Oratio obliqua, oratio recta. RECANATI François

Chapitre

Titre: La représentation des situations
Durée: 00:05:08   [00:00:00 > 00:05:08]
François RECANATI présente ici son dernier ouvrage paru au moment de l’entretien. Celui-ci s’intitule « Oratio obliqua, oratio recta », et est paru aux éditions du MIT en 2000. Il présente en introduction son interprétation de l’illustration du livre, tirée de « Langage et acte de langage » d’Alan H. Gardiner. Selon lui, cette vignette a pour vertu de montrer que nous maitrisons la représentation complexe de situations, ce qui est un des thèmes majeurs développés dans l’ouvrage.
Titre: La dépendance contextuelle
Durée: 00:12:06   [00:05:08 > 00:17:15]
L’argument principal défendu par François RECANATI dans cet ouvrage est que les éléments contextuels ont un rôle dans la constitution du contenu des éléments linguistiques et mentaux. Alors que le philosophe s’intéressait principalement dans son précédent ouvrage à l’indexicalité, c’est-à-dire au fait que les phrases ont certaines significations linguistiques déterminées mais différents contenus selon les contextes et les indicateurs lexicaux, il a ici cherché à mettre en lumière une forme selon lui plus radicale de dépendance contextuelle. Son idée principale est de dire que les contenus linguistiques et mentaux sont toujours en lien avec une situation particulière, même si aucun marqueur linguistique ou mental ne l’indique explicitement. Avant de développer plus longuement ce point, le philosophe répond à plusieurs objections faites à cette thèse.
Titre: La situation mentionnée, la situation exercée
Durée: 00:28:05   [00:17:15 > 00:45:21]
François RECANATI distingue ici deux types de situation. La première est la situation « exercée », qui est implicite et par rapport à laquelle ce qui est dit ou pensé se réfère. La seconde est la situation « mentionnée », explicitée par des marqueurs linguistiques ou mentaux. Selon lui, cette précision est importante à faire pour comprendre que dans le premier cas, la situation n’est pas représentée dans l’énoncé ou la pensée car elle sert à en fournir la perspective générale, alors qu’elle explicite dans le second cas car elle n’est plus la situation exercée. En définitive, lorsqu’une situation est formulée explicitement dans un énoncé ou une pensée, c’est-à-dire lorsqu’elle passe du statut de situation exercée à mentionnée, alors la perspective générale de l’énonciation ou de la pensée s’en trouve nécessairement élargie. François RECANATI appelle ce processus « réflexion ». Il illustre ensuite cette idée par une série d’exemples.
Titre: Le mécanisme de projection
Durée: 00:03:52   [00:45:21 > 00:49:14]
Le processus de réflexion est donc l’introduction dans le contenu linguistique ou mental de références explicites à la situation, permettant d’élargir la trame de fond de l’énoncé ou de la pensée. Le mécanisme inverse, nommé projection, consiste à prendre un contenu mentionné explicitement et à en faire la situation exercée et implicite. L’analogie avec le zoom permet de comprendre ce phénomène, faisant passer d’un point de vue externe à un autre interne. Le style indirect libre est une illustration de ce mécanisme.
Titre: Le mécanisme simulatif
Durée: 00:04:09   [00:49:14 > 00:53:23]
Le mécanisme simulatif est utile pour distinguer le contenu d’une représentation de la situation dans laquelle se trouve un individu. Ainsi, il permet d’envisager qu’un individu ne se représente pas uniquement des situations concernant uniquement l’ici et le maintenant. A travers ce mécanisme est envisagée la possibilité de se doter de représentations qui ne valent pas uniquement pour la situation présente.
Titre: Les situations imaginaires
Durée: 00:04:39   [00:53:23 > 00:58:03]
Si François RECANATI a jusqu’ici étudié les situations réelles, il envisage à présent le cas de celles imaginaires. D’une part, l’imagination intervient dans le processus de simulation précédemment décri. Par ailleurs, les situations irréelles, possibles ou impossibles, présentent une ambiguïté. Par exemple, les énoncés « Dans ce livre, il y a 20 chapitres » et « Dans ce livre, il y a un cheval qui parle » font respectivement référence à un fait réel et à une situation irréelle. Elles posent donc un problème à l’analyse.
Titre: Le discours indirect
Durée: 00:04:44   [00:58:03 > 01:02:47]
Un cas particulier des situations imaginaires est celui du discours indirect libre. Cet exemple est longuement développé au sein de l’ouvrage « Oratio obliqua, oratio recta ». François RECANATI l’analyse à l’aide des hypothèses précédemment expliquées, afin d’éclairer de manière novatrice des problèmes classiques en sémantique linguistique.
Titre: Les méta-représentations
Durée: 00:06:03   [01:02:47 > 01:08:50]
Dans les représentations qu’un individu se fait des représentations d’autrui, il existe selon François RECANATI une grande partie commune au niveau même du contenu. Cela interdit de penser que ce type de représentations ne se réfèrerait plus directement au monde mais uniquement aux représentations d’autrui, et seraient des sortes de représentations supérieures. Selon lui, le mécanisme simulatif permet d’indiquer que ce type de représentation se rapporte également à un état de choses donné, auquel on ajoute une « étiquette » concernant un individu. En somme, les méta-représentations auraient la même valeur que les autres.
Titre: Les citations
Durée: 00:06:35   [01:08:50 > 01:15:25]
Selon le philosophe, la théorie simulative est enfin liée au phénomène de citation. En conclusion, il indique très brièvement plusieurs idées liées à la citation développées dans son ouvrage. L’idée principale est qu’à l’instar des méta-représentations, ce phénomène peut être abordé de manière transparente alors que la plupart des approches linguistiques insistent sur son opacité.

9 chapitres.
  • François RECANATI présente ici son dernier ouvrage paru au moment de l’entretien. Celui-ci s’intitule « Oratio obliqua, oratio recta », et est paru aux éditions du MIT en 2000. Il présente en introduction son interprétation de l’illustration du livre, tirée de « Langage et acte de langage » d’Alan H. Gardiner. Selon lui, cette vignette a pour vertu de montrer que nous maitrisons la représentation complexe de situations, ce qui est un des thèmes majeurs développés dans l’ouvrage.
  • L’argument principal défendu par François RECANATI dans cet ouvrage est que les éléments contextuels ont un rôle dans la constitution du contenu des éléments linguistiques et mentaux. Alors que le philosophe s’intéressait principalement dans son précédent ouvrage à l’indexicalité, c’est-à-dire au fait que les phrases ont certaines significations linguistiques déterminées mais différents contenus selon les contextes et les indicateurs lexicaux, il a ici cherché à mettre en lumière une forme selon lui plus radicale de dépendance contextuelle. Son idée principale est de dire que les contenus linguistiques et mentaux sont toujours en lien avec une situation particulière, même si aucun marqueur linguistique ou mental ne l’indique explicitement. Avant de développer plus longuement ce point, le philosophe répond à plusieurs objections faites à cette thèse.
  • François RECANATI distingue ici deux types de situation. La première est la situation « exercée », qui est implicite et par rapport à laquelle ce qui est dit ou pensé se réfère. La seconde est la situation « mentionnée », explicitée par des marqueurs linguistiques ou mentaux. Selon lui, cette précision est importante à faire pour comprendre que dans le premier cas, la situation n’est pas représentée dans l’énoncé ou la pensée car elle sert à en fournir la perspective générale, alors qu’elle explicite dans le second cas car elle n’est plus la situation exercée. En définitive, lorsqu’une situation est formulée explicitement dans un énoncé ou une pensée, c’est-à-dire lorsqu’elle passe du statut de situation exercée à mentionnée, alors la perspective générale de l’énonciation ou de la pensée s’en trouve nécessairement élargie. François RECANATI appelle ce processus « réflexion ». Il illustre ensuite cette idée par une série d’exemples.
  • Le processus de réflexion est donc l’introduction dans le contenu linguistique ou mental de références explicites à la situation, permettant d’élargir la trame de fond de l’énoncé ou de la pensée. Le mécanisme inverse, nommé projection, consiste à prendre un contenu mentionné explicitement et à en faire la situation exercée et implicite. L’analogie avec le zoom permet de comprendre ce phénomène, faisant passer d’un point de vue externe à un autre interne. Le style indirect libre est une illustration de ce mécanisme.
  • Le mécanisme simulatif est utile pour distinguer le contenu d’une représentation de la situation dans laquelle se trouve un individu. Ainsi, il permet d’envisager qu’un individu ne se représente pas uniquement des situations concernant uniquement l’ici et le maintenant. A travers ce mécanisme est envisagée la possibilité de se doter de représentations qui ne valent pas uniquement pour la situation présente.
  • Si François RECANATI a jusqu’ici étudié les situations réelles, il envisage à présent le cas de celles imaginaires. D’une part, l’imagination intervient dans le processus de simulation précédemment décri. Par ailleurs, les situations irréelles, possibles ou impossibles, présentent une ambiguïté. Par exemple, les énoncés « Dans ce livre, il y a 20 chapitres » et « Dans ce livre, il y a un cheval qui parle » font respectivement référence à un fait réel et à une situation irréelle. Elles posent donc un problème à l’analyse.
  • Un cas particulier des situations imaginaires est celui du discours indirect libre. Cet exemple est longuement développé au sein de l’ouvrage « Oratio obliqua, oratio recta ». François RECANATI l’analyse à l’aide des hypothèses précédemment expliquées, afin d’éclairer de manière novatrice des problèmes classiques en sémantique linguistique.
  • Dans les représentations qu’un individu se fait des représentations d’autrui, il existe selon François RECANATI une grande partie commune au niveau même du contenu. Cela interdit de penser que ce type de représentations ne se réfèrerait plus directement au monde mais uniquement aux représentations d’autrui, et seraient des sortes de représentations supérieures. Selon lui, le mécanisme simulatif permet d’indiquer que ce type de représentation se rapporte également à un état de choses donné, auquel on ajoute une « étiquette » concernant un individu. En somme, les méta-représentations auraient la même valeur que les autres.
  • Selon le philosophe, la théorie simulative est enfin liée au phénomène de citation. En conclusion, il indique très brièvement plusieurs idées liées à la citation développées dans son ouvrage. L’idée principale est qu’à l’instar des méta-représentations, ce phénomène peut être abordé de manière transparente alors que la plupart des approches linguistiques insistent sur son opacité.
Titre: Oratio obliqua, oratio recta
Sous-titre: Entretien avec François RECANATI
Auteur(s): RECANATI François
Date de réalisation: 20/01/2003
Lieu de réalisation: Maison des Sciences de l’Homme 54 Boulevard Raspail 75006 Paris FRANCE
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Ce troisième entretien avec le philosophe François RECANATI revient sur son dernier ouvrage publié au moment de l’entretien, intitulé « Oratio obliqua, oratio recta ». A la croisée de la pragmatique et de la sémantique, il y développe un approfondissement de son hypothèse de dépendance des contenus linguistiques et mentaux à des contextes.
François RECANATI est philosophe du langage, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS, et directeur de l’Institut Jean Nicod (CNRS/ENS/EHESS). Après avoir obtenu l’agrégation de philosophie en 1974, François RECANATI a étudié à l’université d’Oxford et à l’EHESS, où il devient chargé de conférence en philosophie du langage et en pragmatique linguistique, jusqu’en 1990. De cette date jusqu’à 1993, il a été président de la Société européenne de philosophie analytique. En 2014, il a reçu la médaille d’argent du CNRS pour ses travaux. Dans l’ouvrage « Oratio obliqua, oratio recta » ici présenté, il approfondit son hypothèse de dépendance des contenus linguistiques et mentaux à des contextes.
RECANATI François. « Oratio obliqua, oratio recta », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°95, 2003, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/95/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2016
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2003 © STOCKINGER Peter, professeur des universités, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2003
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© RECANATI François, philosophe, Institut Jean Nicod, Paris, France, 2003
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Oratio obliqua, oratio recta »
Sous-titre: Entretien avec François RECANATI
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Oratio obliqua, oratio recta ». (Portail ARC, 2016), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 8a1229b3-9ef6-437b-8884-c3988b46f291
Id vidéo: 348efa4b-f5a4-44cb-8e01-252cf190d5c4
Analyse du troisième entretien avec le philosophe François RECANATI.