Jean-Pierre Desbordes, ancien enseignant au lycée Henri Brisson.

Chapitre

Titre: Formation et débuts de carrière à l'Ecole Nationale Professionnelle (devenue Lycée Henri Brisson)
Durée: 00:07:49   [00:00:00 > 00:07:49]
Jean-Pierre Desbordes, né en 1936 à Vierzon Village, nous raconte dans ce début d'entretien filmé comment toute sa scolarité a tourné autour de son futur lieu de travail, l'Ecole Nationale Professionnelle. Il explique avoir donc suivi les cours de maternelle, puis de primaire, et enfin la formation technique pour arriver en 1955 à décrocher le diplôme, intitulé à l'époque le "diplôme ENP". Il précise le niveau exigeant de la formation en son temps, où la moyenne générale devait forcément dépasser les 12/20 pour finir son année "C'était quand même quelque chose d'assez ardu". Son diplôme en poche, Monsieur Desbordes intègre l'usine Chausson, usine automobile qui comme Peugeot ou Citroen à l'époque, venait démarcher ses futurs employés à la sortie de l'école à Vierzon "A l'époque, on était en plein boom du secteur automobile". Son embauche l'emmène à Reims, où il revient après son service militaire dans l'usine Chausson et pense son plan de carrière de manière bien pensée. Mais alors qu'il est contremaître et travaille environ 66 heures par semaine, il décide de bifurquer de parcours. "La vie de famille était réduite à sa plus simple expression : avec ma femme, on se croisait dans l'escalier...". Il décide alors de passer le cours pour être enseignant comme sa femme, et est d'abord affecté à Blois, où il incarne le premier professeur d'enseignement technique dans le lycée de la ville. Il s'installe plus tard à Vierzon, "sur m(s)es terres", où il enseigne l'automatisme, discipline qui à l'époque n'est qu'à l'état expérimental, alors que les usines françaises sont en pleine reforme technologique.
Titre: Formation et automatisme
Durée: 00:06:24   [00:07:49 > 00:14:14]
Monsieur Desbordes a enseigné pendant trente ans l'automatisme à des élèves de BTS de l'ENP "A l'époque, personne n'y croyait !", et explique comment ces nouveaux savoirs ont impacté la modernisation des usines vierzonnaises (comme Nadella, Paulstra, ou encore Fulmen) à l'arrivée de la nouvelle main d'oeuvre qualifiée. Toute la difficulté pour l'enseignant est de créer un savoir théorique sur une discipline dont ni les contours, ni les contenus n'ont été définis ("C'était une science naissante à l'époque."). Puis dans les années 1980, Monsieur Desbordes raconte comment il a été chargé par le recteur de l'académie Orléans -Tours de se charger de la mise en place de nouvelles formations techniques pour les enseignants. Ainsi en 1985, tous les référentiels des enseignants de ces formations évoluent et les formations sont réactualisées vers un savoir de moins en moins manuel et de plus en plus théorique (on passe notamment des "professeurs ménagers" à des "professeurs de technologie").
Titre: Une passion pour l'Ecole Nationale Professionnelle
Durée: 00:10:57   [00:14:14 > 00:25:11]
Dans cette partie d'entretien, Monsieur Desbordes explique son engagement pour la conservation de la mémoire du lieu qu'est l'ENP, qu'il s'exprime à travers la publication de ses ouvrages sur le sujet, ou bien au sein de l'association des Vierz'arts, rassemblant les anciens élèves de l'école. "Quand on fait l'ENP comme on la faisait à l'époque, on restait attaché à cette formation..." : il expose ici un changement important entre deux générations, l'une qui restait attachée aux traditions, aux anciens camarades d'école, et les étudiants contemporains qui se montrent selon lui un peu plus détachés face à cette institution "Il y avait vraiment un esprit de corps qui n'existe plus aujourd'hui...". Monsieur Desbordes explique aussi que les étudiants s'engagent peu dans l'association des Vierz'arts à la sortie de l'école, qui compte de moins en moins d'anciens depuis la fin des années 1980. Ensuite, Monsieur Desbordes dépeint ce qu'était le quotidien d'un élève à l'époque où il l'était lui-même : une discipline de fer, des traditions autour du port de l'uniforme et des costumes, des retours à la maison uniquement pendant les vacances, un emploi du temps réglé comme du papier à musique,... Monsieur Desbordes affirme aussi que la majorité des élèves étaient d'origine modeste et venaient des quatre coins de la France : fils d'agriculteurs, d'artisans, petits industriels, petits commerçants. A la fin du passage, il évoque le succès du modèle pédagogique du lycée technique vierzonnais qui sera copié dans toute la France, de 1881 à son inauguration, à 1937 où le dernier ENP est investi.
Titre: Les femmes à l'ENP
Durée: 00:04:40   [00:25:11 > 00:29:52]
Monsieur Desbordes raconte dans ce passage comment le premier ENP réservé aux jeunes filles voit le jour en 1889 à Bourges (le lycée Jacques Coeur), qui propose des enseignements liés à des secteurs professionnels dits "féminins" comme la confection ou le commerce. Il explique ensuite comment l'ENP de Vierzon ne s'est ouvert aux jeunes filles qu'en 1968, époque à laquelle l'école devient mixte. Cette arrivée de la future main d'oeuvre féminine dans l'établissement va engendrer un certain nombre de réformes, comme la création du secteur Céramique, impulsée par l'industriel vierzonnais Monsieur Larchevêque, ou encore l'arrivée des femmes dans des secteurs très masculins comme celui de la forge.
Titre: L'arrivée controversée de l'automatisme
Durée: 00:12:55   [00:29:52 > 00:42:47]
Dans ce passage, il revient sur les débuts des cours d'automatisme dans les écoles vers 1967, qui ont provoqué une forme de scepticisme de la part des élèves et des enseignants. Monsieur Desbordes raconte avoir entendu plus d'une fois "L'automatisme, c'est du vent !", alors qu'il est déjà à l'époque convaincu du caractère indispensable de ces évolutions, lui qui quelques années plus tôt avait anticipé ces changements alors qu'il était contremaitre d'outillage au sein de l'usine Chausson. Il explique aussi dans ce passage comment ces formations ont supposé une transformation totale de l'appréhension du monde de l'usine et des compétences de la main d'oeuvre : on passait à un temps où dans les bureaux d'études, les machines les unes à côté des autres attendaient d'être programmées pour se mettre en marche par un mécanicien devant connaître parfaitement les caractéristiques de coupe, de fraisage ou encore de tournage.
Titre: Un engagement pour l'innovation technique
Durée: 00:16:32   [00:42:47 > 00:59:20]
Jean-Pierre Desbordes revient ici sur l'origine de son engagement pour ces formations techniques et nous donne son regard sur les évolutions corrélées à l'automatisation dans la société : l'évolution des prix, les progrès de la médecine, le rapport entre professeur et élève, entre patron et employé, et l'idée d'une rentabilité totale (dans certaines usines, Monsieur Desbordes explique que les machines fonctionnent 24h/24 sur les ébauches la nuit et les finitions le jour).
Titre: L'adaptation des hommes à l'innovation
Durée: 00:13:17   [00:59:20 > 01:12:37]
Monsieur Desbordes évoque dans cet extrait d'entretien les conséquences de ces changements sociétaux et notamment dans les usines pour les hommes qui y travaillent : il parle d'une adaptation parfois compliquée, qui n'était pas naturelle. Dans ce système libéral pour lui, il est indispensable que les hommes s'adaptent aux usines et aux évolutions du travail. Pour cela, il pense que le rôle des animateurs, et des pédagogues, comme celui qu'il a tenu, est central.
Titre: L'association des Vierz'arts
Durée: 00:17:01   [01:12:37 > 01:29:38]
Monsieur Desbordes revient ici sur ce qu'il appelle "l'esprit Vierz'arts", un esprit associatif de transmission et d'entretien d'un réseau entre les anciens et les nouveaux élèves de l'Ecole Nationale Professionnelle. Il explique que cet esprit commence à s'effacer, à disparaître avec les années. Aujourd'hui, l'association compte encore une quinzaine de bénévoles dont la moyenne d'âge est 65 ans. Il évoque aussi le soucis que l'association a affronté avec l'ANPE dans les années 1990, car l'association faisait le lien entre les usines vierzonnaises et les élèves sortis de l'école lorsqu'il y avait besoin de recrutement. A ce moment, on leur reproche de cour cicuiter les chiffres officiels en jouant le rôle du prédécesseur de l'actuel Pole Emploi. Aujourd'hui, l'association est affaiblie aussi selon ses dires parce qu'elle ne remplit plus ce rôle de tampon.

8 chapitres.
  • Jean-Pierre Desbordes, né en 1936 à Vierzon Village, nous raconte dans ce début d'entretien filmé comment toute sa scolarité a tourné autour de son futur lieu de travail, l'Ecole Nationale Professionnelle. Il explique avoir donc suivi les cours de maternelle, puis de primaire, et enfin la formation technique pour arriver en 1955 à décrocher le diplôme, intitulé à l'époque le "diplôme ENP". Il précise le niveau exigeant de la formation en son temps, où la moyenne générale devait forcément dépasser les 12/20 pour finir son année "C'était quand même quelque chose d'assez ardu". Son diplôme en poche, Monsieur Desbordes intègre l'usine Chausson, usine automobile qui comme Peugeot ou Citroen à l'époque, venait démarcher ses futurs employés à la sortie de l'école à Vierzon "A l'époque, on était en plein boom du secteur automobile". Son embauche l'emmène à Reims, où il revient après son service militaire dans l'usine Chausson et pense son plan de carrière de manière bien pensée. Mais alors qu'il est contremaître et travaille environ 66 heures par semaine, il décide de bifurquer de parcours. "La vie de famille était réduite à sa plus simple expression : avec ma femme, on se croisait dans l'escalier...". Il décide alors de passer le cours pour être enseignant comme sa femme, et est d'abord affecté à Blois, où il incarne le premier professeur d'enseignement technique dans le lycée de la ville. Il s'installe plus tard à Vierzon, "sur m(s)es terres", où il enseigne l'automatisme, discipline qui à l'époque n'est qu'à l'état expérimental, alors que les usines françaises sont en pleine reforme technologique.
  • Monsieur Desbordes a enseigné pendant trente ans l'automatisme à des élèves de BTS de l'ENP "A l'époque, personne n'y croyait !", et explique comment ces nouveaux savoirs ont impacté la modernisation des usines vierzonnaises (comme Nadella, Paulstra, ou encore Fulmen) à l'arrivée de la nouvelle main d'oeuvre qualifiée. Toute la difficulté pour l'enseignant est de créer un savoir théorique sur une discipline dont ni les contours, ni les contenus n'ont été définis ("C'était une science naissante à l'époque."). Puis dans les années 1980, Monsieur Desbordes raconte comment il a été chargé par le recteur de l'académie Orléans -Tours de se charger de la mise en place de nouvelles formations techniques pour les enseignants. Ainsi en 1985, tous les référentiels des enseignants de ces formations évoluent et les formations sont réactualisées vers un savoir de moins en moins manuel et de plus en plus théorique (on passe notamment des "professeurs ménagers" à des "professeurs de technologie").
  • Dans cette partie d'entretien, Monsieur Desbordes explique son engagement pour la conservation de la mémoire du lieu qu'est l'ENP, qu'il s'exprime à travers la publication de ses ouvrages sur le sujet, ou bien au sein de l'association des Vierz'arts, rassemblant les anciens élèves de l'école. "Quand on fait l'ENP comme on la faisait à l'époque, on restait attaché à cette formation..." : il expose ici un changement important entre deux générations, l'une qui restait attachée aux traditions, aux anciens camarades d'école, et les étudiants contemporains qui se montrent selon lui un peu plus détachés face à cette institution "Il y avait vraiment un esprit de corps qui n'existe plus aujourd'hui...". Monsieur Desbordes explique aussi que les étudiants s'engagent peu dans l'association des Vierz'arts à la sortie de l'école, qui compte de moins en moins d'anciens depuis la fin des années 1980. Ensuite, Monsieur Desbordes dépeint ce qu'était le quotidien d'un élève à l'époque où il l'était lui-même : une discipline de fer, des traditions autour du port de l'uniforme et des costumes, des retours à la maison uniquement pendant les vacances, un emploi du temps réglé comme du papier à musique,... Monsieur Desbordes affirme aussi que la majorité des élèves étaient d'origine modeste et venaient des quatre coins de la France : fils d'agriculteurs, d'artisans, petits industriels, petits commerçants. A la fin du passage, il évoque le succès du modèle pédagogique du lycée technique vierzonnais qui sera copié dans toute la France, de 1881 à son inauguration, à 1937 où le dernier ENP est investi.
  • Monsieur Desbordes raconte dans ce passage comment le premier ENP réservé aux jeunes filles voit le jour en 1889 à Bourges (le lycée Jacques Coeur), qui propose des enseignements liés à des secteurs professionnels dits "féminins" comme la confection ou le commerce. Il explique ensuite comment l'ENP de Vierzon ne s'est ouvert aux jeunes filles qu'en 1968, époque à laquelle l'école devient mixte. Cette arrivée de la future main d'oeuvre féminine dans l'établissement va engendrer un certain nombre de réformes, comme la création du secteur Céramique, impulsée par l'industriel vierzonnais Monsieur Larchevêque, ou encore l'arrivée des femmes dans des secteurs très masculins comme celui de la forge.
  • Dans ce passage, il revient sur les débuts des cours d'automatisme dans les écoles vers 1967, qui ont provoqué une forme de scepticisme de la part des élèves et des enseignants. Monsieur Desbordes raconte avoir entendu plus d'une fois "L'automatisme, c'est du vent !", alors qu'il est déjà à l'époque convaincu du caractère indispensable de ces évolutions, lui qui quelques années plus tôt avait anticipé ces changements alors qu'il était contremaitre d'outillage au sein de l'usine Chausson. Il explique aussi dans ce passage comment ces formations ont supposé une transformation totale de l'appréhension du monde de l'usine et des compétences de la main d'oeuvre : on passait à un temps où dans les bureaux d'études, les machines les unes à côté des autres attendaient d'être programmées pour se mettre en marche par un mécanicien devant connaître parfaitement les caractéristiques de coupe, de fraisage ou encore de tournage.
  • Jean-Pierre Desbordes revient ici sur l'origine de son engagement pour ces formations techniques et nous donne son regard sur les évolutions corrélées à l'automatisation dans la société : l'évolution des prix, les progrès de la médecine, le rapport entre professeur et élève, entre patron et employé, et l'idée d'une rentabilité totale (dans certaines usines, Monsieur Desbordes explique que les machines fonctionnent 24h/24 sur les ébauches la nuit et les finitions le jour).
  • Monsieur Desbordes évoque dans cet extrait d'entretien les conséquences de ces changements sociétaux et notamment dans les usines pour les hommes qui y travaillent : il parle d'une adaptation parfois compliquée, qui n'était pas naturelle. Dans ce système libéral pour lui, il est indispensable que les hommes s'adaptent aux usines et aux évolutions du travail. Pour cela, il pense que le rôle des animateurs, et des pédagogues, comme celui qu'il a tenu, est central.
  • Monsieur Desbordes revient ici sur ce qu'il appelle "l'esprit Vierz'arts", un esprit associatif de transmission et d'entretien d'un réseau entre les anciens et les nouveaux élèves de l'Ecole Nationale Professionnelle. Il explique que cet esprit commence à s'effacer, à disparaître avec les années. Aujourd'hui, l'association compte encore une quinzaine de bénévoles dont la moyenne d'âge est 65 ans. Il évoque aussi le soucis que l'association a affronté avec l'ANPE dans les années 1990, car l'association faisait le lien entre les usines vierzonnaises et les élèves sortis de l'école lorsqu'il y avait besoin de recrutement. A ce moment, on leur reproche de cour cicuiter les chiffres officiels en jouant le rôle du prédécesseur de l'actuel Pole Emploi. Aujourd'hui, l'association est affaiblie aussi selon ses dires parce qu'elle ne remplit plus ce rôle de tampon.
Titre: Jean-Pierre Desbordes, ancien enseignant au lycée Henri Brisson
Date de réalisation: 01/11/2015
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Jean-Pierre Desbordes tisse ses souvenirs de carrière d'enseignant au lycée Henri Brisson à Vierzon, et en profite pour redessiner l'histoire de cet établissement descendant de l’École Nationale Professionnelle, entité emblématique du rayonnement historique de la vie industrielle de la ville.
Nom: CARNEIRO
Prénom: Valentine
Rôle: Réalisateurs d'oeuvres audiovisuelles
Adresse: Université François-Rabelais de Tours, France, 2016
© CARNEIRO Valentine, Université François-Rabelais de Tours, France, 2016
Nom: DESBORDES
Prénom: Jean-Pierre
Rôle: Contributeur (par catégorie)
Adresse: Vierzon, France, 2016
© DESBORDES Jean-Pierre, Vierzon, France, 2016
Nom: Université François Rabelais de Tours /CITERES/ CETU ETIcS
Rôle: Producteurs d'oeuvres audiovisuelles
© Université François Rabelais de Tours /CITERES/ CETU ETIcS, 2016
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
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Titre: Analyse de l'entretien filmé de Jean-Pierre Desbordes, ancien enseignant au lycée Henri Brisson
Type: Analyses thématiques
Id analyse: ac15590e-5a16-4716-81d9-117c7f561d5e
Id vidéo: e1aae5be-87b5-424d-81d0-31457d5a50c5