Séance 3- Chants chamaniques kuna et communication musicale Wayᾶpis. Carlo SEVERI

Chapitre

Titre: Contexte de recherche: la mémoire sociale
Durée: 00:08:17   [00:00:00 > 00:08:17]
Dans une perspective de déconstruction entre l’écrit et l’oral, Carlo SEVERI appelle à la réflexion et pour ce fait, il propose d’introduire les notions d’iconographie et d’art de la mémoire. Enseigner la recherche, dit-il, c’est enseigner une réflexion sur les paris qu’un chercheur a pris, expliquant que sa préoccupation est celle de la construction d’un point de vue original sur la production du symbolisme dans une culture. Sont concernés non seulement les contenus d’un type de représentation, mais surtout les formes de la circulation d’un patrimoine lié à des conditions sociales, que Severi appelle la «mémoire sociale». La question est donc de savoir comment l’on construit du mémorable dans une société, c’est-à-dire quelles sont les techniques de propagation, de communication et de préservation de certaines représentations à partir du point de vue ethnographique - c’est-à-dire à partir d’objets concrets - en imaginant leur circulation. Carlo Severi est spécialiste des Kunas (Panama). Dans cette réflexion sur les paris que prend le chercheur, il est parfois utile, dit SEVERI, d’examiner les positions de ses adversaires, et pour lui, ce sont par exemple ceux qui pensent que l’introduction de l’écriture a tout changé dans les cultures humaines, comme Walter Ong dont il cite le livre «Orality and writing».
Titre: La thèse de Ong et Havelock sur l'oralité et l'écrit
Durée: 00:07:24   [00:08:17 > 00:15:41]
Une partie des positions d’Ong est reprise par Havelock dans «Oralité et civilisation de l’écriture». Ong prétend que l’écriture est l’invention qui a le plus changé l’humanité car elle a une influence fondamentale sur la pensée. De là découle pour Ong, d’une part le fait que le langage devient un objet manipulable, et que par un mot par exemple, on peut évoquer un objet absent (mémoire ou avenir: c’est-à-dire un concept), d’autre part, le fait que toute une série de possibilités naît de cette nouvelle occurrence mentale entre l’énonciateur et l’objet concept. La naissance de l’écriture entraîne le passage d’un grand paradigme épistémologique à un autre car avant, selon Ong, tout reposait sur la domination du sens auditif (empathie, intériorité, confusion, etc.). L’écriture, selon lui, permet le passage à une pensée fondée sur le regard (séparation de l’objet, discontinuité, distanciation du sujet, etc.). Pour SEVERI, c’est une position extrême car cela sous-entend qu’une société orale ne connaîtrait pas l’élaboration d’une pensée conceptuelle et serait constituée de traditions sans mémoire.
Sujet: Personnalités
Topique: Ong et Havelock
Thèse de l'oralité et de l'écriture. «Orality and writing» d'Ong et «Oralité et civilisation de l’écriture» d'Havelock.
Titre: Réfutation de la thèse d’Ong et Havelock
Durée: 00:09:49   [00:15:41 > 00:25:31]
Pour SEVERI, la thèse d'Ong représente une position extrême car cela sous-entend qu’une société orale ne connaîtrait pas l’élaboration d’une pensée conceptuelle et serait constituée de traditions sans mémoire. Ce serait un grand obstacle épistémologique qui ne permettrait pas le passage à la discontinuité et donc à la rationalité. Or, d’une part, le psychologue Jérôme Bruner dans «Child talk» a mis en évidence le fait que la référence à un objet absent apparaît chez les enfants autour du 18ème mois. On comprend donc que ce n’est pas l’écriture, dit SEVERI, qui permet l’abstraction. D’autre part, la psychologie de la perception a travaillé sur le regard et l’ouïe et en a déduit que nous reconnaissons de la même manière les choses selon ces deux perceptions. On peut donc dire qu’Ong a tort, mais il faut alors mettre en place une analyse positive, dit SEVERI, pour aller plus loin.
Titre: De la parole quotidienne à la parole forte chez les indiens Kunas
Durée: 00:15:22   [00:25:31 > 00:40:54]
La situation Kuna se présente comme un grand labyrinthe d’histoires. Carlo Severi rappelle le processus de la maladie mentale chez les Kunas, à travers la présence du Jaguar du ciel et du soleil. Les histoires sont des bribes d’images qu’on se passe et qui reprennent inlassablement les questions du monde. C’est une forme de communication particulièrement tolérante sur les détails et la prononciation, qui maintient quelques focalisations d’une intrigue et qui est véhiculé par une parole fluide qui contient potentiellement des doutes, explique SEVERI. Tout se passe comme si c’était le contenu qui posait problème et qui était responsable de la mémorisation, donnant l’impression que les formes de communication sont dépourvues de pertinence. Le modèle occidental, linéaire, avec un narrateur et un public, a tendance à penser que son fonctionnement peut s’appliquer à toutes les sociétés, or chez les Kunas par exemple, les histoires du Jaguar sont focalisées sur le fait de passer de la parole quotidienne à la parole forte.
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chamanisme kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Sujet: Figure de vénération
Topique: Jaguar du ciel kuna
Détail particulier: Chant chamanique
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: Le paradoxe de la parole chamanique indifférente à la transmission du sens
Durée: 00:13:21   [00:40:54 > 00:54:15]
Les «professionnels de l’énonciation», ceux qui sont là pour chanter ces chants Kunas, c’est-à-dire pour préserver la culture et ses représentations, le font dans une langue incompréhensible pour le patient. On voit donc le paradoxe d’une attention soutenue à la parole et d’une situation de communication indifférente à la transmission du sens: quelqu’un parle pour que l’autre, précisément, ne comprenne pas, explique SEVERI. On est devant une situation énigmatique: d’un côté les histoires qui frappent l’esprit destinées à tous et racontées par tout le monde, et de l’autre côté, une parole apprise pendant des années, incompréhensible par le profane et indifférente à la transmission du sens. Les textes deviennent la propriété exclusive du narrateur et impliquent une ritualisation de l’énonciation dont la parole devient active. Ce sont les situations de parole qui déterminent les contextes spécifiques de certains savoirs.
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chamanisme kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: La structure des chants chamaniques Kuna et l’exemple de l’âme perdue
Durée: 00:08:42   [00:54:15 > 01:02:58]
Il s’agit du départ d’une âme qui s’égare. Or à aucun moment on ne racontera cela au-delà de brèves allusions. Le chant se divise en 5 séquences titrées : 0- Partie secrète (naissance mythique de Tronc Léger) récitée par le chamane pour lui-même 1- Dans la maison du chamane (axe vers lequel le chant doit être adressé) : image de l’énonciateur 2- Comment sculpter Tronc léger (chef des esprits auxiliaires du chamane) : parcours que le chamane doit faire pour trouver l’arbre qu’il sculptera pour donner vie à l’esprit 3- Les villages du chamane des esprits 4- Le retour (transformation vers la mer puis le feu) On retrouve un leitmotiv, une phrase type qui s’impose comme un thème dominant dont les indications complémentaires vont varier. L’histoire devient une toile de fond du texte qui prête son attention à une série d’organisations non narratives.
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chant chamanique kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: Un jeu de forme et de fond, les «fiançailles» avec les esprits, les «musiques» : un système typique du chamanisme amazonien
Durée: 00:14:45   [01:02:58 > 01:17:44]
L’histoire se situe en arrière du chant qui exhibe une forme complètement différente. Le contexte est celui d’une circulation très surveillée de la parole et la forme est celle d’une organisation sonore, indifférente au sens et à visée thérapeutique. Le mythe secret, la partie 0, permet au chamane d’avoir une bonne relation avec les esprits. Cette relation, dans toute l’Amazonie, est appelée «fiançailles». Connaître le secret d’un esprit animal, sa naissance ou son principe d’existence, signifie ne pas se faire attaquer par cet animal. Le système typique et commun à tout le chamanisme amazonien est celui des musiques dit Severi, une musique sans musique, une prosodie.
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chant chamanique kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Titre: Communication musicale chez les indiens Wayᾶpis
Durée: 00:16:25   [01:17:44 > 01:34:09]
SEVERI expose les travaux de Jean-Michel Beaudet, et notamment «Souffles d’Amazonie», publié par la Société d’ethnologie à Nanterre. Il cite Beaudet: «Tout acte de musique dans cette société est un acte de communication». Avec l’exemple des Wayᾶpis, on peut faire une sorte de sociologie de la musique en prenant trois niveaux de socialisation : l’individuel, la classe d’âge et le village. On distingue alors le solo, le Ture et le chant clanique (accompagné d’une danse). Cette sociologie répond à deux caractères importants de la musique : sa structure interne et son caractère monovalent. Dans le chant individuel on voit une distinction entre les auteurs et les intervalles. Dans le chant clanique il n’y a pas de distinction de notes mais on a des hétérophonies (la mélodie des hommes est à l’unisson alors que les femmes sont dans une sorte de canons désorganisés). Le Ture (clarinettes) est caractérisé par des plages de l’auteur et par l’intervention de contraste dans le timbre. Chaque musique est donc appropriée pour une seule situation de communication. Les instruments, les humains et les animaux parlent chez les Wayᾶpis, mais seuls les humains chantent.Les répertoires sont très définis, intolérants, et conduisent à des images musicales précises qui sont la propriété de quelqu’un, structurées de façon très fortes et similaires aux chants chamaniques Kuna. Le chant est une histoire auquel on a donné la forme d’une exécution musicale : le contenu et la forme frappent l’esprit par des correspondances à des niveaux d’élaboration structurale. Paroles chamaniques et musiques ritualisées sont des formes de communications monovalentes dont la circulation est sévèrement surveillée et dont le message convient à une seule situation d’énonciation. Le chant chamanique apparaît comme un schéma de communication qui correspond point par point à des situations particulières de communication par le son dans les sociétés amazoniennes.
Sujet: Personnalités
Topique: Beaudet
Prénom: Jean-Michel
Type de personnalité: Ethnologue
Type de personnalité: Musicologue
ethnomusicologue http://www.ethnomusicologie.fr/jmbeaudet
Sujet: Musique par type et genre
Topique: Communication musicale Wayᾶpis
Localisation spatiale du thème: Guyane
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Musicologie
Libellé: Communication musicale Wayᾶpis
Localisation spatiale du thème: Guyane
Communication musicale Wayᾶpis
Titre: Extraits musicaux : 7 métamorphoses de l’appel du toucan (Wayᾶpis)
Durée: 00:27:51   [01:34:09 > 02:00:29]
Langue(s): Français
Extrait sonore des 7 métamorphoses de l’appel du toucan (flûte) (1 :40 :27.533). Le personnage principal s’appelle «le toucan» (c’est une signature thématique selon Beaudet).
Sujet: Musique par type et genre
Topique: 7 métamorphoses de l’appel du toucan (Wayᾶpis)
Localisation spatiale du thème: Guyane
Sujet: Musicien, oeuvre, instrument de musique et pratique musicale
Topique: Guyane
Flûte chez les indiens Wayᾶpis

9 chapitres.
  • Dans une perspective de déconstruction entre l’écrit et l’oral, Carlo SEVERI appelle à la réflexion et pour ce fait, il propose d’introduire les notions d’iconographie et d’art de la mémoire. Enseigner la recherche, dit-il, c’est enseigner une réflexion sur les paris qu’un chercheur a pris, expliquant que sa préoccupation est celle de la construction d’un point de vue original sur la production du symbolisme dans une culture. Sont concernés non seulement les contenus d’un type de représentation, mais surtout les formes de la circulation d’un patrimoine lié à des conditions sociales, que Severi appelle la «mémoire sociale». La question est donc de savoir comment l’on construit du mémorable dans une société, c’est-à-dire quelles sont les techniques de propagation, de communication et de préservation de certaines représentations à partir du point de vue ethnographique - c’est-à-dire à partir d’objets concrets - en imaginant leur circulation. Carlo Severi est spécialiste des Kunas (Panama). Dans cette réflexion sur les paris que prend le chercheur, il est parfois utile, dit SEVERI, d’examiner les positions de ses adversaires, et pour lui, ce sont par exemple ceux qui pensent que l’introduction de l’écriture a tout changé dans les cultures humaines, comme Walter Ong dont il cite le livre «Orality and writing».
  • Une partie des positions d’Ong est reprise par Havelock dans «Oralité et civilisation de l’écriture». Ong prétend que l’écriture est l’invention qui a le plus changé l’humanité car elle a une influence fondamentale sur la pensée. De là découle pour Ong, d’une part le fait que le langage devient un objet manipulable, et que par un mot par exemple, on peut évoquer un objet absent (mémoire ou avenir: c’est-à-dire un concept), d’autre part, le fait que toute une série de possibilités naît de cette nouvelle occurrence mentale entre l’énonciateur et l’objet concept. La naissance de l’écriture entraîne le passage d’un grand paradigme épistémologique à un autre car avant, selon Ong, tout reposait sur la domination du sens auditif (empathie, intériorité, confusion, etc.). L’écriture, selon lui, permet le passage à une pensée fondée sur le regard (séparation de l’objet, discontinuité, distanciation du sujet, etc.). Pour SEVERI, c’est une position extrême car cela sous-entend qu’une société orale ne connaîtrait pas l’élaboration d’une pensée conceptuelle et serait constituée de traditions sans mémoire.
  • Pour SEVERI, la thèse d'Ong représente une position extrême car cela sous-entend qu’une société orale ne connaîtrait pas l’élaboration d’une pensée conceptuelle et serait constituée de traditions sans mémoire. Ce serait un grand obstacle épistémologique qui ne permettrait pas le passage à la discontinuité et donc à la rationalité. Or, d’une part, le psychologue Jérôme Bruner dans «Child talk» a mis en évidence le fait que la référence à un objet absent apparaît chez les enfants autour du 18ème mois. On comprend donc que ce n’est pas l’écriture, dit SEVERI, qui permet l’abstraction. D’autre part, la psychologie de la perception a travaillé sur le regard et l’ouïe et en a déduit que nous reconnaissons de la même manière les choses selon ces deux perceptions. On peut donc dire qu’Ong a tort, mais il faut alors mettre en place une analyse positive, dit SEVERI, pour aller plus loin.
  • La situation Kuna se présente comme un grand labyrinthe d’histoires. Carlo Severi rappelle le processus de la maladie mentale chez les Kunas, à travers la présence du Jaguar du ciel et du soleil. Les histoires sont des bribes d’images qu’on se passe et qui reprennent inlassablement les questions du monde. C’est une forme de communication particulièrement tolérante sur les détails et la prononciation, qui maintient quelques focalisations d’une intrigue et qui est véhiculé par une parole fluide qui contient potentiellement des doutes, explique SEVERI. Tout se passe comme si c’était le contenu qui posait problème et qui était responsable de la mémorisation, donnant l’impression que les formes de communication sont dépourvues de pertinence. Le modèle occidental, linéaire, avec un narrateur et un public, a tendance à penser que son fonctionnement peut s’appliquer à toutes les sociétés, or chez les Kunas par exemple, les histoires du Jaguar sont focalisées sur le fait de passer de la parole quotidienne à la parole forte.
  • Les «professionnels de l’énonciation», ceux qui sont là pour chanter ces chants Kunas, c’est-à-dire pour préserver la culture et ses représentations, le font dans une langue incompréhensible pour le patient. On voit donc le paradoxe d’une attention soutenue à la parole et d’une situation de communication indifférente à la transmission du sens: quelqu’un parle pour que l’autre, précisément, ne comprenne pas, explique SEVERI. On est devant une situation énigmatique: d’un côté les histoires qui frappent l’esprit destinées à tous et racontées par tout le monde, et de l’autre côté, une parole apprise pendant des années, incompréhensible par le profane et indifférente à la transmission du sens. Les textes deviennent la propriété exclusive du narrateur et impliquent une ritualisation de l’énonciation dont la parole devient active. Ce sont les situations de parole qui déterminent les contextes spécifiques de certains savoirs.
  • Il s’agit du départ d’une âme qui s’égare. Or à aucun moment on ne racontera cela au-delà de brèves allusions. Le chant se divise en 5 séquences titrées : 0- Partie secrète (naissance mythique de Tronc Léger) récitée par le chamane pour lui-même 1- Dans la maison du chamane (axe vers lequel le chant doit être adressé) : image de l’énonciateur 2- Comment sculpter Tronc léger (chef des esprits auxiliaires du chamane) : parcours que le chamane doit faire pour trouver l’arbre qu’il sculptera pour donner vie à l’esprit 3- Les villages du chamane des esprits 4- Le retour (transformation vers la mer puis le feu) On retrouve un leitmotiv, une phrase type qui s’impose comme un thème dominant dont les indications complémentaires vont varier. L’histoire devient une toile de fond du texte qui prête son attention à une série d’organisations non narratives.
  • L’histoire se situe en arrière du chant qui exhibe une forme complètement différente. Le contexte est celui d’une circulation très surveillée de la parole et la forme est celle d’une organisation sonore, indifférente au sens et à visée thérapeutique. Le mythe secret, la partie 0, permet au chamane d’avoir une bonne relation avec les esprits. Cette relation, dans toute l’Amazonie, est appelée «fiançailles». Connaître le secret d’un esprit animal, sa naissance ou son principe d’existence, signifie ne pas se faire attaquer par cet animal. Le système typique et commun à tout le chamanisme amazonien est celui des musiques dit Severi, une musique sans musique, une prosodie.
  • SEVERI expose les travaux de Jean-Michel Beaudet, et notamment «Souffles d’Amazonie», publié par la Société d’ethnologie à Nanterre. Il cite Beaudet: «Tout acte de musique dans cette société est un acte de communication». Avec l’exemple des Wayᾶpis, on peut faire une sorte de sociologie de la musique en prenant trois niveaux de socialisation : l’individuel, la classe d’âge et le village. On distingue alors le solo, le Ture et le chant clanique (accompagné d’une danse). Cette sociologie répond à deux caractères importants de la musique : sa structure interne et son caractère monovalent. Dans le chant individuel on voit une distinction entre les auteurs et les intervalles. Dans le chant clanique il n’y a pas de distinction de notes mais on a des hétérophonies (la mélodie des hommes est à l’unisson alors que les femmes sont dans une sorte de canons désorganisés). Le Ture (clarinettes) est caractérisé par des plages de l’auteur et par l’intervention de contraste dans le timbre. Chaque musique est donc appropriée pour une seule situation de communication. Les instruments, les humains et les animaux parlent chez les Wayᾶpis, mais seuls les humains chantent.Les répertoires sont très définis, intolérants, et conduisent à des images musicales précises qui sont la propriété de quelqu’un, structurées de façon très fortes et similaires aux chants chamaniques Kuna. Le chant est une histoire auquel on a donné la forme d’une exécution musicale : le contenu et la forme frappent l’esprit par des correspondances à des niveaux d’élaboration structurale. Paroles chamaniques et musiques ritualisées sont des formes de communications monovalentes dont la circulation est sévèrement surveillée et dont le message convient à une seule situation d’énonciation. Le chant chamanique apparaît comme un schéma de communication qui correspond point par point à des situations particulières de communication par le son dans les sociétés amazoniennes.
Titre: Séance 3- Chants chamaniques kuna et communication musicale Wayᾶpis
Sous-titre: Anthropologie comparée des "Arts de la mémoire"
Auteur(s): Carlo SEVERI
Durée: 02:00:29
Date de réalisation: 03/01/2005
Lieu de réalisation: EHESS, 105 Bd Raspail 75006 Paris, France
Genre: Extrait d'une enquête ethnographique filmée
Langue(s): Français
Cette archive correspond à la troisième séance d'une présentation de Carlo SEVERI, anthropologue, directeur d'études à l'EHESS, sur les Arts de la mémoire. La première partie de cette séance présente le contexte de recherche dans lequel il travaille et plus précisément ici le thème de la mémoire sociale dans les sociétés de tradition orale. Il fait un rappel de la thèse d'Ong et Havelock sur l'oralité et l'écrit, avant de la réfuter et de laisser place, dit-il, à une analyse positive. La seconde partie expose des exemples précis de sa démarche, basés à la fois sur les kunas de Panama dont il est spécialiste et sur la communication musicale chez les Wayᾶpis de Guyane. Plusieurs extraits sonores (Métamorphoses de l'appel du toucan) concluent cette troisième séance.
Sujet: Approches et thèmes de recherche
Topique: Anthropologie culturelle
Discipline, domaine: Anthropologie de la maladie
Discipline, domaine: Anthropologie de la santé
Discipline, domaine: Anthropologie du langage
Discipline, domaine: Anthropologie sociale
Discipline, domaine: Ethnomédecine
Libellé: Chant chamanique kuna et communication musicale Wayᾶpis
Localisation spatiale du thème: Guyane ; Panamá
Sujet: Médecine traditionnelle
Topique: Chamanisme kuna
Détail particulier: Panama
Localisation spatiale du thème: Panamá
Sujet: Pratique religieuse
Topique: Chamanisme kuna
Localisation spatiale du thème: Panamá
Sujet: Musique par type et genre
Topique: Communication musicale Wayᾶpis
Localisation spatiale du thème: Guyane
Sujet: Pays
Topique: Guyane
Sujet: Pays
Topique: Panamá
Type: Sites web
Auteur: Page sur Jean-Michel Beaudet
Url: http://www.ethnomusicologie.fr/jmbeaudet
Depuis 1977, Jean-Michel se consacre à la caractérisation des musiques des basses terres d’Amérique du Sud, ce qui l’a conduit à des travaux ethnographiques chez différents peuples de cette grande région : Wayãpi, Kali’na et Parikwene (Guyane française), Takana, Chacobo et Weenhayek (Bolivie). De 1984 à 1988, il a initié la caractérisation systématique des musiques et danses kanaks, tout en conduisant la formation de jeunes chercheurs kanaks et en participant à l’action culturelle dans toutes les régions de la Grande Terre et des Iles Loyauté. Outre les caractérisations musicales, sa recherche fondamentale a porté sur les musiques orchestrales d’Amazonie (orchestres de clarinettes tule), les applications entre organisation musicales et organisation musicale, les significations produites par ces actes de musique. Enfin, depuis 1995, JMB concentre ces diverses recherches sur l’étude du mouvement et des cultures chorégraphiques des basses terres d’Amérique du Sud.
Carlo SEVERI. "Anthropologie comparée des Arts de la mémoire", http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=2d269406-00eb-4311-a05d-ddf3cef75977&mediatype=VideoWhitShots, 2005.
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
L'auteur de cette ressource audiovisuelle est l'ESCoM (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias) à la FMSH (Fondation Maison des Sciences de l'Homme) , Paris, 2005.
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
"Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/" Veuillez, ensuite, créer 1/ le lien : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr et 2/ l'intitulé "Creative Commons - Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France" (via la boîte "Liens")
Titre: Analyse de l'archive segmentée sur les Arts de la mémoire (tradition orale)
Sous-titre: Cours de Carlo SEVERI sur les chants chamaniques kuna et la communication musicale Wayᾶpis
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: PAPINO, Manuela. Analyse de l'archive découpée "Anthropologie comparée des arts de la mémoire - Cours de Carlo SEVERI", http://www.amsur.msh-paris.fr/Video.aspx?domain=422ede87-ce4b-42a9-8f79-b85c80665af0&language=fr&id=2d269406-00eb-4311-a05d-ddf3cef75977&mediatype=VideoWhitShots, 2012.
Id analyse: a96482d7-2258-4d24-94eb-769fa523ddc9
Id vidéo: 2d269406-00eb-4311-a05d-ddf3cef75977
Cette archives correspond à la troisième séance d'un séminaire d'anthropologie comparée sur les Arts de la mémoire, que Carlo SEVERI réalise en présence de ses étudiants. Cette troisième séance est dédiée à la réfutation de la thèse d'Ong et Havelock sur l'écriture et l'oralité, illustrée par des exemples concrets que SEVERI tirent de ses propres recherches sur les kunas (Panama) mais aussi de celles de Beaudet sur les Wayᾶpis (Guyane). Il est à noter qu'il donne à écouter, à la fin de la séance, des extraits de chants Wayᾶpis (flûtes et voix humaines correspondant aux métamorphoses de l'appel du toucan).