Time, Agency, and the Banality of Evil. BHABHA Homi K

Chapitre

Titre: Introduction de Marc ABELES
Durée: 00:07:14   [00:00:00 > 00:07:14]
Genre: Extrait d'un séminaire de recherche filmé
L’anthropologue Marc ABELES, organisateur du séminaire « Politiques du sensible », présente brièvement Homi K. BHABHA, professeur de littérature et directeur de la faculté des humanités de Harvard. Il est connu comme une des figures majeures de la théorie postcoloniale. Son ouvrage « The Location of Culture », publié en 1994 aux Etats-Unis, a été traduit en 15 langues. En France, cette traduction a été très tardive, en raison selon Marc ABELES d’une suspicion de la part des académiques français à l’égard de la théorie postcoloniale empruntant à leur yeux beaucoup au courant dit de la « French Theory ». Cependant, parler d’une théorie postcoloniale homogène semble être un abus de langage. Pour sa part, Homi K. BHABHA s’est intéressé au concept de culture, en s’opposant aux couples antagonistes centre/périphérie, identité/altérité, etc. L’analyse développée dans « The Location of Culture » mène de manière générale à envisager l’ambivalence des processus de colonisation. Ses concepts d’ambivalence, d’hybridité, de mimétisme ou encore de troisième espace mènent à éclairer de manière originale les processus contemporains d’échanges culturels.
Titre: Le prix du mauvais écrivain
Durée: 00:02:50   [00:07:14 > 00:10:04]
Avant de débuter son intervention, Homi BHAHBHA indique qu’un des passages de son ouvrage lu par Marc ABELES lui a valu d’être nominé aux côtés de Judith BUTLER comme meilleur « mauvais écrivain » par une revue de philosophie et de littérature néo-zélandaise.
Type: Pages web
Auteur: Denis DUTTON
Url: http://denisdutton.com/bad_writing.htm
Article sur le "concours du mauvais écrivain" sur le site d'un rédacteur du journal ayant organisé ce même concours.
Titre: Considérations sur la langue, la traduction, et genèse de la réflexion
Durée: 00:08:10   [00:10:04 > 00:18:14]
En préambule à son intervention, Homi K. BHABHA envisage le problème de la langue, de la traduction, et de la compréhension, en faisant référence à « Le monolinguisme de l’autre » de Jacques DERRIDA qui posait le problème en affirmant : « Je n’ai qu’une langue, et ce n’est pas la mienne ». La réflexion que présente aujourd’hui Homi BHABHA est née suite aux événements du 11 septembre en 2001. Un ensemble de questions relatives à la constitution de la mémoire suite à un traumatisme et à l’ « agentivité » -le terme est une traduction possible du concept anglo-saxon d’ « agency »- s’articulèrent alors de manière confuse chez lui. Son point de départ fut la lecture de deux ouvrages de Jean HATZFELD relatifs au génocide rwandais. Il fut profondément marqué par la poésie qui se dégageait de cet acte de « barbarie ». Il utilisa cet événement pour réfléchir aux questions soulevées plus tôt concernant le temps, l’agentivité, et la banalité du mal.
Titre: La brusquerie de la cruauté sous le prisme du « voisinage »
Durée: 00:12:14   [00:18:14 > 00:30:28]
Afin de mieux faire comprendre sa réflexion, Homi K. BHABHA présente ici plus précisément sa question principale. La notion de temps est ici employée dans le sens d’événement, mais aussi dans celui de mémorisation et d’agentivité. Son hypothèse est que la brusquerie de l’événement rwandais peut être éclairée par la notion de voisinage. En effet, Homi K. BHABHA explique que les relations de voisinage entre Hutus et Tutsis étaient banales avant que ne se déroule le génocide. Le professeur rattache cette notion à diverses idées émises par Hannah ARENDT, Jaques RANCIERE ou encore Michel FOUCAULT. Ainsi, Homi BHABHA envisagera la notion de voisinage sous quatre aspects différents : celui de la loi, de la localité, de la lisibilité, et de la temporalité.
Titre: Le temps, l'agentivité, et la banalité du mal
Durée: 00:42:05   [00:30:28 > 01:12:33]
Le génocide du Rwanda a mené Homi K. BHABHA à s’interroger sur différents problèmes : la soudaine transformation de la banalité en mal, l’altérité, et la mémorisation présente d’un traumatisme. Le professeur part ainsi de témoignages de victimes et des génocidaires, avant d’envisager le génocide d’un point de vue historique. Cela le mène à affirmer que des jeux complexes de variations des catégories Hutus et Tutsis ont pris place au cours du temps. De manière générale, l’idée principale qu’émet BHABHA au cours de cet exposé est que c’est la profonde ambivalence au sein de la relation de voisinage qui permet à la fois de produire de la violence, mais aussi de la résoudre.
Titre: Conclusion
Durée: 00:08:54   [01:12:33 > 01:21:28]
Genre: Extrait d'un séminaire de recherche filmé
Suite à cet exposé envisageant le voisinage et la cruauté ordinaire, Homi K. BHABHA souhaiter poser des pistes de réflexion d’ordre plus général sur les notions de communauté, de catastrophe, d’agentivité et d’altérité, d’historicité et d’affectivité. Il conclut en liant ces questions au recueil de poème intitulé « An Atlas of the difficult world » d’Adrienne RICH, ainsi qu’au roman « In a Free State » de V.S NAIPAUL.

6 chapitres.
  • Extrait d'un séminaire de recherche filmé. L’anthropologue Marc ABELES, organisateur du séminaire « Politiques du sensible », présente brièvement Homi K. BHABHA, professeur de littérature et directeur de la faculté des humanités de Harvard. Il est connu comme une des figures majeures de la théorie postcoloniale. Son ouvrage « The Location of Culture », publié en 1994 aux Etats-Unis, a été traduit en 15 langues. En France, cette traduction a été très tardive, en raison selon Marc ABELES d’une suspicion de la part des académiques français à l’égard de la théorie postcoloniale empruntant à leur yeux beaucoup au courant dit de la « French Theory ». Cependant, parler d’une théorie postcoloniale homogène semble être un abus de langage. Pour sa part, Homi K. BHABHA s’est intéressé au concept de culture, en s’opposant aux couples antagonistes centre/périphérie, identité/altérité, etc. L’analyse développée dans « The Location of Culture » mène de manière générale à envisager l’ambivalence des processus de colonisation. Ses concepts d’ambivalence, d’hybridité, de mimétisme ou encore de troisième espace mènent à éclairer de manière originale les processus contemporains d’échanges culturels.
  • Avant de débuter son intervention, Homi BHAHBHA indique qu’un des passages de son ouvrage lu par Marc ABELES lui a valu d’être nominé aux côtés de Judith BUTLER comme meilleur « mauvais écrivain » par une revue de philosophie et de littérature néo-zélandaise.
  • En préambule à son intervention, Homi K. BHABHA envisage le problème de la langue, de la traduction, et de la compréhension, en faisant référence à « Le monolinguisme de l’autre » de Jacques DERRIDA qui posait le problème en affirmant : « Je n’ai qu’une langue, et ce n’est pas la mienne ». La réflexion que présente aujourd’hui Homi BHABHA est née suite aux événements du 11 septembre en 2001. Un ensemble de questions relatives à la constitution de la mémoire suite à un traumatisme et à l’ « agentivité » -le terme est une traduction possible du concept anglo-saxon d’ « agency »- s’articulèrent alors de manière confuse chez lui. Son point de départ fut la lecture de deux ouvrages de Jean HATZFELD relatifs au génocide rwandais. Il fut profondément marqué par la poésie qui se dégageait de cet acte de « barbarie ». Il utilisa cet événement pour réfléchir aux questions soulevées plus tôt concernant le temps, l’agentivité, et la banalité du mal.
  • Afin de mieux faire comprendre sa réflexion, Homi K. BHABHA présente ici plus précisément sa question principale. La notion de temps est ici employée dans le sens d’événement, mais aussi dans celui de mémorisation et d’agentivité. Son hypothèse est que la brusquerie de l’événement rwandais peut être éclairée par la notion de voisinage. En effet, Homi K. BHABHA explique que les relations de voisinage entre Hutus et Tutsis étaient banales avant que ne se déroule le génocide. Le professeur rattache cette notion à diverses idées émises par Hannah ARENDT, Jaques RANCIERE ou encore Michel FOUCAULT. Ainsi, Homi BHABHA envisagera la notion de voisinage sous quatre aspects différents : celui de la loi, de la localité, de la lisibilité, et de la temporalité.
  • Le génocide du Rwanda a mené Homi K. BHABHA à s’interroger sur différents problèmes : la soudaine transformation de la banalité en mal, l’altérité, et la mémorisation présente d’un traumatisme. Le professeur part ainsi de témoignages de victimes et des génocidaires, avant d’envisager le génocide d’un point de vue historique. Cela le mène à affirmer que des jeux complexes de variations des catégories Hutus et Tutsis ont pris place au cours du temps. De manière générale, l’idée principale qu’émet BHABHA au cours de cet exposé est que c’est la profonde ambivalence au sein de la relation de voisinage qui permet à la fois de produire de la violence, mais aussi de la résoudre.
  • Extrait d'un séminaire de recherche filmé. Suite à cet exposé envisageant le voisinage et la cruauté ordinaire, Homi K. BHABHA souhaiter poser des pistes de réflexion d’ordre plus général sur les notions de communauté, de catastrophe, d’agentivité et d’altérité, d’historicité et d’affectivité. Il conclut en liant ces questions au recueil de poème intitulé « An Atlas of the difficult world » d’Adrienne RICH, ainsi qu’au roman « In a Free State » de V.S NAIPAUL.
Titre: Time, Agency, and the Banality of Evil
Sous-titre: Séance du séminaire « Politiques du sensible » 2008-2009
Auteur(s): BHABHA Homi K
Date de réalisation: 27/05/2009
Lieu de réalisation: Amphithéâtre François Furet Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) 105 boulevard Raspail 75006 Paris France
Genre: Cours d'enseignement supérieur filmé
Langue(s): English
Intervention du professeur de littérature Homi K. BHABHA au sein du séminaire « Politiques du sensible » organisé par Marc ABELES pendant l’année universitaire 2008-2009. Lors de celle-ci, il partira du génocide rwandais pour élaborer une réflexion sur la brusquerie de la cruauté ordinaire, phénomène complexe qu’il essaiera d’éclairer par la notion de « neighborliness » (ou « voisinage »).
Homi K. BHABHA est considéré comme l’une des figures majeures de la théorie postcoloniale. Professeur à l’université Harvard, sa pensée articule différents types de savoirs tels que les sciences humaines et sociales, la philosophie, la psychanalyse ou encore la littérature. Ses principales publications sont « Nation and Narration », publié en 1990, ainsi que « Location of Culture », daté de 1994 et traduit en France en 2007 sous le titre « Les lieux de la culture ». Son intervention prend place dans le cadre su séminaire de Marc ABELES intitulé « Politiques du sensible ». A partir du génocide rwandais, il élaborera une réflexion sur la brusquerie de la cruauté ordinaire, phénomène complexe qu’il envisagera sous l’angle de la notion de « neighborliness » (ou « voisinage »).
Sujet: Domaines et objets de recherche sur les cultures
Topique: Culture, normes et valeurs
Libellé: Génocide, ambivalence et voisinage
Mots-clés: ambivalence, violence, voisinage
Localisation spatiale du sujet: Afrique Centrale‎ ; Rwanda
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; 1994/1994 ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Hypothèse ; Interprétation ; Interrogation ; Proposition ; Suggestion
La notion de culture est un thème de recherche privilégié par Homi K. BHAHBHA. Il s'y est intéressé en s’opposant aux couples antagonistes centre/périphérie, identité/altérité, etc. Sa réflexion le mène de manière générale à envisager l’ambivalence des processus de colonisation.
Homi K. BHAHBHA s'interroge plus spécifiquement au cours de cette intervention sur la brusquerie de la cruauté ordinaire en partant du cas du génocide rwandais. L'idée principale qu'il développe est que c’est la profonde ambivalence au sein de la relation de voisinage qui permet à la fois de produire de la violence, mais aussi de la résoudre.
Sujet: Discipline/approche SHS
Topique: Etudes interculturelles
Libellé: Identité et migrations
Mots-clés: identité, migration
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; XXIe siècle ap. J.-C. ; XXe siècle ap. J.-C.
Le postcolonialisme est un courant de pensée dont les précurseurs sont Frantz FANON et Edward SAID. Se présentant essentiellement comme une théorie littéraire, ce mouvement se nourrit cependant de différents types de savoirs (sciences humaines et sociales, psychanalyse, philosophie) pour analyser les discours des phénomènes coloniaux, en mettant l'accent sur le thème de l'identité et des migrations. S'il s'agit d'un courant marqué par une profonde hétérogénéité, Homi K. BHABHA en est néanmoins un des représentants principaux.
Le postcolonialisme prend pour objet principal de recherche l'identité en les migrations, en s'interrogeant de manière générale sur les effets du colonialisme sur les sujets colonisés, ainsi que sur les migrations engendrées par ces mêmes phénomènes.
Sujet: Interactions entre cultures
Topique: Relations de "voisinage"
Mots-clés: relation; voisinage, violence, culture
Localisation spatiale du sujet: Afrique Centrale‎ ; Rwanda
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; 1994/1994 ; XXe siècle ap. J.-C.
Aspects rhétoriques et discursifs: Hypothèse ; Interprétation ; Interrogation ; Proposition ; Suggestion
Homi K. BHABHA part du cas du génocide rwandais et des relations entre Hutus et Tutsis pour s'interroger de manière plus globale sur le brusque surgissement de cruauté qui peut apparaitre dans les relations de "voisinage". Selon lui, ce concept permet de souligner l'ambivalence de ce processus: le voisinage permet l'irruption de la violence et en même temps de la résoudre.
Sujet: Etudes littéraires
Topique: Texte et discours littéraires
Aspects rhétoriques et discursifs: Discours littéraire ; Narration ; Nomination
La théorie postcoloniale est une théorie littéraire s'interrogeant sur les notions d'identité et de migration à partir des phénomènes de colonisation. Homi K. BHABHA, en tant que représentant de ce courant, mobilise au cours de cet exposé des références littéraires lui permettant de s'interroger sur la violence et le "voisinage" à partir du cas du génocide rwandais. Il cite ainsi par exemple la poètesse américaine Adrienne RICH et l'écrivain britannique V.S. NAIPAUL.
Nom: BHABHA
Prénom: Homi K.
Rôle: Invités de séminaires
Fonction: Professeur de litterature
Adresse: Columbia, ETATS-UNIS
Homi K. BHABHA est professeur de littérature, , Université de Harvard, Cambridge, Etats-Unis.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Intervention du professeur de littérature Homi K. BHABHA destiné à toute personne s’intéressant à la théorie postcoloniale, aux échanges culturels, et au génocide rwandais.
BHABHA Homi K. « Time, Agency, and the Banality of Evil », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°1974, 2009, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/1974/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2016
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© DE PABLO Elisabeth, responsable éditoriale, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2009 © WINKLER Lisette, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2009
Type: Droit d'auteur relatif à la traduction du document source
© FRINGANT, Matthias, ingénieur d’études, FMSH-ESCoM, Paris, France, 2016
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"
Titre: Analyse de la vidéo « Time, Agency, and the Banality of Evil »
Sous-titre: Séance du séminaire « Politiques du sensible » 2008-2009
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Time, Agency, and the Banality of Evil » (Portail ARC, 2016), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 5f651360-bb95-4728-9f05-3ec492931e0c
Id vidéo: 09633852-2d41-4572-84da-15cf879988f0
Analyse d’une intervention du professeur de littérature Homi K. BHABHA au sein du séminaire « Politiques du sensible » organisé par Marc ABELES pendant l’année universitaire 2008-2009.