La théorie de l’esprit. PROUST Joëlle

Chapitre

Titre: La compréhension d'autrui et les trois attitudes propositionnelles de base
Durée: 00:13:46   [00:00:00 > 00:13:46]
Ce troisième entretien se centre sur les travaux de Joëlle PROUST relatifs à la théorie de l’esprit. La chercheuse commence par distinguer les termes « philosophie de l’esprit » et « théorie de l’esprit ». Le premier renvoie à tous les problèmes philosophiques concernant la vie mentale : la perception, l’action, le raisonnement, etc. Le second est un sous-domaine du premier, et renvoie uniquement à la question de la compréhension d’autrui, ou de soi. L’objectif de la théorie de l’esprit est de comprendre ce que les autres vont faire, afin d’anticiper les conséquences de ce comportement pour soi. Il s’agit donc de comprendre à la fois les contenus et les formes des états mentaux d’autrui. Les philosophes raisonnent généralement sur cette question à partir de trois attitudes de base, dites « propositionnelles » : la croyance, le désir, et l’intention.
Titre: Le processus de mentalisation chez l'enfant
Durée: 00:08:56   [00:13:46 > 00:22:42]
La question de la théorie de l’esprit est très corrélée à celle de l’évolution. Ainsi, on observe que quelles que soient les cultures, la compréhension d’autrui et de soi se situe vers l’âge de trois ans et demi.
Titre: La théorie de la théorie - La théorie modulaire
Durée: 00:16:26   [00:22:42 > 00:39:09]
Plusieurs grands groupes de théories s’affrontent pour expliquer l’apparition de la capacité de comprendre autrui (processus aussi appelé « mentalisation ») chez les enfants. La théorie de la théorie indique que la mentalisation dépendrait d’une certaine quantité d’interactions sociales avec l’entourage. L’enfant tirerait des hypothèses de plus en plus justes de ces expériences. La théorie modulaire conçoit le progrès comme une maturation d’une capacité innée de traitement de l’information. Dans cette approche, on considère que le dispositif de théorie de l’esprit se superpose à d’autres dispositifs déjà présents dans l’espèce. Le jeu du « faire-semblant », qui s’observe vers deux ans, est ici considéré comme une première forme d’utilisation du module d’attribution d’états mentaux à autrui, inné.
Titre: La théorie de la simulation
Durée: 00:13:04   [00:39:09 > 00:52:13]
Enfin, la théorie de la simulation est la troisième grande théorie expliquant la mentalisation chez l’enfant. Elle est plus confidentielle du fait qu’elle a été élaborée par des philosophes, et non par des psychologues, comme le sont les deux dernières. Celle-ci indique que pour comprendre autrui, il faut se mettre à sa place. Les tenants de la simulation se divisent en revanche sur la place à accorder à la théorie.
Titre: Le principe de Machiavel
Durée: 00:08:30   [00:52:13 > 01:00:43]
La difficulté pour les théories de la simulation est la prise en compte des contextes. Le mensonge est un exemple permettant d’expliquer cette idée. Pour les biologistes, l’évolution répond au principe de Machiavel : il y a un intérêt à savoir prédire ce que les autres vont faire, et à manipuler les autres en utilisant leurs croyances. Joëlle PROUST développe les relations entre contexte et mensonge à travers l’exemple du coq.
Titre: Les principes d'intension et d'intension partagée chez le Chimpanzé
Durée: 00:16:10   [01:00:43 > 01:16:53]
Joëlle PROUST indique ici que la présence du mensonge chez les animaux fait l’objet d’intenses débats. La chercheuse indique en définitive que les chimpanzés, en l’état actuel des connaissances, n’auraient pas la capacité d’attribuer des états mentaux à autrui. Ils auraient en revanche la capacité d’identifier des séquences d’action.
Titre: Les autistes
Durée: 00:02:35   [01:16:53 > 01:19:28]
La chercheuse indique ici que les enfants autistes ne résolvent pas les tâches de théorie de l’esprit à l’âge de trois ans et demi mais plutôt vers sept ou huit ans. Joëlle PROUST travaille avec un groupe d’enfants autistes pour parvenir à expliquer ce « retard », restant largement inconnu.
Titre: Le concept de coryance
Durée: 00:04:56   [01:19:28 > 01:24:25]
Genre: Extrait d'entretien filmé
Dans ce chapitre, la position de la chercheuse par rapport aux différentes options proposées par la théorie de la simulation est clarifiée. Elle critique, afin de la prolonger, la position de simulation « radicale » de Robert GORDON.
Titre: Simulation humaine - Simulation animale
Durée: 00:05:54   [01:24:25 > 01:30:19]
Joëlle PROUST a donc approfondi la question de la différence entre simulation animale et humaine, à travers le cas du mensonge. Elle développe ici ses recherches à ce propos.
Titre: Une préférence pour la théorie de la simulation radicale chez Gordon
Durée: 00:10:33   [01:30:19 > 01:40:53]
Selon Joëlle PROUST, la position de simulation radicale de GORDON présente un intérêt en ce qu’elle ne présuppose pas la théorie de la théorie. La chercheuse indique ici sa volonté de généraliser cette théorie à grande portée. Cependant, la position de GORDON ne peut suffire à tout expliquer, comme des exemples précédemment mobilisés l’ont montré. Elle a donc besoin d’être interrogée afin d’être dépassée.
Titre: Une interdisciplinarité de la recherche
Durée: 00:07:24   [01:40:53 > 01:48:17]
La volonté de compréhension du processus de mentalisation peut être l’intérêt commun aux différentes disciplines s’intéressant à l’esprit, ce qui encourage l’interdisciplinarité. Malgré cette collaboration stimulante, la philosophe indique conserver son questionnement philosophique.
Titre: La volonté d'un "équilibre réfléchi"
Durée: 00:05:45   [01:48:17 > 01:54:02]
En définitive, Joëlle PROUST considère que la philosophie, au moins naturaliste, doit prendre en compte les résultats scientifiques dans son raisonnement. Cette position ne fait pas consensus, et a été combattue, par exemple par les philosophes s’inspirant de Ludwig WITTGENSTEIN. Pour eux, la philosophie n’a de but que de dissoudre les problèmes et ne doit pas confondre les causes et les raisons. En définitive, le plus généralisable pour elle est l’équilibre réfléchi. S’inspirant de John RAWLS, elle explique que, selon elle, la philosophie doit tenir compte des contraintes de l’ensemble des savoirs.

12 chapitres.
  • Ce troisième entretien se centre sur les travaux de Joëlle PROUST relatifs à la théorie de l’esprit. La chercheuse commence par distinguer les termes « philosophie de l’esprit » et « théorie de l’esprit ». Le premier renvoie à tous les problèmes philosophiques concernant la vie mentale : la perception, l’action, le raisonnement, etc. Le second est un sous-domaine du premier, et renvoie uniquement à la question de la compréhension d’autrui, ou de soi. L’objectif de la théorie de l’esprit est de comprendre ce que les autres vont faire, afin d’anticiper les conséquences de ce comportement pour soi. Il s’agit donc de comprendre à la fois les contenus et les formes des états mentaux d’autrui. Les philosophes raisonnent généralement sur cette question à partir de trois attitudes de base, dites « propositionnelles » : la croyance, le désir, et l’intention.
  • Plusieurs grands groupes de théories s’affrontent pour expliquer l’apparition de la capacité de comprendre autrui (processus aussi appelé « mentalisation ») chez les enfants. La théorie de la théorie indique que la mentalisation dépendrait d’une certaine quantité d’interactions sociales avec l’entourage. L’enfant tirerait des hypothèses de plus en plus justes de ces expériences. La théorie modulaire conçoit le progrès comme une maturation d’une capacité innée de traitement de l’information. Dans cette approche, on considère que le dispositif de théorie de l’esprit se superpose à d’autres dispositifs déjà présents dans l’espèce. Le jeu du « faire-semblant », qui s’observe vers deux ans, est ici considéré comme une première forme d’utilisation du module d’attribution d’états mentaux à autrui, inné.
  • Enfin, la théorie de la simulation est la troisième grande théorie expliquant la mentalisation chez l’enfant. Elle est plus confidentielle du fait qu’elle a été élaborée par des philosophes, et non par des psychologues, comme le sont les deux dernières. Celle-ci indique que pour comprendre autrui, il faut se mettre à sa place. Les tenants de la simulation se divisent en revanche sur la place à accorder à la théorie.
  • La difficulté pour les théories de la simulation est la prise en compte des contextes. Le mensonge est un exemple permettant d’expliquer cette idée. Pour les biologistes, l’évolution répond au principe de Machiavel : il y a un intérêt à savoir prédire ce que les autres vont faire, et à manipuler les autres en utilisant leurs croyances. Joëlle PROUST développe les relations entre contexte et mensonge à travers l’exemple du coq.
  • Joëlle PROUST indique ici que la présence du mensonge chez les animaux fait l’objet d’intenses débats. La chercheuse indique en définitive que les chimpanzés, en l’état actuel des connaissances, n’auraient pas la capacité d’attribuer des états mentaux à autrui. Ils auraient en revanche la capacité d’identifier des séquences d’action.
  • La chercheuse indique ici que les enfants autistes ne résolvent pas les tâches de théorie de l’esprit à l’âge de trois ans et demi mais plutôt vers sept ou huit ans. Joëlle PROUST travaille avec un groupe d’enfants autistes pour parvenir à expliquer ce « retard », restant largement inconnu.
  • Extrait d'entretien filmé. Dans ce chapitre, la position de la chercheuse par rapport aux différentes options proposées par la théorie de la simulation est clarifiée. Elle critique, afin de la prolonger, la position de simulation « radicale » de Robert GORDON.
  • Selon Joëlle PROUST, la position de simulation radicale de GORDON présente un intérêt en ce qu’elle ne présuppose pas la théorie de la théorie. La chercheuse indique ici sa volonté de généraliser cette théorie à grande portée. Cependant, la position de GORDON ne peut suffire à tout expliquer, comme des exemples précédemment mobilisés l’ont montré. Elle a donc besoin d’être interrogée afin d’être dépassée.
  • En définitive, Joëlle PROUST considère que la philosophie, au moins naturaliste, doit prendre en compte les résultats scientifiques dans son raisonnement. Cette position ne fait pas consensus, et a été combattue, par exemple par les philosophes s’inspirant de Ludwig WITTGENSTEIN. Pour eux, la philosophie n’a de but que de dissoudre les problèmes et ne doit pas confondre les causes et les raisons. En définitive, le plus généralisable pour elle est l’équilibre réfléchi. S’inspirant de John RAWLS, elle explique que, selon elle, la philosophie doit tenir compte des contraintes de l’ensemble des savoirs.
Titre: La théorie de l’esprit
Sous-titre: Entretien avec Joëlle PROUST
Auteur(s): PROUST Joëlle
Date de réalisation: 17/06/2003
Lieu de réalisation: Maison des Sciences de l’Homme 54 Boulevard Raspail 75006 Paris FRANCE
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Après deux entretiens respectivement dédiés à la cognition animale et à la théorie de l'action, cette troisième rencontre avec la philosophe Joëlle PROUST revient sur un de ses autres grands domaines de recherche : la théorie de l’esprit.
Joëlle Proust a étudié la philosophie et la psychologie à l’Université de Provence. Agrégée de philosophie, elle a été successivement professeur de lycée à Marseille et assistante de psychologie à l’Université d’Alger avant d’entrer au CNRS. Ses premiers travaux portent sur la vérité logique. Son « Questions de Forme » lui vaut en 1987 la médaille de bronze du CNRS. Joëlle Proust a participé à la création de plusieurs sociétés scientifiques, dont la SOPHA (Société de Philosophie Analytique), qu’elle a présidée de 2000 à 2003, HOPOS (The International Society for the History of Philosophy of Science), l’ESAP (the European Society for Analytic Philosophy), et l’EuroSPP (the European Society for Philosophy and Psychology). Ses recherches se poursuivent à l’Institut Jean-Nicod, en tant que directrice de recherche pour la Fondation Pierre-Gilles de Gennes de l’Ecole Normale Supérieure.
Sujet: Domaines et objets de recherche sur les cultures
Topique: Croyances
Les croyances et désirs sont questionnés, dans le cadre d'une interrogation sur la nature de l'esprit humain.
Sujet: Discipline/approche SHS
Topique: Philosophie de l'esprit
Libellé: Théorie de l'esprit
Mots-clés: philosophie de l'esprit; théorie de l'esprit; mentalisation
La philosophie de l'esprit est une branche de la philosophie renvoyant à tous les interrogations concernant la vie mentale : la perception, l’action, le raisonnement, etc. Le problème corps-esprit et souvent considéré comme celui structurant cette branche de la philosophie.
La théorie de l'esprit est une branche de la philosophie de l'esprit. Elle s'intéresse uniquement aux processus de mentalisation, c'est-à-dire de représentation de soi et d'autrui.
Sujet: Représentations de l'autre
Topique: Représentation d'autrui
Mots-clés: représentation; philosophie de l'esprit; théorie de l'esprit
Le processsus de représentation est central dans une théorie visant à comprendre la nature de l'esprit. La philosophe Joêlle PROUST s'engage donc dans l'étude de celui-ci et de son rapport à une telle théorie.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Entretien avec la philosophe Joëlle PROUST destiné à toute personne s’intéressant à la philosophie et à la théorie de l'esprit.
PROUST Joëlle. « La théorie de l’esprit », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°148, 2003, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/148/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2003 © STOCKINGER Peter, professeur des universités, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2003
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© PROUST Joëlle, philosophe, Institut Jean Nicod, Paris, France, 2003
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « La théorie de l’esprit »
Sous-titre: Entretien avec Joëlle PROUST
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo «La théorie de l’esprit». (Portail ARC, 2015), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 58cc6c23-5c0b-4220-917a-960a4d1ce5bd
Id vidéo: 4578b537-cc4f-434f-a0e2-672a416344f1
Analyse du troisième entretien avec la philosophe Joëlle PROUST.