Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3). AGIER Michel, DE ALENCASTRO Luiz Felipe, CHIVALLON Christine, GILROY Paul, MORABITO Vittorio, RIBEIRO THOMAZ Omar, WARE Vron

Chapitre

Titre: Présentation par Michel AGIER
Durée: 00:06:05   [00:00:00 > 00:06:05]
Genre: Extrait de conférence filmée
Cette première session est présentée par Michel AGIER, anthropologue, directeur de recherche à l’IRD et directeur d’études à l’EHESS. Il a mené et coordonné des recherches au Brésil et en Colombie sur les relations raciales et la culture noire. Le chercheur indique que si les réflexions sur les questions raciales et les cultures noires dans l’espace diasporique ont changé depuis la parution de l’ouvrage de Paul GILROY, ce dernier a gardé une certaine actualité. En effet, il s’inscrit contre tout essentialisme racial et culturel, alors qu’était créé en 2007 en France un ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement.
Titre: Comment le concept d’Atlantique noir a renouvelé les champs des études américanistes ? par Paul GILROY
Durée: 00:24:09   [00:06:05 > 00:30:14]
Paul GILROY commence ici par se demander si le concept d’Atlantique noir doit être traité comme appartenant au passé, ou s’il peut être redéfini et appliqué à des espaces et des temporalités actuels. En premier lieu, Paul GILROY indique que l’écriture de cet ouvrage a été poussée par une hostilité envers toute forme de nationalisme articulée au racisme. En ce sens, il pourrait toujours être utile. En second lieu, l’autre but visé était une critique du nationalisme méthodologique. Cela est à lier à son utilisation du terme de « diaspora », auquel il a voulu donner une inflexion théorique. Plus qu’un processus unidirectionnel lié à la perte, il cherchait alors à donner de la valeur à cette expérience. Selon l’universitaire, une autre question centrale que pose le livre est celle du décalage entre nos représentations de l’Afrique et celle réellement existante. Une troisième interrogation posée par le livre est celle de la culture. Si cette notion est historiquement liée à un territoire terrestre, Paul GILROY avait pour objectif de tester cette relation sous un jour nouveau, en privilégiant l’étude des mers et océans. Le dernier point abordé dans cette présentation est la théorie de la modernité portée par l’ouvrage, inspirée par l’idée de « loyauté négative » de Richard WRIGHT.
Titre: La Black Atlantic, apories et performances d’un modèle novateur par Christine CHIVALLON
Durée: 00:24:28   [00:30:14 > 00:54:43]
Christine CHIVALLON, géographe et ethnologue, débute son intervention en indiquant que « l’Atlantique noir », aux côtés des écrits d’Edouard GLISSANT, Stuart HALL et David SCOTT, a été une source d’inspiration pour ses travaux sur les Caraïbes. Le but de sa communication est d’apporter deux éléments de critique à l’ouvrage de Paul GILROY. En premier lieu, la chercheuse indique des réticences empiriques : le modèle théorique d’Atlantique noir mis en place par GILROY, caractérisé par un anti-essentialisme, ne permet pas d’intégrer des phénomènes empiriques tels que le nationalisme noir revendiqué. Cette première critique empirique est rendue possible par une seconde, d’ordre épistémologique Si le projet du chercheur est de se défaire de couples d’antagonisme simplistes, il semble en définitive reproduire ce schéma dans son ouvrage. En définitive, la chercheuse indique que malgré ces deux difficultés, l’ouvrage de Paul GILROY reste un travail de grande valeur : elle illustre ces propos à partir d'exemples puisés dans les Caraïbes. Elle montre ainsi la portée heuristique des liens que Paul GILROY a su opérer entre souvenir de la terreur de l'esclavage et contre-culture de la modernité.
Sujet: Régions et pays
Topique: Caraïbe
L'anthropologue et géographe est spécialiste de l'étude de l'espace caraïbe. Elle s'intéresse notamment à la question de la violence et de la domination, liée à la colonisation. Elle met ses recherches en perspective avec l'Atlantique noir.
Sujet: Processus de colonisation
Topique: Domination coloniale
Mots-clés: violence; domination; colonisation; Caraïbe
L'anthropologue et géographe étudie la question de la violence et de la domination, liée à la colonisation dans l'espace Caraïbe. Elle met ses recherches en perspective avec l'Atlantique noir.
Titre: De l’Océan indien à l’Atlantique : la production de l’inégalité par Omar RIBEIRO THOMAZ
Durée: 00:21:48   [00:54:43 > 01:16:32]
Omar RIBEIRO THOMAZ est anthropologue à l’université de Campinas au Brésil. Il commence par préciser que son intervention n’est pas directement liée à l’Atlantique noir. Il envisagera plutôt la manière dont le débat relatif à la lusophonie au Brésil, au Mozambique et au Portugal peut éclairer les thèses de l’ouvrage. Omar RIBEIRO THOMAZ indique que malgré les différences entre ces trois contextes, ils ont en commun la place que la langue portugaise occupe dans les processus de reproduction des inégalités. Après avoir considéré les relations socio-linguistiques entre Brésiliens et Portugais dans ces deux pays, Omar RIBEIRO THOMAZ indique que le cas mozambicain semble être plus complexe. Le portugais y cohabite en effet avec une multitude de langues africaines ainsi qu’avec l’anglais. En définitive, l’anthropologue indique que le cas des relations entre employeurs et employés au Mozambique met le plus fortement en lumière le cas d’inégalités sociales s’exprimant au travers de la langue portugaise. L’exemple de l’océan Indien permet, en définitive, de mettre en perspective la thèse sur l’atlantique développée par Paul GILROY.
Sujet: Contact de langues
Topique: Lusophonie
Mots-clés: lusophonie; inégalités
Localisation spatiale du sujet: Brésil ; Mozambique ; Portugal
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine
L'anthropologue Omar RIBEIRO THOMAZ analyse ici le rôle de langue portuguaise dans la reproduction desi négalités sociales dans plusieurs pays lusophones: le Brésil, le Mozambique et le Portugal. Cela lui permet dans une certaine mesure de comparer l'Océan indien à l'Atlantique noir.
Titre: Critique des formes contemporaines du nationalisme : l’exemple de la Grande-Bretagne par Vron WARE
Durée: 00:14:19   [01:16:32 > 01:30:51]
Lors de cette intervention, la journaliste et universitaire Vron WARE vise à apporter des éléments supplémentaires à la critique du nationalisme et de l’identité nationale, en prenant l’exemple de la Grande-Bretagne contemporaine. L’universitaire y discute la notion de « britishness » portée par Gordon BROWN et ses implications. La conception d’une identité monolithique corrélée à une appartenance raciale est fortement remise en question. Le deuxième point central de son intervention consiste à problématiser la politique de de sécurité et de gestion des individus par l’identité nationale. Vron WARE réaffirme ensuite l’utilité des concepts de diaspora et d’espace transnational pour critiquer les formes modernes de nationalisme. En définitive, elle indique que le débat actuel en Grande-Bretagne sur l’identité nationale peut être une opportunité de mettre à mal l’idée de nationalisme et de rendre visible de nouvelles formes de résistance.
Sujet: De l'identité culturelle
Topique: Britishness
Mots-clés: identité nationale; nationalisme
Localisation spatiale du sujet: Royaume Uni
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine
Vron WARE envisage de manière critique dans cet extrait le retour du débat autour de l'identité nationale britannique, aussi nommée "britishness".
Type: Livre
Auteur: Vron WARE
Url: http://oro.open.ac.uk/9306/
WARE Vron, Who cares about Britishness? A global view of the national identity debate, London, Aracadia Books, 2007
Titre: Contradictions et différences entre l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud par Luiz Felipe de ALENCASTRO
Durée: 00:14:24   [01:30:51 > 01:45:15]
Luiz Felipe de ALENCASTRO est historien à l’université Paris IV. Sa communication porte sur l’Atlantique Sud, dont certaines caractéristiques principales entrent en contradiction avec l’Atlantique noir de Paul GILROY. Il commence ainsi par définir l’Atlantique Sud, né d’un contact du Portugal avec l’Afrique noire au XVe siècle, et débouchant sur un système esclavagiste et un commerce bilatéral entre le Brésil et l’Afrique noire. En somme, cet exemple lui permet d’indiquer que l’Atlantique noir concerne essentiellement l’Atlantique Nord, mais ignore en revanche l’Atlantique Sud, qui est guidé par des dynamiques bien différentes. Le livre de Paul GILROY, s’il refuse les interprétations nationalistes, semble donc s’enfermer dans un certain régionalisme. L’Atlantique noir devrait donc être renommé, dans un souci de rigueur, l’Atlantique noir Nord.
Sujet: Régions et pays
Topique: Atlantique sud
L'historien Luiz Felipe de ALENCASTRO effectue un bilan historique permettant de caractériser l'Atlantique sud. Il met ensuite cette région du monde en relation avec l'Atlantique noir de Paul GILROY, portant essentiellement sur l'Amérique nord.
Titre: Une migration nécessaire vers l'Atlantique noir, les saints noirs d'Europe en Amérique par Vittorio MORABITO
Durée: 00:27:01   [01:45:15 > 02:12:17]
Vittorio MORABITO est professeur d’histoire à l’Université de Catane en Italie. Il indique en introduction vouloir proposer une explication au phénomène religieux de migration des esclaves noirs européens en Amérique latine. A l’instar de Luiz Felipe De ALENCASTRO, l’historien indique que dans l’Atlantique noir, les références à l’Atlantique Sud sont extrêmement faibles. Pourtant, la religiosité des esclaves Noirs arrivés en Amérique du Sud prenait des formes très différentes dans les deux parties du continent. Vittorio MORABITO souligne ainsi l’importance des églises libres en Amérique du Nord, et celle de l’image et des saints en Amérique du Sud. Il aborde ensuite l’histoire de Saint Benoit de Palerme ainsi que la diffusion de son culte en Amérique latine. Il s’est ainsi répandu en raison des images et de l’oralité, mais aussi par le travail collectif des confréries noires.
Sujet: La migration
Topique: Migration noire européenne en Amérique du Sud.
Mots-clés: Migration; Europe; Amérique du Sud
Vittorio MORABITO, historien, propose ici une explication au phénomène religieux de migration des esclaves noirs européens en Amérique latine.
Sujet: Culture religieuse
Topique: Saints noirs
Mots-clés: saints noirs; Europe; Amérique du sud
Vittorio MORABITO , historien, étudie ici la diffusion des saints noirs européens en Amérique du Sud lors de la migration d'esclaves noirs européens dans cette région du monde.
Titre: Conclusion de la séance par Paul GILROY
Durée: 00:24:06   [02:12:17 > 02:36:24]
En conclusion de cette première séance, Michel AGIER synthétise les commentaires faits à l’égard de l’Atlantique noir. Luiz FELIPE De ALENCASTRO a ainsi envisagé les limites de l’Atlantique noir, sans que le modèle de base, en tant que système de représentation globalisée des Afriques dans le monde, ne soit remis en cause. Omar RIBEIRO CASTRO et Vron WARE ont ainsi complété le tableau des identités, en incluant les espaces lusophones et la « britishness ». Enfin, Vittorio MORABITO et Christine CHIVALLON ont, à leur manière, pointé d’autres ambiguïtés du modèle. Michel AGIER laisse ensuite la parole à Paul GILROY afin qu’il puisse réagir l’ensemble des remarques critiques formulées à propos de son ouvrage. Il remercie tout d’abord ses interlocuteurs, et indique être conscient des limites de son travail. Il répond en premier lieu très brièvement à la question de savoir s’il reproduit ou non les cadres nationalistes dont il cherche pourtant à s’émanciper. Il aborde ensuite les critiques épistémologiques. Il indique simplement être passé par l’étude de la musique pour résoudre ce problème. En ce qui concerne l’Atlantique sud, s’il a bien sûr fait des recherches sur cette région, il reconnait ne pas l’avoir inclus dans son étude. Il précise enfin que l’expression « Black Atlantic » n’est pas une invention de sa part, mais une réappropriation critique d’un concept anthropologique n’arrivant pas à traiter les expressions culturelles noires autrement que comme des traditions antérieures.

8 chapitres.
  • Extrait de conférence filmée. Cette première session est présentée par Michel AGIER, anthropologue, directeur de recherche à l’IRD et directeur d’études à l’EHESS. Il a mené et coordonné des recherches au Brésil et en Colombie sur les relations raciales et la culture noire. Le chercheur indique que si les réflexions sur les questions raciales et les cultures noires dans l’espace diasporique ont changé depuis la parution de l’ouvrage de Paul GILROY, ce dernier a gardé une certaine actualité. En effet, il s’inscrit contre tout essentialisme racial et culturel, alors qu’était créé en 2007 en France un ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement.
  • Paul GILROY commence ici par se demander si le concept d’Atlantique noir doit être traité comme appartenant au passé, ou s’il peut être redéfini et appliqué à des espaces et des temporalités actuels. En premier lieu, Paul GILROY indique que l’écriture de cet ouvrage a été poussée par une hostilité envers toute forme de nationalisme articulée au racisme. En ce sens, il pourrait toujours être utile. En second lieu, l’autre but visé était une critique du nationalisme méthodologique. Cela est à lier à son utilisation du terme de « diaspora », auquel il a voulu donner une inflexion théorique. Plus qu’un processus unidirectionnel lié à la perte, il cherchait alors à donner de la valeur à cette expérience. Selon l’universitaire, une autre question centrale que pose le livre est celle du décalage entre nos représentations de l’Afrique et celle réellement existante. Une troisième interrogation posée par le livre est celle de la culture. Si cette notion est historiquement liée à un territoire terrestre, Paul GILROY avait pour objectif de tester cette relation sous un jour nouveau, en privilégiant l’étude des mers et océans. Le dernier point abordé dans cette présentation est la théorie de la modernité portée par l’ouvrage, inspirée par l’idée de « loyauté négative » de Richard WRIGHT.
  • Christine CHIVALLON, géographe et ethnologue, débute son intervention en indiquant que « l’Atlantique noir », aux côtés des écrits d’Edouard GLISSANT, Stuart HALL et David SCOTT, a été une source d’inspiration pour ses travaux sur les Caraïbes. Le but de sa communication est d’apporter deux éléments de critique à l’ouvrage de Paul GILROY. En premier lieu, la chercheuse indique des réticences empiriques : le modèle théorique d’Atlantique noir mis en place par GILROY, caractérisé par un anti-essentialisme, ne permet pas d’intégrer des phénomènes empiriques tels que le nationalisme noir revendiqué. Cette première critique empirique est rendue possible par une seconde, d’ordre épistémologique Si le projet du chercheur est de se défaire de couples d’antagonisme simplistes, il semble en définitive reproduire ce schéma dans son ouvrage. En définitive, la chercheuse indique que malgré ces deux difficultés, l’ouvrage de Paul GILROY reste un travail de grande valeur : elle illustre ces propos à partir d'exemples puisés dans les Caraïbes. Elle montre ainsi la portée heuristique des liens que Paul GILROY a su opérer entre souvenir de la terreur de l'esclavage et contre-culture de la modernité.
  • Omar RIBEIRO THOMAZ est anthropologue à l’université de Campinas au Brésil. Il commence par préciser que son intervention n’est pas directement liée à l’Atlantique noir. Il envisagera plutôt la manière dont le débat relatif à la lusophonie au Brésil, au Mozambique et au Portugal peut éclairer les thèses de l’ouvrage. Omar RIBEIRO THOMAZ indique que malgré les différences entre ces trois contextes, ils ont en commun la place que la langue portugaise occupe dans les processus de reproduction des inégalités. Après avoir considéré les relations socio-linguistiques entre Brésiliens et Portugais dans ces deux pays, Omar RIBEIRO THOMAZ indique que le cas mozambicain semble être plus complexe. Le portugais y cohabite en effet avec une multitude de langues africaines ainsi qu’avec l’anglais. En définitive, l’anthropologue indique que le cas des relations entre employeurs et employés au Mozambique met le plus fortement en lumière le cas d’inégalités sociales s’exprimant au travers de la langue portugaise. L’exemple de l’océan Indien permet, en définitive, de mettre en perspective la thèse sur l’atlantique développée par Paul GILROY.
  • Lors de cette intervention, la journaliste et universitaire Vron WARE vise à apporter des éléments supplémentaires à la critique du nationalisme et de l’identité nationale, en prenant l’exemple de la Grande-Bretagne contemporaine. L’universitaire y discute la notion de « britishness » portée par Gordon BROWN et ses implications. La conception d’une identité monolithique corrélée à une appartenance raciale est fortement remise en question. Le deuxième point central de son intervention consiste à problématiser la politique de de sécurité et de gestion des individus par l’identité nationale. Vron WARE réaffirme ensuite l’utilité des concepts de diaspora et d’espace transnational pour critiquer les formes modernes de nationalisme. En définitive, elle indique que le débat actuel en Grande-Bretagne sur l’identité nationale peut être une opportunité de mettre à mal l’idée de nationalisme et de rendre visible de nouvelles formes de résistance.
  • Luiz Felipe de ALENCASTRO est historien à l’université Paris IV. Sa communication porte sur l’Atlantique Sud, dont certaines caractéristiques principales entrent en contradiction avec l’Atlantique noir de Paul GILROY. Il commence ainsi par définir l’Atlantique Sud, né d’un contact du Portugal avec l’Afrique noire au XVe siècle, et débouchant sur un système esclavagiste et un commerce bilatéral entre le Brésil et l’Afrique noire. En somme, cet exemple lui permet d’indiquer que l’Atlantique noir concerne essentiellement l’Atlantique Nord, mais ignore en revanche l’Atlantique Sud, qui est guidé par des dynamiques bien différentes. Le livre de Paul GILROY, s’il refuse les interprétations nationalistes, semble donc s’enfermer dans un certain régionalisme. L’Atlantique noir devrait donc être renommé, dans un souci de rigueur, l’Atlantique noir Nord.
  • Vittorio MORABITO est professeur d’histoire à l’Université de Catane en Italie. Il indique en introduction vouloir proposer une explication au phénomène religieux de migration des esclaves noirs européens en Amérique latine. A l’instar de Luiz Felipe De ALENCASTRO, l’historien indique que dans l’Atlantique noir, les références à l’Atlantique Sud sont extrêmement faibles. Pourtant, la religiosité des esclaves Noirs arrivés en Amérique du Sud prenait des formes très différentes dans les deux parties du continent. Vittorio MORABITO souligne ainsi l’importance des églises libres en Amérique du Nord, et celle de l’image et des saints en Amérique du Sud. Il aborde ensuite l’histoire de Saint Benoit de Palerme ainsi que la diffusion de son culte en Amérique latine. Il s’est ainsi répandu en raison des images et de l’oralité, mais aussi par le travail collectif des confréries noires.
  • En conclusion de cette première séance, Michel AGIER synthétise les commentaires faits à l’égard de l’Atlantique noir. Luiz FELIPE De ALENCASTRO a ainsi envisagé les limites de l’Atlantique noir, sans que le modèle de base, en tant que système de représentation globalisée des Afriques dans le monde, ne soit remis en cause. Omar RIBEIRO CASTRO et Vron WARE ont ainsi complété le tableau des identités, en incluant les espaces lusophones et la « britishness ». Enfin, Vittorio MORABITO et Christine CHIVALLON ont, à leur manière, pointé d’autres ambiguïtés du modèle. Michel AGIER laisse ensuite la parole à Paul GILROY afin qu’il puisse réagir l’ensemble des remarques critiques formulées à propos de son ouvrage. Il remercie tout d’abord ses interlocuteurs, et indique être conscient des limites de son travail. Il répond en premier lieu très brièvement à la question de savoir s’il reproduit ou non les cadres nationalistes dont il cherche pourtant à s’émanciper. Il aborde ensuite les critiques épistémologiques. Il indique simplement être passé par l’étude de la musique pour résoudre ce problème. En ce qui concerne l’Atlantique sud, s’il a bien sûr fait des recherches sur cette région, il reconnait ne pas l’avoir inclus dans son étude. Il précise enfin que l’expression « Black Atlantic » n’est pas une invention de sa part, mais une réappropriation critique d’un concept anthropologique n’arrivant pas à traiter les expressions culturelles noires autrement que comme des traditions antérieures.
Titre: Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3)
Sous-titre: La formation historique de l’espace diasporique de l’Atlantique noir
Auteur(s): AGIER Michel, DE ALENCASTRO Luiz Felipe, CHIVALLON Christine, GILROY Paul, MORABITO Vittorio, RIBEIRO THOMAZ Omar, WARE Vron
Date de réalisation: 01/06/2007
Lieu de réalisation: Amphithéâtre IHEAL 28 rue Saint Guillaume 75007 Paris France
Genre: Colloque filmé
Langue(s): English ; Français
Ce colloque, organisé par plusieurs centres de recherche (IA, IHEAL - CREDAL, CEAf, GDRI Esclavages, MASCIPO) a pour but de réaliser un bilan critique de l’ouvrage « l’Atlantique noir » en présence de son auteur, le professeur de littérature britannique Paul GILROY. L'Atlantique noir s'entend comme formation culturelle transnationale, lieu d'échanges et de liens au sein duquel se construisent et se dé-construisent sans cesse les cultures noires. Le livre, publié en 1993 et traduit en France en 2003, a profondément renouvelé les travaux sur les populations d’origine africaine issues de la traite esclavagiste. Cette première session vise à évaluer l’apport scientifique du concept d’Atlantique noir aux études sur les mondes américains, africains, et sur la mondialisation culturelle.
Paul GILROY est un universitaire britannique. Après des études à l’université de Sussex, il obtient une thèse de doctorat (PhD) à l’université de Birmingham en 1986. Après avoir enseigné à l’université de Goldsmiths à Londres, il obtient une chaire d’études afro-américaines à l’université de Yale. Il enseigne ensuite la « théorie sociale » à la London School of Economics avant de finalement devenir, en 2012, professeur de littérature anglaise et américaine au King’s College. Au carrefour de la littérature, des cultural studies et des sciences sociales, ses essais sur la culture, la « race » et les diasporas ont contribué à renouveler les réflexions à propos de ces thèmes. Son ouvrage le plus remarqué est « The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness », publié en 1993 et traduit en France en 2003 sous le titre « l’Atlantique noir : Modernité et double conscience ». Les différentes contributions de cette première session ont pour but de mener un bilan critique de l’apport scientifique du concept d’Atlantique noir aux études sur les mondes américains, africains, et sur la mondialisation culturelle. .
AGIER Michel, DE ALENCASTRO Luiz Felipe, CHIVALLON Christine, GILROY Paul, MORABITO Vittorio, RIBEIRO THOMAZ Omar, WARE Vron. « Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3) », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°1047, 2007, [en ligne] ; URL :
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2016
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© BONNEMAZOU Camille, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2007 © FILLON Richard, réalisateur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2007 © DE PABLO Elisabeth, responsable éditoriale, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2007
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© AGIER Michel, anthropologue, EHESS/CNRS, Paris, France, 2007 © DE ALENCASTRO Luiz Felipe, historien, Université Paris IV, France, 2007 © CHIVALLON Christine, géographe et anthropologue, Sciences Po Bordeaux, France, 2007 © GILROY Paul, professeur de littérature, King’s College, Londres, Grande-Bretagne, 2007 © MORABITO Vittorio, historien, Université de Catane, Italie, 2007 © RIBEIRO THOMAZ Omar, anthropologue, Université de Campinas, Brésil, 2007 © WARE Vron, sociologue, Kingston University, Londres, Grande-Bretagne, 2007
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
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Titre: Analyse de la vidéo « Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3) »
Sous-titre: La formation historique de l’espace diasporique de l’Atlantique noir
Langue(s): Français
Type: Analyses de base de l'objet média
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3) » (Portail ARC, 2016), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: 952d5516-6e52-4630-953e-a0cacce84df6
Id vidéo: edec793c-35c0-43d8-a3ee-68d9df4c72ce
Analyse de la vidéo de la première session du colloque « Autour de l’ « Atlantique noir ». Rencontre avec Paul Gilroy (2/3) »