Linguistique du discours - Histoire de la linguistique. FISHER Sophie

Chapitre

Titre: Multilinguisme du contexte d'origine
Durée: 00:07:23   [00:00:00 > 00:07:23]
Sophie FISHER a suivi des études en Argentine, puis en France. Elle a ensuite enseigné au sein de la VIe section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, qui deviendra en 1975 l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Ses recherches portent sur la linguistique du discours et de l’énonciation. La chercheuse a fondé le Centre d’Etudes de Linguistique Théorique (CELITH), qu’elle a dirigé jusqu’en 1998. Bénédicte DE BOYSSON-BARDIES prendra part à cet entretien, en raison du parcours commun que les deux femmes ont mené. La linguiste commence par rappeler le caractère atypique et dualiste de son parcours intellectuel, partagé d’une part entre l’Argentine et la France, et par ailleurs entre philosophie et linguistique. Elle indique aussi la dimension plurilingue de sa famille. Celle-ci l’a sensibilisée à des problématiques relevant de la linguistique.
Titre: Expérience argentine: entre réalisme et utopie - Etudes de philosophie
Durée: 00:11:12   [00:07:23 > 00:18:35]
En 1955, Sophie FISHER débuta des études de philosophie en Argentine. Elle définit cette période comme une « école de réalisme et d’utopie ». Elle y décrit son engagement politique, qu’elle conjugua avec ses différentes expériences universitaires. Elle y relate certains souvenirs comme le manifeste des 121 dans le contexte de la guerre d’Algérie, la venue avortée de Jean-Paul SARTRE à l’université de Buenos Aires, celle de Jules VUILLEMIN, etc.
Titre: Arrivée à Paris - Changement de cursus - L'Ecole Pratique des Hautes Etudes
Durée: 00:12:58   [00:18:35 > 00:31:34]
Jules VUILLEMIN, lors de sa venue à l’université de Buenos Aires, proposa à Sophie FISHER de travailler avec son assistant à Clermont-Ferrand, Michel FOUCAULT. Elle se rendit finalement à Paris en 1965 afin d’étudier la linguistique à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, notamment dans les séminaires de Roland BARTHES, Lucien GOLDMANN, Algirdas Julien GREIMAS, etc.
Type: Revue.org - Le portail des revues en ligne
Auteur: Claude Coste
Url: http://histoire-education.revues.org/1839
Claude Coste, « Roland Barthes, du séminaire au cours magistral », Histoire de l’éducation, 120 | 2008, 139-160
Titre: La linguistique en France entre 1965 et 1968
Durée: 00:07:38   [00:31:34 > 00:39:13]
Encouragée par Jules VUILLEMIN, elle rencontra Emile BENVENISTE. Elle s’inspira de son travail pour s’interroger sur les rapports entre oral et écrit. Selon elle, le champ de la linguistique pendant la deuxième moitié des années 1960 était composé d’une équipe autour d’André MARTINET à la Sorbonne, de la IVe section de l’EPHE, d’Emile BENVENISTE au Collège de France, et d’individus plus isolés.
Titre: Clement Heller et l'enseignement préparatoire à la recherche approfondie en sciences humaines et sociales
Durée: 00:07:22   [00:39:13 > 00:46:35]
La linguiste relate ici sa période d’enseignement à la recherche approfondie en sciences humaines et sociales (EPRAS). Il s’agissait en fait d’un équivalent de l’agrégation pour les disciplines en sciences humaines et sociales alors émergentes. Ce procédé fut élaboré par Clemens HELLER à l’EPHE. L’EPRAS comprenait alors l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, et la linguistique.
Titre: Débuts de la linguistique informatique
Durée: 00:14:23   [00:46:35 > 01:00:58]
Sous l’influence de Jacques PERRIAULT, un rapprochement entre informatique et sciences sociales fut à cette époque effectué. Il proposa à la linguiste une collaboration au sein du service d’hématologie du médecin Jean BERNARD. Après avoir réalisé ce travail, elle travailla sur les analyses de discours avec Michel PECHEUX. En septembre 1968, elle commença donc un diplôme d’études approfondies (DEA) sur le thème du traitement automatisé des langues. Une fois celui-ci fini, elle s’inscrit en thèse sous la direction d’Antoine CULIOLI, mais se trouva confrontée à des besoins financiers, ne disposant pas de bourse d'étude. Elle trouva ainsi un poste à Besançon en linguistique formelle.
Type: Revue.org - Le portail des revues en ligne
Auteur: Gilles Boenisch
Url: http://questionsdecommunication.revues.org/1232
Gilles Boenisch, « Jacques Perriault, La logique de l’usage. Essai sur les machines à communiquer », Questions de communication, 15 | 2009, 503-504.
Titre: Centre d'Etudes des Processus cognitifs et du Langage (avec Bénédicte de Boysson-Bardies) - Séminaires en linguistique formelle et analyse du discours
Durée: 00:14:05   [01:00:58 > 01:15:04]
L’étape suivante dans le parcours intellectuel de Sophie FISHER est marquée par son arrivée au sein du Centre d’Etudes des Processus Cognitifs et du Langage. Elle s’initia à ce moment à la psychologie, à laquelle elle avait été sensibilisée durant ses années passées à Buenos Aires. Sophie FISHER et Bénédicte DE BOYSSON-BARDIES relatent ici quelques souvenirs liés à leur travail dans ce laboratoire.
Titre: Didactique des disciplines scientifiques et analyse linguistique du discours
Durée: 00:14:36   [01:15:04 > 01:29:41]
A partir de 1971, Sophie FISHER créa un cursus de didactique des disciplines scientifiques à l’université Paris VII. Elle y enseigna alors un cours d’ « analyse linguistique du discours scientifique ». Suite à des conflits au sein du Centre d’Etudes des Processus Cognitifs et du Langage, Sophie FISHER prit la décision de s’en écarter.
Titre: DEA en sciences du langage à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Durée: 00:05:22   [01:29:41 > 01:35:03]
En 1977, Sophie FISHER fut élue « maitre-assistant » (équivalent de l’actuel titre de « maitre de conférences ») à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 1981, un DEA de linguistique fut créé. Celui-ci, volontairement large, permettait d’inclure de nombreux chercheurs en son sein. Malgré des changements de nom, ce DEA existait toujours au moment de l’entretien.
Titre: Centre de Linguistique Théorique (CELITH)
Durée: 00:09:14   [01:35:03 > 01:44:18]
Prenant conscience des difficultés du Centre d’Études des Processus Cognitifs et du Langage, Sophie FISHER entreprit de créer un nouveau laboratoire réunissant psychologues et linguistes s’intéressant à des problèmes méthodologiques et théoriques. L’idée gouvernant le CELITH, nouvellement créé, était alors de montrer que des méthodologies différentes devaient s’appliquer à des langues diverses. Par ailleurs, il s’agissait aussi de faire exister des interdisciplinarités, notamment avec des sociologues de l’EHESS.
Titre: Le groupe BCG
Durée: 00:03:23   [01:44:18 > 01:47:42]
La chercheuse insiste ici sur le changement sémantique du terme « cognitif », transformé en « cognitique ». Pourtant, le groupe BCG, formé à la fin des années 1960 autour des psychologues, linguistes et logiciens BRESSON, CULIOLI, et GRIZE, s’intéressait déjà aux processus cognitifs.
Titre: Anthropologie et linguistique - Séminaire conjoint avec Claude Lévi-Strauss
Durée: 00:09:02   [01:47:42 > 01:56:44]
En 1973, le Centre d’Études des Processus Cognitifs et du Langage hébergea un séminaire avec le Laboratoire d’Anthropologie Sociale dirigé par Claude LEVI-STRAUSS, afin de se poser des questions mêlant linguistique et anthropologie. Il permit d’initier un certain nombre d’autres séminaires interdisciplinaires, dont Sophie FISHER évoque certains souvenirs.
Titre: Colloque pour la recherche - Enquête sur l'avenir professionnel des docteurs de troisième cycle
Durée: 00:02:35   [01:56:44 > 01:59:20]
La chercheuse évoque ici le colloque pour la recherche organisé par Jean-Pierre CHEVENEMENT en 1982. Elle indique avoir réalisé avec l’historien Jacques LE GOFF une enquête sur l’avenir professionnel des docteurs de troisième cycle. Les résultats indiquaient qu’en 1982, environ 90% des docteurs en sciences sociales avaient un poste, contre environ 20% en biologie. Sophie FISHER s’impliqua dans ce colloque, qui permettait de faire dialoguer le pouvoir politique avec le monde de la recherche.
Titre: Séminaire "Crise de l'urbanisme, futur de la ville" - Lettres de réclamation à la RATP dans le cadre de la DDE
Durée: 00:04:05   [01:59:20 > 02:03:25]
Peu de temps après ce colloque, la RATP décida de lancer une recherche liant université et entreprise. Avec Jacques LE GOFF, Sophie FISHER organisa à cette occasion un séminaire « Crise de l’urbanisme, futur de la ville ». Puis, sur proposition de l’ancien directeur de la RATP, elle mena une enquête sur les lettres de réclamation au sein de l’entreprise, d’un point de vue linguistique.
Titre: Théorie de l'énonciation
Durée: 00:21:27   [02:03:25 > 02:24:52]
Après une présentation de son parcours institutionnel, Sophie FISHER aborde ici son itinéraire intellectuel. Elle commence ainsi par aborder la théorie de l’énonciation, dans laquelle ses recherches prennent part. Une telle théorie permet en premier lieu de rendre compte des décalages existant entre la grammaire et la manière dont les choses sont dites, énoncées. La chercheuse indique par ailleurs que selon elle, il est impossible d’effectuer une linguistique qui ne tienne pas compte de la langue « en situation », c’est-à-dire indépendamment de ses conditions sociales de réalisation. La théorie de l’énonciation suppose donc au départ la force de l’interlocution. En second lieu, une théorie de l’énonciation semble pouvoir expliquer les formes de stabilisation de la langue à travers les processus de grammaticalisation. Enfin, Sophie FISHER donne quelques exemples de questions qu’une théorie de l’énonciation peut traiter.
Titre: Théorie de l'énonciation et recatégorisation des catégories
Durée: 00:05:22   [02:24:52 > 02:30:15]
Selon Sophie FISHER, les jeux d’énonciation semblent traverser les langues. Certaines situations sont cependant particulières. La théorie de l’énonciation interroge donc ces différences entre les langues, permettant ainsi de re-catégoriser les catégories existantes.
Titre: Théorie de l'énonciation et structuralisme - Linguistique génétique
Durée: 00:10:40   [02:30:15 > 02:40:56]
Genre: Extrait d'entretien filmé
Dans le sens où la théorie de l’énonciation s’interroge sur les invariants des formes d’énonciation, elle peut être comprise comme une forme de structuralisme. Précisant que les langues sont nomades et se transforment, la théorie de l’énonciation peut aider à comprendre leur évolution. Enfin, la linguiste indique la difficulté de reconstruire des familles génétiques de langues sans données disponibles.
Titre: Théorie de l'énoncation et identification des fodamentaux de la communication humaines - Problème de l'indicible
Durée: 00:04:45   [02:40:56 > 02:45:41]
S’interrogeant sur la possibilité d’identifier des fondamentaux de la communication humaine, Sophie FISHER indique qu’elle pense ce projet hors de portée d’une théorie de l’énonciation : celle-ci se heurte en effet au problème de l’indicible.
Titre: Problème du moment de l'énonciation et de la représentation de l'espace
Durée: 00:06:38   [02:45:41 > 02:52:20]
Si Sophie FISHER a indiqué que le paramètre principal de la théorie de l’énonciation est l’interlocution, d’autres semblent être le temps de l’énonciation ainsi que la représentation de l’espace.
Titre: Constructions discursives et discours social
Durée: 00:08:33   [02:52:20 > 03:00:53]
La linguiste essaie ici de distinguer la théorie de l’énonciation d’approches semblables, telles que la socio-linguistique, l’analyse des discours, etc. Pour cela, elle envisage la question des constructions discursives et celle des discours sociaux.
Titre: Analyse idéologique du discours et discours sociaux
Durée: 00:10:20   [03:00:53 > 03:11:13]
Lors d’un travail précédent sur les crèmes Baranne, Sophie FISHER définissait par « discours social » ce qui apparaissait de façon systématique dans un environnement allant au-delà de la relation interindividuelle, disposant de supports qui n’étaient pas seulement oraux. La chercheuse détaille ici ce travail. Un autre travail mené ultérieurement cherchait à comprendre le fonctionnement des interfaces entre une image et un texte dans la presse, et leur rôle de transmission de représentations d’autrui.
Titre: Discours radiophonique et construction de l'information
Durée: 00:12:59   [03:11:13 > 03:24:13]
Les discours radiophoniques ont été un autre domaine de recherche auquel s’est intéressé Sophie FISHER, entre 1986 et 1989. L’enjeu de cette recherche était de parvenir à comprendre les processus d’hyperinflation en Argentine à cette époque. La chercheuse détaille ici les modalités de ce travail. Un autre travail mené ultérieurement cherchait à comprendre le fonctionnement des interfaces entre une image et un texte dans la presse, et leur rôle de transmission de représentations d’autrui.
Titre: Appropriation des langues européennes en Amérique du Sud
Durée: 00:12:59   [03:24:13 > 03:37:12]
Depuis peu, Sophie FISHER travaille sur l’appropriation des langues européennes en Amérique du Sud. Elle donne ici un certain nombre de précisions sur cette recherche.

23 chapitres.
  • Sophie FISHER a suivi des études en Argentine, puis en France. Elle a ensuite enseigné au sein de la VIe section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, qui deviendra en 1975 l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Ses recherches portent sur la linguistique du discours et de l’énonciation. La chercheuse a fondé le Centre d’Etudes de Linguistique Théorique (CELITH), qu’elle a dirigé jusqu’en 1998. Bénédicte DE BOYSSON-BARDIES prendra part à cet entretien, en raison du parcours commun que les deux femmes ont mené. La linguiste commence par rappeler le caractère atypique et dualiste de son parcours intellectuel, partagé d’une part entre l’Argentine et la France, et par ailleurs entre philosophie et linguistique. Elle indique aussi la dimension plurilingue de sa famille. Celle-ci l’a sensibilisée à des problématiques relevant de la linguistique.
  • En 1955, Sophie FISHER débuta des études de philosophie en Argentine. Elle définit cette période comme une « école de réalisme et d’utopie ». Elle y décrit son engagement politique, qu’elle conjugua avec ses différentes expériences universitaires. Elle y relate certains souvenirs comme le manifeste des 121 dans le contexte de la guerre d’Algérie, la venue avortée de Jean-Paul SARTRE à l’université de Buenos Aires, celle de Jules VUILLEMIN, etc.
  • Jules VUILLEMIN, lors de sa venue à l’université de Buenos Aires, proposa à Sophie FISHER de travailler avec son assistant à Clermont-Ferrand, Michel FOUCAULT. Elle se rendit finalement à Paris en 1965 afin d’étudier la linguistique à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, notamment dans les séminaires de Roland BARTHES, Lucien GOLDMANN, Algirdas Julien GREIMAS, etc.
  • Encouragée par Jules VUILLEMIN, elle rencontra Emile BENVENISTE. Elle s’inspira de son travail pour s’interroger sur les rapports entre oral et écrit. Selon elle, le champ de la linguistique pendant la deuxième moitié des années 1960 était composé d’une équipe autour d’André MARTINET à la Sorbonne, de la IVe section de l’EPHE, d’Emile BENVENISTE au Collège de France, et d’individus plus isolés.
  • La linguiste relate ici sa période d’enseignement à la recherche approfondie en sciences humaines et sociales (EPRAS). Il s’agissait en fait d’un équivalent de l’agrégation pour les disciplines en sciences humaines et sociales alors émergentes. Ce procédé fut élaboré par Clemens HELLER à l’EPHE. L’EPRAS comprenait alors l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, et la linguistique.
  • Sous l’influence de Jacques PERRIAULT, un rapprochement entre informatique et sciences sociales fut à cette époque effectué. Il proposa à la linguiste une collaboration au sein du service d’hématologie du médecin Jean BERNARD. Après avoir réalisé ce travail, elle travailla sur les analyses de discours avec Michel PECHEUX. En septembre 1968, elle commença donc un diplôme d’études approfondies (DEA) sur le thème du traitement automatisé des langues. Une fois celui-ci fini, elle s’inscrit en thèse sous la direction d’Antoine CULIOLI, mais se trouva confrontée à des besoins financiers, ne disposant pas de bourse d'étude. Elle trouva ainsi un poste à Besançon en linguistique formelle.
  • L’étape suivante dans le parcours intellectuel de Sophie FISHER est marquée par son arrivée au sein du Centre d’Etudes des Processus Cognitifs et du Langage. Elle s’initia à ce moment à la psychologie, à laquelle elle avait été sensibilisée durant ses années passées à Buenos Aires. Sophie FISHER et Bénédicte DE BOYSSON-BARDIES relatent ici quelques souvenirs liés à leur travail dans ce laboratoire.
  • A partir de 1971, Sophie FISHER créa un cursus de didactique des disciplines scientifiques à l’université Paris VII. Elle y enseigna alors un cours d’ « analyse linguistique du discours scientifique ». Suite à des conflits au sein du Centre d’Etudes des Processus Cognitifs et du Langage, Sophie FISHER prit la décision de s’en écarter.
  • En 1977, Sophie FISHER fut élue « maitre-assistant » (équivalent de l’actuel titre de « maitre de conférences ») à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 1981, un DEA de linguistique fut créé. Celui-ci, volontairement large, permettait d’inclure de nombreux chercheurs en son sein. Malgré des changements de nom, ce DEA existait toujours au moment de l’entretien.
  • Prenant conscience des difficultés du Centre d’Études des Processus Cognitifs et du Langage, Sophie FISHER entreprit de créer un nouveau laboratoire réunissant psychologues et linguistes s’intéressant à des problèmes méthodologiques et théoriques. L’idée gouvernant le CELITH, nouvellement créé, était alors de montrer que des méthodologies différentes devaient s’appliquer à des langues diverses. Par ailleurs, il s’agissait aussi de faire exister des interdisciplinarités, notamment avec des sociologues de l’EHESS.
  • La chercheuse insiste ici sur le changement sémantique du terme « cognitif », transformé en « cognitique ». Pourtant, le groupe BCG, formé à la fin des années 1960 autour des psychologues, linguistes et logiciens BRESSON, CULIOLI, et GRIZE, s’intéressait déjà aux processus cognitifs.
  • En 1973, le Centre d’Études des Processus Cognitifs et du Langage hébergea un séminaire avec le Laboratoire d’Anthropologie Sociale dirigé par Claude LEVI-STRAUSS, afin de se poser des questions mêlant linguistique et anthropologie. Il permit d’initier un certain nombre d’autres séminaires interdisciplinaires, dont Sophie FISHER évoque certains souvenirs.
  • La chercheuse évoque ici le colloque pour la recherche organisé par Jean-Pierre CHEVENEMENT en 1982. Elle indique avoir réalisé avec l’historien Jacques LE GOFF une enquête sur l’avenir professionnel des docteurs de troisième cycle. Les résultats indiquaient qu’en 1982, environ 90% des docteurs en sciences sociales avaient un poste, contre environ 20% en biologie. Sophie FISHER s’impliqua dans ce colloque, qui permettait de faire dialoguer le pouvoir politique avec le monde de la recherche.
  • Peu de temps après ce colloque, la RATP décida de lancer une recherche liant université et entreprise. Avec Jacques LE GOFF, Sophie FISHER organisa à cette occasion un séminaire « Crise de l’urbanisme, futur de la ville ». Puis, sur proposition de l’ancien directeur de la RATP, elle mena une enquête sur les lettres de réclamation au sein de l’entreprise, d’un point de vue linguistique.
  • Après une présentation de son parcours institutionnel, Sophie FISHER aborde ici son itinéraire intellectuel. Elle commence ainsi par aborder la théorie de l’énonciation, dans laquelle ses recherches prennent part. Une telle théorie permet en premier lieu de rendre compte des décalages existant entre la grammaire et la manière dont les choses sont dites, énoncées. La chercheuse indique par ailleurs que selon elle, il est impossible d’effectuer une linguistique qui ne tienne pas compte de la langue « en situation », c’est-à-dire indépendamment de ses conditions sociales de réalisation. La théorie de l’énonciation suppose donc au départ la force de l’interlocution. En second lieu, une théorie de l’énonciation semble pouvoir expliquer les formes de stabilisation de la langue à travers les processus de grammaticalisation. Enfin, Sophie FISHER donne quelques exemples de questions qu’une théorie de l’énonciation peut traiter.
  • Extrait d'entretien filmé. Dans le sens où la théorie de l’énonciation s’interroge sur les invariants des formes d’énonciation, elle peut être comprise comme une forme de structuralisme. Précisant que les langues sont nomades et se transforment, la théorie de l’énonciation peut aider à comprendre leur évolution. Enfin, la linguiste indique la difficulté de reconstruire des familles génétiques de langues sans données disponibles.
  • S’interrogeant sur la possibilité d’identifier des fondamentaux de la communication humaine, Sophie FISHER indique qu’elle pense ce projet hors de portée d’une théorie de l’énonciation : celle-ci se heurte en effet au problème de l’indicible.
  • Lors d’un travail précédent sur les crèmes Baranne, Sophie FISHER définissait par « discours social » ce qui apparaissait de façon systématique dans un environnement allant au-delà de la relation interindividuelle, disposant de supports qui n’étaient pas seulement oraux. La chercheuse détaille ici ce travail. Un autre travail mené ultérieurement cherchait à comprendre le fonctionnement des interfaces entre une image et un texte dans la presse, et leur rôle de transmission de représentations d’autrui.
  • Les discours radiophoniques ont été un autre domaine de recherche auquel s’est intéressé Sophie FISHER, entre 1986 et 1989. L’enjeu de cette recherche était de parvenir à comprendre les processus d’hyperinflation en Argentine à cette époque. La chercheuse détaille ici les modalités de ce travail. Un autre travail mené ultérieurement cherchait à comprendre le fonctionnement des interfaces entre une image et un texte dans la presse, et leur rôle de transmission de représentations d’autrui.
Titre: Linguistique du discours - Histoire de la linguistique
Sous-titre: Entretien avec Sophie FISHER
Auteur(s): FISHER Sophie
Date de réalisation: 18/09/2002
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme 54 boulevard Raspail 75006 Paris France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Cet entretien avec la linguiste Sophie FISHER revient dans un premier temps sur son parcours institutionnel. Des études de philosophie à l’arrivée à l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes puis à la création du Centre d'Etude de la Linguistique Théorique, Sophie FISHER a, au cours de sa carrière, collaboré avec des figures majeures des sciences humaines et sociales. Dans un deuxième temps, elle indique quelques éléments relatifs à la théorie de l’énonciation dans laquelle ses recherches s’inscrivent, ce qui lui permet enfin de développer quelques-uns de ses travaux passés.
Sophie FISHER a suivi des études de philosophie en Argentine, puis de linguistique en France. Elle a ensuite enseigné au sein de la VIe section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, qui deviendra en 1975 l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Ses recherches portent principalement sur la linguistique du discours et de l’énonciation. Après son passage au sein du Centre d’Etudes des Processus Cognitifs et du Langage, rapprochant psychologues et linguistes, la chercheuse a fondé le Centre d’Etudes de Linguistique Théorique (CELITH), qu’elle a dirigé jusqu’en 1998.
Sujet: Domaines et objets de recherche sur les cultures
Topique: Culture, langage et systèmes d'expression
La théorie de l'énonciation a pour objet le langage à travers la diversité des langues naturelles. Elle vise à prendre en compte à la fois la sémantique, la syntaxe et la pragmatique. Les notions de repérage et de domaine notionnel y ont une place importante.
Sujet: Histoire de la linguistique
Topique: Histoire de la linguistique française
Mots-clés: histoire; linguistique; France
Localisation spatiale du sujet: Europe de l'Ouest ; France
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; 1960/1980 ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Discussion ; Entretien ; Narration ; Portrait ; Présentation de soi
A travers un récit de son parcours intellectuel et institutionnel, Sophie FISHER brosse un portrait du champ de la linguistique française dans les années 1960 et 1970. Elle évoque notamment l'équipe de recherche dirigée par André MARTINET à la Sorbonne, ainsi que celle d'Emile BENVENISTE au Collège de France, ou encore la place importante de la IVe section de l'EPHE. Elle indique également ses rencontres avec des figures importantes de la discipline comme Claude LEVI-STRAUSS ou encore Roland BARTHES.
Sujet: Discipline/approche SHS
Topique: Linguistique
Libellé: Théorie de l'énonciation
Mots-clés: théorie de l'énonciation; linguistique; explication
Localisation spatiale du sujet: Europe de l'Ouest ; France
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; 1960/1980
Aspects rhétoriques et discursifs: Description ; Dialogue ; Discussion ; Entretien ; Explication
La discipline linguistique est ici envisagée sous un double point de vue: celui de son histoire dans le cadre de la France des années 1960 et 1970, mais aussi celui d'une de ses approches particulières, la théorie de l'énonciation.
La théorie de l'énonciation a été développée par le linguiste Antoine CULIOLI, qui dirigea la thèse de Sophie FISHE. Cette dernière explicite certains points de cette approche.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Entretien avec la linguiste Sophie FISHER destiné à toute personne s’intéressant à la linguistique, son histoire et ses approches.
FISHER Sophie. « Linguistique du discours - Histoire de la linguistique », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°39, 2002, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/39
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BILJETINA Charles, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002 © STOCKINGER Peter, professeur des universités, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© FISHER Sophie, linguiste, LIAS (EHESS/CNRS), Paris, France, 2002
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Linguistique du discours – Histoire de la linguistique »
Sous-titre: Entretien avec Sophie FISHER
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Linguistique du discours - Histoire de la linguistique ». (Portail ARC, 2015), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 3dec1912-168d-4c99-b57a-357635faeb7d
Id vidéo: 8f6eb2a7-bad0-4bba-98dc-b7072f68a1a5
Analyse d’un entretien avec la linguiste Sophie FISHER.