Rencontre avec Frieda EKOTTO, professeur, Université du Michigan. EKOTTO Frieda

Chapitre

Titre: Travaux et intérêts
Durée: 00:06:19   [00:00:00 > 00:06:19]
Langue(s): Français
Frieda EKOTTO introduit son parcours, ses activités et ses centres d'intérêt.
Professeur dans le Michigan depuis 1995, Frieda EKOTTO a d’abord étudié la philosophie à l’Université du Colorado puis la philosophie continentale à Harvard. Mais ça ne l’intéressait pas, elle est donc allée à l’Université du Minnesota pour étudier la littérature comparée et la philosophie avec de nombreux philosophes français, bénéficiant donc d’une formation européenne et américaine. C’est à ce moment qu’elle commence à s’intéresser à Jean GENET et à travailler sur l’homosexualité subsaharienne. Elle est aussi professeur et directrice du Departement of Afroamerican Studies de l’Université du Michigan. Tous les professeurs de ce département viennent de différents départements et arrivent à travailler ensemble sur le sujet de « blackness » au sens large : du continent, de la diaspora et des « dérivés ». Frieda EKOTTO pense que lorsqu’ on fait de la philosophie on travaille sur d’autres champs en même temps, comme elle-même avec la littérature comparée. La philosophie permet de lire d’autres disciplines. Au début de sa carrière elle avait d’ailleurs essayé de travailler sur la psychanalyse ou le droit. Actuellement elle travaille sur les femmes et le cinéma.
Sujet: Sujet
Topique: Philosophie
Mots-clés: Blackness
Libellé: Blackness
Autre formulation du sujet: Négritude
Mots-clés: Nlackness, Négritude
Type de discours consacré au sujet: Présentation de soi
Frieda EKOTTO présente son parcours, ses travaux et ses intérêts.
Frieda EKOTTO s'intéresse au sujet de la "blackness" de manière générale.
La "blackness" peut être traduite en français par "négritude", terme utilisé par les intellectuels africains Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE ou Léon DAMAS.
Titre: Thématique de la souffrance
Durée: 00:02:11   [00:06:19 > 00:08:30]
Frieda EKOTTO a trouvé le thème de la souffrance dans le travail de Jean GENET qui a lui-même extrêmement souffert. Elle parle de souffrance en parlant de l’humanité. Cela revient souvent dans son travail car elle voudrait dire combien l’humanité la dépasse. L’être humain n’arrive pas à vivre avec une souffrance trop lourde. Elle dit être sensible à la souffrance de par son histoire coloniale. Quand on est l’autre, dit-elle, on souffre énormément.
Sujet: Sujet
Topique: Souffrance
Mots-clés: Souffrance, Histoire coloniale
Type de discours consacré au sujet: Explication
Frieda EKOTTO explique ici les raisons qui l'ont amenée à étudier le thème de la souffrance.
Frieda EKOTTO dit étudier la souffrance car elle est inhérente à chaque être humain et l'humanité la dépasse.
Titre: Jean GENET et le sujet regardant
Durée: 00:06:34   [00:08:30 > 00:15:05]
Frieda EKOTTO raconte comment et pourquoi elle en est venue à étudier et écrire sur Jean GENET et ses travaux.
Lorsqu’elle étudiait l’espagnol au Mexique, Frieda EKOTTO a été très frappée par une pièce de Jean GENET, « Les nègres ». C’était alors la seule noire dans la salle. Elle a compris qu’il fallait qu’elle relise l’œuvre. Jean GENET lui permit de relire sa position dans le monde, comme un sujet qui pose la question « qu’est-ce que je vois ? » après avoir été tant regardé (en tant que colonisé). Elle a une relation personnelle avec cet auteur car il l’a bouleversée. Après son année au Mexique, elle lut toutes ses œuvres et écrivit sa thèse sur lui malgré les découragements. C’est un auteur difficile et beaucoup de grands auteurs avaient déjà écrit sur lui comme Georges BATAILLE, Michel FOUCAULT, Jean Paul SARTRE, Hélène CIXSOU ou Jacques DERRIDA. Ses professeurs lui dirent qu’elle ne pourrait rien dire de plus que ces auteurs mais elle y croit. Elle obtint une bouse pour étudier Jean GENET en France. Elle se demandait ce qu’elle pouvait dire de plus mais elle y est arrivée : dans sa thèse elle parle du sujet de la loi pour Jean GENET qui a compris comment analyser le droit lorsqu’il était en prison. Il y a toujours des traces juridiques dans ses travaux. Elle écrit donc sur les textes juridiques dans les textes de Jean GENET. Invitée à un évènement, Jacques DERRIDA était le seul présent à connaître Jean GENET. Il s’est levé et lui dit « Jean GENET vous aurait aimé en tant qu’enfant ». Son premier travail fut ensuite publié dans une collection aux côtés d’Hélène CIXSOU et Jacques DERRIDA. Elle pense qu’elle avait bien raison à l’époque de dire que son nom figurerait à côté de ces auteurs.
Sujet: Sujet
Topique: Genet, Jean
Mots-clés: Jean GENET, Négritude
Type de discours consacré au sujet: Narration ; Présentation de soi
Frieda EKOTTO raconte ici son histoire et son rapport à Jean GENET, revenant sur ses expériences et ses rencontres passées.
C'est l'oeuvre de Jean GENET qui a permis à Frieda EKOTTO de relire sa position dans le monde. Elle a été très inspirée par ses travaux et c'est l'un de ses pères théoriques.
Titre: Mise en crise de la pensée
Durée: 00:02:36   [00:15:05 > 00:17:41]
Selon Frieda EKOTTO il faut toujours mettre en crise la pensée. La pensée nous permet de toujours nous remettre en question. On a toujours possibilité de reprendre la pensée autrement. On répète tous la même pensée mais avec des différences. Pour elle, heureusement que nous sommes toujours en crise sinon on ne pourrait rien créer de nouveau. Elle dit d’ailleurs à ses étudiants de reprendre les idées différemment. Aujourd’hui nous sommes perdus dans un tas d’informations mais en prenant le temps de voir un peu d’information on peut tous la disséminer différemment.
Titre: Histoire intellectuelle entre la Chine et l'Afrique
Durée: 00:07:07   [00:17:41 > 00:24:49]
Frieda EKOTTO partage ici ses réflexions quant à l'échange intellectuel et culturel qui se fait entre la Chine et l'Afrique.
Frieda EKOTTO est souvent allée en Chine où elle a notamment été invitée par les universités de Beijing et du Sichuan. Elle trouve intéressant que les chinois soient en Afrique depuis des dizaines d’années. Elle pense que quand on a une présence chinoise importante en Afrique, pourquoi ne parlerait on pas de la culture qui est pour elle une porte d’entrée vers l’économie. Elle s’est donc intéressée aux personnes qui ont écrit sur la culture chinoise en Afrique. Elle s’intéresse à la question de la culture car elle pense qu’il y a un champ important pour les deux peuples. Quand elle intervient en Chine, les étudiants sont très curieux face à sa présence et elle leur explique son cheminement. Elle pense qu’à l’avenir il y aura beaucoup d’études là-dessus, au-delà de l’économie il y a l’art et la culture. Il existe de nouveaux paradigmes de la rencontre. La Chine s’est toujours intéressée à l’Afrique, outre l’économie. Elle prend l’exemple de l’étude des musiques africaines en Chine. Il y a en Chine beaucoup d’Africains qui essaient d’apprendre l’opéra chinois. D’après elle, le travail qui va se faire est de savoir qui fait ce travail (d’étudier l’autre culture), qui le fait, comment est-il fait, de quel système de pensée on part pour faire ce travail.
Sujet: Sujet
Topique: Chinafrique
Libellé: Echanges culturels entre la Chine et l'Afrique
Mots-clés: Chinafrique, Echanges culturels
Localisation spatiale du sujet: Chine (République populaire)
Le sujet concerne l'Afrique et la Chine.
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Interrogation
Frieda EKOTTO s'interroge sur l'avenir des études des échanges culturels et intellectuels entre la Chine et l'Afrique.
Frieda EKOTTO discute de la dynamique intellectuelle et culturelle entre l'Afrique et la Chine.
Frieda EKOTTO s'intéresse à savoir qui va travailler sur les changes culturels entre la Chine et l'Afrique, comment vont-ils travailler, quels systèmes de pensée vont-ils utiliser.
Titre: De la relecture vers la pensée originale
Durée: 00:05:51   [00:24:49 > 00:30:40]
Dans ce segment Frieda EKOTTO revient sur la nécessité selon elle de devoir mélanger les pensées et les paradigmes afin d'en produire d'originaux, prenant exemple sur les intellectuels africains.
A la question : doit-on passer par des paradigmes occidentaux pour présenter la culture africaine à un public chinois, comment échapper aux stéréotypes, Frieda EKOTTO répond qu’il est impossible de se limiter à un paradigme spécial, c’est un mélange. Aimé CESAIRE disait qu’on doit prendre ce qu’on a et faire avec. James BALDWIN a dit "as long as blackness is sealed in blackness and whiteness is sealed in whiteness, we will not be able to move, we have to untangle it” (ndlr: traduction non officielle “Tant que la blackness/”négritude” sera scellée dans la blackness et la blancheté/blanchitude sera scellée dans la blancheté, nous ne serons pas capable d’avancer, nous devons démêler cela”). Il faut prendre ce que les uns et les autres nous apportent et le mélanger pour sortir quelque chose de nouveau. Elle a souvent été attaquée par des intellectuels africains qui disent qu’elle fait ses études à partir de lectures d’occidentaux. Pour elle la relecture de la bibliothèque coloniale pose la question de comment peut-elle les relire ? Il ne s’agit pas seulement de prendre la pensée africaine qui pour elle est aussi un mélange de pensée occidentale puisqu’ils font tous leurs études en occident. Elle connait peu de penseurs du continent africain qui lui permettent de ressortir une pensée originale. C’est toujours un mélange. Ne serait-ce que parler une langue étrangère est reprendre son idéologie. Elle a longuement parlé à Aimé CESAIRE pour recevoir la bénédiction pour pouvoir dire que Jean GENET peut être un penseur de la négritude. Elle pense que les auteurs des années 20 à 50 avaient besoin de s’affirmer, de se poser comme sujet car ils ont longtemps été regardés comme des objets. Pour pouvoir faire ce retour il faut faire des détours : voir comment les occidentaux nous ont pensé pour pouvoir relire cette pensée et se poser comme des penseurs autonomes.
Sujet: Théories et notions scientifiques en SHS
Topique: Mélange des paradigmes
Mots-clés: Paradigmes, Blackness
Discipline, domaine: Littérature comparée
Discipline, domaine: Philosophie
Type de discours consacré au sujet: Exemplification ; Explication
Frieda EKOTTO explique pourquoi selon elle l'étude de blackness ne peut se faire sans la relecture des pensées.
Frieda EKOTTO pense que les mélange des paradigmes est essentiel à l'étude de blackness car toute pensée est la relecture d'une pensée déjà établie.
Frieda EKOTTO est professeur de littérature comparée et de philosophie.
Sujet: Sujet
Topique: Relecture de la pensée
Discipline, domaine: Littérature comparée
Discipline, domaine: Philosophie
Type de discours consacré au sujet: Explication
Frieda EKOTTO explique les raisons pour lesquelles elle pense qu'il est impossible de ne pas mélanger les paradigmes de pensée.
Frieda EKOTTO pense que pour créer de nouvelles pensées philosophiques, il est important de reprendre des pensées, relire ce qui a été fait pour produire quelque chose de nouveau.
Frieda EKOTTO étudie la philosophie de manière générale et interdisciplinaire, étudiant aussi la littérature comparée.
Titre: Homosexualité en Afrique
Durée: 00:11:51   [00:30:40 > 00:42:32]
Dans ce segment Frieda EKOTTO discute de ses travaux sur l'homosexualité, surtout l'homosexualité féminine en Afrique subsaharienne. Elle revient sur les enjeux et les difficultés de l'étude de l'homosexualité dans cette région.
Dans son premier roman « Chuchote pas trop », Frieda EKOTTO imagine une femme qui veut parler à sa fille mais dont la culture ne lui permet pas. C’est une histoire de femmes qui se donnent de l’amour car elles sont rejetées par la culture patriarcale. Elle voulait montrer qu’il y avait d’autres possibilités pour la femme dans la culture africaine. Elle a commencé à réfléchir à comment parler de la sexualité de la femme africaine subsaharienne. Elle voulait parler de sa sexualité à elle dans une culture où il est difficile de parler au « je ». Donc pour parler d’elle elle a dû passer par la fiction. Dans la recherche qu’elle a faite à Marseille elle s’est rendu compte qu’elle ne pouvait plus utiliser le mot « sexualité » en parlant à des femmes d’origine antillaise, africaine, afro-cubaines qu’elle a rencontré. Elle a pensé à utiliser la sensualité de la femme africaine. Quand on parle de la sexualité comme objet on est dans la lecture de la femme africaine comme objet sexuel, ou comme objet tout simplement. Le titre de travail de son prochain livre est « Vibrancy of silence. Women loving women in subsaharian Africa ». Dans ce livre il y a plusieurs chapitres dont un sur le « silence sonore ». Tout le monde sait que l’homosexualité existe mais on fait comme si ça n’existait pas, on n’en parle pas. Comment dit-on ces non-dits ? Comment comprend-on cette sexualité ? Frieda EKOTTO dit aussi qu’il existe quelque chose autour de l’enjeu du terme homosexualité qui trouble le débat. Le mot homophobie fait peur donc les africains disent que c’est les occidentaux qui ont apporté l’homosexualité en Afrique. Le mot fait peur car c’est l’amour entre deux personnes de même sexe. Les gens ne comprennent pas car il existe encore ce modèle lié à la religion, or selon elle, à partir du moment où il y a des humains il y aura différents types de sexualité. Quand on parle d’homosexualité en Afrique on parle surtout de l’homosexualité masculine. Dans ce contexte africain, Frieda EKOTTO est l’une des premières à avoir écrit sur l’homosexualité féminine. On parle toujours de l’homme car il est toujours au centre de l’attention. Les gens ont peur de l’homosexualité car ils ont peur de l’incapacité à se reproduire. A travers ses lectures elle s’est aperçue que l’homosexualité féminine ne dérange pas, elle n’est pas importante car les femmes reproduisent quand même. Elle a aussi écrit un chapitre sur la commodité de la femme. En Afrique, à partir du moment où dans une famille la femme reproduit et aide économiquement la famille, il n’y a pas de problème. Alors qu’avec l’homme ça devient tout de suite un problème politique. La femme lesbienne trouble donc ce champ.
Sujet: Sujet
Topique: Anthropologie sociale
Mots-clés: Homosexualité, Afrique
Libellé: Homosexualité en Afrique
Mots-clés: Homosexualité en Afrique, Sexualité des femmes africaines
Type de discours consacré au sujet: Exemplification ; Explication
Frieda EKOTTO explique son travail sur l'homosexualité et donne des exemples grâce à ses expériences de terrain.
Le travail de Frieda EKOTTO s'inscrit dans une logique d'anthropologie sociale, s'intéressant à l'homosexualité chez les femmes en Afrique sub-saharienne.
Frieda EKOTTO est spécialiste de l'homosexualité en Afrique, particulièrement chez les femmes. Elle a écrit un roman à ce propos "Chuchote pas trop", et travaille sur un prochain livre "Vibrancy of silence. Women loving women in subsaharian Africa".
Titre: Epistémologies négligées
Durée: 00:03:22   [00:42:32 > 00:45:54]
Dans les études post coloniales ils se sont rendu compte qu’on a négligé plusieurs épistémologies comme le champ de la sexualité et de l’homosexualité féminine. Il y a une nouvelle subjectivité grâce à la traduction. On a la possibilité de repenser ces épistémologies négligées. Pourquoi n’écouterait on pas la voix de la femme, ce qu’elle faisait dans son champ. Les nouvelles subjectivités c’est donner la parole, une subjectivité pour permettre d’ouvrir ce champ, de permettre la multiplicité des voix. Utiliser le « je » comme un sujet.
Sujet: Sujet
Topique: Espitémologies négligées
Mots-clés: Sexualité, Homosexualité féminine
Libellé: Sexualité et homosexualité féminine
Mots-clés: Sexualité, Homosexualité féminine, Voix de la femme
Localisation spatiale du sujet:
Le terrain de Frieda EKOTTO est l'Afrique subsaharienne dans son ensemble.
Localisation temporelle du sujet: Postcolonialisme ; Epoque post coloniale ; Epoque postcoloniale
L'intérêt de Frieda EKOTTO porte sur les épistémologies négligées de l'époque post coloniale.
Type de discours consacré au sujet: Explication
Frieda EKOTTO définit les épistémologies qu'elle dit être négligées et en quoi il est nécessaire de leurdonner une voix.
Frieda EKOTTO pense que les études post coloniales ont négligé plusieurs épistémologies comme la sexualité et l'homosexualité féminine.
Frieda EKOTTO s'intéresse aux épistémologies négligées dans les études post coloniales, notamment la voix de la femme dans les champs de la sexualité et de l'homosexualité.
Titre: Nouvelles formes d'écriture
Durée: 00:04:19   [00:45:54 > 00:50:14]
Frieda EKOTTO donne ici son regard sur ces nouvelles formes d’écritures comme l’art et le cinéma. Il y a de nouvelles formes de penser l’être humain. Ca l’intéresse car elle reprend ça dans l’art, l’écriture et le cinéma. Les africains, particulièrement les femmes, commencent à représenter le cinéma de manière poétique, philosophique et plus le carcan post colonial. Elle réfléchit à ce qu’on peut faire maintenant qu’elles ont des voix. L’art essaye de le faire selon elle. Pour Frieda EKOTTO la question est comment on se représente dans le monde. Elle trouve qu’aujourd’hui on a les moyens de le faire n’importe quand et de la façon que l’on souhaite.
Titre: Globalisation vue de l'Afrique
Durée: 00:04:41   [00:50:14 > 00:54:55]
Dans le continent africain quand on parle de la globalisation on parle aussi de l’économie. Mais Frieda EKOTTO est intéressée par l’humain. Pendant longtemps les films qu’elle voyait montraient les horreurs de milliers de personnes qui prenaient un bateau pour aller en Europe, faisant référence à l’économie et à la survie. Elle a trouvé un livre « Lettres d’immigrés » (ndlr : référence manquante) qu’elle a trouvé douloureuses. Elle a parlé de l’africain qui se donnait à l’esclavage car il voulait pouvoir circuler dans le monde. Dans un monde global pourquoi une personne ne peut pas se dire qu’elle peut aller en Europe ? Quant à la migration des idées c’est pouvoir penser globalement. Les africains ont toujours pensé globalement de par leur histoire. Les langues parlées sont des langues importées qui projettent une idéologie.
Sujet: Sujet
Topique: La globalisation vue de l'Afrique
Mots-clés: Globalisation en Afrique, Humain et globalisation
Libellé: Emigrés africains
Mots-clés: Emigration, Migration africaine, Globalisation et émigration
Localisation spatiale du sujet:
Frieda EKOTTO parle ici du cas des africains migrant vers l'Europe.
Type de discours consacré au sujet: Explication ; Interrogation
Frieda EKOTTO s'interroge ici sur la globalisation vue d'Afrique, la question des émigrés africains et la migration des idées.
Frieda EKOTTO s'intéresse à la globalisation vue de l'Afrique et d'un point de vue humain, pas économique.
Plus particulièrement, Frieda EKOTTO s'intéresse au cas des émigrés africains migrants vers l'Europe, qui la touche profondémment.
Titre: Traduire les Afriques
Durée: 00:06:26   [00:54:55 > 01:01:22]
Frieda EKOTTO explique ici la difficulté de traduire les Afriques et les raisons pour lesquelles elle s'est lancée dans ce projet.
Le continent africain a plusieurs visages et Frieda EKOTTO dit qu’il est difficile encore de montrer l’Afrique dans sa pluralité. Il faut retraduire tout ce qui a été écrit, retraduire les langues africaines. Il ne suffit pas de traduire du français à l’anglais, mais traduire des langues africaines. Les africains font donc un double travail. Elle fait ici référence au film « Sisters In Law » où des femmes font un effort de traduction vers les langues locales pour permettre aux femmes d’avoir une voix juridiquement. Traduire l’Afrique, les représentations du continent et reposer la question : existe-t-il l’Afrique ? Géographiquement il y a le continent africain mais comment lire ce continent ? Comment lire les Afriques ? C’est là où le travail est complexe. Par exemple, quelle langue va-t-on traduire car il y en a plus de 800 et plus de 5-6 langues occidentales. Ce qu’elle souhaite c’est traduire les expériences dans leur diversité.
Titre: Un regard spécifiquement africain?
Durée: 00:04:19   [01:01:22 > 01:05:42]
A la question « Y-a-t-il quelque chose de spécifiquement africain, dans l’art, la littérature ? » Frieda EKOTTO pose la question « est-ce que le mot phobie ou sexualité est africain ? ». Non car on parle de l’être humain. Ce qui est différent est le regard que l’on pose sur l’objet. On regarde toujours avec un regard qui nous appartient. Dans son travail elle pense avec son regard multiple. C’est tout cela qui fait qu’on lit quelque chose. C’est aussi ça la globalisation selon elle. Quand elle lit un auteur japonais, comment le comprend-elle ? C’est pour ça que les africains souffrent. Car quand on dit « c’est africain » de quel africain on parle ? On parle d’où ?
Titre: Rôle à l'université et ambitions
Durée: 00:10:28   [01:05:42 > 01:16:10]
Frieda EKOTTO discute ici de son rapport avec ses étudiants, son rôle de professeur mais aussi son nouveau rôle de directrice du département d'études Afro-américaines et Africaines de l'université du Michigan et des nouveaux axes qu'elle veut ouvrir au sein de ce département.
Frieda EKOTTO encourage ses étudiants à visiter le continent africain. Ils la comprendront différemment s’ils visitent le continent et leur regard changera lui aussi. Elle fait référence à une étudiante qui étudie comment sont traduits les films cubains en français, ce qui se perd ou s’ajoute dans la voix off tandis qu’un autre fait des études comparatives sur les homosexualités en Afrique. Elle parle aussi d’une étudiante travaillant sur la littérature, les musées, comment une personne circule dans l’espace. Un autre reprend le travail de Jean GENET, elle ne le décourage pas et lui dit de trouver un GENET qui n’a pas encore été lu. A propos de son poste de directrice du département d’études afro-américaines à l’université du Michigan, elle confie que c’est la première femme noire africaine sera directrice du département, remplaçant une noire américaine. Elle pense que c’est important de prendre cette position. Notamment car il-y-a beaucoup de problèmes dans la génération de la diaspora éclatée face à ce sujet. Les jeunes se demandent où sont passés les professeurs noirs, pourquoi ce sont toujours les mêmes professeurs blancs. Ils veulent comprendre le cheminement qui explique leur non présence. C’est aussi important pour voir les différentes sensibilités de chacun. Quant à savoir si elle avait de nouveaux axes et projets pour son département, Frieda EKOTTO explique qu’ils ont déjà des programmes d’échange avec des pays africains. Faire partie de la diaspora veut dire qu’elle garde un contact avec le continent. Elle veut plus des échanges, des programmes ouverts à toute l’Afrique qu’ils soient francophones, anglophones ou lusophones, tous les chercheurs. Elle voudrait qu’il y ait une fluidité des échanges entre le continent et la diaspora.
Sujet: Sujet
Topique: Cours d'enseignement supérieur (sans spécification de niveau)
Mots-clés: Etudes afro-américaines, Etudes africaines
Discipline, domaine: Littérature comparée
Type de discours consacré au sujet: Explication
Frieda EKOTTO explique ici quel est son enseignement ainsi que son rôle de directrice de département et les projets qu'elle veut mener.
Frieda EKOTTO est professeur de littérature comparée et d'études afro-américaines africaines à l'université du Michigan.
Frieda EKOTTO est avant tout professeur de littérature comparée, qu'elle lie aussi à la philosophie.

13 chapitres.
  • Frieda EKOTTO a trouvé le thème de la souffrance dans le travail de Jean GENET qui a lui-même extrêmement souffert. Elle parle de souffrance en parlant de l’humanité. Cela revient souvent dans son travail car elle voudrait dire combien l’humanité la dépasse. L’être humain n’arrive pas à vivre avec une souffrance trop lourde. Elle dit être sensible à la souffrance de par son histoire coloniale. Quand on est l’autre, dit-elle, on souffre énormément.
  • Selon Frieda EKOTTO il faut toujours mettre en crise la pensée. La pensée nous permet de toujours nous remettre en question. On a toujours possibilité de reprendre la pensée autrement. On répète tous la même pensée mais avec des différences. Pour elle, heureusement que nous sommes toujours en crise sinon on ne pourrait rien créer de nouveau. Elle dit d’ailleurs à ses étudiants de reprendre les idées différemment. Aujourd’hui nous sommes perdus dans un tas d’informations mais en prenant le temps de voir un peu d’information on peut tous la disséminer différemment.
  • Dans ce segment Frieda EKOTTO discute de ses travaux sur l'homosexualité, surtout l'homosexualité féminine en Afrique subsaharienne. Elle revient sur les enjeux et les difficultés de l'étude de l'homosexualité dans cette région.
  • Dans les études post coloniales ils se sont rendu compte qu’on a négligé plusieurs épistémologies comme le champ de la sexualité et de l’homosexualité féminine. Il y a une nouvelle subjectivité grâce à la traduction. On a la possibilité de repenser ces épistémologies négligées. Pourquoi n’écouterait on pas la voix de la femme, ce qu’elle faisait dans son champ. Les nouvelles subjectivités c’est donner la parole, une subjectivité pour permettre d’ouvrir ce champ, de permettre la multiplicité des voix. Utiliser le « je » comme un sujet.
  • Frieda EKOTTO donne ici son regard sur ces nouvelles formes d’écritures comme l’art et le cinéma. Il y a de nouvelles formes de penser l’être humain. Ca l’intéresse car elle reprend ça dans l’art, l’écriture et le cinéma. Les africains, particulièrement les femmes, commencent à représenter le cinéma de manière poétique, philosophique et plus le carcan post colonial. Elle réfléchit à ce qu’on peut faire maintenant qu’elles ont des voix. L’art essaye de le faire selon elle. Pour Frieda EKOTTO la question est comment on se représente dans le monde. Elle trouve qu’aujourd’hui on a les moyens de le faire n’importe quand et de la façon que l’on souhaite.
  • Dans le continent africain quand on parle de la globalisation on parle aussi de l’économie. Mais Frieda EKOTTO est intéressée par l’humain. Pendant longtemps les films qu’elle voyait montraient les horreurs de milliers de personnes qui prenaient un bateau pour aller en Europe, faisant référence à l’économie et à la survie. Elle a trouvé un livre « Lettres d’immigrés » (ndlr : référence manquante) qu’elle a trouvé douloureuses. Elle a parlé de l’africain qui se donnait à l’esclavage car il voulait pouvoir circuler dans le monde. Dans un monde global pourquoi une personne ne peut pas se dire qu’elle peut aller en Europe ? Quant à la migration des idées c’est pouvoir penser globalement. Les africains ont toujours pensé globalement de par leur histoire. Les langues parlées sont des langues importées qui projettent une idéologie.
  • A la question « Y-a-t-il quelque chose de spécifiquement africain, dans l’art, la littérature ? » Frieda EKOTTO pose la question « est-ce que le mot phobie ou sexualité est africain ? ». Non car on parle de l’être humain. Ce qui est différent est le regard que l’on pose sur l’objet. On regarde toujours avec un regard qui nous appartient. Dans son travail elle pense avec son regard multiple. C’est tout cela qui fait qu’on lit quelque chose. C’est aussi ça la globalisation selon elle. Quand elle lit un auteur japonais, comment le comprend-elle ? C’est pour ça que les africains souffrent. Car quand on dit « c’est africain » de quel africain on parle ? On parle d’où ?
Titre: Rencontre avec Frieda EKOTTO, professeur, Université du Michigan
Sous-titre: Programme Directeurs d’Etude Associés - FMSH
Auteur(s): EKOTTO Frieda
Durée: 01:16:10
Date de réalisation: 07/10/2014
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Professeur de littérature comparée et d’études afro-américaines et africaines à l’Université du Michigan, Frieda EKOTTO discute ici de son parcours scientifique et les thématiques principales auxquelles elle s’intéresse, à savoir la notion de souffrance, le sujet regardant africain ainsi que l’homosexualité féminine dans l’Afrique subsaharienne.
Dans un premier temps, Frieda EKOTTO présente son parcours scientifique, ses études en philosophie et en littérature comparée. Elle fait notamment référence à Jean GENET, auteur qui l’a particulièrement marquée, notamment autour du thème de la souffrance et sur lequel elle a beaucoup travaillé. Tout en travaillant sur Jean GENET, Frieda EKOTTO s’est posé la question de la relecture et de la création, que peut-on apporter de plus à une pensée déjà posée et étudié ? Elle explique donc par la suite quel est son point de vue quant à cette question. Selon Frieda EKOTTO, il est nécessaire, si ce n’est inévitable, de remettre en crise la pensée car c’est ce qui nous permet de nous remettre en question, remettre en question la pensée des autres pour pouvoir proposer quelque chose d’original. C’est une question que Frieda EKOTTO reprendra tout au long de cet entretien, illustrant son propos et prouvant la nécessité de cette relecture, cette réinterprétation dans l’objectif de produire quelque chose de nouveau. Frieda EKOTTO revient ensuite sur l’histoire intellectuelle et les échanges culturels entre la Chine et l’Afrique. Ayant beaucoup intervenu en Chine, l’auteur nous dit qu’elle est très intéressée par l’avenir des études qui se feront entre ces deux régions. Elle pense qu’au-delà des intérêts économiques, il y a des enjeux très importants d’un point de vue culturel et artistique. L’auteur revient ensuite plus précisément sur cette question de relecture et de pensée originale en prenant le cas d’un point de vue africain. En effet, comment présenter une pensée africaine quand elle-même s’est basée sur des pensées non-africaines ? Elle pense donc nécessaire la relecture de la bibliothèque coloniale pour pouvoir repenser ces idées d’un point de vue de sujet regardant et non plus regardé. Frieda EKOTTO s’arrête ensuite sur son sujet actuel qu’est l’homosexualité en Afrique et particulièrement l’homosexualité féminine. Elle nous explique les raisons de cette segmentation précise, c’est-à-dire des raisons personnelles mais aussi une volonté de donner une voix à des femmes qui troublent le débat de l’homosexualité en Afrique. Elle explique donc quel est ce contexte difficile et quels sont les enjeux de ce débat relativement récent dont elle est l’une des précurseurs. Suite à cela, Frieda EKOTTO explique que les études africaines post coloniales en général ont négligé des épistémologies comme le champ de la sexualité et de l’homosexualité féminine. En utilisant la traduction des voix de femmes africaines, une nouvelle subjectivité est disponible. Cette subjectivité permet la multiplicité des voix et la possibilité d’utiliser « je » comme un sujet à part entière. Que faire avec ces voix est justement ? C’est la question que Frieda EKOTTO se pose. Elle explique qu’elle s’intéresse alors aux nouvelles écritures qui apparaissent en Afrique subsaharienne comme l’art et le cinéma. Les femmes donnant alors un nouveau souffle à ces écritures, plus poétiques et philosophiques que ce qui a été fait auparavant. Frieda EKOTTO s’arrête ensuite sur le thème de la globalisation à laquelle elle s’intéresse mais d’un point de vue humain et non économique. Cette question la touche profondément, surtout sur le sujet des émigrés qui souhaitent aller en Europe. L’auteur présente aussi son projet de traduire les Afriques, c’est-à-dire de montrer l’Afrique dans sa pluralité du continent en traduisant les quelques 800 langues africaines et les langues occidentales parlées sur le continent. Son souhait est de pouvoir traduire les expériences dans leur diversité et donner des voix qui ont été ignorées jusqu’à présent. C’est pourquoi à la question « existe-t-il un regard spécifiquement africain ? » elle répond que non puisque l’on parle de l’humain. Tout le monde a son propre repart et c’est de cette façon qu’elle travaille aussi. Elle explique que c’est la raison pour laquelle les africains souffrent lorsqu’on dit « c’est africain », de quelle Afrique parle-t-on ? Enfin, Frieda EKOTTO revient sur son rôle de professeur et de directrice du département Etudes Afro-américaines et Africaines de l’Université du Michigan et des nouveaux axes qu’elle souhaite ouvrir en tant que première femme africaine à ce poste.
Sujet: Sujet
Topique: Anthropologie culturelle
Domaine: Anthropologie de la perception
Domaine: Anthropologie sociale
Mots-clés: Homosexualité en Afrique subsaharienne
Libellé: Homosexualité féminine en Afrique subsaharienne
Mots-clés: Homosexualité féminine, Afrique subsaharienne
Localisation spatiale du sujet:
Le terrain d'étude de Frieda EKOTTO se site en Afrique subsaharienne.
Type de discours consacré au sujet: Exemplification ; Explication ; Exposé scientifique
Frieda EKOTTO présente le sujet de l'homosexualité féminine.
Frieda EKOTTO s'intéresse actuellement au sujet de la sexualité et l'homosexualité féminine en Afrique subsaharienne.
Frieda EKOTTO s'intéresse actuellement au sujet de la sexualité et l'homosexualité féminine en Afrique subsaharienne.
Nom: EKOTTO
Prénom: Frieda
Rôle: Professeur
Appartenance: Université du Michigan, USA
Fonction: Professeur en études afroaméricaines et africaines et littérature comparée
Adresse: Etats-Unis
Frieda EKOTTO est professeur en études afroaméricaines et africaines et littérature comparée à l'Université du Michigan, Etats-Unis, et directrice du département d'études afroaméricaines et africaines.
Nom: GALITZINE-LOUMPET
Prénom: Alexandra
Rôle: Anthropologues
Appartenance: FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris, France
Adresse: Paris, France
Alexandra GALITZINE-LOUMPET est anthropologue. Elle étudie de la culture matérielle et des patrimonialisations, les représentations de l’altérité (épistémologiques, muséographiques), et depuis quelques années les objets de/en exil et notamment la culture matérielle des exilés.
Type: Workshop filmé
Auteur: Archives Audiovisuelles de la Recherche
Url: http://www.archivesaudiovisuelles.fr/2284/home.asp
Cette journée d’étude se propose de revenir sur la production des savoirs sur l’homosexualité et l’homophobie en Afrique, mais aussi de remplir des vides autour du corpus grandissant de la connaissance des sexualités africaines.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour spécialistes
Recherche sur les études africaines et/ou le sujet de l'homosexualité en Afrique subsaharienne.
EKOTTO Frieda. "Rencontre avec Frieda EKOTTO, professeur, Université du Michigan", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°2313, 2014, [en ligne] ; URL (Evènement): http://http://www.archivesaudiovisuelles.fr/2313
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2013
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© GALITZINE Dimitri, FMSH-ESCoM, France, 2014 © DE PABLO Elisabeth, FMSH-ESCoM, France, 2014
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© EKOTTO Frieda, Université du Michigan, Etats-Unis, 2014 © GALITZINE-LOUMPET Alexandra, FMSH, France, 2014
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page "
Titre: Analyse générale de la vidéo "Rencontre avec Frieda EKOTTO, professeur, Université du Michigan"
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: MAREGLIA, Laura. Analyse générale de la vidéo "Rencontre avec Frieda EKOTTO, professeur, Université du Michigan". (Portail AGORA, 2015), http://www.agora.msh-paris.fr
Id analyse: 7defac65-ed96-4ff8-90db-a5ce882b2c2e
Id vidéo: 0a54b6fb-cf14-4737-99df-e0cf204ea58f
Analyse générale de la vidéo sur l'entretien avec Frieda EKOTTO sur son parcours et ses thématiques de recherche.