Anthropologue - Ingénieur de recherche
Adresse: ESCoM-FMSH 190, avenue de France 75013 PARIS, Paris, FRANCE
Valérie Legrand est une anthropologue-linguiste spécialiste des Andes péruviennes quechuaphones. Rattachée au laboratoire du CERLOM (Centre d'étude et de recherche sur les littératures et oralités du monde), elle mène actuellement ses recherches de doctorat sur un patrimoine immatériel quechua - le chant poétique wayno- dans la région de Cusco (Sud du Pérou). Chargée de cours de langue et civilisation quechua à l'INaLCO, elle a également travaillé au sein de la section du Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO. Elle participe depuis 2011 aux travaux de recherches du programme ESCoM-FMSH sur les archives audiovisuelles numériques en sciences sociales, à travers les projets "ASA-SHS" - Atelier de Sémiotique Audiovisuelle en Sciences Humaines et Sociales (ANR, FMSH, 2011), "Convergence" (Projet Européen, FMSH, 2012) et « Campus AAR » (ANR, FMSH, 2014-2017). Dans ce cadre, elle a développé le site PCIA - Patrimoine Culturel Immatériel Andin - un portail audiovisuel de recherche consacré au patrimoine vivant des populations andines du Pérou et de Bolivie ().
Nom: ULLOQUE FRANCO
Prénom: Hector
Rôle: Invité(e) de l'entretien
Fonction: Cinéaste
Adresse: Colombie
Cinéaste et documentariste, Colombie
Type: Documentaires audiovisuels
Url: http://www.archivesaudiovisuelles.fr/946/introduction.asp
L'extrait du documentaire "Hartos Evos aqui hay - Los cocaleros del Chapare", présente le candidat Evo Morales, lors des élections présidentielles de décembre 2005 en Bolivie, ainsi que les cocaleros du Chapare (cultivateurs de coca), ayant appuyé la candidature du futur président. Ce documentaire donne ainsi l'occasion aux populations locales d'exprimer leur vision politique et leur interprétation de la feuille de coca, à l'opposé du narcotrafic et du terrorisme.
Type: Articles scientifiques
Auteur: Laurent LACROIX
Lacroix, Laurent, "Décentralisation participative et ethnicisation en Bolivie, 1994-2005", in Gobernabilidad y gobernanza de los territorios en AméricaLatina (Actes & Mémoires de l'Institut français d'études andines, 25), Lima: Institut français d'études andines. IFEA - Institut de recherche pour le développement. IRD - Universidad mayor de San Marcos. UMSS, Centro de estudios superiores universitarios. CESU - Cooperación regional paralos países andinos, 2009.
Type: Livre
Auteur: Jean-Pierre LAVAUD, Isabelle DAILLANT (coord.)
Jean-Pierre Lavaud, Isabelle Daillant (coord.), La catégorisation ethnique en Bolivie , Labellisation officielle et sentiment d'appartenance, L’Harmattan, Paris, 2007
Type: Livre
Auteur: Denis ROLLAND, Joëlle CHASSIN (coord.)
Denis Rolland, Joëlle Chassin (coord.), Pour comprendre la Bolivie d’Evo Morales, L’Harmattan, Paris, 2007
Type: Livre
Auteur: Anath Ariel DE VIDAS (coord.)
Vidas Anath Ariel de (coord.), Pour une histoire souterraine des Amériques : jeux de mémoire-enjeux d’identités. Mélanges offerts à Nathan Wachtel, Paris, L’Harmattan, 2008
Type: Exposé(s) scientifique(s)
Entretien avec les réalisateurs du documentaire "Hartos Evos aqui hay" sur la situation politique des populations boliviennes cultivatrices de coca dans la Chapare (Est de la Bolivie).
Type: Contexte "Médiation"
Public cible: Pour tout public
Documentaire audiovisuel sur la situation politique en Bolivie dans les années 2005-2006.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Recherches en sciences sociales et politiques sur la Bolivie.
RUIZ MONTEALEGRE Manuel, ULLOQUE FRANCO Hector. « Los cocaleros del Chapare », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°920, 2006, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=920&ress=2961&video=97864&format=68
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Elisabeth de Pablo (Responsable de l’entretien, ESCoM-FMSH, Paris, France), Richard Fillon (Réalisation, ESCoM-FMSH, Paris, France), Lisette Winkler (Réalisation, ESCoM-FMSH, Paris, France) , Alice Maestre (Réalisation, ESCoM-FMSH, Paris, France) , 2006
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Manuel RUIZ MONTEALEGRE (EHESS, Paris, France), Hector ULLOQUE FRANCO (Colombie), 2006
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
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Titre: Analyse thématique de la vidéo « Los cocaleros del Chapare »
Langue(s): Français
Type: Analyses thématiques
Comment citer: LEGRAND, Valérie. « Analyse thématique de la vidéo « Los cocaleros del Chapare »» (Portail ARC, 2013), URL Vidéo : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=920&ress=2961&video=97864&format=68 (AAR, 2006)
Id analyse: 1d352293-1c39-4db4-8e8a-345c74263c6a
Id vidéo: bb941403-1b5d-4a04-9e66-1735ec1919f9
Analyse scientifique de la situation politique des populations boliviennes cultivatrices de coca dans la Chapare, à travers l'entretien des réalisateurs du documentaire "Hartos Evos aqui hay" concernant les élections présidentielles de 2005, ayant mené Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie.