FRANCIS CHOPINEAU, ANCIEN TECHNICIEN AUX PIÈCES DE RECHANGE, CONTRÔLEUR QUALITÉ, RESPONSABLE MÉTROLOGIE PUIS AUDITEUR QUALITÉ CHEZ CASE.

Chapitre

Titre: La famille et la formation de Francis Chopineau
Durée: 00:06:18   [00:00:00 > 00:06:18]
Francis Chopineau revient dans ce premier extrait sur sa famille et ses études. D'un père ouvrier agricole et d'une mère au foyer, il passe son bac E et commence des études d'architecture. Il doit partir à l'armée et au retour, pressé de fonder une famille, est embauché chez Case, où travaillent déjà sa fiancée et le père de celle-ci, au bureau d'études. Il évoque l'entretien d'embauche et parle également de la carrière de ses frères et de sa soeur, tous bacheliers.
Titre: Les postes au bureau d'études : la mise à jour des livrets d'entretien
Durée: 00:08:17   [00:06:18 > 00:14:35]
Francis Chopineau entre chez Case en juillet 1978, à 23 ans. Il raconte son entretien d'embauche. Agent d'étude, il s'occupait de la nomenclature des matériels. Il se réoriente au sein du bureau des études, dans la mise à jour des notices d’entretien, notamment des chargeuses compactes CASE (uni-loaders). Ces livrets/manuels techniques accompagnaient les produits CASE Vierzon et étaient également distribués chez tous les revendeurs chargés de potentielles réparations et du suivi des références des pièces de rechange. Francis Chopineau avait en charge l’actualisation de ces livrets, nécessitant de photographier en détail toutes les modifications apportées à chaque nouveau modèle et évolution du matériel. Francis Chopineau se souvient des livrets américains originaux, de la nécessité d’adaptation avec les normes européennes et des améliorations fournies suite aux réclamations clients et de l’évolution matérielle. Amateur de photographie, il s’épanouit sur ce poste pendant deux ans, jusqu'à la reprise par CASE US de toute la production mondiale des uni-loaders. Il quitte alors le bureau des études. Il travaille ensuite à la mise à jour des notices et livrets d'entretien et de réparation, notamment sur les trois modèles d'Uniloader : il prenait des photographies et mettait à jour tous les changements de pièces. Ces manuels étaient donnés avec le produit et distribués chez les vendeurs et réparateurs. Il explique l'adaptation des normes américaines aux normes européennes et l'action du bureau d'études pour l'amélioration des machines. Les livrets étaient imprimés par un imprimeur de Vierzon. Il fallait également veiller aux traductions. Il a arrêté ce travail à la fin de la production en France de ces Uniloader.
Titre: Le service des pièces de rechange
Durée: 00:02:25   [00:14:35 > 00:17:01]
En 1981, grâce à un très bon niveau d’anglais, notamment technique, Francis Chopineau intègre le service des pièces de rechange en tant qu’interlocuteur avec l’étranger, notamment pour apporter des solutions techniques sur des chantiers ou des ateliers de réparation. Vierzon occupe encore une place de centre européen des pièces de rechange.
Titre: Innovations informatiques
Durée: 00:05:05   [00:17:01 > 00:22:06]
Francis Chopineau précise que CASE Vierzon était très en avance dans la communication interne, notamment grâce à un des premiers intranets de France. Ce réseau informatique privé permettait de connaître parfaitement l'état des stocks du groupe CASE en temps réel partout dans le monde, facilitait les commandes et évitait les ruptures de stocks. L'introduction du logiciel de conception assisté par ordinateur CATIA fut également une avancée, même si Francis Chopineau concède que cette innovation ne s’est pas faite sans licenciements, avant de compléter : « CASE c’est un peu le rouleau compresseur. Quand ils voulaient mettre en place un système, on avait les moyens. (…) mais il y avait aussi le rouleau compresseur pour écraser les gens qui étaient de trop parce qu’il n’y avait plus besoin d’eux. »
Titre: Contrôleur qualité
Durée: 00:10:14   [00:22:06 > 00:32:20]
Francis Chopineau explique en quoi consistait son nouveau poste de contrôleur qualité : il vérifiait que le travail s’effectuait comme prévu sur la chaîne de montage et procédait à des essais sur un bakou terminé. En concertation avec les chefs d’ateliers, il était également chargé du suivi du plan d’actions correctives sur la chaîne de montage. Il nous explique la différence entre contrôle et qualité et en profite pour rappeler que le principe même de la qualité : « c’est le suivi et l’amélioration constante du produit ». Tous ces efforts traduisaient un vrai souci de la qualité chez CASE. Francis Chopineau occupe ce poste pendant trois ans.
Titre: Responsable métrologie
Durée: 00:03:48   [00:32:20 > 00:36:09]
En 1984, il prend la responsabilité de la métrologie chez CASE. Il nous explique que ce poste consistait à vérifier la fabrication des pièces nouvellement fabriquées. Ce travail de contrôle ne pouvait être réalisé par les opérateurs qui ne disposaient que de simples outils manuels comme des pieds à coulisse, des palmers (micromètre), des gabarits. Il nécessitait des compétences et des outils spécifiques.
Titre: Métrologie des pièces achetées
Durée: 00:03:53   [00:36:09 > 00:40:02]
Francis Chopineau se souvient du basculement des années 1987-1990 et l’externalisation de plus en plus fréquente dans la fabrication des pièces, signant la disparition quasi-totale du tournage, de l’usinage sur le site de Vieron. Seul restait la fabrication de grosses pièces, la soudure, la peinture et le montage. CASE Vierzon achetait alors presque toutes ses pièces auprès de fournisseurs, principalement français. Il précise alors que la difficulté fut aussi la réduction des fournisseurs, en passant de plus de 350 à moins d’une centaine en quelques années. Ce travail de sélection obligeait alors Francis Chopineau à se déplacer directement chez les fournisseurs pour contrôler la qualité de fabrication et le respect des délais. C'est aussi l'époque de l'installation des robots, notamment de soudure, qui représentaient des investissements très importants.
Titre: La fierté de de travailler chez Case
Durée: 00:04:26   [00:40:02 > 00:44:29]
Francis Chopineau évoque la fermeture de Case, qu'il a vécu de manière brutale, d'autant plus qu'elle a également concerné son épouse qui y travaillait en tant que responsable de la comptabilité analytique. Il évoque également la carrière de son beau-père au sein de l'entreprise. Il se souvient de la fierté des Vierzonnais lorsqu'on évoquait l'entreprise Case et ses produits de qualité à un juste prix. " C'était l'entreprise de Vierzon", confie-t-il, "même maintenant".
Titre: Auditeur qualité
Durée: 00:06:47   [00:44:29 > 00:51:16]
Le dernier poste de Francis Chopineau chez Case, d'auditeur qualité, consistait à aller faire des audits chez les fournisseurs sous-traitants, en France et dans tous les pays d'Europe, des entreprises très importantes (Goodyear, Saint-Gobain...) ou plus petites. Il explique le suivi de la fabrication des pièces commandées. Ce travail le passionnait. Il se déplaçait avec une personne des méthodes ou des études et des achats. C'était le début des normes ISO. La gestion des pièces se faisait à flux tendu chez Case, un retard dans les fournisseurs avaient donc des conséquences lourdes, notamment l'arrêt de la fabrication. Au moment de la fermeture, le travail restant sur le site de Vierzon n'était que de l'assemblage des pièces, qui étaient fabriquées ailleurs.
Titre: L'engagement syndical à la CGT et ses conséquences
Durée: 00:06:24   [00:51:16 > 00:57:41]
Francis Chopineau se souvient qu'il a été élu dans de nombreuses instances du personnel (délégué du personnel, comité d'entreprise, CHSCT...). Les représentants de la maîtrise et des cadres y étaient rares, notamment ceux qui étaient affiliés à la CGT, comme Francis Chopineau. Il revient sur les conséquences de cet engagement syndical, qui lui a sans doute coûté quelques déboires, financiers sur son paie ou de ne pas passer cadre par exemple. Il cite ses camarades engagés comme lui qui se sont pourtant battu pour que l'entreprise fonctionne bien. Il regrette la vision rétrograde du patronat français sur l'engagement syndical et explique clairement que c'était parfois difficile à vivre. Il revient sur les raisons de son engagement, et sur le fait qu'il a attendu le départ de son beau-père pour se syndiquer afin de ne pas le gêner. Son épouse l'a toujours soutenu.
Titre: Le choc de l'annonce de la fermeture de Case
Durée: 00:05:28   [00:57:41 > 01:03:09]
L'annonce de la fermeture a été un vrai choc pour Francis Chopineau et son épouse. Selon lui, "c'est des fermetures boursières... on est des pions sur l'échiquier". Il évoque les grèves qui ont suivi l'annonce et explique la différence de réactions entre les bureaux et les ateliers où de fortes personnalités entraînaient les autres dans les mouvements de négociation ou de résistance. Il reconnaît que lui et son épouse ont vécu un moment de rejet contre tout ce qui leur rappelait Case après la fermeture, par dépit : "on était tellement investis... et puis c'était la famille, à divers types".
Titre: Les actions du comité d'entreprise
Durée: 00:02:28   [01:03:09 > 01:05:38]
Francis Chopineau se souvient de l'esprit "de famille" d'entreprise et des arbres de Noël et fêtes de fin d'année, avec spectacle et repas : "tout le monde venait". Le comité d'entreprise organisait aussi des voyages. Il évoque la solidarité et les liens qui perdurent encore aujourd'hui... avec sans doute aussi quelques rancoeurs.
Titre: Les femmes chez Case et les premiers licenciements
Durée: 00:01:28   [01:05:38 > 01:07:06]
Francis Chopineau évoque le nombre de femmes dans les bureaux et les ateliers. Il se souvient de la diminution progressive du nombre des salariés au contrôle qualité au fil des années et des difficiles périodes de licenciement.
Titre: Les luttes à l'annonce de la fermeture de Case
Durée: 00:03:51   [01:07:06 > 01:10:58]
Francis Chopineau se souvient de la période qui a suivi l'annonce de la fermeture de Case et des actions menées par les syndicats et les salariés pour obtenir de meilleures conditions : il évoque les tours de garde de l'usine, la séquestration du directeur et de la cheffe du personnel, l'intervention des CRS... Il évoque la reprise du travail après la fin des négociations et les départs des salariés ayant trouvé du travail ailleurs, comme son épouse.
Titre: La carrière de Francis Chopineau après la fermeture de Case
Durée: 00:07:08   [01:10:58 > 01:18:06]
Francis Chopineau raconte les différentes expériences professionnelles qu'il a vécues après la fermeture de Case : après l'obtention d'un diplôme d'auditeur qualité, il s'aperçoit rapidement qu'il lui sera difficile de lancer sa propre activité dans dce domaine auprès des entreprises. Il est donc d'abord embauché en tant que responsable qualité dans une entreprise d'aéronatique à Romorantin puis chez un fabricant de piscines à Vierzon. Il lance ensuite sa propre entreprise de piscines qui ne perdure pas faute de soutien des banques. Enfin, il devient chef de chantier durant les 7 dernières années de sa carrière, suivant l'intégralité des chantiers de construction de maisons individuelles.
Titre: Case et son groupe
Durée: 00:10:35   [01:18:06 > 01:28:42]
Francis Chopineau évoque les "bons salaires mérités" chez Case, en relation avec le rendement soutenu, le chronométrage sur les chaînes de montage se faisant à la seconde. En tant que syndicaliste, il était contre le système des bonis, qui favorisait les plus forts. Il revient sur ses fonctions en tant qu'élu du personnel : délégué du personnel, membre du CHSCT, élu au comité d'entreprise, puis représentant au comité central d'entreprise. Il a participé à la mise en place de la qualité dans d'autres usines du groupe. Il évoque à ce sujet la rivalité interne entre Case et Poclain. Il explique pourquoi il n'a pas voulu aller travailler dans une autre usine du groupe à la fermeture de Case. Il regrette l'arrêt des évolutions technologiques en cours au sein de Case au moment de sa fermeture. Selon lui, l'entreprise avait toujours su les anticiper et les intégrer, y compris au temps de la Société française. Il évoque les réseaux des anciens de l'Ecole Nationale Professionnelle et regrette la disparation de ces nombreux savoir-faire.
Titre: La profession d'auditeur
Durée: 00:10:04   [01:28:42 > 01:38:47]
Francis revient sur la fin de son parcours et le métier d'auditeur. Il commençait toujours ses audits chez les fournisseurs par la gestion de leur personnel, dont la qualité allait avec l'engagement des salariés et la bonne marche de l'entreprise. Il souligne la qualité des produits fabriqués à Vierzon et celle du bureau d'études, qui a inventé certains systèmes toujours utilisés aujourd'hui. Il se souvient qu'il n'a pas pu aller visiter une usine aux Etats-Unis sans doute à cause de son engagement à la CGT, qui l'a "suivi après". Il raconte en effet que les entreprises qui l'ont embauché ensuite indiquaient qu'elles ne voulaient "pas de syndicat ici".

17 chapitres.
  • Francis Chopineau revient dans ce premier extrait sur sa famille et ses études. D'un père ouvrier agricole et d'une mère au foyer, il passe son bac E et commence des études d'architecture. Il doit partir à l'armée et au retour, pressé de fonder une famille, est embauché chez Case, où travaillent déjà sa fiancée et le père de celle-ci, au bureau d'études. Il évoque l'entretien d'embauche et parle également de la carrière de ses frères et de sa soeur, tous bacheliers.
  • Francis Chopineau entre chez Case en juillet 1978, à 23 ans. Il raconte son entretien d'embauche. Agent d'étude, il s'occupait de la nomenclature des matériels. Il se réoriente au sein du bureau des études, dans la mise à jour des notices d’entretien, notamment des chargeuses compactes CASE (uni-loaders). Ces livrets/manuels techniques accompagnaient les produits CASE Vierzon et étaient également distribués chez tous les revendeurs chargés de potentielles réparations et du suivi des références des pièces de rechange. Francis Chopineau avait en charge l’actualisation de ces livrets, nécessitant de photographier en détail toutes les modifications apportées à chaque nouveau modèle et évolution du matériel. Francis Chopineau se souvient des livrets américains originaux, de la nécessité d’adaptation avec les normes européennes et des améliorations fournies suite aux réclamations clients et de l’évolution matérielle. Amateur de photographie, il s’épanouit sur ce poste pendant deux ans, jusqu'à la reprise par CASE US de toute la production mondiale des uni-loaders. Il quitte alors le bureau des études. Il travaille ensuite à la mise à jour des notices et livrets d'entretien et de réparation, notamment sur les trois modèles d'Uniloader : il prenait des photographies et mettait à jour tous les changements de pièces. Ces manuels étaient donnés avec le produit et distribués chez les vendeurs et réparateurs. Il explique l'adaptation des normes américaines aux normes européennes et l'action du bureau d'études pour l'amélioration des machines. Les livrets étaient imprimés par un imprimeur de Vierzon. Il fallait également veiller aux traductions. Il a arrêté ce travail à la fin de la production en France de ces Uniloader.
  • En 1981, grâce à un très bon niveau d’anglais, notamment technique, Francis Chopineau intègre le service des pièces de rechange en tant qu’interlocuteur avec l’étranger, notamment pour apporter des solutions techniques sur des chantiers ou des ateliers de réparation. Vierzon occupe encore une place de centre européen des pièces de rechange.
  • Francis Chopineau précise que CASE Vierzon était très en avance dans la communication interne, notamment grâce à un des premiers intranets de France. Ce réseau informatique privé permettait de connaître parfaitement l'état des stocks du groupe CASE en temps réel partout dans le monde, facilitait les commandes et évitait les ruptures de stocks. L'introduction du logiciel de conception assisté par ordinateur CATIA fut également une avancée, même si Francis Chopineau concède que cette innovation ne s’est pas faite sans licenciements, avant de compléter : « CASE c’est un peu le rouleau compresseur. Quand ils voulaient mettre en place un système, on avait les moyens. (…) mais il y avait aussi le rouleau compresseur pour écraser les gens qui étaient de trop parce qu’il n’y avait plus besoin d’eux. »
  • Francis Chopineau explique en quoi consistait son nouveau poste de contrôleur qualité : il vérifiait que le travail s’effectuait comme prévu sur la chaîne de montage et procédait à des essais sur un bakou terminé. En concertation avec les chefs d’ateliers, il était également chargé du suivi du plan d’actions correctives sur la chaîne de montage. Il nous explique la différence entre contrôle et qualité et en profite pour rappeler que le principe même de la qualité : « c’est le suivi et l’amélioration constante du produit ». Tous ces efforts traduisaient un vrai souci de la qualité chez CASE. Francis Chopineau occupe ce poste pendant trois ans.
  • En 1984, il prend la responsabilité de la métrologie chez CASE. Il nous explique que ce poste consistait à vérifier la fabrication des pièces nouvellement fabriquées. Ce travail de contrôle ne pouvait être réalisé par les opérateurs qui ne disposaient que de simples outils manuels comme des pieds à coulisse, des palmers (micromètre), des gabarits. Il nécessitait des compétences et des outils spécifiques.
  • Francis Chopineau se souvient du basculement des années 1987-1990 et l’externalisation de plus en plus fréquente dans la fabrication des pièces, signant la disparition quasi-totale du tournage, de l’usinage sur le site de Vieron. Seul restait la fabrication de grosses pièces, la soudure, la peinture et le montage. CASE Vierzon achetait alors presque toutes ses pièces auprès de fournisseurs, principalement français. Il précise alors que la difficulté fut aussi la réduction des fournisseurs, en passant de plus de 350 à moins d’une centaine en quelques années. Ce travail de sélection obligeait alors Francis Chopineau à se déplacer directement chez les fournisseurs pour contrôler la qualité de fabrication et le respect des délais. C'est aussi l'époque de l'installation des robots, notamment de soudure, qui représentaient des investissements très importants.
  • Francis Chopineau évoque la fermeture de Case, qu'il a vécu de manière brutale, d'autant plus qu'elle a également concerné son épouse qui y travaillait en tant que responsable de la comptabilité analytique. Il évoque également la carrière de son beau-père au sein de l'entreprise. Il se souvient de la fierté des Vierzonnais lorsqu'on évoquait l'entreprise Case et ses produits de qualité à un juste prix. " C'était l'entreprise de Vierzon", confie-t-il, "même maintenant".
  • Le dernier poste de Francis Chopineau chez Case, d'auditeur qualité, consistait à aller faire des audits chez les fournisseurs sous-traitants, en France et dans tous les pays d'Europe, des entreprises très importantes (Goodyear, Saint-Gobain...) ou plus petites. Il explique le suivi de la fabrication des pièces commandées. Ce travail le passionnait. Il se déplaçait avec une personne des méthodes ou des études et des achats. C'était le début des normes ISO. La gestion des pièces se faisait à flux tendu chez Case, un retard dans les fournisseurs avaient donc des conséquences lourdes, notamment l'arrêt de la fabrication. Au moment de la fermeture, le travail restant sur le site de Vierzon n'était que de l'assemblage des pièces, qui étaient fabriquées ailleurs.
  • Francis Chopineau se souvient qu'il a été élu dans de nombreuses instances du personnel (délégué du personnel, comité d'entreprise, CHSCT...). Les représentants de la maîtrise et des cadres y étaient rares, notamment ceux qui étaient affiliés à la CGT, comme Francis Chopineau. Il revient sur les conséquences de cet engagement syndical, qui lui a sans doute coûté quelques déboires, financiers sur son paie ou de ne pas passer cadre par exemple. Il cite ses camarades engagés comme lui qui se sont pourtant battu pour que l'entreprise fonctionne bien. Il regrette la vision rétrograde du patronat français sur l'engagement syndical et explique clairement que c'était parfois difficile à vivre. Il revient sur les raisons de son engagement, et sur le fait qu'il a attendu le départ de son beau-père pour se syndiquer afin de ne pas le gêner. Son épouse l'a toujours soutenu.
  • L'annonce de la fermeture a été un vrai choc pour Francis Chopineau et son épouse. Selon lui, "c'est des fermetures boursières... on est des pions sur l'échiquier". Il évoque les grèves qui ont suivi l'annonce et explique la différence de réactions entre les bureaux et les ateliers où de fortes personnalités entraînaient les autres dans les mouvements de négociation ou de résistance. Il reconnaît que lui et son épouse ont vécu un moment de rejet contre tout ce qui leur rappelait Case après la fermeture, par dépit : "on était tellement investis... et puis c'était la famille, à divers types".
  • Francis Chopineau se souvient de l'esprit "de famille" d'entreprise et des arbres de Noël et fêtes de fin d'année, avec spectacle et repas : "tout le monde venait". Le comité d'entreprise organisait aussi des voyages. Il évoque la solidarité et les liens qui perdurent encore aujourd'hui... avec sans doute aussi quelques rancoeurs.
  • Francis Chopineau se souvient de la période qui a suivi l'annonce de la fermeture de Case et des actions menées par les syndicats et les salariés pour obtenir de meilleures conditions : il évoque les tours de garde de l'usine, la séquestration du directeur et de la cheffe du personnel, l'intervention des CRS... Il évoque la reprise du travail après la fin des négociations et les départs des salariés ayant trouvé du travail ailleurs, comme son épouse.
  • Francis Chopineau raconte les différentes expériences professionnelles qu'il a vécues après la fermeture de Case : après l'obtention d'un diplôme d'auditeur qualité, il s'aperçoit rapidement qu'il lui sera difficile de lancer sa propre activité dans dce domaine auprès des entreprises. Il est donc d'abord embauché en tant que responsable qualité dans une entreprise d'aéronatique à Romorantin puis chez un fabricant de piscines à Vierzon. Il lance ensuite sa propre entreprise de piscines qui ne perdure pas faute de soutien des banques. Enfin, il devient chef de chantier durant les 7 dernières années de sa carrière, suivant l'intégralité des chantiers de construction de maisons individuelles.
  • Francis Chopineau évoque les "bons salaires mérités" chez Case, en relation avec le rendement soutenu, le chronométrage sur les chaînes de montage se faisant à la seconde. En tant que syndicaliste, il était contre le système des bonis, qui favorisait les plus forts. Il revient sur ses fonctions en tant qu'élu du personnel : délégué du personnel, membre du CHSCT, élu au comité d'entreprise, puis représentant au comité central d'entreprise. Il a participé à la mise en place de la qualité dans d'autres usines du groupe. Il évoque à ce sujet la rivalité interne entre Case et Poclain. Il explique pourquoi il n'a pas voulu aller travailler dans une autre usine du groupe à la fermeture de Case. Il regrette l'arrêt des évolutions technologiques en cours au sein de Case au moment de sa fermeture. Selon lui, l'entreprise avait toujours su les anticiper et les intégrer, y compris au temps de la Société française. Il évoque les réseaux des anciens de l'Ecole Nationale Professionnelle et regrette la disparation de ces nombreux savoir-faire.
  • Francis revient sur la fin de son parcours et le métier d'auditeur. Il commençait toujours ses audits chez les fournisseurs par la gestion de leur personnel, dont la qualité allait avec l'engagement des salariés et la bonne marche de l'entreprise. Il souligne la qualité des produits fabriqués à Vierzon et celle du bureau d'études, qui a inventé certains systèmes toujours utilisés aujourd'hui. Il se souvient qu'il n'a pas pu aller visiter une usine aux Etats-Unis sans doute à cause de son engagement à la CGT, qui l'a "suivi après". Il raconte en effet que les entreprises qui l'ont embauché ensuite indiquaient qu'elles ne voulaient "pas de syndicat ici".
Titre: FRANCIS CHOPINEAU, ANCIEN TECHNICIEN AUX PIÈCES DE RECHANGE, CONTRÔLEUR QUALITÉ, RESPONSABLE MÉTROLOGIE PUIS AUDITEUR QUALITÉ CHEZ CASE
Date de réalisation: 04/10/2019
Lieu de réalisation: Orçay France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Description et chapitrage en cours de rédaction.
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler la paternité de(s) ayant-droit(s) du contenu du média. Vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/.
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Titre: FRANCIS CHOPINEAU, ANCIEN TECHNICIEN AUX PIÈCES DE RECHANGE, CONTRÔLEUR QUALITÉ, RESPONSABLE MÉTROLOGIE PUIS AUDITEUR QUALITÉ CHEZ CASE
Langue(s): Français
Id analyse: d884ca97-a3cc-4e39-8774-03894b167ea1
Id vidéo: 12b9bc0e-5a63-4451-bace-be562013acca
Description et chapitrage en cours de rédaction.