Documentation de deux langues Amazoniennes de Bolivie : le cavineña et le reyesano. GUILLAUME, Antoine

Chapitre

Titre: Présentation et premières expériences
Durée: 00:05:37   [00:00:00 > 00:05:37]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine Guillaume présente son parcours et sa rencontre avec Colette Grinevald qui, au moment de sa maîtrise, lui propose un projet sur les langues dans les terres basses de Bolivie. Elle propose de faire un travail de normalisation des alphabets en étudiant la phonologie et le système phonologique de ces langues.
Titre: Premier travail sur le cavineña
Durée: 00:06:35   [00:05:37 > 00:12:12]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine Guillaume raconte son intérêt pour la langue cavineña. Lors du projet de Colette Grinevald, il était en charge de cette langue, ayant gardé contact avec la population indigène, il décide de continuer son étude. Dans ce cadre, il obtient une bourse d’échange pour étudier la linguistique à l’Université d’Oregon, Etats-Unis. Antoine Guillaume choisit d’aborder son étude d’un angle typologique fonctionnel. Il recherche les systèmes propres à chaque langue, ainsi que leurs structures.
Titre: Projet de thèse : construction d’une grammaire
Durée: 00:04:42   [00:12:12 > 00:16:54]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine guillaume souhaitait pour sa thèse, élaborer et rédiger une grammaire complète de la langue cavineña, ce qui permettrait une vue d’ensemble de la structure de la langue (phonologie, morphologie, syntaxe, etc.). Pour cela, il obtient une bourse du Centre des Langues d’Amazonie, sous la direction de Bob Dixon, Melbourne, Australie.
Titre: SOAS et la fondation The Hans Rausing Endangered Languages Project
Durée: 00:08:04   [00:16:54 > 00:24:58]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le cavineña fait partie de la famille des langues tacananes, parlées dans le nord de la Bolivie, cette dernière compte aujourd’hui cinq langues : le tacana, l’ese’ejja, l’araona, le reyesano et le cavineña. Antoine Guillaume, décide d’étudier une autre langue que le cavineña. Le « Hans Rausing Endangered Languages Project », fondation londonienne fondée par un riche industrielle Suédois et dont le but est d’étudier et de décrire les langues en dangers à travers le monde, lui attribue une bourse pour l’étude du reyesano et du tacana.
Titre: Terrain de post-doctorat chez les Reyesano
Durée: 00:09:13   [00:24:58 > 00:34:11]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le tacana et le reyesano, parlées au nord de la Bolivie, aux pieds des Andes (respectivement sur les berges Ouest et Est du fleuve Beni), sont deux langues en dangers dont les locuteurs ont presque disparus. En arrivant sur place, Antoine Guillaume découvre que non seulement il reste des locuteurs de reyesano, mais qu'en plus, un instituteur local a déjà commencé un travail sur la langue. Ce dernier a rédigé un dictionnaire espagnol-reyesano (ou maropa) de presque 5000 entrées. Antoine Guillaume découvre également qu’il existe une cassette audio, en reyesano, sur l’enseignement de Jésus, et qui s’accompagne d’un livret également reyesano.
Titre: Rencontre d’un locuteur particulier
Durée: 00:06:43   [00:34:11 > 00:40:54]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Pendant ses recherches, Antoine Guillaume à fait la connaissance d’un locuteur particulier, un homme âgé (les 14 bon locuteurs connus ont tous plus de 60 ans) et partiellement paralysé. Si sa prononciation était faussée, son aisance d’expression dans la langue reyesano était impressionnante.
Titre: L’instituteur
Durée: 00:04:54   [00:40:54 > 00:45:48]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’instituteur, dont Antoine Guillaume a fait la connaissance, a pris l’initiative d’enseigner la langue reyesano à ses élèves. Il dispense également des cours aux étudiants de l’université de Reyes, université qui forme les futurs instituteurs, afin de les sensibiliser à la langue reyesano. Dans un autre domaine, il a créé une revue « El Maropa », dont le premier exemplaire est paru en 2003, sur le village reyesano, sur les personnes, les évènements, mais également sur l’histoire et la langue. Il veut revaloriser la langue en faisant prendre conscience aux Reyesanos, que leur culture est très ancienne et qu'elle était présente sur ces terres bien avant l’espagnol.
Titre: Préparation du terrain
Durée: 00:02:34   [00:45:48 > 00:48:22]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Une étude linguistique de terrain doit se préparer. Il faut tout d’abord faire avaliser le projet par le gouvernement national, demander l’autorisation aux associations indigènes, puis répéter ces démarches à l’échelle régionale et locale.
Titre: Locuteur et linguiste autodidacte
Durée: 00:02:49   [00:48:22 > 00:51:11]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’instituteur a réalisé tout son travail d’étude et de documentation de la langue en autodidacte, il n’est ni linguiste ni locuteur natif. C’est pourquoi son travail a un aspect naïf, notamment dans l’élaboration de l’alphabet ou dans la rédaction du dictionnaire.
Titre: Deux publications pour deux publics
Durée: 00:09:25   [00:51:11 > 01:00:36]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine Guillaume, qui a pu recopier les documents de l’instituteur, souhaite les retravailler afin d’en tirer deux ouvrages, destinés à des publics différents. Un premier ouvrage en anglais sera destiné au monde académique et linguistique, il sera donc plus technique et professionnel, avec un première partie sur la grammaire, suivi du dictionnaire. Et un deuxième ouvrage en espagnol pour l’instituteur et les Reyesanos intéressés. Le manuscrit sera toujours divisé en deux, une partie grammaire puis le dictionnaire, mais rédigé en des termes plus accessibles.
Titre: Situation linguistique du cavineña
Durée: 00:06:00   [01:00:36 > 01:06:36]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Il existe aujourd’hui plus de mille bons locuteurs de cavineña, certaines communautés sont même toujours monolingues. Mais comme pour la plupart des langues amérindiennes, il y a une rupture de la transmission familiale, un manque d’enseignement scolaire, et donc une disparition et un recul progressif de la langue. Si le phénomène ne s’inverse pas, le cavineña pourrait avoir disparu d’ici trois générations. Même le regain d’intérêt pour les cultures locales, depuis les années 1990, et la nouvelle tendance de l’éco-tourisme, ne semblent pas suffire à endiguer le phénomène.
Titre: Le travail du linguiste
Durée: 00:08:04   [01:06:36 > 01:14:40]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le travail du linguiste consiste normalement à l’élicitation d’un locuteur, c’est-à-dire à l'inciter à s’exprimer sur des hypothèses, il faut le faire réfléchir sur sa langue. Le linguiste peut également enregistrer des discours naturels, des textes, des histoires, etc. Une approche expérimentale propose de demander à un locuteur de décrire ou de raconter une histoire en s’appuyant sur un livre d’images. Cette technique permet de contrôler davantage le discours afin d’en étudier un aspect particulier, comme la conception de l’espace. Les linguistes peuvent également pratiquer l’observation participante (inspiré de l’anthropologie), ce qui permet d’étudier la langue dans son contexte.
Titre: Contexte d’usage du reyesano
Durée: 00:03:13   [01:14:40 > 01:17:53]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le reyesano ne peut plus être étudié au travers de discours naturels ou de l’observation participante, ses locuteurs sont trop peu nombreux et n’emploient la langue que trop rarement. C’est pourquoi l’instituteur regroupe parfois les derniers locuteurs de reyesano, en organisant des réunions autour d’un repas et de danses. Cela permet de faire vivre la langue. Régulièrement, ces locuteurs qui s’expriment également en espagnol, lancent de petites phrases en reyesano, particulièrement des plaisanteries. La langue est également employée quelques fois lors de « soirées de prières ».
Titre: Travail linguistique avec les Reyesano
Durée: 00:10:18   [01:17:53 > 01:28:11]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine Guillaume a essayé de montrer un livre d’images aux locuteurs, afin de les faire parler, mais cette approche est restée stérile. Trop inadéquate à la culture et à la langue. Il a cependant pu rencontrer la femme qui avait prêté sa voix aux enregistrements en reyesano sur l’enseignement de Jésus. Cette femme a une sensibilité de la langue et un don inné pour la linguistique. Elle avait elle-même réfléchie sur sa langue et comprenait le travail d’Antoine Guillaume, ce qui en a fait une alliée. Mais le contact avec les locuteurs ne se passe pas toujours aussi facilement, les linguistes ont souvent des difficultés à rencontrer les bonnes personnes.
Titre: Evolution de la situation du reyesano
Durée: 00:03:40   [01:28:11 > 01:31:51]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les locuteurs actuels, tous âgés de plus de 60 ans, ont en général appris le reyesano de leur grands-parents, ou d’un parent monolingue. Mais l’apprentissage et la pratique de la langue a toujours pris fin avec le décès de ces personnes. Le reyesano était encore bien parlé dans les années 1950, puis la révolution de 1852, instiguée par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro, change la donne. Cette révolution apporte le progrès pour la population mais elle créée aussi des écoles, or ces dernières dispenses un enseignement en espagnol, ce qui entraîne une dépréciation des langues autochtones.
Titre: Locuteurs de langues en danger
Durée: 00:01:44   [01:31:51 > 01:33:35]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Un groupe de recherche du laboratoire de Dynamique Du Langage réfléchi sur les langues en dangers et leurs locuteurs.
Titre: Dynamique Du Langage
Durée: 00:03:27   [01:33:35 > 01:37:02]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le laboratoire de Dynamique du Langage est divisé en trois équipes : une équipe en charge de l’acquisition du langage, une autre qui s’intéresse aux aspects phonologique, sémiotique et cognitif d’une langue, et une troisième équipe de description et de catégorisation. C'est de cette dernière équipe que Colette Grinevald à la charge.
Titre: Linguistique de documentation
Durée: 00:04:05   [01:37:02 > 01:41:07]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
La linguistique de documentation est une nouvelle discipline. Auparavant le plus important était les descriptions et les grammaires, aujourd’hui c’est le corpus exploité qui est mis sur le devant. Les corpus sont travaillés et annotés de sorte à ce qu’ils soient publiables, pour être exploités par d’autres personnes. Cela implique que les linguistes sachent utiliser toute une palette d’outils informatiques (caméra, micro, programme de montage et d’analyse, etc.).
Titre: Linguistique et nouvelles technologies
Durée: 00:06:40   [01:41:07 > 01:47:47]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les nouvelles technologies réforment complètement l’utilisation et l’exploitation des corpus. La sauvegarde est simplifiée, ainsi que la réutilisation, le retour sur travail et la diffusion du matériel sont plus rapides, etc. Cela ouvre le champ des possibilités. Certains craignent que les formats modernes ne soient vite obsolètes ou inutilisables, contrairement aux livres.
Titre: Travail de terrain des doctorants et post-doctorants
Durée: 00:07:44   [01:47:47 > 01:55:31]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Certains étudiants choisissent de travailler sur leur propre langue, l’approche de l’étude en est donc très différente. Au DDL, c’est le cas de plusieurs étudiants Africains ou originaires d’Amérique du sud. Dans les années 2000, le projet IMEG, ou projet Spinoza, est mis en place. Des bourses sont distribuées dans le cadre de l’étude des langues frontalières de Bolivie et du Brésil, il s’agit surtout de langues isolées. Elles sont sept à n’être apparentées à aucune famille de langues connue.
Titre: Travaux à venir
Durée: 00:07:57   [01:55:31 > 02:03:28]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les participants au projet de l’IMEG préparent actuellement un ouvrage en trois volumes intitulé « Las linguas de Bolivia » (les langues de Bolivie). Chaque participant réalise une présentation de la langue qu’il étudie, en espagnol, et en des termes accessibles. Antoine Guillaume va également organiser, en partenariat avec Françoise Rose, une conférence qui réunira les linguistes autour du système de l’encodage des arguments. Et il s’apprête à publier un article sur l’ergativité scindée : GUILLAUME, Antoine, « Revisiting “Split Ergativity” in Cavineña” in : International Journal of American Linguistics, University of Chicago Press, Chicago, 2006, vol. 72, n°1, p.159-192
Titre: Démonstration des outils informatiques
Durée: 00:14:29   [02:03:28 > 02:17:57]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Il existe deux programmes principalement utilisés pour l’analyse linguistique: 1. Shoebox : ce programme permet d’analyser morphologiquement une langue, de façon presque automatique, et de produire un dictionnaire. 2. Elan : des linguistes et des informaticiens ont travaillé ensemble pour élaborer ce programme qui permet d’afficher simultanément la vidéo, le son et la transcription. Antoine Guillaume nous fait écouter et visionner un extrait d’un entretien avec une femme Reyesano.
Titre: Remarque sur l’utilisation des nouvelles technologies
Durée: 00:01:37   [02:17:57 > 02:19:34]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Si les nouvelles technologies permettent de manipuler et d’exploiter les ressources plus rapidement et plus facilement, elles ne remplacent pas l’étude de terrain et il faut parvenir à faire accepter le matériel technologique aux populations locales.
Titre: Recherches futures
Durée: 00:04:37   [02:19:34 > 02:23:10]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Antoine Guillaume souhaiterait revenir à l’étude de la langue tacana qu’il avait dû laisser de côté.

24 chapitres.
  • Entretien filmé. Antoine Guillaume présente son parcours et sa rencontre avec Colette Grinevald qui, au moment de sa maîtrise, lui propose un projet sur les langues dans les terres basses de Bolivie. Elle propose de faire un travail de normalisation des alphabets en étudiant la phonologie et le système phonologique de ces langues.
  • Entretien filmé. Antoine Guillaume raconte son intérêt pour la langue cavineña. Lors du projet de Colette Grinevald, il était en charge de cette langue, ayant gardé contact avec la population indigène, il décide de continuer son étude. Dans ce cadre, il obtient une bourse d’échange pour étudier la linguistique à l’Université d’Oregon, Etats-Unis. Antoine Guillaume choisit d’aborder son étude d’un angle typologique fonctionnel. Il recherche les systèmes propres à chaque langue, ainsi que leurs structures.
  • Entretien filmé. Le cavineña fait partie de la famille des langues tacananes, parlées dans le nord de la Bolivie, cette dernière compte aujourd’hui cinq langues : le tacana, l’ese’ejja, l’araona, le reyesano et le cavineña. Antoine Guillaume, décide d’étudier une autre langue que le cavineña. Le « Hans Rausing Endangered Languages Project », fondation londonienne fondée par un riche industrielle Suédois et dont le but est d’étudier et de décrire les langues en dangers à travers le monde, lui attribue une bourse pour l’étude du reyesano et du tacana.
  • Entretien filmé. Le tacana et le reyesano, parlées au nord de la Bolivie, aux pieds des Andes (respectivement sur les berges Ouest et Est du fleuve Beni), sont deux langues en dangers dont les locuteurs ont presque disparus. En arrivant sur place, Antoine Guillaume découvre que non seulement il reste des locuteurs de reyesano, mais qu'en plus, un instituteur local a déjà commencé un travail sur la langue. Ce dernier a rédigé un dictionnaire espagnol-reyesano (ou maropa) de presque 5000 entrées. Antoine Guillaume découvre également qu’il existe une cassette audio, en reyesano, sur l’enseignement de Jésus, et qui s’accompagne d’un livret également reyesano.
  • Entretien filmé. Pendant ses recherches, Antoine Guillaume à fait la connaissance d’un locuteur particulier, un homme âgé (les 14 bon locuteurs connus ont tous plus de 60 ans) et partiellement paralysé. Si sa prononciation était faussée, son aisance d’expression dans la langue reyesano était impressionnante.
  • Entretien filmé. L’instituteur, dont Antoine Guillaume a fait la connaissance, a pris l’initiative d’enseigner la langue reyesano à ses élèves. Il dispense également des cours aux étudiants de l’université de Reyes, université qui forme les futurs instituteurs, afin de les sensibiliser à la langue reyesano. Dans un autre domaine, il a créé une revue « El Maropa », dont le premier exemplaire est paru en 2003, sur le village reyesano, sur les personnes, les évènements, mais également sur l’histoire et la langue. Il veut revaloriser la langue en faisant prendre conscience aux Reyesanos, que leur culture est très ancienne et qu'elle était présente sur ces terres bien avant l’espagnol.
  • Entretien filmé. Une étude linguistique de terrain doit se préparer. Il faut tout d’abord faire avaliser le projet par le gouvernement national, demander l’autorisation aux associations indigènes, puis répéter ces démarches à l’échelle régionale et locale.
  • Entretien filmé. L’instituteur a réalisé tout son travail d’étude et de documentation de la langue en autodidacte, il n’est ni linguiste ni locuteur natif. C’est pourquoi son travail a un aspect naïf, notamment dans l’élaboration de l’alphabet ou dans la rédaction du dictionnaire.
  • Entretien filmé. Antoine Guillaume, qui a pu recopier les documents de l’instituteur, souhaite les retravailler afin d’en tirer deux ouvrages, destinés à des publics différents. Un premier ouvrage en anglais sera destiné au monde académique et linguistique, il sera donc plus technique et professionnel, avec un première partie sur la grammaire, suivi du dictionnaire. Et un deuxième ouvrage en espagnol pour l’instituteur et les Reyesanos intéressés. Le manuscrit sera toujours divisé en deux, une partie grammaire puis le dictionnaire, mais rédigé en des termes plus accessibles.
  • Entretien filmé. Il existe aujourd’hui plus de mille bons locuteurs de cavineña, certaines communautés sont même toujours monolingues. Mais comme pour la plupart des langues amérindiennes, il y a une rupture de la transmission familiale, un manque d’enseignement scolaire, et donc une disparition et un recul progressif de la langue. Si le phénomène ne s’inverse pas, le cavineña pourrait avoir disparu d’ici trois générations. Même le regain d’intérêt pour les cultures locales, depuis les années 1990, et la nouvelle tendance de l’éco-tourisme, ne semblent pas suffire à endiguer le phénomène.
  • Entretien filmé. Le travail du linguiste consiste normalement à l’élicitation d’un locuteur, c’est-à-dire à l'inciter à s’exprimer sur des hypothèses, il faut le faire réfléchir sur sa langue. Le linguiste peut également enregistrer des discours naturels, des textes, des histoires, etc. Une approche expérimentale propose de demander à un locuteur de décrire ou de raconter une histoire en s’appuyant sur un livre d’images. Cette technique permet de contrôler davantage le discours afin d’en étudier un aspect particulier, comme la conception de l’espace. Les linguistes peuvent également pratiquer l’observation participante (inspiré de l’anthropologie), ce qui permet d’étudier la langue dans son contexte.
  • Entretien filmé. Le reyesano ne peut plus être étudié au travers de discours naturels ou de l’observation participante, ses locuteurs sont trop peu nombreux et n’emploient la langue que trop rarement. C’est pourquoi l’instituteur regroupe parfois les derniers locuteurs de reyesano, en organisant des réunions autour d’un repas et de danses. Cela permet de faire vivre la langue. Régulièrement, ces locuteurs qui s’expriment également en espagnol, lancent de petites phrases en reyesano, particulièrement des plaisanteries. La langue est également employée quelques fois lors de « soirées de prières ».
  • Entretien filmé. Antoine Guillaume a essayé de montrer un livre d’images aux locuteurs, afin de les faire parler, mais cette approche est restée stérile. Trop inadéquate à la culture et à la langue. Il a cependant pu rencontrer la femme qui avait prêté sa voix aux enregistrements en reyesano sur l’enseignement de Jésus. Cette femme a une sensibilité de la langue et un don inné pour la linguistique. Elle avait elle-même réfléchie sur sa langue et comprenait le travail d’Antoine Guillaume, ce qui en a fait une alliée. Mais le contact avec les locuteurs ne se passe pas toujours aussi facilement, les linguistes ont souvent des difficultés à rencontrer les bonnes personnes.
  • Entretien filmé. Les locuteurs actuels, tous âgés de plus de 60 ans, ont en général appris le reyesano de leur grands-parents, ou d’un parent monolingue. Mais l’apprentissage et la pratique de la langue a toujours pris fin avec le décès de ces personnes. Le reyesano était encore bien parlé dans les années 1950, puis la révolution de 1852, instiguée par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro, change la donne. Cette révolution apporte le progrès pour la population mais elle créée aussi des écoles, or ces dernières dispenses un enseignement en espagnol, ce qui entraîne une dépréciation des langues autochtones.
  • Entretien filmé. Le laboratoire de Dynamique du Langage est divisé en trois équipes : une équipe en charge de l’acquisition du langage, une autre qui s’intéresse aux aspects phonologique, sémiotique et cognitif d’une langue, et une troisième équipe de description et de catégorisation. C'est de cette dernière équipe que Colette Grinevald à la charge.
  • Entretien filmé. La linguistique de documentation est une nouvelle discipline. Auparavant le plus important était les descriptions et les grammaires, aujourd’hui c’est le corpus exploité qui est mis sur le devant. Les corpus sont travaillés et annotés de sorte à ce qu’ils soient publiables, pour être exploités par d’autres personnes. Cela implique que les linguistes sachent utiliser toute une palette d’outils informatiques (caméra, micro, programme de montage et d’analyse, etc.).
  • Entretien filmé. Les nouvelles technologies réforment complètement l’utilisation et l’exploitation des corpus. La sauvegarde est simplifiée, ainsi que la réutilisation, le retour sur travail et la diffusion du matériel sont plus rapides, etc. Cela ouvre le champ des possibilités. Certains craignent que les formats modernes ne soient vite obsolètes ou inutilisables, contrairement aux livres.
  • Entretien filmé. Certains étudiants choisissent de travailler sur leur propre langue, l’approche de l’étude en est donc très différente. Au DDL, c’est le cas de plusieurs étudiants Africains ou originaires d’Amérique du sud. Dans les années 2000, le projet IMEG, ou projet Spinoza, est mis en place. Des bourses sont distribuées dans le cadre de l’étude des langues frontalières de Bolivie et du Brésil, il s’agit surtout de langues isolées. Elles sont sept à n’être apparentées à aucune famille de langues connue.
  • Entretien filmé. Les participants au projet de l’IMEG préparent actuellement un ouvrage en trois volumes intitulé « Las linguas de Bolivia » (les langues de Bolivie). Chaque participant réalise une présentation de la langue qu’il étudie, en espagnol, et en des termes accessibles. Antoine Guillaume va également organiser, en partenariat avec Françoise Rose, une conférence qui réunira les linguistes autour du système de l’encodage des arguments. Et il s’apprête à publier un article sur l’ergativité scindée : GUILLAUME, Antoine, « Revisiting “Split Ergativity” in Cavineña” in : International Journal of American Linguistics, University of Chicago Press, Chicago, 2006, vol. 72, n°1, p.159-192
  • Entretien filmé. Il existe deux programmes principalement utilisés pour l’analyse linguistique: 1. Shoebox : ce programme permet d’analyser morphologiquement une langue, de façon presque automatique, et de produire un dictionnaire. 2. Elan : des linguistes et des informaticiens ont travaillé ensemble pour élaborer ce programme qui permet d’afficher simultanément la vidéo, le son et la transcription. Antoine Guillaume nous fait écouter et visionner un extrait d’un entretien avec une femme Reyesano.
Titre: Documentation de deux langues Amazoniennes de Bolivie : le cavineña et le reyesano
Auteur(s): GUILLAUME, Antoine
Durée: 02:23:10
Date de réalisation: 05/07/2006
Lieu de réalisation: Laboratoire Dynamique Du Langage (DDL), CNRS & Université Lyon II, France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Dans cet entretien, Antoine Guillaume, chercheur au sein du laboratoire Dynamique Du Langage - CNRS & Université de Lyon II -, décrit ses recherches depuis sa maîtrise jusqu'à ses recherches postdoctorales, en passant par ses multiples études de terrain dans les terres basses de Bolivie. Il explique sa méthodologie, plus particulièrement la linguistique de documentation, et se livre à une démonstration de quelques outils informatiques dédiés à l'analyse des langues et à la linguistique de corpus.
Antoine Guillaume est chercheur au sein du laboratoire Dynamique Du Langage (CNRS & Université de Lyon II). Ses thèmes de recherches sont les langues amérindiennes et plus particulièrement deux langues de la familles tacana d'Amazonie bolivienne : le cavineña et le reyesano. Son sujet de thèse a été la description et l'élaboration d'une grammaire du cavineña. Ses recherches s'inscrivent dans le cadre d'une linguistique de documentation. Dans cet entretien, Antoine Guillaume décrit ses recherches depuis sa maîtrise jusqu'à ses recherches postdoctorales, en passant par ses multiples études de terrain dans les terres basses de Bolivie. Il explique sa méthodologie, plus particulièrement la linguistique de documentation, et se livre à une démonstration de quelques outils informatiques dédiés à l'analyse des langues et à la linguistique de corpus.
Sujet: Régions et pays
Topique: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
La Bolivie se situe dans l’ouest du continent sud-américain. Son terrain se divise deux parties, des plaines à l’est (comprenant l’Amazonie bolivienne) et une région montagneuse à l’ouest, formée par la cordillère des Andes. Aujourd’hui, le gouvernement Bolivien reconnait quatre langues officielles : l’espagnol, l’aymara, le guaraní et le quechua.
bolivie ; pays ; amérique du sud ; langue ; langue en danger ; langue amérindienne ;
Sujet: Les langues du monde
Topique: Cavineña
Langue: Reyesano
Mots-clés: reyesano ; cavineña ; amérique du sud ; langue ; pano-tacana ; bolivie ; langue en danger ; langue amérindienne ;
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
Les langues cavineña et reyesano, de la famille des langues tacananes, sont toutes deux parlées en Amazonie et en Bolivie. La première compte un peu plus de mille locuteurs, tandis que la seconde n’en compte qu’une dizaine, ces deux langues sont donc fortement en danger.
Sujet: Les familles, groupes, ... des langues du monde
Topique: Langues pano-tacananes
Mots-clés: langue ; famille de langue ; pano-tacana ; amrindienne ; langue en danger ; amérique du sud ;
Localisation spatiale du sujet: Bolivie
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
La famille de langues pano-tacananes fait partie des langues amérindiennes d’Amérique du Sud. Elle se divise en deux branches : d’un côté les langues panoanes, que l’on retrouve en Amazonie, au Pérou et au Brésil, et d’un autre côté les langues tacananes, parlées en Bolivie.
Sujet: Linguistique et langues
Topique: Linguistique de terrain
Domaine: Linguistique typologique
Mots-clés: linguisitique ; recherche sur les langues ; pano-tacana ; reyesano ; cavineña ; langue amérindienne ; amérique du sud ; langue en danger
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
Nom: ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche)
Rôle: Producteurs d'oeuvres audiovisuelles
Adresse: FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Type: Média écrit
Auteur: Antoine GUILLAUME
GUILLAUME, Antoine, « Revisiting “Split Ergativity” in Cavineña” in : International Journal of American Linguistics, University of Chicago Press, Chicago, 2006, vol. 72, n°1, p.159-192
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Résumé de recherches en linguistique.
Type: Enseignement supérieur
Public cible: Pour spécialistes
Recherches linguistiques sur la famille de langue tacana et présentation de logiciels d'analyse linguistique.
Type: Eléments visuels fonctionnels
Dictionnaire espagnol-reyesano, cassette audio et manuel sur l'enseignement de Jésus en reyesano, logiciels d'analyse linguistique.
GUILLAUME, Antoine. " Documentation de deux langues Amazoniennes de Bolivie : le cavineña et le reyesano ", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°922, 2006, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/922/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© MAESTRE, Alice, ESCoM-FMSH, Paris, 2006 © BONNEMAZOU, Camille, ESCoM-FMSH, Paris, 2006
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© GUILLAUME, Antoine, Linguiste, Laboratoire Dynamique du Langage CNRS, Paris, 2006 © DE PABLO, Elisabeth, Ingénieur de Recherches, ESCoM-FMSH, Paris, 2006
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page "
Titre: Analyse d’un entretien avec Antoine GUILLAUME
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRISA, Oriane. "(Portail ARC, 2014) : http://www.arc.msh-paris.fr/
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Description d’un entretien avec Antoine Guillaume sur ses recherches et la linguistique.