Guy Gitteau, ancien tourneur puis responsable du service facturation chez CASE.

Chapitre

Titre: Enfance, formation et entrée à la Société Française
Durée: 00:08:45   [00:00:00 > 00:08:45]
Né en 1930 à Vierzon, Guy Gitteau grandit dans le centre de la ville avec des parents commerçants qui tiennent un café-restaurant dans la rue Victor Hugo. Il livre quelques anecdotes sur la fin de la guerre et les bombardements alliés sur Vierzon. Il débute ensuite une formation industrielle générale à l'ENP mais tombe malade ce qui le conduit à devoir redoubler. Refusant de recommencer une année, il passe le concours d'entrée en apprentissage à la Société Française. Arrivé premier au concours d'entrée, il opte pour la formation de tournage et commence son appprentissage en 1946. Après trois ans de cette formation très qualifiante, il est obtient son CAP en 1949 et intègre la Société Francaise au sein d'un atelier. Formé par un professionnel pendant 15 jours, il commence par travailler sur des pièces destinées au fameux Tracteur 302.
Sujet: Entrée dans la vie professionnelle
Topique: accès au premier emploi
Sujet: Apprentissage - Formation initiale
Topique: apprentissage en alternance
Titre: Cadences et quotidien de travail
Durée: 00:05:04   [00:08:45 > 00:13:50]
Guy Gitteau évoque dans ce passage le rythme de travail en cadence 3 x 8 : il alternait les semaines de nuit, les semaines de jour et d'autres à cheval sur les deux. Il détaille la hiérachie des ateliers (ouvriers, chef d'équipe, chef d'atalier etc.) et l'organisation de travail. Ce travail par roulements rendait rares les contacts entre ouvriers mais le travail ne s'arrêtait jamais "C'était presque un automatisme humain". Il décrit ensuite quelques pièces fabriquées comme les pignons de vitesse, et explique la technique et ses différentes étapes.
Sujet: Pénibilité
Topique: pénibilité physique
Sujet: Gestion du temps professionnel
Topique: variabilité des horaires
Titre: Chaîne opératoire et gestes techniques
Durée: 00:05:08   [00:13:50 > 00:18:58]
Guy Gitteau décrit la chaîne opératoire dans laquelle la "fiche suiveuse" établissait le lien entre les différents ouvriers, chacun se consacrant à une étape différente de la fabrication. Il détaille le trajet complet de fabrication d'une pièce et les différentes opérations : il explique notamment ce qu'était l'étape du traitement, qui consistait à renforcer la dureté du métal :"C'était un peu de la chimie".
Sujet: Chaîne opératoire
Topique: opérations techniques
Titre: Bifurcation de carrière : des ateliers aux bureaux
Durée: 00:08:24   [00:18:58 > 00:27:23]
Après avoir rappelé l'importance de sa formation et de son instructeur d'apprentissage dans son parcours, Guy Gitteau raconte une anecdote sur la différence de vêtements de travail qui lui a donné envie de progresser professionnellement. Il tente de prendre des cours du soir afin de passer le brevet professionnel mais ce souhait s'avère impossible à cause de son appartenance aux équipes travaillant en 3 x 8. Néanmoins en 1952, il entre dans le service de comptabilité comme agent "estimateur de prix de revient" : il explique en quoi consistait son travail en lien avec les débuts de la mécanographie (ancêtre de l'informatique, à cartes perforées). Toujours désireux de progresser, il prend alors des cours du soir de comptabilité, dactylographie, sténo... jusqu'aux bouleversements de 1959.
Sujet: Evolutions professionnelles
Topique: évolution de carrière
Sujet: Evolutions professionnelles
Topique: formation continue
Titre: Bouleversements économiques en 1959 et sociabilités entre ouvriers
Durée: 00:02:46   [00:27:23 > 00:30:09]
En 1959, la Société Française est rachetée par la CASE. Guy Gitteau reconnaît qu'il a toujours préféré le travail manuel au travail de bureau. "c'est dans les ateliers que j'ai trouvé les meilleurs camarades !". Il illustre cet attachement en racontant les dimanches soirs où il sortait au bal avec ses collègues qu'il retrouvait ensuite quelques heures plus tard à l'atelier.
Sujet: Loisirs
Topique: musique / danse
Titre: Souvenirs de Vierzon pendant la Seconde Guerre
Durée: 00:17:49   [00:30:09 > 00:47:59]
Ce passage est consacré aux souvenirs d'enfance de Guy Gitteau : d'abord lors la période d'avant-guerre, avec quelques anecdotes savoureuses comme l'épluchage collectif des haricots verts par les enfants et des souvenirs de son quartier d'origine et de la pension tenue par sa mère. L'esentiel concerne la période de guerre, avec des souvenirs très forts, comme le jour de l'arrivée des Allemands à Vierzon, les abris en cas d'alerte dans les caves voûtées, la ligne de démarcation qui passait précisément dans la ville, sur le Cher, et des anecdotes qui illustrent la peur qui régnait pendant ces années mais aussi les petits gestes de solidarité...
Titre: La vie dans les bureaux et les relations de travail
Durée: 00:11:49   [00:47:59 > 00:59:48]
Guy Gitteau raconte son arrivée dans les bureaux en 1952 en tant que "chef estimateur 1er échelon". Il devient ensuite responsable de la section comptabilité analytique, puis chef de groupe, cadre, responsable du service facturation, chef de service, et enfin archiviste peu avant sa retraite en 1985. Il se souvient que le travail était intéressant mais qu'il a également connu de nombreuses jalousies et quelques coups fourrés. Il souligne que le bleu de travail lui a manqué pendant toutes ces années de bureau, et que même si les "cols blancs" étaient mal vus par les ouvriers, il s'est cependant toujours senti "un des leurs".
Sujet: Evolutions professionnelles
Topique: évolution de carrière
Titre: Bistrots, cantine et logements
Durée: 00:12:39   [00:59:48 > 01:12:28]
Guy Gitteau aborde la place de la sociabilité dans les cafés pour les ouvriers de Vierzon : il existait 14 bistrots autour de la place principale de Vierzon. Les nouveaux apprentis étaient souvent invités à boire un verre par un ouvrier plus ancien puis se voyaient obligés de payer une tournée. Guy Gitteau a peu fréquenté les bistrots, puisqu'il a plutôt choisi de retourner en formation du soir. Il évoque ensuite les casse-croûtes du midi autour du poële, puis la cantine à partir du moment où il a intégré les bureaux. Enfin, il détaille son parcours de logement, commençant par un logement de fonction de la Société Française, pavillon jumelé réservé aux cadres situé à Vierzon-Villages aux Chataigniers qu'il a occupé avec sa famille jusqu'en 1985, où il a acheté une maison "castor" de la SNCF : il en explique le principe.
Sujet: Logement
Topique: le pavillon
Sujet: Logement
Topique: les cités
Sujet: Sociabilités au travail
Topique: pause déjeuner / pause casse-croüte
Titre: Souvenirs de carrière : rencontres, cadences, transmissions des savoir-faire
Durée: 00:12:45   [01:12:28 > 01:25:13]
Guy Gitteau égrène des souvenirs de ses années de travail, notamment ses prises de position contre les grèves, y compris en mai 68 lorsque la CASE a fermé pendant 3 semaines. Il rend hommage à certains de ses collègues ou supérieurs qui l'ont discrètement soutenu. Il explique le calcul du chronométrage et explique qu'il n'a jamais souhaité chronométrer ses collègues. Il explique la solidarité existant entre apprentis et pour finir, nous montre une pièce de bronze réalisée en 2e année d'apprentissage, un essai d'"excentrique" et donne les explications de sa fabrication.
Sujet: Gestion du temps professionnel
Topique: chronométrage
Sujet: Produits
Topique: mécanique

9 chapitres.
  • Né en 1930 à Vierzon, Guy Gitteau grandit dans le centre de la ville avec des parents commerçants qui tiennent un café-restaurant dans la rue Victor Hugo. Il livre quelques anecdotes sur la fin de la guerre et les bombardements alliés sur Vierzon. Il débute ensuite une formation industrielle générale à l'ENP mais tombe malade ce qui le conduit à devoir redoubler. Refusant de recommencer une année, il passe le concours d'entrée en apprentissage à la Société Française. Arrivé premier au concours d'entrée, il opte pour la formation de tournage et commence son appprentissage en 1946. Après trois ans de cette formation très qualifiante, il est obtient son CAP en 1949 et intègre la Société Francaise au sein d'un atelier. Formé par un professionnel pendant 15 jours, il commence par travailler sur des pièces destinées au fameux Tracteur 302.
  • Guy Gitteau évoque dans ce passage le rythme de travail en cadence 3 x 8 : il alternait les semaines de nuit, les semaines de jour et d'autres à cheval sur les deux. Il détaille la hiérachie des ateliers (ouvriers, chef d'équipe, chef d'atalier etc.) et l'organisation de travail. Ce travail par roulements rendait rares les contacts entre ouvriers mais le travail ne s'arrêtait jamais "C'était presque un automatisme humain". Il décrit ensuite quelques pièces fabriquées comme les pignons de vitesse, et explique la technique et ses différentes étapes.
  • Guy Gitteau décrit la chaîne opératoire dans laquelle la "fiche suiveuse" établissait le lien entre les différents ouvriers, chacun se consacrant à une étape différente de la fabrication. Il détaille le trajet complet de fabrication d'une pièce et les différentes opérations : il explique notamment ce qu'était l'étape du traitement, qui consistait à renforcer la dureté du métal :"C'était un peu de la chimie".
  • Après avoir rappelé l'importance de sa formation et de son instructeur d'apprentissage dans son parcours, Guy Gitteau raconte une anecdote sur la différence de vêtements de travail qui lui a donné envie de progresser professionnellement. Il tente de prendre des cours du soir afin de passer le brevet professionnel mais ce souhait s'avère impossible à cause de son appartenance aux équipes travaillant en 3 x 8. Néanmoins en 1952, il entre dans le service de comptabilité comme agent "estimateur de prix de revient" : il explique en quoi consistait son travail en lien avec les débuts de la mécanographie (ancêtre de l'informatique, à cartes perforées). Toujours désireux de progresser, il prend alors des cours du soir de comptabilité, dactylographie, sténo... jusqu'aux bouleversements de 1959.
  • En 1959, la Société Française est rachetée par la CASE. Guy Gitteau reconnaît qu'il a toujours préféré le travail manuel au travail de bureau. "c'est dans les ateliers que j'ai trouvé les meilleurs camarades !". Il illustre cet attachement en racontant les dimanches soirs où il sortait au bal avec ses collègues qu'il retrouvait ensuite quelques heures plus tard à l'atelier.
  • Ce passage est consacré aux souvenirs d'enfance de Guy Gitteau : d'abord lors la période d'avant-guerre, avec quelques anecdotes savoureuses comme l'épluchage collectif des haricots verts par les enfants et des souvenirs de son quartier d'origine et de la pension tenue par sa mère. L'esentiel concerne la période de guerre, avec des souvenirs très forts, comme le jour de l'arrivée des Allemands à Vierzon, les abris en cas d'alerte dans les caves voûtées, la ligne de démarcation qui passait précisément dans la ville, sur le Cher, et des anecdotes qui illustrent la peur qui régnait pendant ces années mais aussi les petits gestes de solidarité...
  • Guy Gitteau raconte son arrivée dans les bureaux en 1952 en tant que "chef estimateur 1er échelon". Il devient ensuite responsable de la section comptabilité analytique, puis chef de groupe, cadre, responsable du service facturation, chef de service, et enfin archiviste peu avant sa retraite en 1985. Il se souvient que le travail était intéressant mais qu'il a également connu de nombreuses jalousies et quelques coups fourrés. Il souligne que le bleu de travail lui a manqué pendant toutes ces années de bureau, et que même si les "cols blancs" étaient mal vus par les ouvriers, il s'est cependant toujours senti "un des leurs".
  • Guy Gitteau aborde la place de la sociabilité dans les cafés pour les ouvriers de Vierzon : il existait 14 bistrots autour de la place principale de Vierzon. Les nouveaux apprentis étaient souvent invités à boire un verre par un ouvrier plus ancien puis se voyaient obligés de payer une tournée. Guy Gitteau a peu fréquenté les bistrots, puisqu'il a plutôt choisi de retourner en formation du soir. Il évoque ensuite les casse-croûtes du midi autour du poële, puis la cantine à partir du moment où il a intégré les bureaux. Enfin, il détaille son parcours de logement, commençant par un logement de fonction de la Société Française, pavillon jumelé réservé aux cadres situé à Vierzon-Villages aux Chataigniers qu'il a occupé avec sa famille jusqu'en 1985, où il a acheté une maison "castor" de la SNCF : il en explique le principe.
  • Guy Gitteau égrène des souvenirs de ses années de travail, notamment ses prises de position contre les grèves, y compris en mai 68 lorsque la CASE a fermé pendant 3 semaines. Il rend hommage à certains de ses collègues ou supérieurs qui l'ont discrètement soutenu. Il explique le calcul du chronométrage et explique qu'il n'a jamais souhaité chronométrer ses collègues. Il explique la solidarité existant entre apprentis et pour finir, nous montre une pièce de bronze réalisée en 2e année d'apprentissage, un essai d'"excentrique" et donne les explications de sa fabrication.
Titre: Guy Gitteau, ancien tourneur puis responsable du service facturation chez CASE
Date de réalisation: 01/01/2011
Lieu de réalisation: Vierzon
Genre: Entretien filmé
Langue(s): Français
Guy Gitteau fait ici le récit de son quotidien chez Case et de sa progression au sein de l'entreprise. Il aborde les conditions de travail, les relations entre salariés et supérieurs, les conflits mais aussi les temps de sociabilité. Il en profite pour évoquer quelques souvenirs de guerre et l'histoire de Vierzon-Village où il vit depuis 1984.
Nom: GITTEAU
Prénom: Guy
Rôle: Témoins de l'époque
Adresse: France
© GITTEAU Guy, Vierzon, France, 2011
Nom: Université François Rabelais de Tours /CITERES/ CETU ETIcS
Rôle: Producteurs d'oeuvres audiovisuelles
© Université François Rabelais de Tours /CITERES/ CETU ETIcS, 2011
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler la paternité de(s) ayant-droit(s) du contenu du média: © GITTEAU Guy, Vierzon, France, 2011 © MICHAU Nadine, Université François Rabelais de Tours, 2011. Vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/.
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
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Titre: Analyse thématique de l'entretien filmé de Guy Gitteau, ancien tourneur
Type: Analyses thématiques
Id analyse: ec5262f7-8a79-445a-b121-a1c74c7af3a4
Id vidéo: 43b68dd0-5b30-48c7-8464-fb153eeae1f1