Jacques Giraudon, ancien tourneur, monteur puis employé à l'expédition chez Unelec.

Chapitre

Titre: Les premiers mois chez Unelec
Durée: 00:08:24   [00:00:00 > 00:08:24]
L'usine Unelec s'ouvre à Vierzon en 1963 dans les ateliers Merlin. A l'époque, selon Jacques Giraudon, l'usine était spécialisée dans la fabrication des palans et des bobinages ("les circulateurs" destinés aux chauffages centraux). Jacques Giraudon y entre en 1967 après son CET d'ajusteur. Il raconte qu'à l'époque, "toutes les boîtes cherchaient du monde...". Il intègre l'atelier de charpente, dont il ignore alors les techniques. "On y montait les galets et puis quand c'était plus complexe, y avait des chaînes, une ligne d'arbres qui emmenait tout ça...c'était du boulot intéressant...". Il se souvient de la bonne ambiance qui régnait, les anciens formant les jeunes qui venaient d'arriver. En 1968, six mois plus tard, il part à Tours à la suite d'un déménagement familial. "Trouver du boulot en 1968, c'était compliqué ! J'ai trouvé un petit boulot de balayeur."
Titre: Changements de postes et conditions de travail
Durée: 00:09:55   [00:08:24 > 00:18:20]
De retour à Vierzon en 1969, Jacques Giraudon est immédialement réembauché chez Unelec à un poste double entre rectification et tournage pour la fabrication de petits moteurs. Il part ensuite pour le service militaire et à son retour en 1972, l'entreprise a repris une fabrication de palans "Midjet" issus originellement de la fabrication de l'usine Fenwick. Les ouvriers doivent donc se former sur les sites de l'usine avant de revenir chez Unelec. Jacques Giraudon profite de cette reprise de fabrication pour demander à travailler sur les gros tours. Il découvre alors les premières machines robotisées. Pendant un an et demi, il travaille à la fabrication de ces tambours monumentaux : trois jours sont nécessaires pour fabriquer chaque pièce et l'atelier ouvert en 1976, d'une "centaine de mètres de long", accueille des tours gigantestes. Il décrit les conditions de travail : malgré le bruit des machines, les ouvriers bavardaient entre eux. "C'est ce qu'on m'a reproché beaucoup...". Malgré les remontrances de ses chefs d'équipe, il se souvient d'une ambiance de travail agréable. L'abandon du chronométrage vers 1975 n'a pas changé le rythme de travail.
Sujet: Chaîne opératoire
Topique: opérations techniques
Titre: Rachats de l'usine, licenciements et changements de fabrications
Durée: 00:10:44   [00:18:20 > 00:29:05]
Jacques Giraudon évoque les différentes vagues de licenciements, en 1975-1976 puis en 1984-1985. Ces périodes ont engendré de nombreuses grèves dont la principale a duré sept semaines en 1976. L'ancien tourneur était syndiqué depuis le début de sa carrière : que ce soit pour les revendications salariales ou d'autres, il explique avoir été souvent le premier à sortir de l'usine. Il raconte qu'en 1973, à la suite des bloquages des salaires nationaux, l'usine a été une des premières à faire grève. Il explique comment les ouvriers se mettaient d'accord pour bloquer l'usine, et les conséquences que ces prises de positions ont eues pour leurs carrières.
Sujet: Conflits du travail
Topique: revendications et grèves
Sujet: Conflits du travail
Topique: vie syndicale
Titre: Accidents de travail
Durée: 00:10:27   [00:29:05 > 00:39:32]
Dans cet extrait, Jacques Giraudon raconte le quotidien d'un membre du CE chez Unelec. Pour l'ancien tourneur, même si la loi prévoyait ces heures de délégation, l'absence des membres du CE provoquait des agacements chez certains de ses collègues. Il se souvient ensuite des accidents de travail qu'il a connus, des plus graves aux plus anecdotiques, à une époque où les tours étaient des machines monumentales, et parfois dangereuses.
Sujet: Santé et risques professionnels
Topique: accident du travail
Sujet: Conflits du travail
Topique: vie syndicale
Titre: La fabrication chez Unelec
Durée: 00:08:12   [00:39:32 > 00:47:44]
Jacques Giraudon mobilise ses souvenirs de travail pour expliquer les différentes phases de la fabrication des pièces, au gré des rachats ou des collaborations d'Unelec. Ces changements de configuration impliquaient de nouvelles fabrications, de nouvelles techniques, de nouvelles machines et de nouveaux produits. Après avoir arrêté ses tâches de tournage, il a travaillé au montage et à l'ajustage, formé sur le tas par ses collègues. Il raconte s'être toujours adapté et avoir aimé accomplir des tâches différentes. Il raconte avoir intégré le service expédition à la fin de sa carrière.
Titre: Evaluations et récompenses
Durée: 00:07:38   [00:47:44 > 00:55:23]
L'ancien tourneur évoque son engagement sportif dans l'usine, en cyclisme. Il se souvient que l'avancement se faisait "à la tête du client" et que la remise des médailles, dont il ne tire aucune glore puisque leur attribution était automatique, était accompagnée d'un chèque plus utile. Selon lui, son engagement syndical a pu le conduire à faire l'objet d'évaluations fortuites, avec de piètres résultats ayant eu un impact sur sa mobilité au sein de l'usine.
Sujet: Evolutions professionnelles
Topique: reconnaissance professionnelle
Titre: Les directeurs et chefs d'atelier
Durée: 00:08:04   [00:55:23 > 01:03:28]
Dans cet extrait, Jacques Giraudon évoque ses relations avec ses supérieurs, et les conséquences de certains conflits sur sa carrière. Il se souvient surtout d'un des directeurs de CASE avec qui les sujets de discordes étaient quotidiens, en lien avec les changements de techniques managériales dans les années 1980. Ce "jeune" directeur a amené avec lui une nouvelle vision de l'entreprise qui n'était pas forcément bien perçue de la part des ouvriers. Jacques Giraudon présente son engagement syndical comme un motif de forte critique de la part de la direction.
Sujet: Relations patron / salariés
Topique: figure patronale
Sujet: Conflits du travail
Topique: vie syndicale
Titre: Vierzon et ses usines
Durée: 00:05:31   [01:03:28 > 01:09:00]
Monsieur Giraudon se souvient, non sans nostalgie, d'une époque où les usines étaient nombreuses à Vierzon et où les fêtes (carnaval, fête des Forges, Saint-Martin) et les bals irriguaient la vie sociale vierzonnaise.
Sujet: Loisirs
Topique: musique / danse
Titre: Grèves et solidarités
Durée: 00:06:33   [01:09:00 > 01:15:33]
Jacques Giraudon raconte les différents souvenirs qu'il garde des grèves et manifestations : les quêtes au drapeau, les grèves mémorables qui réunissaient parfois jusqu'à 5000 personnes dans la rue ou le jour où ses collègues se sont unis pour deux heures d'immobilisation pour exprimer leur désaccord face à une mise à pied qui lui avait été imposée. Il en profite pour revenir sur les solidarités entre ouvriers, sur l'ambiance de travail chaleureuse, la généralisation du tutoiement. Licenciement arrangement
Sujet: Solidarités
Topique: entraide dans la grève
Sujet: Conflits du travail
Topique: revendications et grèves
Titre: Les femmes chez Unelec
Durée: 00:07:59   [01:15:33 > 01:23:33]
Jacques Giraudon évoque la place des femmes chez Unelec, qui travaillaient presque exclusivement dans l'atelier de bobinage des petits moteurs dans lequel il a travaillé au début de sa carrière. Il évoque également le moment de son départ en retraite, à 57 ans, après 40 ans de travail, lorsque le nombre des salariés était tombé à 80, et qu'il travaillait au service expéditions.
Sujet: Relations entre services / ateliers
Topique: espaces de travail segmentés

10 chapitres.
  • L'usine Unelec s'ouvre à Vierzon en 1963 dans les ateliers Merlin. A l'époque, selon Jacques Giraudon, l'usine était spécialisée dans la fabrication des palans et des bobinages ("les circulateurs" destinés aux chauffages centraux). Jacques Giraudon y entre en 1967 après son CET d'ajusteur. Il raconte qu'à l'époque, "toutes les boîtes cherchaient du monde...". Il intègre l'atelier de charpente, dont il ignore alors les techniques. "On y montait les galets et puis quand c'était plus complexe, y avait des chaînes, une ligne d'arbres qui emmenait tout ça...c'était du boulot intéressant...". Il se souvient de la bonne ambiance qui régnait, les anciens formant les jeunes qui venaient d'arriver. En 1968, six mois plus tard, il part à Tours à la suite d'un déménagement familial. "Trouver du boulot en 1968, c'était compliqué ! J'ai trouvé un petit boulot de balayeur."
  • De retour à Vierzon en 1969, Jacques Giraudon est immédialement réembauché chez Unelec à un poste double entre rectification et tournage pour la fabrication de petits moteurs. Il part ensuite pour le service militaire et à son retour en 1972, l'entreprise a repris une fabrication de palans "Midjet" issus originellement de la fabrication de l'usine Fenwick. Les ouvriers doivent donc se former sur les sites de l'usine avant de revenir chez Unelec. Jacques Giraudon profite de cette reprise de fabrication pour demander à travailler sur les gros tours. Il découvre alors les premières machines robotisées. Pendant un an et demi, il travaille à la fabrication de ces tambours monumentaux : trois jours sont nécessaires pour fabriquer chaque pièce et l'atelier ouvert en 1976, d'une "centaine de mètres de long", accueille des tours gigantestes. Il décrit les conditions de travail : malgré le bruit des machines, les ouvriers bavardaient entre eux. "C'est ce qu'on m'a reproché beaucoup...". Malgré les remontrances de ses chefs d'équipe, il se souvient d'une ambiance de travail agréable. L'abandon du chronométrage vers 1975 n'a pas changé le rythme de travail.
  • Jacques Giraudon évoque les différentes vagues de licenciements, en 1975-1976 puis en 1984-1985. Ces périodes ont engendré de nombreuses grèves dont la principale a duré sept semaines en 1976. L'ancien tourneur était syndiqué depuis le début de sa carrière : que ce soit pour les revendications salariales ou d'autres, il explique avoir été souvent le premier à sortir de l'usine. Il raconte qu'en 1973, à la suite des bloquages des salaires nationaux, l'usine a été une des premières à faire grève. Il explique comment les ouvriers se mettaient d'accord pour bloquer l'usine, et les conséquences que ces prises de positions ont eues pour leurs carrières.
  • Dans cet extrait, Jacques Giraudon raconte le quotidien d'un membre du CE chez Unelec. Pour l'ancien tourneur, même si la loi prévoyait ces heures de délégation, l'absence des membres du CE provoquait des agacements chez certains de ses collègues. Il se souvient ensuite des accidents de travail qu'il a connus, des plus graves aux plus anecdotiques, à une époque où les tours étaient des machines monumentales, et parfois dangereuses.
  • Jacques Giraudon mobilise ses souvenirs de travail pour expliquer les différentes phases de la fabrication des pièces, au gré des rachats ou des collaborations d'Unelec. Ces changements de configuration impliquaient de nouvelles fabrications, de nouvelles techniques, de nouvelles machines et de nouveaux produits. Après avoir arrêté ses tâches de tournage, il a travaillé au montage et à l'ajustage, formé sur le tas par ses collègues. Il raconte s'être toujours adapté et avoir aimé accomplir des tâches différentes. Il raconte avoir intégré le service expédition à la fin de sa carrière.
  • L'ancien tourneur évoque son engagement sportif dans l'usine, en cyclisme. Il se souvient que l'avancement se faisait "à la tête du client" et que la remise des médailles, dont il ne tire aucune glore puisque leur attribution était automatique, était accompagnée d'un chèque plus utile. Selon lui, son engagement syndical a pu le conduire à faire l'objet d'évaluations fortuites, avec de piètres résultats ayant eu un impact sur sa mobilité au sein de l'usine.
  • Dans cet extrait, Jacques Giraudon évoque ses relations avec ses supérieurs, et les conséquences de certains conflits sur sa carrière. Il se souvient surtout d'un des directeurs de CASE avec qui les sujets de discordes étaient quotidiens, en lien avec les changements de techniques managériales dans les années 1980. Ce "jeune" directeur a amené avec lui une nouvelle vision de l'entreprise qui n'était pas forcément bien perçue de la part des ouvriers. Jacques Giraudon présente son engagement syndical comme un motif de forte critique de la part de la direction.
  • Monsieur Giraudon se souvient, non sans nostalgie, d'une époque où les usines étaient nombreuses à Vierzon et où les fêtes (carnaval, fête des Forges, Saint-Martin) et les bals irriguaient la vie sociale vierzonnaise.
  • Jacques Giraudon raconte les différents souvenirs qu'il garde des grèves et manifestations : les quêtes au drapeau, les grèves mémorables qui réunissaient parfois jusqu'à 5000 personnes dans la rue ou le jour où ses collègues se sont unis pour deux heures d'immobilisation pour exprimer leur désaccord face à une mise à pied qui lui avait été imposée. Il en profite pour revenir sur les solidarités entre ouvriers, sur l'ambiance de travail chaleureuse, la généralisation du tutoiement. Licenciement arrangement
  • Jacques Giraudon évoque la place des femmes chez Unelec, qui travaillaient presque exclusivement dans l'atelier de bobinage des petits moteurs dans lequel il a travaillé au début de sa carrière. Il évoque également le moment de son départ en retraite, à 57 ans, après 40 ans de travail, lorsque le nombre des salariés était tombé à 80, et qu'il travaillait au service expéditions.
Titre: Jacques Giraudon, ancien tourneur, monteur puis employé à l'expédition chez Unelec
Date de réalisation: 01/10/2016
Lieu de réalisation: Vierzon
Genre: Entretien filmé
Dans cet entretien filmé, Jacques Giraudon retrace sa carrière dans l'industrie mécanique, sur son engagement syndical et sur les solidarités qui existaient entre ouvriers. L'essentiel des souvenirs de l'ancien tourneur sont les souvenirs humains. Il aborde néanmoins les sujets des machines et des savoir-faire techniques.
Sujet: Secteurs industriels
Topique: Industrie mécanique
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler la paternité de(s) ayant-droit(s) du contenu du média: © GUIRAUDON Jacques, Vierzon, France, 2017. Vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/.
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
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Titre: Analyse de l'entretien filmé de Jacques Giraudon, ancien tourneur, monteur puis employé à l'expédition chez Unelec
Langue(s): Français
Type: Analyses thématiques
Id analyse: 5fb86a73-d125-4311-a4d7-b2500a7d73e9
Id vidéo: 0dd33138-d928-4632-9f78-1efbbebd3e52