L’invention de l’espace à la Renaissance (1400-1600). LOMBARD, Philippe

Chapitre

Titre: Introduction
Durée: 00:03:10   [00:00:00 > 00:03:10]
La thèse que Philippe Lombard va s'efforcer de démontrer au cours de son intervention est la suivante : l'espace de la représentation géométrique n'a pas été inventé à l'époque contemporaine pour des raisons intrinsèquement mathématiques, mais à la Renaissance, et pour des raisons de représentation picturales, à travers les principes et les usages de la perspective. Certes, il y a bien des considérations géométriques au sein des problématiques esthétiques de l'époque, mais ces considérations n'ont qu'un rôle secondaire par rapport à ce que Philippe Lombard appelle le "langage" de la perspective et sa charge rhétorique.
Titre: La période
Durée: 00:06:45   [00:03:10 > 00:09:55]
La période sur laquelle P. Lombard va se baser est assez restreinte ; il s'agit surtout du Quattrocento. Dans les représentations antérieures au XVe siècle, la perspective est totalement ignorée en tant que norme ; après, elle perd de son importance, ou devient uniquement iconique et se trouve décorrélée du réalisme qui l'a vue naître.
Titre: Les principes du langage de la perspective
Durée: 00:05:38   [00:09:55 > 00:15:34]
On peut tout d'abord souligner le rôle du carrelage dans la structuration de l'espace autour d'un point de fuite central, et avec la règle de l'alignement des diagonales. Mais le principe fondamental est surtout celui de la fenêtre, mis au jour par Alberti : le point de fuite central correspond à la projection de l'oeil du peintre sur une vitre placée entre l'observateur et l'objet représenté. Les autres traits constitutifs sont construits autour de ce dispositif central.
Titre: La perspective au service du code de représentation
Durée: 00:07:45   [00:15:34 > 00:23:19]
L'introduction du langage de la perspective constitue une forme de révolution au point de vue intellectuel, qui met notamment en jeu la représentation des personnages sacrés. On voit vite que ce n'est pas la géométrie qui met en avant l'idée d'un point de fuite, mais les enjeux rhétoriques de la représentation, qui amènent à faire converger le regard du spectateur sur un objet central. La question du point de fuite, selon P. Lombard, se dégage de l'enjeu du réalisme, et relève plutôt d'une commande esthétique. Ce point est extrêmement saillant dans le cas très codifié des tableaux représentant l'Annonciation.
Titre: La perspective entre réalité et imaginaire
Durée: 00:06:21   [00:23:19 > 00:29:41]
Le fait est qu'il faudra attendre le XVIIIe siècle pour voir les règles de la perspective s'appliquer pour la représentation de décors réels ; auparavant, c'est l'imaginaire qui prédomine. Pour interroger les liens entre la perspective et la représentation du réel, on peut se tourner sur le cas de la cartogtaphie, qui intègre progressivement les procédés de la perspective ; mais ce, bien plus pour déployer la ville au regard que dans un souci rigoureux de réalisme.
Titre: La virtuosité picturale
Durée: 00:07:11   [00:29:41 > 00:36:53]
Dans cette section, P. Lombard revient sur certaines dimensions de l'activité picturale qu'on pourrait qualifier de virtuoses, et qui consistent en un jeu avec le langage pictural lui-même. Il fait tout d'abord remarquer que le peintre ne maîtrise pas seulement ce qui est à l'intérieur du cadre, mais le cadrage lui-même. Il met au jour également les jeux très sophistiqués de miroir et de mise en abyme. Enfin, il rappelle la pratique de l'anamorphose, qui oblige le spectateur à se placer de biais pour voir apparaître une figure présente dans le tableau.
Titre: Les connaissances mises en jeu
Durée: 00:07:14   [00:36:53 > 00:44:08]
Quelles connaissances géométriques étaient à la disposition de ces peintres ? P. Lombard insiste sur le rôle structurant des carrelages, qui jouent un rôle analogue, en tant que dispositif permettant de ramener le plan à des lignes perpendiculaires, à celui que joueront plus tard les coordonnées cartésiennes. Il rappelle également la théorie du point de distance, qui permet de déterminer la position idéale du spectateur.
Titre: Les obstacles épistémiques
Durée: 00:12:37   [00:44:08 > 00:55:44]
Malgré la virtuosité des peintres et l'état des connaissances géométriques, la peinture de la Renaissance ne se trouve pas moins aux prises avec certains obstacles. Le premier réside dans la question de savoir si la meilleure représentation se fait à travers la perspetive rectiligne habituelle, ou à travers une perspective curviligne, censée épouser la forme de l'oeil. Un autre est une erreur concernant à placer le point de fuite d'objets penchés à l'horizon ; un autre encore celui des ombres, très mal maîtrisées. Enfin, et de manière plus structurelle, un grand problème épistémologique réside dans la confusion entre le poitn de fuite et le point de vue.

8 chapitres.
  • La thèse que Philippe Lombard va s'efforcer de démontrer au cours de son intervention est la suivante : l'espace de la représentation géométrique n'a pas été inventé à l'époque contemporaine pour des raisons intrinsèquement mathématiques, mais à la Renaissance, et pour des raisons de représentation picturales, à travers les principes et les usages de la perspective. Certes, il y a bien des considérations géométriques au sein des problématiques esthétiques de l'époque, mais ces considérations n'ont qu'un rôle secondaire par rapport à ce que Philippe Lombard appelle le "langage" de la perspective et sa charge rhétorique.
  • La période sur laquelle P. Lombard va se baser est assez restreinte ; il s'agit surtout du Quattrocento. Dans les représentations antérieures au XVe siècle, la perspective est totalement ignorée en tant que norme ; après, elle perd de son importance, ou devient uniquement iconique et se trouve décorrélée du réalisme qui l'a vue naître.
  • On peut tout d'abord souligner le rôle du carrelage dans la structuration de l'espace autour d'un point de fuite central, et avec la règle de l'alignement des diagonales. Mais le principe fondamental est surtout celui de la fenêtre, mis au jour par Alberti : le point de fuite central correspond à la projection de l'oeil du peintre sur une vitre placée entre l'observateur et l'objet représenté. Les autres traits constitutifs sont construits autour de ce dispositif central.
  • L'introduction du langage de la perspective constitue une forme de révolution au point de vue intellectuel, qui met notamment en jeu la représentation des personnages sacrés. On voit vite que ce n'est pas la géométrie qui met en avant l'idée d'un point de fuite, mais les enjeux rhétoriques de la représentation, qui amènent à faire converger le regard du spectateur sur un objet central. La question du point de fuite, selon P. Lombard, se dégage de l'enjeu du réalisme, et relève plutôt d'une commande esthétique. Ce point est extrêmement saillant dans le cas très codifié des tableaux représentant l'Annonciation.
  • Le fait est qu'il faudra attendre le XVIIIe siècle pour voir les règles de la perspective s'appliquer pour la représentation de décors réels ; auparavant, c'est l'imaginaire qui prédomine. Pour interroger les liens entre la perspective et la représentation du réel, on peut se tourner sur le cas de la cartogtaphie, qui intègre progressivement les procédés de la perspective ; mais ce, bien plus pour déployer la ville au regard que dans un souci rigoureux de réalisme.
  • Dans cette section, P. Lombard revient sur certaines dimensions de l'activité picturale qu'on pourrait qualifier de virtuoses, et qui consistent en un jeu avec le langage pictural lui-même. Il fait tout d'abord remarquer que le peintre ne maîtrise pas seulement ce qui est à l'intérieur du cadre, mais le cadrage lui-même. Il met au jour également les jeux très sophistiqués de miroir et de mise en abyme. Enfin, il rappelle la pratique de l'anamorphose, qui oblige le spectateur à se placer de biais pour voir apparaître une figure présente dans le tableau.
  • Quelles connaissances géométriques étaient à la disposition de ces peintres ? P. Lombard insiste sur le rôle structurant des carrelages, qui jouent un rôle analogue, en tant que dispositif permettant de ramener le plan à des lignes perpendiculaires, à celui que joueront plus tard les coordonnées cartésiennes. Il rappelle également la théorie du point de distance, qui permet de déterminer la position idéale du spectateur.
  • Malgré la virtuosité des peintres et l'état des connaissances géométriques, la peinture de la Renaissance ne se trouve pas moins aux prises avec certains obstacles. Le premier réside dans la question de savoir si la meilleure représentation se fait à travers la perspetive rectiligne habituelle, ou à travers une perspective curviligne, censée épouser la forme de l'oeil. Un autre est une erreur concernant à placer le point de fuite d'objets penchés à l'horizon ; un autre encore celui des ombres, très mal maîtrisées. Enfin, et de manière plus structurelle, un grand problème épistémologique réside dans la confusion entre le poitn de fuite et le point de vue.
Titre: L’invention de l’espace à la Renaissance (1400-1600)
Sous-titre: 1. L’invention de l’espace à la Renaissance (1400-1600).
Auteur(s): LOMBARD, Philippe
Durée: 00:55:44
Date de réalisation: 21/10/2006
Lieu de réalisation: Maison des Sciences de l'Homme, 54 Boulevard Raspail, 75006 Paris, France
Langue(s): Français
Dans cette intervention, qui a eu lieu à l'occasion du colloque "Inventer l'espace", Philippe Lombard propose de retracer dans les règles de la perspective de la Renaissance l'origine de problèmes qui vont mener à la consitution de l'espace géométrique en tant qu'objet. La véritable dynamique qui préside à la mise en place de ces problèmes ne réside pas dans la géométrie elle-même, mais dans les enjeux esthétiques portés par la peinture : centralité du sujet, représentation du sacré... Philippe Lombard fait également état des des connaissances disponibles à l'époque et des obstacles qui s'opposaient au développement d'une géométrie correcte pour la perspective.
Sujet: Sujet
Topique: Approches interdisciplinaires en géométrie
Libellé: Peinture et géométrie
Sujet: Personnalité
Topique: Desargues, Girard
Nom: ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche)
Rôle: Producteurs d'oeuvres audiovisuelles
Adresse: FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Nom: Lombard
Prénom: Philippe
Rôle: Mathématiciens
Fonction: Maître de conférences
Adresse: Université Nancy 1, France
Philippe Lombard, Université Nancy 1, France
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Pour toute personne intéressée par le rapport entre peinture et géométrie
LOMBARD, Philippe. "L'invention de l'espace à la Renaissance 1400-1600" (Inventer l'Espace 2008) [en ligne] URL :
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler la paternité de(s) ayant-droit(s) du contenu du média: Philippe Lombard, Université Nancy 1, France. Vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/.
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
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Titre: Description de l'intervention de Philippe Lombard au colloque "Inventer l'espace"
Langue(s): Français
Comment citer: © POTTIN, Ange. «Description de l'intervention de Philippe Lombard au colloque "inventer l'espace"» (AHM 2014), URL Vidéo: http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_Video.asp?id=862&ress=2796&video=63228&format=22
Id analyse: 5c0ae030-5f34-41e6-897c-2c62697c2129
Id vidéo: 5263b2d3-d33f-4448-a97e-e6e0cccf8dee
Description de l'intervention de Philippe Lombard sur l'invention de l'espace dans la peinture de la Renaissance.