Socio-histoire des pratiques culturelles. CHARTIER Roger

Chapitre

Titre: Réflexions sur la notion de "parcours intellectuel et académique"
Durée: 00:11:59   [00:00:00 > 00:11:59]
Genre: Extrait d'entretien filmé
Roger CHARTIER est historien, directeur de recherche à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et professeur au Collège de France. Il est reconnu pour ses travaux sur l’histoire littéraire et culturelle. Son projet global vise à interroger les catégories auxquelles nous recourrons communément lorsqu’il s’agit de l’écriture, du texte et de la culture. Après une brève présentation par Peter STOCKINGER, Roger CHARTIER, en mobilisant un célèbre article de Pierre BOURDIEU, indique les dangers liés à toute entreprise biographique, et de là, sa réticence à effectuer une présentation de son « parcours ». Contre les idées de libre arbitre absolu de l’individu, de sa singularité, et de la nécessité de la trajectoire, Roger CHARTIER invite à replacer les trajectoires dans des collectifs. Cet avertissement fait, l’historien indique que la sienne s’inscrit dans une génération qui, à la fin des années 1960, est passée d’une histoire culturelle majoritairement sérielle et statistique à une autre, s’attachant plus aux interprétations des individus.
Type: Persee- Le portail des revues scientifiques
Auteur: Pierre BOURDIEU
Url: http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1986_num_62_1_2317
Bourdieu Pierre. L'illusion biographique. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 62-63, juin 1986. L’illusion biographique. pp. 69-72.
Titre: De la "Nouvelle Histoire"
Durée: 00:11:25   [00:11:59 > 00:23:24]
Roger CHARTIER aborde ici ses domaines de recherche (l’interprétation des textes) et la « Nouvelle Histoire », qui est le nom d’un courant historiographique qu’il a contribué à forgé, en publiant un ouvrage-manifeste du même nom en 1978, avec Jacques LE GOFF et Jacques REVEL. L’idée derrière ce terme était de se démarquer de l’héritage du courant des Annales, alors dominant au XXe siècle. Il s’agissait alors de déterminer de nouvelles méthodes, objets, et domaines de recherche. Un autre aspect de l’ouvrage était aussi de prendre l’histoire elle-même comme objet d’étude. Roger CHARTIER cite ici les travaux pionniers de Michel DE CERTEAU en la matière. Roger CHARTIER indique aussi qu’une troisième volonté de la « Nouvelle Histoire » était de diffuser les savoirs produits par les sciences humaines et sociales à une audience plus large, en ce qu’ils permettent une lecture critique du monde.
Titre: Le propos de la connaissance historique
Durée: 00:11:56   [00:23:24 > 00:35:20]
L’historien mène ici une réflexion sur la spécificité de la connaissance historique par rapport à d’autres sciences sociales. En citant certains sociologues tels que Norbert ELIAS et Pierre BOURDIEU, il indique tout d’abord que les frontières chronologiques entre ces deux disciplines sont de plus en plus floues. En s’appuyant sur une idée de Michel DE CERTEAU, Roger CHARTIER indique qu’il existerait une « opération historiographique » propre à la discipline. Toutefois, plus qu’une différence épistémologique radicale entre les différentes sciences sociales, l’historien indique que les différences sont davantage relatives aux héritages disciplinaires incorporés.
Titre: Au sujet de l'institution littéraire
Durée: 00:14:51   [00:35:20 > 00:50:11]
Une première approche de l’analyse historique de l’institution littéraire consisterait à reconstruire la genèse d’institutions régissant l’activité littéraire. Un second pan consiste selon Roger CHARTIER à historiciser la production, ainsi que la réception des textes. Il s’agit d’étudier les conditions historiques et sociales de ces pratiques, ainsi que toutes les médiations s’établissant entre ces deux pans.
Titre: De la culture écrite
Durée: 00:16:31   [00:50:11 > 01:06:43]
Roger CHARTIER précise ici ses recherches relatives à l’histoire de l’acte de lecture. D’une part, l’historien indique que d’un point de vue diachronique, des paradigmes dominants, mais non exclusifs, ont existé au cours de l’histoire : modèle scolastique au moyen-âge, des « lieux-communs » de la Renaissance, et de la « nouveauté » à partir du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. L’exemple de la Renaissance montre qu’il semble impossible de séparer pratiques de lecture et d’écriture, culture manuscrite et imprimée, et culture littéraire et écrite. Une orientation contemporaine de l’histoire vise à reconstituer ce qui a auparavant été traité de manière séparée. D’autre part, si des modèles dominants de la lecture ont existé, ceux-ci sont liés à la culture lettrée : l’historien précise qu’ils ont coexisté avec d’autres liés à des groupes sociaux différents. A la dimension diachronique s’ajoute donc une autre synchronique à prendre en compte. Si des approches ayant inspiré le programme de l’historien ont problématisé l’acte de réception, elles présentent un certain nombre de limites que Roger CHARTIER expose ici. Il propose de les dépasser en prenant en compte les supports matériels des textes et les postures du corps face à eux.
Titre: L’apport de Bourdieu : habitus et champ
Durée: 00:03:49   [01:06:43 > 01:10:32]
Une précision sur les groupes sociaux formant des « communautés d’interprétations » différentes est apportée. Celles-ci sont définies par des habitus tels que définis par Pierre BOURDIEU, c’est-à-dire des dispositions incorporées socialement et orientant les pratiques et représentations futures. Par ailleurs, il importe de comprendre comment les habitus se déploient au sein de certains espaces sociaux disposant de logiques propres, nommés « champs ».
Titre: Transmission orale et transcription orale
Durée: 00:08:24   [01:10:32 > 01:18:57]
Le chercheur revient ici sur la distinction qu’il effectue entre culture et tradition écrites et culture et traditions orales. Il indique ici que cette précision lui permet d’éviter d’avoir recours à des méta-catégories, comme le fait par exemple le philosophe Jacques DERRIDA. La question plus précise qu’il cherche ainsi à éclairer est celle de la transcription de l’oralité dans des textes et de la transmission par l’oralité de textes écrits, ainsi que les relations entre ces deux processus au cours de l’histoire.
Titre: Fonctions du texte dans les traditions orales et écrites
Durée: 00:08:44   [01:18:57 > 01:27:41]
Dans un article intitulé « Le texte et la voix », l’historien développe l’idée selon laquelle le texte occupe des fonctions différentes dans les traditions orales et écrites : dans les premières, il est lié à un effet spectaculaire, alors qu’il a davantage à voir avec une quête du sens dans les secondes. Il apporte ici certaines nuances à cette proposition, rétrospectivement jugée trop rigide.
Titre: L'apport des recherches de Paul Zumthor sur l'oralité
Durée: 00:07:18   [01:27:41 > 01:35:00]
Le travail de Paul ZUMTHOR sur l’oralité et la littérature médiévales ont selon Roger CHARTIER permis de briser un certain nombre d’anachronismes relatifs aux modes de circulation des textes, à l’édition, à l’anonymat, etc. A titre d’exemple, l’historien indique que l’une des répliques théâtrales les plus connues mondialement (« Etre ou ne pas être, telle est la question ») n’était pas présente dans la première édition de Hamlet. Cette réflexion sur le monde médiéval a eu de nombreuses répercussions sur la recherche historique concernant l’époque moderne.
Type: Encyclopédies
Auteur: Bernard CERQUIGLINI
Url: http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-zumthor/
Bernard CERQUIGLINI, « ZUMTHOR PAUL - (1912-1995) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 décembre 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-zumthor/
Type: Persee- Le portail des revues scientifiques
Auteur: Michèle GALLY
Url: www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_1987_num_6_13_1090
Gally Michèle. Paul Zumthor, La lettre et la voix. De la « littérature » médiévale. In: Médiévales, n°13, 1987. Apprendre le Moyen-âge aujourd'hui, sous la direction de Didier Lett et François-Jérôme Beaussart. pp. 167-168.
Titre: De l’importance du « genre »
Durée: 00:11:26   [01:35:00 > 01:46:27]
En ce qui concerne la notion de « genre », Roger CHARTIER indique tout d’abord que les découpages en différentes catégories de genres littéraires sont soumis à d’importantes variations historiques et sociales qu’il est important d’interroger. Par ailleurs, la catégorie de genre est également à employer comme une catégorie éditoriale, ce qui suppose d’inverser l’analyse : plutôt que d’étudier comment une œuvre répondant à un genre rencontre différentes catégories éditoriales, il s’agit au contraire de se demander comment une unité éditoriale s’empare de différents genres textuels. En définitive, en recourant à une analyse mêlant la définition littéraire et éditoriale du genre, les possibilités d’analyse deviennent plus importantes. Enfin, Roger CHARTIER évoque des pistes possibles d’une analyse sociologique en termes de genres.
Titre: Le genre de la "gueuserie"
Durée: 00:12:52   [01:46:27 > 01:59:19]
Roger CHARTIER présente ici le genre de la gueuserie, qu’il a pris pour objet d’étude au début des années 1980. Il le définit comme un genre textuel européen du XVIIe siècle dont l’unité se trouve dans une description du monde social des marges dominées, qu’il légitime et dont il dévoile le langage dissimulé. L’étude menée par l’historien a consisté à repérer l’origine de ces textes, leurs thématiques communes, mais aussi leur diversité au sein de cette histoire partagée. Grâce à leur entrée dans la « Bibliothèque bleue », ils peuvent être, en un sens, considérés comme populaires. Il explique comment cet ensemble de textes a suivi un nombre de déplacements successifs pour l’adapter à ses lecteurs supposés. En définitive, il indique en quoi la traduction et les déplacements qu’elle opère peut-être une porte d’entrée pour une histoire de la lecture.
Titre: Le genre épistolaire
Durée: 00:08:22   [01:59:19 > 02:07:41]
Le genre épistolaire a également été étudié par Roger CHARTIER : il permettait de traiter de multiples pans de la culture écrite. La question orientant ce travail était alors de savoir pourquoi des manuels de modèles de lettres avaient été largement diffusés et lus sans que quiconque ne les ait jamais utilisés pour écrire des lettres. Un intérêt proche consistait à mesurer la distance entre les normes et les pratiques épistolaires, à partir des corpus conservés.
Titre: L'histoire de l'édition française
Durée: 00:07:08   [02:07:41 > 02:14:49]
Enfin, Roger CHARTIER a consacré une part importante de son travail à l’édition française. L’intérêt porté à cet objet tient au fait que le processus d’édition permet d’envisager la problématique des relations entre auteurs, textes, et lecteurs, avec différents acteurs intervenant au cours de celui-ci. Ce projet est né de la volonté d’un éditeur, Promodis. Il consistait à partir de la catégorie d’édition pour mener une étude plus large sur la production, la transformation et la réception de la culture écrite.
Type: Persee- Le portail des revues scientifiques
Auteur: Alain VAILLANT
Url: http://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1986_num_27_3_2337
Vaillant Alain. Histoire de l'édition française, sous la direction de Henri-Jean Martin et Roger Chartier.. In: Revue française de sociologie, 1986, 27-3. Sociologie de l'art et de la littérature, sous la direction de Jean-Claude Chamboredon et Pierre-Michel Menger. pp. 577-580.

13 chapitres.
  • Extrait d'entretien filmé. Roger CHARTIER est historien, directeur de recherche à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et professeur au Collège de France. Il est reconnu pour ses travaux sur l’histoire littéraire et culturelle. Son projet global vise à interroger les catégories auxquelles nous recourrons communément lorsqu’il s’agit de l’écriture, du texte et de la culture. Après une brève présentation par Peter STOCKINGER, Roger CHARTIER, en mobilisant un célèbre article de Pierre BOURDIEU, indique les dangers liés à toute entreprise biographique, et de là, sa réticence à effectuer une présentation de son « parcours ». Contre les idées de libre arbitre absolu de l’individu, de sa singularité, et de la nécessité de la trajectoire, Roger CHARTIER invite à replacer les trajectoires dans des collectifs. Cet avertissement fait, l’historien indique que la sienne s’inscrit dans une génération qui, à la fin des années 1960, est passée d’une histoire culturelle majoritairement sérielle et statistique à une autre, s’attachant plus aux interprétations des individus.
  • Roger CHARTIER aborde ici ses domaines de recherche (l’interprétation des textes) et la « Nouvelle Histoire », qui est le nom d’un courant historiographique qu’il a contribué à forgé, en publiant un ouvrage-manifeste du même nom en 1978, avec Jacques LE GOFF et Jacques REVEL. L’idée derrière ce terme était de se démarquer de l’héritage du courant des Annales, alors dominant au XXe siècle. Il s’agissait alors de déterminer de nouvelles méthodes, objets, et domaines de recherche. Un autre aspect de l’ouvrage était aussi de prendre l’histoire elle-même comme objet d’étude. Roger CHARTIER cite ici les travaux pionniers de Michel DE CERTEAU en la matière. Roger CHARTIER indique aussi qu’une troisième volonté de la « Nouvelle Histoire » était de diffuser les savoirs produits par les sciences humaines et sociales à une audience plus large, en ce qu’ils permettent une lecture critique du monde.
  • L’historien mène ici une réflexion sur la spécificité de la connaissance historique par rapport à d’autres sciences sociales. En citant certains sociologues tels que Norbert ELIAS et Pierre BOURDIEU, il indique tout d’abord que les frontières chronologiques entre ces deux disciplines sont de plus en plus floues. En s’appuyant sur une idée de Michel DE CERTEAU, Roger CHARTIER indique qu’il existerait une « opération historiographique » propre à la discipline. Toutefois, plus qu’une différence épistémologique radicale entre les différentes sciences sociales, l’historien indique que les différences sont davantage relatives aux héritages disciplinaires incorporés.
  • Une première approche de l’analyse historique de l’institution littéraire consisterait à reconstruire la genèse d’institutions régissant l’activité littéraire. Un second pan consiste selon Roger CHARTIER à historiciser la production, ainsi que la réception des textes. Il s’agit d’étudier les conditions historiques et sociales de ces pratiques, ainsi que toutes les médiations s’établissant entre ces deux pans.
  • Roger CHARTIER précise ici ses recherches relatives à l’histoire de l’acte de lecture. D’une part, l’historien indique que d’un point de vue diachronique, des paradigmes dominants, mais non exclusifs, ont existé au cours de l’histoire : modèle scolastique au moyen-âge, des « lieux-communs » de la Renaissance, et de la « nouveauté » à partir du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. L’exemple de la Renaissance montre qu’il semble impossible de séparer pratiques de lecture et d’écriture, culture manuscrite et imprimée, et culture littéraire et écrite. Une orientation contemporaine de l’histoire vise à reconstituer ce qui a auparavant été traité de manière séparée. D’autre part, si des modèles dominants de la lecture ont existé, ceux-ci sont liés à la culture lettrée : l’historien précise qu’ils ont coexisté avec d’autres liés à des groupes sociaux différents. A la dimension diachronique s’ajoute donc une autre synchronique à prendre en compte. Si des approches ayant inspiré le programme de l’historien ont problématisé l’acte de réception, elles présentent un certain nombre de limites que Roger CHARTIER expose ici. Il propose de les dépasser en prenant en compte les supports matériels des textes et les postures du corps face à eux.
  • Une précision sur les groupes sociaux formant des « communautés d’interprétations » différentes est apportée. Celles-ci sont définies par des habitus tels que définis par Pierre BOURDIEU, c’est-à-dire des dispositions incorporées socialement et orientant les pratiques et représentations futures. Par ailleurs, il importe de comprendre comment les habitus se déploient au sein de certains espaces sociaux disposant de logiques propres, nommés « champs ».
  • Le chercheur revient ici sur la distinction qu’il effectue entre culture et tradition écrites et culture et traditions orales. Il indique ici que cette précision lui permet d’éviter d’avoir recours à des méta-catégories, comme le fait par exemple le philosophe Jacques DERRIDA. La question plus précise qu’il cherche ainsi à éclairer est celle de la transcription de l’oralité dans des textes et de la transmission par l’oralité de textes écrits, ainsi que les relations entre ces deux processus au cours de l’histoire.
  • Dans un article intitulé « Le texte et la voix », l’historien développe l’idée selon laquelle le texte occupe des fonctions différentes dans les traditions orales et écrites : dans les premières, il est lié à un effet spectaculaire, alors qu’il a davantage à voir avec une quête du sens dans les secondes. Il apporte ici certaines nuances à cette proposition, rétrospectivement jugée trop rigide.
  • Le travail de Paul ZUMTHOR sur l’oralité et la littérature médiévales ont selon Roger CHARTIER permis de briser un certain nombre d’anachronismes relatifs aux modes de circulation des textes, à l’édition, à l’anonymat, etc. A titre d’exemple, l’historien indique que l’une des répliques théâtrales les plus connues mondialement (« Etre ou ne pas être, telle est la question ») n’était pas présente dans la première édition de Hamlet. Cette réflexion sur le monde médiéval a eu de nombreuses répercussions sur la recherche historique concernant l’époque moderne.
  • En ce qui concerne la notion de « genre », Roger CHARTIER indique tout d’abord que les découpages en différentes catégories de genres littéraires sont soumis à d’importantes variations historiques et sociales qu’il est important d’interroger. Par ailleurs, la catégorie de genre est également à employer comme une catégorie éditoriale, ce qui suppose d’inverser l’analyse : plutôt que d’étudier comment une œuvre répondant à un genre rencontre différentes catégories éditoriales, il s’agit au contraire de se demander comment une unité éditoriale s’empare de différents genres textuels. En définitive, en recourant à une analyse mêlant la définition littéraire et éditoriale du genre, les possibilités d’analyse deviennent plus importantes. Enfin, Roger CHARTIER évoque des pistes possibles d’une analyse sociologique en termes de genres.
  • Roger CHARTIER présente ici le genre de la gueuserie, qu’il a pris pour objet d’étude au début des années 1980. Il le définit comme un genre textuel européen du XVIIe siècle dont l’unité se trouve dans une description du monde social des marges dominées, qu’il légitime et dont il dévoile le langage dissimulé. L’étude menée par l’historien a consisté à repérer l’origine de ces textes, leurs thématiques communes, mais aussi leur diversité au sein de cette histoire partagée. Grâce à leur entrée dans la « Bibliothèque bleue », ils peuvent être, en un sens, considérés comme populaires. Il explique comment cet ensemble de textes a suivi un nombre de déplacements successifs pour l’adapter à ses lecteurs supposés. En définitive, il indique en quoi la traduction et les déplacements qu’elle opère peut-être une porte d’entrée pour une histoire de la lecture.
  • Le genre épistolaire a également été étudié par Roger CHARTIER : il permettait de traiter de multiples pans de la culture écrite. La question orientant ce travail était alors de savoir pourquoi des manuels de modèles de lettres avaient été largement diffusés et lus sans que quiconque ne les ait jamais utilisés pour écrire des lettres. Un intérêt proche consistait à mesurer la distance entre les normes et les pratiques épistolaires, à partir des corpus conservés.
  • Enfin, Roger CHARTIER a consacré une part importante de son travail à l’édition française. L’intérêt porté à cet objet tient au fait que le processus d’édition permet d’envisager la problématique des relations entre auteurs, textes, et lecteurs, avec différents acteurs intervenant au cours de celui-ci. Ce projet est né de la volonté d’un éditeur, Promodis. Il consistait à partir de la catégorie d’édition pour mener une étude plus large sur la production, la transformation et la réception de la culture écrite.
Titre: Socio-histoire des pratiques culturelles
Sous-titre: Entretien avec Roger CHARTIER
Auteur(s): CHARTIER Roger
Date de réalisation: 02/10/2002
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme 54 boulevard Raspail 75006 Paris France
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
L’historien Roger CHARTIER revient, après avoir mené une réflexion critique sur la notion de biographie, sur différents concepts, notions et courants ayant marqué sa conception de l’histoire et des sciences sociales. Il donne ensuite des précisions sur les objets qu’il a étudiés au cours de sa carrière : la culture écrite de manière large, mais aussi, de manière plus restreinte, les genres littéraires, la « gueuserie », la correspondance épistolaire, et l’édition.
Roger CHARTIER est historien, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et titulaire de la chaire « Ecrit et cultures dans l’Europe moderne ». Ses travaux sur l’histoire du livre, de l’édition et de la lecture ont apporté des contributions majeures pour la connaissance de ces objets et, de manière plus large, pour l’ensemble de la discipline et des sciences sociales. Outre ces activités académiques, il a notamment animé l’émission « Les lundis de l’histoire » sur France Culture jusqu’en 2014. Parmi ses publications abordées au cours de cet entretien, on peut citer La Nouvelle Histoire publié en 1978, Figures de la gueuserie paru en 1982, les quatre tomes de l’Histoire de l’Edition Française, publiés entre 1982 et 1986, ou encore La Correspondance. Les usages de la lettre au XIXe siècle en 1991.
CHARTIER Roger. « Socio-histoire des pratiques culturelles », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°41, 2002, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/41/
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, France, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© CHALLULAU Hélène, réalisatrice, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002 © STOCKINGER Peter, professeur des universités, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, France, 2002
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© CHARTIER Roger, historien, Collège de France/EHESS, Paris, France, 2002
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Socio-histoire des pratiques culturelles »
Sous-titre: Entretien avec Roger CHARTIER
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Socio-histoire des pratiques culturelles ». (Portail ARC, 2015), http://www.arc.msh-paris.fr
Id analyse: dbfbc040-7ece-4d0a-b06b-3f53f2512467
Id vidéo: 06519a49-2db9-44d9-8cb8-471a8c9174e3
Analyse d’un entretien avec l'historien Roger CHARTIER.