L’Amérique linguistique et les recherches sur l’ergativité. QUEIXALOS, Francesc

Chapitre

Titre: Parcours scientifique
Durée: 00:13:30   [00:00:00 > 00:13:30]
Genre: Entretien filmé
Francesc Queixalos revient sur son parcours intellectuel. Il a commencé par étudier l’ethnologie à l'Université de Nanterre, où il lui a été proposé de faire son mémoire de maîtrise sur la langue sikuani, de la famille guahibo, et parlée dans la région de l’Orénoque, Amérique du Sud. Par la suite, il s’est rendu sur le terrain où il a appris la linguistique par la pratique. De son étude du sikuani, il a produit entre autre une grammaire, un dictionnaire, et un recueil de textes. Ensuite, grâce à l'Institut de Recherche pour le Développement - IRD -, il a commencé à étudier une seconde langue amérindienne, le katukina, famille des langues pano-tacananes, parlée entre Manaus au Brésil, et la frontière avec le Pérou et la Colombie. Après cela, il a intègré le CNRS, à Paris, tout en continuant un partenariat avec l'IRD. En Guyane française, il a découvert la langue émerillon, de la famille tupi-guarani. Aujourd'hui, il dirige un laboratoire et coordonne un programme sur l'ergativité au CNRS.
Titre: Le CELIA
Durée: 00:05:01   [00:13:30 > 00:18:31]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le CELIA est le Centre d'Etude des Langues Indigène d'Amérique, mis en place par Bernard Pottier au début des années 1970. Le centre a pour vocation de documenter et de contribuer à la réflexion sur les langues indigènes du continent Américain. Aujourd'hui, les chercheurs du CELIA travaillent sur la description des langues, et sur la réflexion théorique, principalement la grammaire.
Titre: La carte de l’Amérique
Durée: 00:04:33   [00:18:31 > 00:23:04]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Francesc Queixalos dessine le schéma d'une carte du continent Américain. Ce territoire est linguistiquement intéressant pour sa diversité et son isolement du reste du monde. Les premiers hommes seraient arrivés à pied par la Sibérie directement en Alaska, au nord du continent. D'autres hommes arrivant derrière eux, les premiers hommes n'ont eu d'autre choix que de s'enfoncer dans les terres jusqu'à atteindre la pointe Sud du Chili, on estime que cela aurait pris un millénaire. Par la suite, le réchauffement climatique a rendu impossible un retour en arrière, ou l'arrivée de nouvelles populations, jusqu'à la venue des colons.
Titre: Diversité linguistique
Durée: 00:08:08   [00:23:04 > 00:31:12]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Avec le temps, les langues amérindiennes ont développé des particularités qu’on ne trouve pas, ou rarement, ailleurs. Mais la diversité dans la structure des langues à des conditions qui fixent ses limites, comme l'esprit humain, le cerveau, le but de la communication, etc. Dans les années 1960, on estimait que les langues présentant le nom désignant l'objet avant celui désignant le sujet, ne pouvaient pas exister. Mais des langues de ce genre ont été découvertes en Amérique du sud. On estime qu'environ 1000 langues existeraient en Amérique du sud, ces dernières appartenant à 150 familles différentes. Comparativement, le continent Africain ne compte qu’une vingtaine de familles pour 2000 langues.
Titre: L’hypothèse de Greenberg et les familles de langues amérindiennes
Durée: 00:09:21   [00:31:12 > 00:40:33]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Greenberg a avancé l'hypothèse, qu'en dehors de l’eskimo et d'une autre famille, toutes les langues d'Amérique feraient partie d'une même famille. La théorie a un certain écho, mais le doute subsiste. Il est possible qu'il y ait eu trois vagues d'immigration en Amérique, toutes arrivées par le détroit de Béring. La premières correspondrait aux langues amérindiennes, la deuxième aux langues na-dene, et la troisième serait à l'origine des familles eskimo-aléoute. Mais tous les archéologues, linguistes et généticiens ne sont pas d'accord. Si les cultures de langues amérindienne étaient arrivées ensemble, entre quarante et cinquante mille ans auraient été nécessaire pour développer la diversité linguistique que l'on connait. En revanche s'ils étaient arrivés séparément, vingt mille ans auraient suffi. Or, les faits archéologiques balance entre ces deux possibilités. D'un côté les généticiens estiment que les premiers indiens seraient arrivés sur le continent américain il y a dix-huit mille ans, résultat qui penche en faveur de la théorie des vagues successives d'immigration. Mais d'un autre côté, des archéologues auraient retrouvés des traces de présence humaine datant d'au moins quarante mille ans, ce qui témoignerait en faveur de la première hypothèse, d'une seule vague.
Titre: Distribution des groupes linguistiques
Durée: 00:10:22   [00:40:33 > 00:50:55]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les principales familles de langues du continent américain se répartissent de la sorte (carte schématique): 1/ Continent nord-américain - Au nord : eskimo et na-dene. - Au milieu : algique. - Au centre : sioux. - Au sud-est : mouzkogi - Du milieu au Mexique : uto-azthèque. - De la Californie au Mexique : hoka. On trouve également d’autres familles plus petites, ainsi qu’une douzaine de langues isolées. 2/ Méso-Amérique - Langues maya. 3/ Amérique du sud - Du sud de la Colombie au nord de l’Argentine : quechua. - (Avant les conquêtes coloniales) du nord de l’argentine à la Floride : arawak. - Du nord de l’argentine à la Guyane français, incluant les affluents de l’Orénoque et la côte brésilienne : tupi-guarani. - Du centre du Brésil à la Guyane française : caribe. On trouve également d’autres familles de langues plus petites, ainsi qu’une vingtaine de langues isolées.
Titre: Les langues amérindiennes et leurs locuteurs
Durée: 00:05:54   [00:50:55 > 00:56:49]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Toutes les langues amérindiennes sont en dangers, même les langues les plus parlées, comme le quechua, ont vu leur nombre de locuteurs chuté depuis un siècle, or la plupart de ces langues n’ont pas, ou peu, étés étudiées.
Titre: Recherches en grammaire
Durée: 00:06:35   [00:56:49 > 01:03:24]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Au début de l’étude de la grammaire de ces langues, on ne cherchait pas à comprendre son implication dans la langue. Entre les phrases du type sujet-verbe-objet, et celle du type sujet-objet-verbe, on ne distinguait pas la fonction syntaxique (sujet-objet), et les rôles sémantiques (agent-patient). Aujourd’hui on s’aperçoit qu’on est obligé de disjoindre radicalement des niveaux d’organisation linguistique, les constituants de la phrase sont hiérarchisés selon des phénomènes identifiables.
Titre: La variation typologique
Durée: 00:09:07   [01:03:24 > 01:12:31]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les phrases construites avec des verbes du type de « donner », comprennent trois participants : le donneur, l’objet donné, et le recevant. On observe qu’en règle générale les langues organisent ces phrases de sorte à ce que le donneur soit le sujet, la chose donnée l’objet, et le recevant une sorte d’objet moins central. Mais dans certaines langues, la hiérarchie linguistique est inversée, le destinataire étant le plus proche du verbe. On a donc inventé une nouvelle terminologie pour différencier ces deux phrases : le complément d’objet primaire et le complément d’objet secondaire. Mais les mécanismes qui hiérarchisent les composants des phrases sont les mêmes, la différence est la relation entre le niveau du rôle sémantique et la morphosyntaxe. Pour rendre compte de cette différence, on parle de transformation dative, dans laquelle le COD serait promu plus centralement. Dans ces langues, la pensée serait organisée comme dans les langues que nous connaissons, mais une transformation dative obligatoire serait faite au moment de l’élocution. Cette théorie reste cependant controversée.
Titre: Les langues ergatives
Durée: 00:12:39   [01:12:31 > 01:25:10]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Dans les langues de construction transitive, comme le français, l’agent est placé plus haut que le patient, mais dans les langues ergatives, le patient serait placé en haut et l’agent en bas. Francesc Queixalos illustre cette différence au tableau, à l’aide de la phrase « Serpent-attrape-chien ». Les langues apportent plus ou moins d’attention à l’ordre des mots, afin de différencier les acteurs, elles utilisent donc des marqueurs sous forme de suffixes ou de préfixes. Pour les phrases construites autour de verbes intransitifs et qui n’ont qu’un seul acteur, comme « dormir », il peut ne pas y avoir de marqueur. Mais la majorité des langues tendent à uniformiser la chose, et ajoutent donc un marqueur. Or, ce dernier peut-être celui de l’agent ou du patient. Il y a une différence morphologique entre les langues actives et les langues ergatives. Les langues qui alignent l’agent sur le sujet de l’intransitif sont syntaxiquement accusatives, tandis que les langues qui alignent le patient du transitif comme le patient de l’intransitif, sont syntaxiquement ergative. La majorité des langues dites ergatives ont une morphologie ergative mais une syntaxe accusative. Les langues doublement ergatives sont très rares dans le monde.
Titre: Le critère syntaxique
Durée: 00:05:11   [01:25:10 > 01:30:21]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Les critères de la linguistique chomskyenne servaient à identifier le sujet et l’objet, donc les constituants. Francesc Queixalos, donne l’exemple de la langue katukina, au tableau.
Titre: L’évolution de la construction ergative
Durée: 00:16:24   [01:30:21 > 01:46:45]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Très peu de langues dans le monde sont ergatives, et cette construction semble fragile, puisque l’organisation de la grammaire est instable. Elle tend donc à s’affaiblir, voir à disparaître. En effet, on remarque une dérive diachronique vers une réorganisation de type accusatif. Francesc Queixalos évoque l’hypothèse que l’instabilité diachronique de l’ergativité soit la raison pour laquelle il existe plus de langues accusatives. Il est possible que les langues ergatives aient d’abord été de type accusatives, le déclencheur du changement pourrait être l’accumulation de pressions sur un système stable. Dans cette théorie, le basculement d’un système accusatif vers un système ergatif serait très rapide, puis suivi d’un long chemin de retour vers l’accusatif.
Titre: Le type de langue « tout intransitif »
Durée: 00:07:14   [01:46:45 > 01:53:55]
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Francesc Queixalos évoque ici des hypothèse et thèmes de réflexion. Peut-être y-aurait-il une autre origine aux langues tout intransitives. Il fait une parenthèse pour relater l’étude de la linguiste américaine, Goldin-Meadow, sur le développement du langage des signes chez les enfants sourds. Il est possible que certaines langues passent par une phase « tout intransitive », dans ce cas, une sous-classe de verbes serait apte à rendre compte d’un participant qui serait l’agent, il aurait une place périphérique, signalé par un marqueur oblique.

13 chapitres.
  • Entretien filmé. Francesc Queixalos revient sur son parcours intellectuel. Il a commencé par étudier l’ethnologie à l'Université de Nanterre, où il lui a été proposé de faire son mémoire de maîtrise sur la langue sikuani, de la famille guahibo, et parlée dans la région de l’Orénoque, Amérique du Sud. Par la suite, il s’est rendu sur le terrain où il a appris la linguistique par la pratique. De son étude du sikuani, il a produit entre autre une grammaire, un dictionnaire, et un recueil de textes. Ensuite, grâce à l'Institut de Recherche pour le Développement - IRD -, il a commencé à étudier une seconde langue amérindienne, le katukina, famille des langues pano-tacananes, parlée entre Manaus au Brésil, et la frontière avec le Pérou et la Colombie. Après cela, il a intègré le CNRS, à Paris, tout en continuant un partenariat avec l'IRD. En Guyane française, il a découvert la langue émerillon, de la famille tupi-guarani. Aujourd'hui, il dirige un laboratoire et coordonne un programme sur l'ergativité au CNRS.
  • Entretien filmé. Le CELIA est le Centre d'Etude des Langues Indigène d'Amérique, mis en place par Bernard Pottier au début des années 1970. Le centre a pour vocation de documenter et de contribuer à la réflexion sur les langues indigènes du continent Américain. Aujourd'hui, les chercheurs du CELIA travaillent sur la description des langues, et sur la réflexion théorique, principalement la grammaire.
  • Entretien filmé. Francesc Queixalos dessine le schéma d'une carte du continent Américain. Ce territoire est linguistiquement intéressant pour sa diversité et son isolement du reste du monde. Les premiers hommes seraient arrivés à pied par la Sibérie directement en Alaska, au nord du continent. D'autres hommes arrivant derrière eux, les premiers hommes n'ont eu d'autre choix que de s'enfoncer dans les terres jusqu'à atteindre la pointe Sud du Chili, on estime que cela aurait pris un millénaire. Par la suite, le réchauffement climatique a rendu impossible un retour en arrière, ou l'arrivée de nouvelles populations, jusqu'à la venue des colons.
  • Entretien filmé. Avec le temps, les langues amérindiennes ont développé des particularités qu’on ne trouve pas, ou rarement, ailleurs. Mais la diversité dans la structure des langues à des conditions qui fixent ses limites, comme l'esprit humain, le cerveau, le but de la communication, etc. Dans les années 1960, on estimait que les langues présentant le nom désignant l'objet avant celui désignant le sujet, ne pouvaient pas exister. Mais des langues de ce genre ont été découvertes en Amérique du sud. On estime qu'environ 1000 langues existeraient en Amérique du sud, ces dernières appartenant à 150 familles différentes. Comparativement, le continent Africain ne compte qu’une vingtaine de familles pour 2000 langues.
  • Entretien filmé. Greenberg a avancé l'hypothèse, qu'en dehors de l’eskimo et d'une autre famille, toutes les langues d'Amérique feraient partie d'une même famille. La théorie a un certain écho, mais le doute subsiste. Il est possible qu'il y ait eu trois vagues d'immigration en Amérique, toutes arrivées par le détroit de Béring. La premières correspondrait aux langues amérindiennes, la deuxième aux langues na-dene, et la troisième serait à l'origine des familles eskimo-aléoute. Mais tous les archéologues, linguistes et généticiens ne sont pas d'accord. Si les cultures de langues amérindienne étaient arrivées ensemble, entre quarante et cinquante mille ans auraient été nécessaire pour développer la diversité linguistique que l'on connait. En revanche s'ils étaient arrivés séparément, vingt mille ans auraient suffi. Or, les faits archéologiques balance entre ces deux possibilités. D'un côté les généticiens estiment que les premiers indiens seraient arrivés sur le continent américain il y a dix-huit mille ans, résultat qui penche en faveur de la théorie des vagues successives d'immigration. Mais d'un autre côté, des archéologues auraient retrouvés des traces de présence humaine datant d'au moins quarante mille ans, ce qui témoignerait en faveur de la première hypothèse, d'une seule vague.
  • Entretien filmé. Les principales familles de langues du continent américain se répartissent de la sorte (carte schématique): 1/ Continent nord-américain - Au nord : eskimo et na-dene. - Au milieu : algique. - Au centre : sioux. - Au sud-est : mouzkogi - Du milieu au Mexique : uto-azthèque. - De la Californie au Mexique : hoka. On trouve également d’autres familles plus petites, ainsi qu’une douzaine de langues isolées. 2/ Méso-Amérique - Langues maya. 3/ Amérique du sud - Du sud de la Colombie au nord de l’Argentine : quechua. - (Avant les conquêtes coloniales) du nord de l’argentine à la Floride : arawak. - Du nord de l’argentine à la Guyane français, incluant les affluents de l’Orénoque et la côte brésilienne : tupi-guarani. - Du centre du Brésil à la Guyane française : caribe. On trouve également d’autres familles de langues plus petites, ainsi qu’une vingtaine de langues isolées.
  • Entretien filmé. Au début de l’étude de la grammaire de ces langues, on ne cherchait pas à comprendre son implication dans la langue. Entre les phrases du type sujet-verbe-objet, et celle du type sujet-objet-verbe, on ne distinguait pas la fonction syntaxique (sujet-objet), et les rôles sémantiques (agent-patient). Aujourd’hui on s’aperçoit qu’on est obligé de disjoindre radicalement des niveaux d’organisation linguistique, les constituants de la phrase sont hiérarchisés selon des phénomènes identifiables.
  • Entretien filmé. Les phrases construites avec des verbes du type de « donner », comprennent trois participants : le donneur, l’objet donné, et le recevant. On observe qu’en règle générale les langues organisent ces phrases de sorte à ce que le donneur soit le sujet, la chose donnée l’objet, et le recevant une sorte d’objet moins central. Mais dans certaines langues, la hiérarchie linguistique est inversée, le destinataire étant le plus proche du verbe. On a donc inventé une nouvelle terminologie pour différencier ces deux phrases : le complément d’objet primaire et le complément d’objet secondaire. Mais les mécanismes qui hiérarchisent les composants des phrases sont les mêmes, la différence est la relation entre le niveau du rôle sémantique et la morphosyntaxe. Pour rendre compte de cette différence, on parle de transformation dative, dans laquelle le COD serait promu plus centralement. Dans ces langues, la pensée serait organisée comme dans les langues que nous connaissons, mais une transformation dative obligatoire serait faite au moment de l’élocution. Cette théorie reste cependant controversée.
  • Entretien filmé. Dans les langues de construction transitive, comme le français, l’agent est placé plus haut que le patient, mais dans les langues ergatives, le patient serait placé en haut et l’agent en bas. Francesc Queixalos illustre cette différence au tableau, à l’aide de la phrase « Serpent-attrape-chien ». Les langues apportent plus ou moins d’attention à l’ordre des mots, afin de différencier les acteurs, elles utilisent donc des marqueurs sous forme de suffixes ou de préfixes. Pour les phrases construites autour de verbes intransitifs et qui n’ont qu’un seul acteur, comme « dormir », il peut ne pas y avoir de marqueur. Mais la majorité des langues tendent à uniformiser la chose, et ajoutent donc un marqueur. Or, ce dernier peut-être celui de l’agent ou du patient. Il y a une différence morphologique entre les langues actives et les langues ergatives. Les langues qui alignent l’agent sur le sujet de l’intransitif sont syntaxiquement accusatives, tandis que les langues qui alignent le patient du transitif comme le patient de l’intransitif, sont syntaxiquement ergative. La majorité des langues dites ergatives ont une morphologie ergative mais une syntaxe accusative. Les langues doublement ergatives sont très rares dans le monde.
  • Entretien filmé. Les critères de la linguistique chomskyenne servaient à identifier le sujet et l’objet, donc les constituants. Francesc Queixalos, donne l’exemple de la langue katukina, au tableau.
  • Entretien filmé. Très peu de langues dans le monde sont ergatives, et cette construction semble fragile, puisque l’organisation de la grammaire est instable. Elle tend donc à s’affaiblir, voir à disparaître. En effet, on remarque une dérive diachronique vers une réorganisation de type accusatif. Francesc Queixalos évoque l’hypothèse que l’instabilité diachronique de l’ergativité soit la raison pour laquelle il existe plus de langues accusatives. Il est possible que les langues ergatives aient d’abord été de type accusatives, le déclencheur du changement pourrait être l’accumulation de pressions sur un système stable. Dans cette théorie, le basculement d’un système accusatif vers un système ergatif serait très rapide, puis suivi d’un long chemin de retour vers l’accusatif.
  • Entretien filmé. Francesc Queixalos évoque ici des hypothèse et thèmes de réflexion. Peut-être y-aurait-il une autre origine aux langues tout intransitives. Il fait une parenthèse pour relater l’étude de la linguiste américaine, Goldin-Meadow, sur le développement du langage des signes chez les enfants sourds. Il est possible que certaines langues passent par une phase « tout intransitive », dans ce cas, une sous-classe de verbes serait apte à rendre compte d’un participant qui serait l’agent, il aurait une place périphérique, signalé par un marqueur oblique.
Titre: L’Amérique linguistique et les recherches sur l’ergativité
Auteur(s): QUEIXALOS, Francesc
Durée: 01:53:55
Date de réalisation: 16/05/2006
Lieu de réalisation: Villejuif, France
Francesc Queixalos, chercheur au CNRS et directeur du CELIA (Centre d’Etudes des Langues Indigènes), nous présente dans cet entretien, les langues et familles de langues indigènes d’Amérique, leur situation géographique et leurs fonctionnements grammaticaux. Il expose plus particulièrement ses recherches sur le fonctionnement des langues ergatives.
Sujet: Les familles, groupes, ... des langues du monde
Topique: Famille des langues amérindiennes (Famille Amérinde)
Mots-clés: langue amérindienne ; famille de langue ; continent américain ;
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
Les langues amérindiennes sont les langues indigènes d’Amérique. Les branches de cette famille ne sont pas toutes apparentées, et on recense plusieurs isolats. Les différentes branches, au nombre de 150, ainsi que le millier de langues qui en découlent, en font la famille de langue la plus riche.
Sujet: Linguistique et langues
Topique: Langues et cultures des Ameriques
Domaine: Linguistique
Mots-clés: langue ; linguisitique ; ergativité ; grammaire ; variation typologique ; critère syntaxique ; langue accusative ;
Aspects rhétoriques et discursifs: Entretien ; Exposé spécialisé
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Présentation de recherches en linguistique et sur les familles de langues.
Type: Enseignement supérieur
Public cible: Pour spécialistes
Présentation de la situation linguistique du continent Américain.
QUEIXALOS, Francesc. " L’Amérique linguistique et les recherches sur l’ergativité ", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°776, 2006, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/776/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias - Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme), Paris, France
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© DEBAISIEUX, Anaïs, ESCoM-FMSH, Paris, France
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© QUEIXALOS, Francesc, Directeur de recherche, CNRS, Paris, 2006 © MAESTRE, Alice, ESCoM-FMSH, Paris, 2006
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page "
Titre: Analyse générale d’un entretien avec Francesc QUEIXALOS
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRISA, Oriane. " Analyse générale d’un entretien avec Francesc QUEIXALOS " (Portail ARC, 2014) : http://www.arc.msh-paris.fr/
Id analyse: 6dfc6be5-6908-4721-99bf-5132daff6674
Id vidéo: 9e2ee513-f80c-4051-be4d-959a75876068
Description d’un entretien avec Francesc Queixalos, sur les langues d’Amérique, et les recherches sur l’ergativité.