Changer le monde ? . AYMARD, Maurice
Titre: Changer le monde ?
Sous-titre: Les représentations de l’avenir : peurs et espérances
Auteur(s): AYMARD, Maurice
Durée: 00:41:54
Date de réalisation: 22/09/2008
Lieu de réalisation: Université Normale Supérieure de l'Est de la Chine, Shanghai, Chine
Langue(s): Français ; Zhongwen (中文)
L’histoire de la « révolution qui va changer le monde » est une illusion au regard des transformations géopolitiques mondiales, qui bouleversent sans cesse l’idée d’un « vecteur unique et volontariste » de changement et d’amélioration du monde.
En 1945, une constatation s’impose en Europe, celle de l’impossibilité de « contrôler » l’avenir. En découlent les décolonisations, et deux révolutions « extérieures » à l’Europe, chinoise et cubaine, qui viennent bouleverser les structures géopolitiques du monde. Puis, l’apparition des organisations internationales (ONG) dans le règlement des problèmes « mondiaux » fait basculer les certitudes du politique comme leader unique des transformations. Alors « changer le monde » devient nécessaire et surtout, possible. Des modèles de substitution s’imposent dans les années ’60, dont le modèle de la révolution chinoise. Les révolutions euro-américaines bousculent également l’idée de changement du monde : la libération de l’individu et le bouleversement des rapports hiérarchiques, famille, patrie, armée, les rapports entre les sexes, etc. Dans les années ’70, les sciences humaines se donnent un rôle, celui d’être porteuses du social et de l’économique qui « manqueraient au politique », à cet Etat central, « prévisionniste ». Elles se positionnent comme conseillères du prince. Mais, Fernand Braudel fait revenir le «passé » dans le débat, qui est, selon l’historien, essentiel pour comprendre l’avenir. Le choc pétrolier de 1973 annonce la convergence à long termes des sociétés. Les sciences sociales réagissent lentement à ces situations nouvelles, et tentent d’opérer un retour vers le passé, et de déclasser l’avenir. Aujourd’hui, le marché devient le régulateur au détriment de la planification. L’Etat est donc déclassé et ne peut plus jouer son rôle de planificateur. Les sciences sociales doivent prendre acte de la complexité du monde.
Sujet: Théories et notions scientifiques en SHS
Topique: Crise du rapport à l'avenir
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Interprétation
L’historien doit savoir prendre ses distances face aux idées qui émergent de l’actualité : la « crise de l’avenir » est une crise du « rapport à l’avenir ». Changer le monde : est le jeu d’autres acteurs, organisations, groupes sociaux, etc. et non plus les Etats. On esquisse de nouveaux rapports au monde, de la place de l’homme et des autres espèces dans le monde. Nouveaux rapports également avec la connaissance, de nouvelles exigences éthiques, émergence du « virtuel », de nouvelles notions. Un rapport à l’avenir différent se dessine : moins optimiste, moins volontariste, avec des incertitudes au présent, mais également, un relèvement de l’importance de l’action humaine. Le défi des sciences sociales aujourd’hui : la prise en compte de la complexité infinie des sociétés humaines.
Sujet: Sujet
Topique: Représentations et croyances sur l'idée de la révolution
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Exposé théorique
Nom: AYMARD
Prénom: Maurice
Rôle: Conférenciers
Appartenance: EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Fonction: Historien et directeur d'études (retraité)
Adresse: EHESS-CRH, 190-198, avenue de France, 75244 Paris cedex 13, France, France
Nommé en 1976 professeur (directeur d'études) à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), il devient la même année, aux côtés de Clemens Heller, administrateur-adjoint de la Maison des Sciences de l'Homme, que Fernand Braudel dirigera jusqu'à sa mort (1985). Il le reste de 1985 à 1992 sous la direction de Clemens Heller, auquel il succède alors à la tête de la FMSH.
Lien: Biographie
Nom: TERTRAIS
Prénom: Hugues
Rôle: Responsables
Appartenance: Université Panthéon-Sorbonne (Paris I), France
Fonction: Professeur
Adresse: Institut Pierre Renouvin / UMR IRICE Université Paris I Panthéon-Sorbonne 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris, Paris, France
Directeur du Centre d’histoire de l’Asie contemporaine (CHAC). Enseignements * L3 : Le communisme en Asie au XXe siècle (UFR d’histoire) * M1 : Introduction à l’histoire contemporaine de l’Asie (UFR d’histoire) * M2 : L’Asie orientale dans les relations internationales (UFR d’histoire) * MRIAE : Introduction à l’Asie contemporaine (Magistère de relations internationales, 2e année) Principaux axes de recherche * L’Asie dans les relations internationales & les relations internationales en Asie Conflits, croissance et intégration régionale en Asie pacifique * Les identités asiatiques Responsabilités administratives et scientifiques * Président de l’Association des Amis de la BDIC * Président de la Commission d’histoire des relations internationales, commission affiliée au CISH (Comité international des sciences historiques) * Coordination de formation en coopération (depuis 2005) : Université d’automne franco-chinoise en histoire de Shanghai (coopération avec la FMSH et la Société chinoise d’études d’histoire de France) * Comités de rédaction et de lecture : revue Matériaux pour l’histoire de notre temps – Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) ; Outre-Mers Revue d’histoire – Société française d’histoire d’outre-mer (SFHOM) ; élu vice-président de la SFHOM en mars 2008 * Conseils scientifiques : UFR langues et civilisations de l’Asie orientale (LCAO) ; Réseau Asie (Imasie/CNRS).
Lien: http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article203
Type: Niveau Doctorat
Public cible: Vidéos réservées à un public adulte
AYMARD, Maurice. « Changer le monde ? », in " Les représentations de l’avenir : peurs et espérances ", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n° 1554, 2008, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_videoInfo.asp?id=1554&ress=5006&video=7910&format=68
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Le réalisateur de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) est ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , du lundi 22 septembre 2008 au mercredi 24 septembre 2008 - Université Normale Supérieure de l'Est de la Chine, Shanghai, Chine.
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"
Lien: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"
Titre: "Changer le monde ?" dans le colloque "Les représentations de l’avenir : peurs et espérances"
Sous-titre: Le temps de l'avenir
Langue(s): Français
Type: Analyses de base de l'objet média
Comment citer: SYLVESTRE, Isabelle. Analyse de la conférence "Les représentations de l’avenir : peurs et espérances". Analyse de la vidéo source non découpée « Changer le monde ? », 2011, Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°1554, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_videoInfo.asp?id=1554&ress=5006&video=7910&format=68
Id analyse: 43d2ec3d-351e-493b-a414-1531ac5d7758
Id vidéo: 6a4eec8f-3373-4afb-bd27-08fc5afd1045
Afin d’aller au-delà des espérances de sa génération, qui étaient celles qu’un monde nouveau allait se lever à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Maurice Aymard insiste sur le concept de "représentation", et base son analyse de la sociohistoire de l’idée de révolution sur la théorie des « croyances ». Comme François Furet dans « Le passé d’une illusion » (1996), Maurice Aymard souligne l’importance de faire l’histoire d’une illusion pour en retracer toutes les formes et les croyances : ici l’illusion de faire la révolution pour « changer le monde ». Cette ressource audiovisuelle peut être utilisée dans le cadre d'études supérieures en sociohistoire.