Mémoires andines du « Sentier lumineux » : produire l’histoire locale de la violence politique au Pérou. Valérie ROBIN AZEVEDO
Titre: Mémoires andines du « Sentier lumineux » : produire l’histoire locale de la violence politique au Pérou
Sous-titre: Les grands traumatismes : Partition, Apartheid, Génocides, Guerres
Auteur(s): Valérie ROBIN AZEVEDO
Durée: 00:20:36
Date de réalisation: 30/11/2007
Lieu de réalisation: Musée du quai Branly 37 Quai Branly 75007 Paris
Genre: Colloque filmé
Langue(s): Français
Dans la reconstruction de la mémoire locale du conflit des années ’80 contre le Sentier lumineux, une version manichéenne de l’histoire émerge, entre « bonnes et mauvaises » victimes. Ici la construction de la « bonne victime », celle du « Sentier lumineux » (les villageois qui sont les perdants de cette guerre) occulte, et donc disculpe, l’armée dite « régulière » et les villageois miliciens qui ont, eux aussi, commis des exactions très graves pendant cette période.
2001 : création de la Commission « vérité/réconciliation » au moment de la transition qui suit la fuite de Fujimori. Objectif : poursuites judiciaires et réparations aux victimes. 20 000 témoignages. On organise même des « concours mémoriel s » pour susciter un travail de mémoire : des mises en scène de l’historiographie des évènements à l’échelle locale. En 2004, dans ce cadre, est organisé un concours de danse qui va représenter le massacre du « sentier lumineux » perpétré 20 ans auparavant. Les paysans pacifiques y sont assassinés en plein carnaval. Une chanson accompagne cette mise en scène du massacre et la complète : face à cette menace su Sentier ont été crées les milices villageoises qui ont permis d’éliminer les membres du Sentier. Ici, les victimes, grâce à la reconstruction de la mémoire, deviennent des « héros ». La mémoire est constitutive d’une vérité fragmentée et exclusive. Car il existe aussi des « mémoires interdites » au sujet des militaires qui ont également commis des exactions sur les populations autochtones, les miliciens, ou avec leur complicité. La mise en scène villageoise permet aux miliciens de se « couler » dans la « bonne mémoire » et d’éviter ainsi des poursuites judiciaires lourdes pour les attaques au droits de l’homme dont ils sont accusées. Des enjeux économiques sont aussi à l’œuvre puisque des réparations substantielles seront versées à ceux qui sont reconnus comme les « bonnes victimes ».
Sujet: Sujet
Topique: Mémoire collective fragmentée
Localisation spatiale du sujet: Pérou
Localisation temporelle du sujet: XXIe siècle ap. J.-C. ; Années '80 à aujourd'hui ; VIIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Exposé théorique
Nom: RACINE
Prénom: Jean-Luc
Rôle: Organisateurs
Fonction: Directeur de recherche
Adresse: École des Hautes Études en Sciences Sociales 190-198 avenue de France - 75 244 Paris cedex 13
Directeur de recherche au CNRS, Jean-Luc Racine est aussi directeur du programme international d’études avancées (www.piea-ipas.msh-paris.fr) conduit par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme en coopération avec l'Université Columbia. A la même Fondation, il a dirigé de 1992 à 2001 le programme franco-indien de coopération en sciences sociales. De 2004 à 2008 il a mis sur pied et dirigé la cellule de valorisation du réseau des instituts français de recherche à l'étranger (www.ifre.fr). Depuis 2008, il est l’un des trois membres du comité de pilotage scientifique de l’Institut d’Etudes Avancées de Paris (www.paris-iea.fr).
Nom: ROBIN AZEVEDO
Prénom: Valérie
Rôle: Conférenciers
Appartenance: Université Toulouse II - Le Mirail, France
Fonction: Maître de Conférences
Adresse: Toulouse, France
Anthropologue spécialiste du Pérou, Valérie ROBIN mène, depuis 1995, des enquêtes ethnographiques dans des communautés paysannes quechuaphones des départements andins de Cuzco et Ayacucho. Docteur en ethnologie de l’Université de Paris X-Nanterre (2002), elle est également diplômée des Langues O’ de Paris (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) où elle a étudié la civilisation andine et la langue quechua. Depuis septembre 2004, Valérie Robin est Maître de conférences en anthropologie au département de sciences sociales, à l’Université de Toulouse II Le Mirail, et responsable de la licence d’ethnologie. Elle assure le séminaire "Ethnologie de l’Amérique Latine" du Master 1 – Anthropologie sociale et historique de l’UTM / EHESS. Elle enseigne également dans le Master 2 – "Espaces, Sociétés, Cultures en Amérique Latine" de l’Institut pluridisciplinaire d’études sur l’Amérique Latine de Toulouse (IPEALT). Depuis 2003, elle enseigne aux Langues’O de Paris, en Licence de Quechua (responsable du cours de 1ère année "Introduction à l’anthropologie andine"). Elle a co-organisé avec Carmen Salazar, du 1er au 6 août 2005, le symposium ethnicité et globalisation au sein du 4ème Colloque National Péruvien d’Anthropologie à Lima. Membre du Comité de Rédaction de L'Ordinaire Latino-Américain, revue éditée par l’IPEALT et l’Université de Toulouse Le Mirail. Rédactrice en chef de la Revue sur l’Amérique Latine :Regards des Amériques Présidente de l’Association culturelle sur l’Amérique Latine RETAMA.
Type: Niveau Doctorat
Public cible: Vidéos pour un public de plus de 18 ans
Type: Niveau Master
Public cible: Vidéos pour un public de plus de 18 ans
Valérie ROBIN AZEVEDO . «Mémoires andines du « Sentier lumineux » : produire l’histoire locale de la violence politique au Pérou» , in " Présences du passé. Mémoires et sociétés du monde contemporain", Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n° 1168, 2007, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=1168&ress=3626&video=95316&format=68#15251
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Le réalisateur de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) est ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FCMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , Vendredi 30 novembre 2007 au Samedi 1er décembre 2007 - Musée du quai Branly, Paris.
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"
Lien: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"
Titre: Analyse de la conférence «Mémoires andines du « Sentier lumineux » : produire l’histoire locale de la violence politique au Pérou» dans le colloque "Présences du passé. Mémoires et sociétés du monde contemporain"
Sous-titre: Les grands traumatismes : Partition, Apartheid, Génocides, Guerres
Langue(s): Français
Type: Analyses de base de l'objet média
Comment citer: SYLVESTRE, Isabelle. Analyse du colloque « Présences du passé. Mémoires et sociétés du monde contemporain ». Analyse de la vidéo source non découpée «Mémoires andines du « Sentier lumineux » : produire l’histoire locale de la violence politique au Pérou», 2011, Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°1168, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=1168&ress=3626&video=95316&format=68#15251
Id analyse: 881b45ad-7084-4d5f-b71c-5481cde77516
Id vidéo: e8e24f2e-a3b0-4502-ab0d-4dfc8b404ae6
Dans cette conférence Valérie ROBIN AZEVEDO soulève la problématique de la reconstruction « manichéenne » de la mémoire, séparant ainsi - et donc dédouanant - une partie de la population (les « bonnes » victimes), d’une autre partie de la population (les « mauvaises victimes »), celle qui aurait commis les exactions. Ainsi, lors de la commission pour la vérité et la réconciliation au Pérou, les miliciens, alliés à l’armée lors de la « guerre » contre les maoïstes du Sentier lumineux, auraient commis des exactions qui ne sont pas reconnues, car les miliciens sont du côté des « bonnes victimes ». Conférence d’introduction sur le rôle ambigu des villageois péruviens dans la guerre contre le Sentier lumineux au Pérou.