La critique de la vie quotidienne. RAYMOND Henri

Chapitre

Titre: Présentation
Durée: 00:11:46   [00:00:00 > 00:11:46]
Henri RAYMOND est professeur émérite de sociologie de l'Université Paris X Nanterre. Il a également été fondateur de l'Ecole d'architecture Paris-Belleville, et du Centre Européen des Sciences Sociales de Vienne. Il commence par indiquer le caractère marquant qu'a eu sa rencontre avec le professeur Henri LEFEBVRE dans ses jeunes années, au collège de Montargis. Par ailleurs, il indique qu'une leçon de marxisme qu'il donna lui fit prendre conscience de ses connaissances sur ces théories. Ainsi, il débuta sa carrière scientifique sous l'égide d'Henri LEFEBVRE, grâce à qui il rencontra des sociologues comme Georges GURVITCH, Alain TOURAINE ou Raymond Aron. Il fit ensuite la connaissance du monde scientifique à Vienne, alors qu'il débutait l'étude sur les pavillonnaires, qui lui permit de s'introduire plus résolument dans le champ scientifique. Il devint ainsi professeur à l'Université Paris X, poste qu'il occupa de nombreuses années.
Titre: Recherche sur l'architecture baroque
Durée: 00:05:11   [00:11:46 > 00:16:57]
Une des premières recherches d'Henri RAYMOND fut consacrée à l'étude de la reconstruction suite à un important séisme à la fin du XVIIème siècle en Sicile. Les caractéristiques du chantier évoquaient le statut de l'architecture et le rapport qu'elle entretenait avec la vie des individus.
Titre: Critique de la vie quotidienne
Durée: 00:09:12   [00:16:57 > 00:26:09]
Suite à la recherche sur l'architecture baroque, Henri RAYMOND entama un travail sur l'étude des « pavillonnaires », considérant que les travaux d'avant-guerre d'Henri LEFEBVRE sur la vie quotidienne étaient trop marqués par le marxisme, et partiels. Selon Henri RAYMOND, la conception selon laquelle la vie quotidienne empêchait les individus de se réaliser pleinement n'était pas satisfaisante, ce qui le mena à étudier ce thème sur le terrain. Il indique en effet qu'après la 2ème guerre mondiale, la conception de la vie quotidienne comme un manque se transforma, et fut représentée comme positive.
Titre: Le statut du négatif
Durée: 00:10:54   [00:26:09 > 00:37:04]
Dans son ouvrage La critique de la vie quotidienne, Henri LEFEBVRE insiste sur le statut négatif de la vie quotidienne, qui empêcherait les individus de se développer. De ce point de vue, les intellectuels furent encouragés à constituer la vie quotidienne comme objet de recherche et de se positionner par rapport à elle.
Titre: L'urbain
Durée: 00:09:03   [00:37:04 > 00:46:07]
Henri RAYMOND indique ici que l'urbain a énormément progressé, de telle manière qu'il n'y aurait plus de non-urbain. Il envisage cette progression à travers le statut du positif et du négatif, faisant par là un détour par la psychanalyse et au passage à l'état de civilisation.
Titre: La certitude scientifique
Durée: 00:12:58   [00:46:07 > 00:59:06]
Le professeur aborde ici la question de la certitude scientifique. Deux grands secteurs scientifiques existent : un où la science a des rapports avec l'ignorance bien délimité (les sciences dure), et un autre où la relation du chercheur par rapport à son objet d'étude introduit une certaine confusion.
Titre: La recherche de l'objet
Durée: 00:07:30   [00:59:06 > 01:06:37]
La « trouvaille » de l'objet est selon le professeur une véritable invention. Cette découverte est parfois le fruit du hasard. Par l'exemple du statut du fonctionnaire, il développe l'idée selon laquelle de nombreux objets n'ont pas été appropriés comme tels et mériteraient des recherches. Il réaffirme enfin la relation forte qu'entretiennent le chercheur et son objet, en sciences sociales.
Titre: L'art de l'architecture
Durée: 00:11:05   [01:06:37 > 01:17:42]
La création de l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville est ici abordée, en collaboration avec l'architecte-urbaniste Bernard Huet. L'idée principale derrière ce projet était de promouvoir un rapprochement entre l'architecture et les sciences humaines. Le deuxième volet consistait à trouver des architectes se consacrant à l'enseignement. Cependant, Henri RAYMOND souligne le relatif échec de ces deux volontés. En ce qui concerne l'art de l'architecture, Henri RAYMOND signale un net désintérêt de la politique quant à la compréhension de sa signification.
Titre: La sociologie de l'art dans l'habitat
Durée: 00:08:30   [01:17:42 > 01:26:12]
L'idée selon laquelle il existerait des sociétés plus sensibles que d'autres à l'architecture est avancée. Henri RAYMOND indique ensuite quelques pistes de recherches à mener en matière de sociologie de l'art et de l'architecture. Ainsi, une enquête sur la perception et la vision par les architectes de la vie quotidienne serait certainement digne d'intérêt.
Titre: Les formes de l'art
Durée: 00:06:57   [01:26:12 > 01:33:10]
Il existerait deux types d'obligations : la personnification des saints et des statuts. Celles-ci se déroulent autour d'un consensus en ce qui concerne les formes de l'art. Aujourd'hui, les rapports entre architecture et société seraient occultés par la dilatation de l'espace social.
Titre: L'héroïsme et la vie quotidienne
Durée: 00:09:36   [01:33:10 > 01:42:47]
Henri RAYMOND indique ici que la vie quotidienne continue d'interroger, sans pour autant que nous n'ayons aucune réponse, car nous ne pensons pas au caractère héroïque de la vie quotidienne. Selon lui, seul Henri LEFEBVRE su décaler son regard sur le rapport entre quotidien et héroïsme. Le cœur de la vie quotidienne se trouverait en effet dans la permanence et la continuité, ce qui serait aujourd'hui disqualifié.

11 chapitres.
  • Henri RAYMOND est professeur émérite de sociologie de l'Université Paris X Nanterre. Il a également été fondateur de l'Ecole d'architecture Paris-Belleville, et du Centre Européen des Sciences Sociales de Vienne. Il commence par indiquer le caractère marquant qu'a eu sa rencontre avec le professeur Henri LEFEBVRE dans ses jeunes années, au collège de Montargis. Par ailleurs, il indique qu'une leçon de marxisme qu'il donna lui fit prendre conscience de ses connaissances sur ces théories. Ainsi, il débuta sa carrière scientifique sous l'égide d'Henri LEFEBVRE, grâce à qui il rencontra des sociologues comme Georges GURVITCH, Alain TOURAINE ou Raymond Aron. Il fit ensuite la connaissance du monde scientifique à Vienne, alors qu'il débutait l'étude sur les pavillonnaires, qui lui permit de s'introduire plus résolument dans le champ scientifique. Il devint ainsi professeur à l'Université Paris X, poste qu'il occupa de nombreuses années.
  • Une des premières recherches d'Henri RAYMOND fut consacrée à l'étude de la reconstruction suite à un important séisme à la fin du XVIIème siècle en Sicile. Les caractéristiques du chantier évoquaient le statut de l'architecture et le rapport qu'elle entretenait avec la vie des individus.
  • Suite à la recherche sur l'architecture baroque, Henri RAYMOND entama un travail sur l'étude des « pavillonnaires », considérant que les travaux d'avant-guerre d'Henri LEFEBVRE sur la vie quotidienne étaient trop marqués par le marxisme, et partiels. Selon Henri RAYMOND, la conception selon laquelle la vie quotidienne empêchait les individus de se réaliser pleinement n'était pas satisfaisante, ce qui le mena à étudier ce thème sur le terrain. Il indique en effet qu'après la 2ème guerre mondiale, la conception de la vie quotidienne comme un manque se transforma, et fut représentée comme positive.
  • Dans son ouvrage La critique de la vie quotidienne, Henri LEFEBVRE insiste sur le statut négatif de la vie quotidienne, qui empêcherait les individus de se développer. De ce point de vue, les intellectuels furent encouragés à constituer la vie quotidienne comme objet de recherche et de se positionner par rapport à elle.
  • Henri RAYMOND indique ici que l'urbain a énormément progressé, de telle manière qu'il n'y aurait plus de non-urbain. Il envisage cette progression à travers le statut du positif et du négatif, faisant par là un détour par la psychanalyse et au passage à l'état de civilisation.
  • Le professeur aborde ici la question de la certitude scientifique. Deux grands secteurs scientifiques existent : un où la science a des rapports avec l'ignorance bien délimité (les sciences dure), et un autre où la relation du chercheur par rapport à son objet d'étude introduit une certaine confusion.
  • La « trouvaille » de l'objet est selon le professeur une véritable invention. Cette découverte est parfois le fruit du hasard. Par l'exemple du statut du fonctionnaire, il développe l'idée selon laquelle de nombreux objets n'ont pas été appropriés comme tels et mériteraient des recherches. Il réaffirme enfin la relation forte qu'entretiennent le chercheur et son objet, en sciences sociales.
  • La création de l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville est ici abordée, en collaboration avec l'architecte-urbaniste Bernard Huet. L'idée principale derrière ce projet était de promouvoir un rapprochement entre l'architecture et les sciences humaines. Le deuxième volet consistait à trouver des architectes se consacrant à l'enseignement. Cependant, Henri RAYMOND souligne le relatif échec de ces deux volontés. En ce qui concerne l'art de l'architecture, Henri RAYMOND signale un net désintérêt de la politique quant à la compréhension de sa signification.
  • L'idée selon laquelle il existerait des sociétés plus sensibles que d'autres à l'architecture est avancée. Henri RAYMOND indique ensuite quelques pistes de recherches à mener en matière de sociologie de l'art et de l'architecture. Ainsi, une enquête sur la perception et la vision par les architectes de la vie quotidienne serait certainement digne d'intérêt.
  • Il existerait deux types d'obligations : la personnification des saints et des statuts. Celles-ci se déroulent autour d'un consensus en ce qui concerne les formes de l'art. Aujourd'hui, les rapports entre architecture et société seraient occultés par la dilatation de l'espace social.
  • Henri RAYMOND indique ici que la vie quotidienne continue d'interroger, sans pour autant que nous n'ayons aucune réponse, car nous ne pensons pas au caractère héroïque de la vie quotidienne. Selon lui, seul Henri LEFEBVRE su décaler son regard sur le rapport entre quotidien et héroïsme. Le cœur de la vie quotidienne se trouverait en effet dans la permanence et la continuité, ce qui serait aujourd'hui disqualifié.
Titre: La critique de la vie quotidienne
Sous-titre: Entretien avec Henri RAYMOND
Auteur(s): RAYMOND Henri
Durée: 01:42:47
Date de réalisation: 13/01/2004
Lieu de réalisation: Fondation Maison des Sciences de l'Homme 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, FRANCE
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Le sociologue Henri RAYMOND revient au cours de cet entretien sur les grandes étapes de son parcours intellectuel et scientifique. Il approfondit ainsi un certain nombre de questions et de thèmes qui l'ont occupé tout au long de sa vie, depuis sa rencontre avec Henri LEFEBVRE dans ses jeunes années jusqu'aux réflexions sur la vie quotidienne en passant par ses travaux sur l'architecture.
Sujet: Sujet
Topique: Espaces pavillonnaires et urbains
Mots-clés: Pavillonnaire; urbain; critique; vie quotidienne
Localisation spatiale du sujet: France
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Dialogue ; Discours militant ; Entretien ; Exposé scientifique
Les recherches du sociologue Henri RAYMOND ont en prtie porté sur l'étude des pavillonnaires et des espaces urbains, dans le cadre plus large d'une critique de la vie quotidienne.
Sujet: Théories et notions scientifiques en SHS
Topique: Notion de la vie quotidienne
Mots-clés: Critique; vie quotidienne; négatif; positif
Discipline, domaine: Sociologie de la vie quotidienne
Localisation spatiale du sujet: France
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Dialogue ; Discussion ; Entretien ; Exposé scientifique
Henri RAYMOND a approfondi au cours de ses recherches la notion de vie quotidienne. En effet, à une analyse marxiste qui la considérait uniquement sous son aspcet négatif, il s'attacha à attirer l'attention sur son versant positif.
Sujet: Sujet
Topique: Sociologie de l'architecture
Domaine: Sociologie de l'art
Domaine: Sociologie de la vie quotidienne
Domaine: Sociologie urbaine
Mots-clés: Sociologie; architecture; art; vie quotidienne; urbain
Libellé: Sociologie de l'art, de l'architecture, de la vie quotidienne et de l'urbain
Mots-clés: Sociologie; architecture; art; vie quotidienne; urbain
Localisation spatiale du sujet: France
Localisation temporelle du sujet: Epoque contemporaine ; XXIe siècle ap. J.-C.
Type de discours consacré au sujet: Dialogue ; Discussion ; Entretien ; Exposé scientifique
Les thèmes de recherche qu'a développés Henri RAYMOND au cours de sa carrière académique sont la sociologie de l'architecture lors de ses premières recherches, puis un approfondissement de la critique de la vie quotidienne ainsi qu'une réflexion sur l'art et l'urbain.
Type: Revue.org - Le portail des revues en ligne
Auteur: Dan Ferrand-Bechmann
Url: http://socio-logos.revues.org/90
Dan Ferrand-Bechmann, « A propos de Henri Lefebvre et Henri Raymond », Socio-logos. Revue de l'association française de sociologie [En ligne], 2 | 2007, mis en ligne le 19 mars 2007, Consulté le 10 février 2015. URL : http://socio-logos.revues.org/90
Type: Conversations
Entretien avec le sociologue Henri RAYMOND autour de la critique de la vie quotidienne, la sociologie de l'art, et de l'architecture.
Type: Contexte "Recherche"
Public cible: Pour tout public
Entretien avec Henri RAYMOND poour toute personne intéressée par la sociologie, l'architecture et l'art.
RAYMOND Henri. « La critique de la vie quotidienne », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°188, 2004, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/188
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
© ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, FRANCE, 2004
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
© CHALLULAU Hélène, réalisatrice, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, FRANCE, 2004
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
© RAYMOND Henri, professeur émérite de sociologie, Université Paris X Nanterre, FRANCE, 2004
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « La critique de la vie quotidienne »
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « La critique de la vie quotidienne » (Portail AGORA, 2015): http://www.agora.msh-paris.fr/
Id analyse: df5956f5-46d5-4bab-b48e-3027494fd568
Id vidéo: 140eb46f-4024-40ed-b274-45f1cd4f690c