Pour une historiographie moderne. CHARTIER Roger

Chapitre

Titre: Histoire des idées contre histoire des mentalités
Durée: 00:14:06   [00:00:00 > 00:14:06]
Cet entretien sera consacré à approfondir le pan épistémologique de l’œuvre de Roger CHARTIER. Dans cette visée, il est en premier lieu demandé à l’historien de préciser l’opposition qu’il a faite entre histoire des idées et histoire des mentalités dans son ouvrage « Au bord de la falaise », publié en 1998. L’historien indique tout d’abord la difficulté de répondre à cette question, mettant en lumière une double opposition. Une première entre histoire des idées et histoire des mentalités, cette dernière s’étant développée dans les années 1960-1970 en raison des insatisfactions du courant des Annales face à une histoire des idées considérée comme trop décontextualisante et singularisante. Puis une seconde, dans les années 1980, entre histoire des mentalités et la critique adressée à ce type d’histoire par Carlo Ginzburg dans « Le fromage et les vers ». Il reprochait alors à l’histoire des mentalités de réduire les mentalités à de grandes représentations partagées sans tenir compte du singulier. En définitive, un déplacement s’est opéré vers l’histoire culturelle des représentations et pratiques visant à saisir la singularité des idées dans leur architecture interne tout en les historicisant rigoureusement. Roger CHARTIER encourage une telle démarche mêlant analyse interne et externe des œuvres.
Type: Articles scientifiques
Auteur: Nathalie RICHARD
Url: www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_1999_num_12_45_1787
Richard N. R. Chartier, Au bord de la falaise. L'histoire entre certitudes et inquiétudes. In: Politix, vol. 12, n°45, Premier trimestre 1999. pp. 154-157.
Type: Articles scientifiques
Auteur: Mélanie DUCLOS
Url: http://www.revue-interrogations.org/Ginzburg-Carlo-Le-fromage-et-les
Duclos Mélanie, « Ginzburg Carlo, Le fromage et les vers. L’univers d’un meunier du XVIe siècle », dans revue ¿ Interrogations ?, N°18. Implication et réflexivité - I. Entre composante de recherche et injonction statutaire, juin 2014 [en ligne]
Titre: Le concept de l'historicité
Durée: 00:09:01   [00:14:06 > 00:23:08]
Roger CHARTIER est ici invité à définir plus précisément la notion d’historicité. Il indique qu’une définition canonique est celle de « régime d’historicité » proposée par François HARTOG, caractérisant la manière dont laquelle, à chaque moment du temps, un groupe entretient un rapport spécifique avec le passé, le présent et le futur. Roger CHARTIER indique lui la définir plus largement comme la reconnaissance de différences et ruptures historiques de tous ordres, contre toutes les formes d’unifications anhistoriques reconstruites a posteriori.
Type: Articles scientifiques
Auteur: Claude DUBAR
Url: http://temporalites.revues.org/794
Claude Dubar, « François Hartog, Régimes d'historicité, Présentisme et expériences du temps », Temporalités [En ligne], 2 | 2004
Type: Livre
Auteur: François HARTOG
Url: http://www.seuil.com/livre-9782020593281.htm
HARTOG François, Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, « La librairie du XXIe siècle, 2003, 272p.
Titre: L'histoire entre le récit et la connaissance
Durée: 00:19:33   [00:23:08 > 00:42:41]
La problématique ici abordée concerne l’opposition entre l’histoire considérée comme connaissance, ou au contraire comme récit. Roger CHARTIER explique que l’histoire « positive » du XIXe siècle s’est construite en rejetant toute la dimension littéraire qu’elle pouvait revêtir, afin d’asseoir sa scientificité. Cette tendance s’est accentuée lors de l’utilisation des outils statistiques dans la discipline au cours du XXe siècle. Par rapport à cette position, le milieu des années 1970 a marqué un temps d’inquiétude par rapport à cette certitude, représenté par les publications à ce moment de Paul VEYNE, Hayden WHITE, et Michel de CERTEAU. Leur point commun est de considérer que l’histoire est une écriture, employant consciemment ou non des figures de la littérature. Cet argument de narration de l’histoire a été redoublé au début des années 1990 par le travail de Paul RICOEUR. Le débat s’est donc construit autour de la question de l’illusion scientifique, mise en évidence par la place de la narration et de la rhétorique dans l’écriture historique. Cependant, si l’histoire semble partager un certain nombre d’éléments en commun avec la fiction, doit-elle pour autant être considérée comme telle ? Différentes réponses ont été données à cette question centrale, reconnaissant en partie la compatibilité entre connaissance et récit, tout en laissant cette interrogation ouverte. La question de la pluralité des interprétations au sein d’un espace scientifique a par exemple été laissée en suspens. Roger CHARTIER indique lui penser qu’il existe un statut de connaissance spécifique de l’histoire, et qu’une réflexion épistémologique portant sur la forme des connaissances est nécessaire. Il rappelle enfin que dans les sciences les plus « exactes », l’écriture existe également.
Type: Livre
Auteur: Paul RICOEUR
Url: http://www.seuil.com/livre-9782020134521.htm
RICOEUR Paul, Temps et récit, T.1, 2, 3, Paris, Seuil, « Points Essais », 1991. http://www.seuil.com/livre-9782020134521.htm http://www.seuil.com/livre-9782020134538.htm http://www.seuil.com/livre-9782020134545.htm
Titre: L'intérêt d'une prise en compte d'un envers de l'histoire
Durée: 00:14:54   [00:42:41 > 00:57:36]
Pour tenter de résoudre la tension entre connaissance et récit, Roger CHARTIER propose de l’envisager par con côté pratique. Il serait ainsi possible de développer une réflexion sur l’envers de l’histoire, c’est-à-dire non pas sur l’utilisation du récit par la discipline, mais plutôt sur l’utilisation des formes de validation scientifique par des fictions. Cette question de la relation entre savoir contrôlable et récit mérite selon Roger CHARTIER d’être approfondie, afin de mieux comprendre, en faisant un pas de côté, ce qui fonde la spécificité de chacun de ces pans. L’historien aborde ensuite les types de relations qu’entretiennent les différents types de sciences à leur passé, ce qui constitue une autre manière décalée d’envisager cette question. Roger CHARTIER conclut cette partie en insistant sur l’importance de travailler les questions épistémologiques en impliquant la pratique de la discipline.
Titre: Michel de Certeau et l'"art de faire"
Durée: 00:11:19   [00:57:36 > 01:08:55]
Roger CHARTIER aborde ici l’apport des travaux de l’historien Michel de CERTEAU. Il rappelle tout d’abord que son œuvre est composée de deux dimensions principales : l’histoire de la mystique entre le XVIe et le XIXe siècle, et l’histoire culturelle des sociétés contemporaines. Ces deux pans communiquent : pour lui, il s’agissait d’étudier une tension entre des « stratégies » de producteurs cherchant à proposer ou imposer des problématiques et « tactiques » des consommateurs, qui cherchent à s’approprier de manière spécifique ce qui leur est proposé. Il s’agit de « l’art de faire (avec) ». Cette étude des réappropriations de sens a relativisé la puissance des industries culturelles, en soulignant l’importance des écarts entre production et appropriation. Cette question des écarts de sens entre production et réception a été développée dans l’ouvrage « L’invention du quotidien », publié en 1980. Roger CHARTIER précise cependant que la liberté de réappropriation n’est pas totale, d’où l’intérêt d’une sociologie de la réception rigoureuse étudiant les logiques de celle-ci. L’historien lie ensuite ce premier pan de son œuvre au second, en indiquant que Michel de CERTEAU s’est servi de cette idée de transposition de sens dans « La fable mystique » publié en 1982. En effet, Michel de CERTEAU définit le discours mystique comme le réemploi de matériaux disponibles pour construire une forme d’expérience religieuse originale. Roger CHARTIER prolonge également cette thèse en encourageant à étudier la manière dont sont appropriés ces discours par des communautés différentes.
Titre: Pour une histoire des appropriations
Durée: 00:09:07   [01:08:55 > 01:18:03]
L’historien précise ici sa conception de l’histoire des appropriations. Il commence par indiquer que ce terme présente une forte ambiguïté sémantique : il oscille entre la caractérisation de mécanismes permettant de réinterpréter ouvertement un objet (sens de l’herméneutique allemande) et la définition du contrôle exclusif d’un objet afin d’empêcher autrui de l’utiliser (sens utilisé par Michel FOUCAULT dans « L’ordre du discours »). Roger CHARTIER indique vouloir étudier les jeux de relations et de contraintes entre appropriation comme contrainte et appropriation comme tactique. Pour bien rappeler que si des productions de sens sont possibles, toutes celles élaborées par différentes communautés ne sont pas équivalentes, il propose d’introduire la notion de marché des biens symboliques forgée par Pierre BOURDIEU.
Titre: Trois axes pour une histoire et une sociologie des cultures
Durée: 00:07:31   [01:18:03 > 01:25:34]
Pour Roger CHARTIER, il est possible de développer une histoire et une sociologie des cultures s’articulant autour des trois notions de représentations, pratiques, et appropriations. Cette tripartition, si elle peut bien sûr être soumise au changement, permet cependant de dépasser l’histoire des idées « classique » évacuant ces trois pans.
Titre: Pierre Bourdieu
Durée: 00:09:05   [01:25:34 > 01:34:40]
La question posée est de savoir comment un programme de recherche organisé autour des pratiques, représentations et appropriations peut dialoguer avec la sociologie de Pierre BOURDIEU. Pour Roger CHARTIER, l’œuvre du sociologue a été très importante dans l’élaboration de sa démarche. L’historien indique ainsi comment les représentations rejoignent le concept d’habitus, comme monde social incorporé par chacun selon une position spécifique. Il lie ensuite les pratiques au concept de champ, puisque c’est à l’intérieur de champs que l’individu est situé et agit. Enfin, l’appropriation est dans un rapport étroit avec deux autres concepts, le marché des biens symboliques et la domination symbolique, puisqu’elle renvoie à un espace spécifique et qu’elle met en jeu des inégalités non perçues comme telles par ceux qui les subissent. En définitive, Roger CHARTIER indique que ses orientations de travail sont essentiellement traduisibles dans un tel langage sociologue, qui ne constitue pas une théorie fermée mais un mode d’analyse relativement ouvert.
Type: Articles scientifiques
Auteur: Laurence HARANG
Url: http://lectures.revues.org/938
Laurence Harang, « Pierre Bourdieu, Roger Chartier, Le sociologue et l'historien », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2010
Titre: Les grands enjeux pour la recherche en histoire
Durée: 00:10:41   [01:34:40 > 01:45:22]
Les grands enjeux d’une telle démarche s’employant à utiliser les notions de pratiques, représentations, et appropriations semblent être multiples. En premier lieu, Roger CHARTIER indique qu’elle semble à même de situer les différents types de relations au passé et leurs différences. Ensuite, il s’agit de dire que la connaissance du mode d’écriture et d’analyse d’objets passés pourrait être transposée à d’autres études sur le présent, plus opaque. En définitive, l’historien assigne deux objectifs critiques à la discipline : la connaissance vraie du passé et la construction d’instruments de compréhension du présent, cette dernière passant par une nécessaire diffusion de ces instruments vers la sphère publique.

9 chapitres.
  • Cet entretien sera consacré à approfondir le pan épistémologique de l’œuvre de Roger CHARTIER. Dans cette visée, il est en premier lieu demandé à l’historien de préciser l’opposition qu’il a faite entre histoire des idées et histoire des mentalités dans son ouvrage « Au bord de la falaise », publié en 1998. L’historien indique tout d’abord la difficulté de répondre à cette question, mettant en lumière une double opposition. Une première entre histoire des idées et histoire des mentalités, cette dernière s’étant développée dans les années 1960-1970 en raison des insatisfactions du courant des Annales face à une histoire des idées considérée comme trop décontextualisante et singularisante. Puis une seconde, dans les années 1980, entre histoire des mentalités et la critique adressée à ce type d’histoire par Carlo Ginzburg dans « Le fromage et les vers ». Il reprochait alors à l’histoire des mentalités de réduire les mentalités à de grandes représentations partagées sans tenir compte du singulier. En définitive, un déplacement s’est opéré vers l’histoire culturelle des représentations et pratiques visant à saisir la singularité des idées dans leur architecture interne tout en les historicisant rigoureusement. Roger CHARTIER encourage une telle démarche mêlant analyse interne et externe des œuvres.
  • Roger CHARTIER est ici invité à définir plus précisément la notion d’historicité. Il indique qu’une définition canonique est celle de « régime d’historicité » proposée par François HARTOG, caractérisant la manière dont laquelle, à chaque moment du temps, un groupe entretient un rapport spécifique avec le passé, le présent et le futur. Roger CHARTIER indique lui la définir plus largement comme la reconnaissance de différences et ruptures historiques de tous ordres, contre toutes les formes d’unifications anhistoriques reconstruites a posteriori.
  • La problématique ici abordée concerne l’opposition entre l’histoire considérée comme connaissance, ou au contraire comme récit. Roger CHARTIER explique que l’histoire « positive » du XIXe siècle s’est construite en rejetant toute la dimension littéraire qu’elle pouvait revêtir, afin d’asseoir sa scientificité. Cette tendance s’est accentuée lors de l’utilisation des outils statistiques dans la discipline au cours du XXe siècle. Par rapport à cette position, le milieu des années 1970 a marqué un temps d’inquiétude par rapport à cette certitude, représenté par les publications à ce moment de Paul VEYNE, Hayden WHITE, et Michel de CERTEAU. Leur point commun est de considérer que l’histoire est une écriture, employant consciemment ou non des figures de la littérature. Cet argument de narration de l’histoire a été redoublé au début des années 1990 par le travail de Paul RICOEUR. Le débat s’est donc construit autour de la question de l’illusion scientifique, mise en évidence par la place de la narration et de la rhétorique dans l’écriture historique. Cependant, si l’histoire semble partager un certain nombre d’éléments en commun avec la fiction, doit-elle pour autant être considérée comme telle ? Différentes réponses ont été données à cette question centrale, reconnaissant en partie la compatibilité entre connaissance et récit, tout en laissant cette interrogation ouverte. La question de la pluralité des interprétations au sein d’un espace scientifique a par exemple été laissée en suspens. Roger CHARTIER indique lui penser qu’il existe un statut de connaissance spécifique de l’histoire, et qu’une réflexion épistémologique portant sur la forme des connaissances est nécessaire. Il rappelle enfin que dans les sciences les plus « exactes », l’écriture existe également.
  • Pour tenter de résoudre la tension entre connaissance et récit, Roger CHARTIER propose de l’envisager par con côté pratique. Il serait ainsi possible de développer une réflexion sur l’envers de l’histoire, c’est-à-dire non pas sur l’utilisation du récit par la discipline, mais plutôt sur l’utilisation des formes de validation scientifique par des fictions. Cette question de la relation entre savoir contrôlable et récit mérite selon Roger CHARTIER d’être approfondie, afin de mieux comprendre, en faisant un pas de côté, ce qui fonde la spécificité de chacun de ces pans. L’historien aborde ensuite les types de relations qu’entretiennent les différents types de sciences à leur passé, ce qui constitue une autre manière décalée d’envisager cette question. Roger CHARTIER conclut cette partie en insistant sur l’importance de travailler les questions épistémologiques en impliquant la pratique de la discipline.
  • Roger CHARTIER aborde ici l’apport des travaux de l’historien Michel de CERTEAU. Il rappelle tout d’abord que son œuvre est composée de deux dimensions principales : l’histoire de la mystique entre le XVIe et le XIXe siècle, et l’histoire culturelle des sociétés contemporaines. Ces deux pans communiquent : pour lui, il s’agissait d’étudier une tension entre des « stratégies » de producteurs cherchant à proposer ou imposer des problématiques et « tactiques » des consommateurs, qui cherchent à s’approprier de manière spécifique ce qui leur est proposé. Il s’agit de « l’art de faire (avec) ». Cette étude des réappropriations de sens a relativisé la puissance des industries culturelles, en soulignant l’importance des écarts entre production et appropriation. Cette question des écarts de sens entre production et réception a été développée dans l’ouvrage « L’invention du quotidien », publié en 1980. Roger CHARTIER précise cependant que la liberté de réappropriation n’est pas totale, d’où l’intérêt d’une sociologie de la réception rigoureuse étudiant les logiques de celle-ci. L’historien lie ensuite ce premier pan de son œuvre au second, en indiquant que Michel de CERTEAU s’est servi de cette idée de transposition de sens dans « La fable mystique » publié en 1982. En effet, Michel de CERTEAU définit le discours mystique comme le réemploi de matériaux disponibles pour construire une forme d’expérience religieuse originale. Roger CHARTIER prolonge également cette thèse en encourageant à étudier la manière dont sont appropriés ces discours par des communautés différentes.
  • L’historien précise ici sa conception de l’histoire des appropriations. Il commence par indiquer que ce terme présente une forte ambiguïté sémantique : il oscille entre la caractérisation de mécanismes permettant de réinterpréter ouvertement un objet (sens de l’herméneutique allemande) et la définition du contrôle exclusif d’un objet afin d’empêcher autrui de l’utiliser (sens utilisé par Michel FOUCAULT dans « L’ordre du discours »). Roger CHARTIER indique vouloir étudier les jeux de relations et de contraintes entre appropriation comme contrainte et appropriation comme tactique. Pour bien rappeler que si des productions de sens sont possibles, toutes celles élaborées par différentes communautés ne sont pas équivalentes, il propose d’introduire la notion de marché des biens symboliques forgée par Pierre BOURDIEU.
  • La question posée est de savoir comment un programme de recherche organisé autour des pratiques, représentations et appropriations peut dialoguer avec la sociologie de Pierre BOURDIEU. Pour Roger CHARTIER, l’œuvre du sociologue a été très importante dans l’élaboration de sa démarche. L’historien indique ainsi comment les représentations rejoignent le concept d’habitus, comme monde social incorporé par chacun selon une position spécifique. Il lie ensuite les pratiques au concept de champ, puisque c’est à l’intérieur de champs que l’individu est situé et agit. Enfin, l’appropriation est dans un rapport étroit avec deux autres concepts, le marché des biens symboliques et la domination symbolique, puisqu’elle renvoie à un espace spécifique et qu’elle met en jeu des inégalités non perçues comme telles par ceux qui les subissent. En définitive, Roger CHARTIER indique que ses orientations de travail sont essentiellement traduisibles dans un tel langage sociologue, qui ne constitue pas une théorie fermée mais un mode d’analyse relativement ouvert.
  • Les grands enjeux d’une telle démarche s’employant à utiliser les notions de pratiques, représentations, et appropriations semblent être multiples. En premier lieu, Roger CHARTIER indique qu’elle semble à même de situer les différents types de relations au passé et leurs différences. Ensuite, il s’agit de dire que la connaissance du mode d’écriture et d’analyse d’objets passés pourrait être transposée à d’autres études sur le présent, plus opaque. En définitive, l’historien assigne deux objectifs critiques à la discipline : la connaissance vraie du passé et la construction d’instruments de compréhension du présent, cette dernière passant par une nécessaire diffusion de ces instruments vers la sphère publique.
Titre: Pour une historiographie moderne
Sous-titre: Entretien avec Roger CHARTIER
Auteur(s): CHARTIER Roger
Date de réalisation: 11/12/2002
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme 54 boulevard Raspail 75006 Paris France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’historien Roger CHARTIER aborde au cours de ce troisième et dernier entretien des questions d’épistémologie -ou de régime de connaissance - de la discipline historique, qu’il a notamment développées dans son ouvrage « Au bord de la falaise ».
Roger CHARTIER est historien, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et titulaire de la chaire « Ecrit et cultures dans l’Europe moderne ». Ses travaux sur l’histoire du livre, de l’édition et de la lecture ont apporté des contributions majeures pour la connaissance de ces objets et, de manière plus large, pour l’ensemble de la discipline et des sciences sociales. Outre ces activités académiques, il a notamment animé l’émission « Les lundis de l’histoire » sur France Culture jusqu’en 2014. Parmi ses publications majeurs, on peut citer La Nouvelle Histoire publié en 1978, Figures de la gueuserie paru en 1982, les quatre tomes de l’Histoire de l’Edition Française, publiés entre 1982 et 1986, ou encore La Correspondance. Les usages de la lettre au XIXe siècle en 1991. Au cours de cet entretien, seront développés les oppositions entre différents courants historiques, le concept d’historicité, la tension entre récit et connaissance, l’écart entre production et réception des œuvres culturelles, les liens entre sociologie et histoire, ainsi que les enjeux de la recherche historique.
Sujet: Personnalité de référence
Topique: Bourdieu, Pierre
Personnalité: Certeau, Michel de
Aspects rhétoriques et discursifs: Dialogue ; Discussion ; Entretien ; Explication ; Exposé scientifique
Roger CHARTIER fait ici référence à plusieurs praticiens des sciences sociales ayant fourni des apports majeurs à ces types de savoirs. Il développe notamment les implications des travaux de l'historien Michel de CERTEAU et du sociologue Pierre BOURDIEU.
CHARTIER Roger. « Pour une historiographie moderne », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°83, 2002, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/83/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002 © CHALLULAU Hélène, réalisatrice, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002 © STOCKINGER Peter, professeur des universités, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© CHARTIER Roger, historien, Collège de France/EHESS, Paris, France, 2002
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Pour une historiographie moderne »
Sous-titre: Entretien avec Roger CHARTIER
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Pour une historiographie moderne ». (Portail ARC, 2015), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 2e2c054e-a0c6-4fb7-b0bf-1d2100497d68
Id vidéo: 4a8091cb-fc46-48b7-a9fc-6909e76ef856
Analyse du troisième entretien avec l’historien Roger CHARTIER.