Jacky Nombret, une vie d'engagement syndical à la CGT (entretien 2).

Chapitre

Titre: Embauche à la Précision Moderne et débuts dans le syndicalisme
Durée: 00:04:20   [00:00:00 > 00:04:20]
Dans cet extrait, Jacky Nombret évoque les conditions de son embauche à la Précision Moderne en 1958 à 17 ans et de son engagement syndical. Il évoque le rapport de ses parents au syndicalisme et raconte sa propre initiation au syndicalisme dès l’école professionnelle : il souligne le rôle de Roger Parent dans ce cadre. Adhérant à la CGT dès 1959, il se souvient de l’aide offerte par le syndicat pendant ses années d’armée entre 1961 et 1963.
Titre: Premières années de délégué syndical à la Précision Moderne/Denison
Durée: 00:03:40   [00:04:20 > 00:08:01]
Jacky Nombret raconte les élections au sein de son usine et ses premiers mandats de délégué CGT, d’abord en tant que suppléant en 1966, puis titulaire à partir de 1967 : il le restera jusqu’à son départ de l’usine. Il rappelle que la Précision Moderne employait des ouvriers très qualifiés, qui étaient les mieux payés de la région et étaient rémunérés aux boni. Il évoque les grèves de mai 68, déclenchées par solidarité avec les étudiants davantage que pour des revendications propres à l’entreprise.
Titre: Changement de catégorie professionnelle et élections professionnelles de 1968 à 1976
Durée: 00:06:00   [00:08:01 > 00:14:01]
Jacky Nombret se souvient de sa nomination en tant que chef d’équipe à la Précision Moderne/Denison en février 1968. A partir de cette date, il ne fait donc plus partie du collège ouvriers-employés mais du collège cadres. Selon lui, ce collège n’entendait pas élire des représentants de la CGT. Il évoque donc ses défaites successives aux élections de 1969 à 1971. La création du 2e collège, celle des agents de maîtrise-techniciens-dessinateurs, en plus du 1er, celui des ouvriers-employés et du 3e, celui des cadres, change la donne : un chef d’atelier CGT est élu en 1973. Jacky Nombret est élu en 1976 aux côtés de Marc Delat, secrétaire de CE, qu’il connaît depuis leur enfance commune. Désormais, les deux amis se présenteront et seront toujours élus tous les deux.
Titre: Les années puis la fin de l’engagement syndicaliste à l’union locale et départementale CGT
Durée: 00:02:37   [00:14:01 > 00:16:38]
Jacky Nombret revient sur les actions menées pour l’union locale et départementale de la CGT à partir de 1963 : participation à des réunions, à des cours, aide à l’implantation du syndicat dans les entreprises des villages autour de Vierzon... Il reconnaît que cet investissement, qui générait des absences continuelles, s’est fait au détriment de sa vie de famille. Le soutien constant de son épouse à ses actions n’empêche pas cette dernière de poser un ultimatum à la naissance de leur troisième fille. Jacky Nombret renonce donc à son engagement auprès de l’union locale et départementale et se consacrera désormais à son engagement syndical au sein de l’usine.
Titre: Les missions d’administrateur de la CAF : une véritable passion
Durée: 00:05:39   [00:16:38 > 00:22:18]
Jacky Nombret raconte son engagement en tant qu'administrateur de la CAF pour la CGT de 1981 jusqu’en 2011, à 69 ans. Il avoue que cette mission a été une véritable passion, car elle lui permettait de transposer les principes de la CGT sur le plan social. Il y a été longtemps président de la commission paritaire des recours amiables qui décidait des remises de dettes des allocataires et représentant de la CAF pour le fonds d’aide aux jeunes dans plusieurs villes du département. Il est particulièrement fier de sa médaille de la sécurité sociale qu’il a reçue en remerciement du temps qu’il a dédié à sa mission à la CAF.
Titre: Les missions de délégué régional CGT auprès de Malakoff Médéric pour les retraites complémentaires
Durée: 00:05:40   [00:22:18 > 00:27:58]
Jacky Nombret se souvient des actions liées à son mandat de délégué régional CGT pour les retraites complémentaires en tant que représentant de la caisse de retraite Capimec auprès de Malakoff Médéric de 1998 à 2011. Il représentait une région regroupant 33 départements, notamment lors des assemblés générales de Malakoff Médéric à Paris : il décrit l’évolution de l’organisation de ces assemblées générales, depuis leurs débuts dans la cantine du siège où il fallait déblayer les tables et les sièges jusqu’aux salles louées près des Champs-Elysées avec champagne et petits fours, générant des dépenses qu'il n'approuvait pas.
Titre: Les rachats successifs de l'entreprise, les grèves, notamment celle de 1987
Durée: 00:02:40   [00:27:58 > 00:30:39]
Jacky Nombret raconte qu’il a géré de nombreuses grèves pendant ses années de travail, allant jusqu’à fermer l’usine avec cadenas et chaînes à plusieurs reprises. Il précise que la Précision Moderne a été rachetée en 1960 par Denison puis en 1966 par Abex puis par le groupe suédois Hägglunds qui a licencié 86 salariés en 1987 malgré le combat syndical mené par Jacky Nombret et ses camarades.
Titre: Tentative de licenciement de Jacky Nombret
Durée: 00:08:10   [00:30:39 > 00:38:50]
Jacky Nombret détaille les événements de la période où le directeur général d’Hägglunds a tenté de le faire licencier, ainsi qu’un autre délégué et deux syndiquées CGT. Il raconte avec une émotion contenue la réception de la lettre de licenciement et surtout la « mobilisation générale » qui a suivi, de ses camarades de l’usine mais aussi de la mairie de Vierzon. Il expose les procédures successives, de l’inspectrice du travail jusqu’au ministère du travail de l’époque, qui ont toutes conclu au refus de son licenciement. L’entreprise a alors emmené l’affaire au tribunal administratif : cette procédure prenait du temps et les soutiens se sont multipliés pendant cette période (débrayages, rassemblements avec des ouvriers d’autres entreprises). Enfin Jacky Nombret se remémore l'entretien qu'il a eu en 1990, lors d’un arrêt de travail, avec le directeur général de Denison qui a mis fin de manière pacifiée et ferme à toute procédure à son encontre.
Titre: Pressions et harcèlements en 1989-1990
Durée: 00:02:31   [00:38:50 > 00:41:21]
Jacky Nombret raconte les pressions et les différents types de harcèlements subis en 1989 et début 1990 à la suite des grèves de 1987 : responsable du service après-vente, on le place aux commandes d’une machine à sableuse pendant 6 mois ; le personnel se voit interdire de le saluer ; on lui fait compter des boulons dans un hangar non chauffé au cœur de l’hiver… Il évoque un « climat de terreur » dans l’entreprise en 1989. Il se souvient également que sa secrétaire a été placardisée et que deux licenciements ont eu lieu. Il tient à remercier ses soutiens de l'époque, que ce soit à la mairie de Vierzon ou de ses anciens camarades délégués, y compris dans d'autres entreprises.
Titre: Une démarche auprès du ministère pour éviter le vol de brevets après le rachat de l’entreprise par Hägglunds
Durée: 00:03:38   [00:41:21 > 00:44:59]
Jacky Nombret se remémore un entretien auprès d’un chef de cabinet du ministère du travail avec le député PCF de Vierzon pour évoquer le risque de vol de brevets par les Suédois après le rachat de l'entreprise par la société Hägglunds.
Titre: Solidarité des salariés avec les autres entreprises lors des conflits et grèves
Durée: 00:05:12   [00:44:59 > 00:50:12]
Jacky Nombret se souvient du soutien syndical que lui et ses camarades apportaient aux entreprises alors en difficulté comme Julietta, l’usine de confection occupée par les ouvrières qu’il allait soutenir et protéger la nuit. Il évoque ses actions envers les ouvriers de LBM qui ont fini par former une SCOP, Unelec ou Fulmen… Il existait un lien très fort entre les travailleurs de Vierzon et les salariés soutenaient leurs camarades d’autres entreprises et d’autres secteurs industriels, comme la porcelaine ou la confection.
Titre: La Précision Moderne, « usine-pilote » au niveau syndical et politique
Durée: 00:09:39   [00:50:12 > 00:59:51]
Jacky Nombret évoque la Précision Moderne comme une usine « pilote » à la fois au niveau syndical et au niveau politique. Il détaille les raisons de son adhésion au parti en 1975, dont il a été membre du comité de section de Vierzon. Les relations étaient privilégiées avec la mairie. Il cite les noms de nombreux hommes politiques vierzonnais avec qui il a collaboré, notamment d’anciens maires, qui étaient des anciens de la Précision moderne. Il évoque le nom de militants qui ont marqué son parcours et leur rend hommage.
Titre: La création de l’Amicale des résidents de Chaillot
Durée: 00:02:52   [00:59:51 > 01:02:43]
Jacky Nombret revient sur la construction de la cité de Chaillot (dans laquelle il demeure toujours) en 1970-71 par l’Abri familial. Face au constructeur qui multiplie les malfaçons, il crée avec un ami l’association « l’Amicale des résidents de Chaillot » pour défendre les futurs propriétaires allocataires et s’y engage pendant 6 ans.
Titre: Carrière de Jacky Nombret au comité d’entreprise de 1976 à 1999
Durée: 00:04:17   [01:02:43 > 01:07:00]
Jacky Nombret raconte ses élections successives de 1976 à 1999 au comité d’entreprise de la Précision Moderne-Denison avec son ami et collègue Marc Delat. Il explique l’impact social et économique du CE tel qu’ils l’ont voulu et géré pendant ces années. Il se souvient avoir passé 8 jours de formation en école de commerce afin d’apprendre et de comprendre les ficelles économiques de la gestion des entreprises et des comités d’entreprise, car les sommes gérées étaient importantes. 50 % des subventions du CE passaient dans la cantine. Avec les 50 % restants, le CE organisait des événements pour les salariés.
Titre: La réunion de tous les retraités de la Précision Moderne/Denison
Durée: 00:05:12   [01:07:00 > 01:12:13]
Jacky Nombret prend l’exemple d’une action du CE de la Précision Moderne/Denison qui lui tient particulièrement à coeur : l’organisation d’une journée de réunion de tous les retraités de l’entreprise en 1983. Il explique le déroulé de cette journée au château de Bouges, dont le CE avait loué la salle de l’orangerie : les 250 personnes présentes ont longtemps été reconnaissantes envers les organisateurs, notamment lui-même et Marc Delat.
Titre: Les voyages organisés par le comité d’entreprise de la Précision Moderne/Denison
Durée: 00:02:17   [01:12:13 > 01:14:31]
Jacky Nombret explique ici la mise en place des premiers voyages du comité d’entreprise. D’abord réticent, il adhère finalement au projet lorsqu’il constate que 80 % des personnes parties lors du premier voyage, en Corse, étaient du personnel de production. Ces voyages ont rencontré de plus en plus de succès parmi les salariés et Jacky Nombret se souvient des différents pays visités.
Titre: Les autres activités organisées par le comité d’entreprise de la Précision Moderne/Denison
Durée: 00:10:28   [01:14:31 > 01:25:00]
Jacky Nombret évoque les subventions du CE qui permettaient aux enfants des salariés de partir pour des « petits voyages » (colonies de vacances, classes de découverte, centre de loisirs, classes d’anglais,…). Il se remémore également l’organisation et le déroulé des arbres de Noël organisés pour les enfants du personnel. Il rapporte une anecdote sur la répartition des personnes dans les hôtels loués par le CE et évoque les soirées organisées par les délégués dans les hôtels lors des premiers séjours au ski, mais aussi les soirées de Noël ou les soirées champêtres l’été dans le bâtiment social construit dans l’usine. Il raconte les différents voyages d’une journée organisés pour les enfants du personnel et livre avec beaucoup d’émotion une anecdote qui lui permet de faire un retour très positif sur sa vie de militant.
Titre: Le rôle central des épouses de militants
Durée: 00:00:34   [01:25:00 > 01:25:34]
Jacky Nombret rend un hommage appuyé à son épouse et à celle de Marc Delat en évoquant leur soutien et leur aide constante malgré le manque de disponibilité de leurs maris.
Titre: Jacky Nombret et Jean-Pierre Dubour : deux grandes figures de l’engagement à Vierzon
Durée: 00:01:54   [01:25:34 > 01:27:28]
Jacky Nombret évoque ses relations amicales avec Jean-Pierre Dubour, autre grande figure du syndicalisme à Vierzon, qui contrairement à lui, ne s’est jamais investi politiquement, restant militant syndical auprès du tribunal des prud’hommes et dans son entreprise.
Titre: La dimension politique à l’usine de la Précision moderne/Denison
Durée: 00:02:37   [01:27:28 > 01:30:06]
Jacky Nombret se souvient qu’au moment de son adhésion à la CGT en 1958, deux cellules rassemblaient les militants syndiqués et politiques, alors très nombreux. Chaque cellule était notamment responsable du « collage » de son quartier et Jacky Nombret en profite pour nous parler de la stratégie du collage des affiches.
Titre: L'exemple des luttes collectives à la cité Chaillot
Durée: 00:09:36   [01:30:06 > 01:39:42]
Jacky Nombret prend l’exemple de la cité Chaillot pour démontrer l’importance de la dimension politique des luttes collectives. Il se souvient par exemple que de nombreux militants de sa génération ont investi dans la construction de la cité en devenant actionnaires de l’Abri familial, ce qui a permis d’acheter les terrains. Le quartier, anciennement appelé le « quartier rouge », était composé de 680 maisons. Il raconte plusieurs actions menées avec ses collègues de l’Amicale des résidents de Chaillot (nettoyage du bois, création d’un terrain de cross...) et surtout leur combat pour l’ouverture des écoles dans le quartier. Ces actions constituent une grande fierté pour lui. Il évoque également le maire de Vierzon de l’époque avec qui s’était noué un rapport de confiance réciproque. Enfin, il rapporte une anecdote à la suite d'une erreur informatique liée à la francisation d’un prénom. Il conclut l’entretien en disant que tout au long de sa vie de militant, il a tenté d’aider les gens.

21 chapitres.
  • Dans cet extrait, Jacky Nombret évoque les conditions de son embauche à la Précision Moderne en 1958 à 17 ans et de son engagement syndical. Il évoque le rapport de ses parents au syndicalisme et raconte sa propre initiation au syndicalisme dès l’école professionnelle : il souligne le rôle de Roger Parent dans ce cadre. Adhérant à la CGT dès 1959, il se souvient de l’aide offerte par le syndicat pendant ses années d’armée entre 1961 et 1963.
  • Jacky Nombret raconte les élections au sein de son usine et ses premiers mandats de délégué CGT, d’abord en tant que suppléant en 1966, puis titulaire à partir de 1967 : il le restera jusqu’à son départ de l’usine. Il rappelle que la Précision Moderne employait des ouvriers très qualifiés, qui étaient les mieux payés de la région et étaient rémunérés aux boni. Il évoque les grèves de mai 68, déclenchées par solidarité avec les étudiants davantage que pour des revendications propres à l’entreprise.
  • Jacky Nombret se souvient de sa nomination en tant que chef d’équipe à la Précision Moderne/Denison en février 1968. A partir de cette date, il ne fait donc plus partie du collège ouvriers-employés mais du collège cadres. Selon lui, ce collège n’entendait pas élire des représentants de la CGT. Il évoque donc ses défaites successives aux élections de 1969 à 1971. La création du 2e collège, celle des agents de maîtrise-techniciens-dessinateurs, en plus du 1er, celui des ouvriers-employés et du 3e, celui des cadres, change la donne : un chef d’atelier CGT est élu en 1973. Jacky Nombret est élu en 1976 aux côtés de Marc Delat, secrétaire de CE, qu’il connaît depuis leur enfance commune. Désormais, les deux amis se présenteront et seront toujours élus tous les deux.
  • Jacky Nombret revient sur les actions menées pour l’union locale et départementale de la CGT à partir de 1963 : participation à des réunions, à des cours, aide à l’implantation du syndicat dans les entreprises des villages autour de Vierzon... Il reconnaît que cet investissement, qui générait des absences continuelles, s’est fait au détriment de sa vie de famille. Le soutien constant de son épouse à ses actions n’empêche pas cette dernière de poser un ultimatum à la naissance de leur troisième fille. Jacky Nombret renonce donc à son engagement auprès de l’union locale et départementale et se consacrera désormais à son engagement syndical au sein de l’usine.
  • Jacky Nombret raconte son engagement en tant qu'administrateur de la CAF pour la CGT de 1981 jusqu’en 2011, à 69 ans. Il avoue que cette mission a été une véritable passion, car elle lui permettait de transposer les principes de la CGT sur le plan social. Il y a été longtemps président de la commission paritaire des recours amiables qui décidait des remises de dettes des allocataires et représentant de la CAF pour le fonds d’aide aux jeunes dans plusieurs villes du département. Il est particulièrement fier de sa médaille de la sécurité sociale qu’il a reçue en remerciement du temps qu’il a dédié à sa mission à la CAF.
  • Jacky Nombret se souvient des actions liées à son mandat de délégué régional CGT pour les retraites complémentaires en tant que représentant de la caisse de retraite Capimec auprès de Malakoff Médéric de 1998 à 2011. Il représentait une région regroupant 33 départements, notamment lors des assemblés générales de Malakoff Médéric à Paris : il décrit l’évolution de l’organisation de ces assemblées générales, depuis leurs débuts dans la cantine du siège où il fallait déblayer les tables et les sièges jusqu’aux salles louées près des Champs-Elysées avec champagne et petits fours, générant des dépenses qu'il n'approuvait pas.
  • Jacky Nombret raconte qu’il a géré de nombreuses grèves pendant ses années de travail, allant jusqu’à fermer l’usine avec cadenas et chaînes à plusieurs reprises. Il précise que la Précision Moderne a été rachetée en 1960 par Denison puis en 1966 par Abex puis par le groupe suédois Hägglunds qui a licencié 86 salariés en 1987 malgré le combat syndical mené par Jacky Nombret et ses camarades.
  • Jacky Nombret détaille les événements de la période où le directeur général d’Hägglunds a tenté de le faire licencier, ainsi qu’un autre délégué et deux syndiquées CGT. Il raconte avec une émotion contenue la réception de la lettre de licenciement et surtout la « mobilisation générale » qui a suivi, de ses camarades de l’usine mais aussi de la mairie de Vierzon. Il expose les procédures successives, de l’inspectrice du travail jusqu’au ministère du travail de l’époque, qui ont toutes conclu au refus de son licenciement. L’entreprise a alors emmené l’affaire au tribunal administratif : cette procédure prenait du temps et les soutiens se sont multipliés pendant cette période (débrayages, rassemblements avec des ouvriers d’autres entreprises). Enfin Jacky Nombret se remémore l'entretien qu'il a eu en 1990, lors d’un arrêt de travail, avec le directeur général de Denison qui a mis fin de manière pacifiée et ferme à toute procédure à son encontre.
  • Jacky Nombret raconte les pressions et les différents types de harcèlements subis en 1989 et début 1990 à la suite des grèves de 1987 : responsable du service après-vente, on le place aux commandes d’une machine à sableuse pendant 6 mois ; le personnel se voit interdire de le saluer ; on lui fait compter des boulons dans un hangar non chauffé au cœur de l’hiver… Il évoque un « climat de terreur » dans l’entreprise en 1989. Il se souvient également que sa secrétaire a été placardisée et que deux licenciements ont eu lieu. Il tient à remercier ses soutiens de l'époque, que ce soit à la mairie de Vierzon ou de ses anciens camarades délégués, y compris dans d'autres entreprises.
  • Jacky Nombret se remémore un entretien auprès d’un chef de cabinet du ministère du travail avec le député PCF de Vierzon pour évoquer le risque de vol de brevets par les Suédois après le rachat de l'entreprise par la société Hägglunds.
  • Jacky Nombret se souvient du soutien syndical que lui et ses camarades apportaient aux entreprises alors en difficulté comme Julietta, l’usine de confection occupée par les ouvrières qu’il allait soutenir et protéger la nuit. Il évoque ses actions envers les ouvriers de LBM qui ont fini par former une SCOP, Unelec ou Fulmen… Il existait un lien très fort entre les travailleurs de Vierzon et les salariés soutenaient leurs camarades d’autres entreprises et d’autres secteurs industriels, comme la porcelaine ou la confection.
  • Jacky Nombret évoque la Précision Moderne comme une usine « pilote » à la fois au niveau syndical et au niveau politique. Il détaille les raisons de son adhésion au parti en 1975, dont il a été membre du comité de section de Vierzon. Les relations étaient privilégiées avec la mairie. Il cite les noms de nombreux hommes politiques vierzonnais avec qui il a collaboré, notamment d’anciens maires, qui étaient des anciens de la Précision moderne. Il évoque le nom de militants qui ont marqué son parcours et leur rend hommage.
  • Jacky Nombret raconte ses élections successives de 1976 à 1999 au comité d’entreprise de la Précision Moderne-Denison avec son ami et collègue Marc Delat. Il explique l’impact social et économique du CE tel qu’ils l’ont voulu et géré pendant ces années. Il se souvient avoir passé 8 jours de formation en école de commerce afin d’apprendre et de comprendre les ficelles économiques de la gestion des entreprises et des comités d’entreprise, car les sommes gérées étaient importantes. 50 % des subventions du CE passaient dans la cantine. Avec les 50 % restants, le CE organisait des événements pour les salariés.
  • Jacky Nombret prend l’exemple d’une action du CE de la Précision Moderne/Denison qui lui tient particulièrement à coeur : l’organisation d’une journée de réunion de tous les retraités de l’entreprise en 1983. Il explique le déroulé de cette journée au château de Bouges, dont le CE avait loué la salle de l’orangerie : les 250 personnes présentes ont longtemps été reconnaissantes envers les organisateurs, notamment lui-même et Marc Delat.
  • Jacky Nombret explique ici la mise en place des premiers voyages du comité d’entreprise. D’abord réticent, il adhère finalement au projet lorsqu’il constate que 80 % des personnes parties lors du premier voyage, en Corse, étaient du personnel de production. Ces voyages ont rencontré de plus en plus de succès parmi les salariés et Jacky Nombret se souvient des différents pays visités.
  • Jacky Nombret évoque les subventions du CE qui permettaient aux enfants des salariés de partir pour des « petits voyages » (colonies de vacances, classes de découverte, centre de loisirs, classes d’anglais,…). Il se remémore également l’organisation et le déroulé des arbres de Noël organisés pour les enfants du personnel. Il rapporte une anecdote sur la répartition des personnes dans les hôtels loués par le CE et évoque les soirées organisées par les délégués dans les hôtels lors des premiers séjours au ski, mais aussi les soirées de Noël ou les soirées champêtres l’été dans le bâtiment social construit dans l’usine. Il raconte les différents voyages d’une journée organisés pour les enfants du personnel et livre avec beaucoup d’émotion une anecdote qui lui permet de faire un retour très positif sur sa vie de militant.
  • Jacky Nombret prend l’exemple de la cité Chaillot pour démontrer l’importance de la dimension politique des luttes collectives. Il se souvient par exemple que de nombreux militants de sa génération ont investi dans la construction de la cité en devenant actionnaires de l’Abri familial, ce qui a permis d’acheter les terrains. Le quartier, anciennement appelé le « quartier rouge », était composé de 680 maisons. Il raconte plusieurs actions menées avec ses collègues de l’Amicale des résidents de Chaillot (nettoyage du bois, création d’un terrain de cross...) et surtout leur combat pour l’ouverture des écoles dans le quartier. Ces actions constituent une grande fierté pour lui. Il évoque également le maire de Vierzon de l’époque avec qui s’était noué un rapport de confiance réciproque. Enfin, il rapporte une anecdote à la suite d'une erreur informatique liée à la francisation d’un prénom. Il conclut l’entretien en disant que tout au long de sa vie de militant, il a tenté d’aider les gens.
Titre: Jacky Nombret, une vie d'engagement syndical à la CGT (entretien 2)
Date de réalisation: 15/11/2018
Lieu de réalisation: Vierzon
Genre: Entretien filmé
Dans ce deuxième entretien, Jacky Nombret détaille son parcours de militant syndical. Entré à la Précision Moderne en 1958, à 17 ans, il y fait toute sa carrière jusqu’en 1999. Adhérant à la CGT dès 1959, il est élu pour son premier mandat syndical en 1966. Il enchaîne ensuite les mandats jusqu’à son départ de l’entreprise, avec de grandes satisfactions (il se remémore, parfois avec émotion, les actions mises en œuvre pour les salariés et leurs enfants au sein du comité d’entreprise) mais aussi des périodes difficiles comme en 1987 lors d’une vague de licenciements ou les années suivantes lorsqu’il est victime de tentative de licenciement abusif et de harcèlement. En parallèle, il s’engage en 1981 en tant qu’administrateur à la CAF, mission qui le passionne, puis, afin de travailler sur le sujet des retraites complémentaires, pour Capimec auprès de Malakoff-Médéric et enfin dans l’association de défense des habitants de son quartier Chaillot. Cet entretien est également l’occasion de rendre des hommages appuyés à ses camarades militants et ses soutiens, y compris son épouse.
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
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Titre: Jacky Nombret, une vie d'engagement syndical à la CGT
Type: Analyses générales
Id analyse: c560b3bd-2afb-4ae6-bbfa-d88c2a525d62
Id vidéo: 8f078548-672e-47cd-bc20-b6c17e17462a
Dans ce deuxième entretien, Jacky Nombret détaille son parcours de militant syndical. Entré à la Précision Moderne en 1958, à 17 ans, il y fait toute sa carrière jusqu’en 1999. Adhérant à la CGT dès 1959, il est élu pour son premier mandat syndical en 1966. Il enchaîne ensuite les mandats jusqu’à son départ de l’entreprise, avec de grandes satisfactions (il se remémore, parfois avec émotion, les actions mises en œuvre pour les salariés et leurs enfants au sein du comité d’entreprise) mais aussi des périodes difficiles comme en 1987 lors d’une vague de licenciements ou les années suivantes lorsqu’il est victime de tentative de licenciement abusif et de harcèlement. En parallèle, il s’engage en 1981 en tant qu’administrateur à la CAF, mission qui le passionne, puis, afin de travailler sur le sujet des retraites complémentaires, pour Capimec auprès de Malakoff-Médéric et enfin dans l’association de défense des habitants de son quartier Chaillot. Cet entretien est également l’occasion de rendre des hommages appuyés à ses camarades militants et ses soutiens, y compris son épouse.