Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ?. COSME Cyril, DECAILLON Joël, DE SCHUTTER Geoffroy, ESTABLIE D'ARGENCE Marie-Pierre, GERIN Bernard, KNIAZ Eric, MEDA Dominique

Chapitre

Titre: Présentation de la séance par Dominique MEDA
Durée: 00:04:05   [00:00:00 > 00:04:05]
Cette seconde table ronde s'intéresse plus précisément au différents niveaux auxquels les questions de la transition écologique et de l'emploi peuvent être abordées. Ainsi, les niveaux local, régional, national et international seront envisagés.
Titre: L’expérience du projet Alliances Villes Emploi depuis 2008. La gestion territorialisée des emplois par Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE
Durée: 00:20:35   [00:04:05 > 00:24:40]
Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE est déléguée générale de l'équipe technique de l'Alliance Villes Emploi, un réseau de collectivités territoriales créé il y a environ 20 ans. Son propos vise à montrer que ce type de réseau, se situant au niveau local, peut permettre de penser la question de l'emploi de manière intéressante. Cette alliance a créé un certain nombre d'outils d'analyse du territoire, et les Maisons de l'Emploi. Les travaux menés par le réseau sur la question du développement durable montrent la nécessité d'une gestion territorialisée de l'emploi. Les politiques territoriales de l'emploi ne peuvent selon Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE être efficaces que si elles sont menées de manière collective, avec les acteurs. Ainsi, il n'existe aucun niveau plus légitime que d'autres pour penser ces questions. La politique territoriale se construit ainsi non pas de manière descendante, mais bien sur le territoire-même, en dialogue avec les acteurs locaux. Les diagnostics effectués sur des questions particulières doivent donc impérativement être partagés, afin de pouvoir trouver un langage commun d'analyse et donc d'action. Elle retrace ensuite un projet de diagnostic de la filière du bâtiment et de la construction commencé en 2008 et mené par l'Alliance Villes Emploi en partenariat avec l'ADEME ainsi que plus de 1500 acteurs d'échelons variés sur plus de 43 territoires. Cet exemple de projet de politique territoriale mettant au centre le territoire montre la pertinence de telles démarches, éminemment collectives.
Titre: L’expérience du Conseil Régional Nord-Pas de Calais en matière de transition écologique par Eric KNIAZ
Durée: 00:20:34   [00:24:40 > 00:45:14]
Eric KNIAZ est chef du service Eco-développement de la Direction de l'Environnement du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais. Ce service a pour but de traiter les questions économiques et sociales liées aux enjeux environnementaux. Eric KNIAZ est également juriste de formation, et maître de conférence à l'Université Lille 1. Son propos se centrera sur l'échelon régional au sein des politiques d'emploi et de transition écologique. Dans le Nord-Pas-de-Calais, la question environnementale est devenue un objet politique au cours des années 1990. Différentes initiatives expérimentales se sont alors développées, pour avant tout montrer qu'il était possible d'avoir une réelle action à ce propos. Cela s'est réalisé en coopération avec différents acteurs du territoire. Les assises régionales pour la travail et l'emploi ont ainsi visé à mobiliser l'ensemble des acteurs du Nord-Pas-de-Calais. La méthode mise en place a été une démarche de concertation collective permettant ensuite d'aller vers des expérimentations afin de faire progresser les problématiques de l'emploi et de la transition écologique. Eric KNIAZ cite par exemple les recycleries et les ressourceries, qui sont une émanation de cette initiative. A la suite de ces expériences, la question posée par la Direction de l'Environnement était celle de la contribution de la politique environnementale au développement économique et social. A quelles conditions celui-il se réaliser ? Deux éléments ont émergé de cette réflexion. En premier lieu, il semble qu'aussi bien au niveau de l'entreprise que de la collectivité, les initiatives environnementales cherchant à être productives et compétitives ne soient pas suffisantes. Dès lors, il est apparu que d'autres types de réflexions devaient voir le jour. Cela a encouragé en second lieu à développer les éco-entreprises, permettant non plus de seulement réparer les dégâts environnementaux mais de les prévenir. Aujourd'hui, ces éco-entreprises sont perçues par le département comme un secteur d'appui permettant d'aller vers de nouvelles solutions futures. Eric KNIAZ conclut en expliquant que les démarches actuelles de la région Nord-Pas-de-Calais visent à inscrire les questions environnementales et d'emploi en lien avec les acteurs territoriaux. Il souligne enfin la nécessité d'engager au sein de cette démarche une réflexion sur de nouveaux modèles de développement économique permettant de satisfaire les besoins de la population.
Titre: Transition écologique, reconversion, emploi. Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ? par Geoffroy DE SCHUTTER
Durée: 00:16:41   [00:45:14 > 01:01:56]
Geoffroy DE SCHUTTER a eu différentes responsabilités liés à l'environnement au sein d'un gouvernement national belge, et travaille aujourd'hui au sein de l'Institut Eco-Conseil, un cabinet de conseil sur les questions écologiques. Le but de ce celui-ci est de former des demandeurs d'emploi sur une année pour leur permettre de se réinsérer dans le monde professionnel. Il commence par préciser qu'en Belgique, les régions sont totalement souveraines sur les questions environnementales, ce qui est différent du modèle français. Pour répondre à la question posée par cette session, Geoffroy DE SCHUTTER part de deux exemples. Il explique les logiques du nouveau plan Marshall 4.0 présenté lors d'un récent colloque. Ce plan, visant à prioriser des mesures pour le redéploiement économique de la Wallonie, s'appuie sur l'économie numérique et circulaire. Il adopte une posture critique vis-à-vis de ce plan, en montrant en quoi les postures de transition défendues par ces mesures ne rompent pas avec les modèles économiques en place. Il montre cependant en quoi de nombreuses initiatives intéressantes revendiquant le même nom de transition existent à Bruxelles. Il pose alors la question de leur lien avec l'emploi : les activités créées par ces initiatives sont-elles de l'emploi, ou bien sont-elles marginales ? Nécessitent-elles de redéfinir l'emploi ? En somme, Geoffroy DE SCHUTTER explique en quoi le premier modèle (Marshall 4.0, qu'il nomme transition « par le haut ») pose un problème quant à la notion de transition, quand le second (transition « par le bas ») est problématique quant à la notion d'emploi. Ainsi, l'analyse critique de ces deux modèles lui permet de répondre à la question posée, en indiquant que la transition « par le haut » autant que celle « par le bas » présentent des avantages, mais aussi un certain nombre d'inconvénients à prendre en compte.
Titre: Vers un modèle de développement plus économe, plus sobre et plus durable mais non décroissant par Bernard GERIN
Durée: 00:17:17   [01:01:56 > 01:19:13]
Bernard GERIN est spécialiste de la politique industrielle et énergétique au sein de la Fédération Chimie Energie (FCE-CFDT). Cette fédération couvre des branches essentiellement industrielles, sensibilisées à la transition énergétique. La CFDT s'inscrit dans cette même transition, mais non pas dans un schéma de décroissance. Selon l'organisation syndicale, le développement des énergies renouvelables semble nécessaire à l'existence de filières industrielles compétitives et créatrices d'emploi. Ainsi, toutes les activités liées à l'efficacité énergétique semblent contenir un potentiel d'emploi important. Néanmoins, ce bilan d'emploi lié à la transition énergétique doit prendre en compte des domaines qui seront fragilisés, tels que le raffinage, la filière automobile, et le nucléaire. Une autre inquiétude concerne les secteurs électro et gazo intensifs. Un soutien de ces activités en France semble donc nécessaire, sous la menace de délocalisations importantes. Bernard GERIN développe ensuite plus longuement le secteur de la raffinerie, en ce que l'activité de celui-ci se contracte fortement. Bernard GERIN indique ensuite que l'impact de la transition énergétique sur l'emploi ne se mesure pas seulement en termes de volume d'emplois créés ou détruits, mais aussi de manière plus qualitative. Par exemple, le développement du réseau de compteurs intelligents aura un impact sur les emplois des salariés d'EDF et GDF. Enfin, le syndicaliste conclut sur ce point en indiquant que de manière globale, la FCE-CFDT partage les constats dessinés au sein de ce colloque, et envisage l'impact de la transition énergétique sur les emplois comme positif. Bernard GERIN poursuit en envisageant les différents niveaux auxquels la fédération pourra agir sur cette question. Il indique qu'au niveau national, si la FCE-CFDT mène une action avec les filières, de nombreuses préoccupations existent. Les branches professionnelles sont en revanche le principal niveau auquel l'action de l'organisation syndicale prend place. A cet échelon, des observations et analyses existent pour analyser les effets de la transition énergétique, branche par branche. Bien que les négociations avec le patronat soient difficiles à cet échelon, il est toujours possible de les mener au niveau des entreprises, prises de manière individuelle. Le dernier niveau d'action de l'organisation est celui du territoire. Ici, des difficultés quant à la place du syndicat à trouver se font ressentir. Bernard GERIN lance donc un appel aux élus régionaux pour permettre un dialogue plus efficace à ce niveau. Le membre de l'organisation syndicale conclut en insistant sur l'importance du dialogue social, en amont des phénomènes envisagés.
Titre: Une perspective syndicale de la transition par Joël DECAILLON
Durée: 00:10:31   [01:19:13 > 01:29:45]
Joël DECAILLON a occupé le poste de secrétaire général adjoint de la Confédération Européenne des Syndicats. Il est maintenant membre de l'association Lasaire, un laboratoire social d'innovations, de réflexions et d'échanges. Il envisage la notion de diagnostic partagé qui, selon son expérience, est bien plus complexe qu'il est communément admis, pour plusieurs raisons. En premier lieu, il commence par indiquer que selon lui, la négociation syndicale par branche ne va pas de soi. Le deuxième élément est qu'il lui semble nécessaire de négocier au sein des entreprises, sans que celles-ci soient clairement définies. En définitive, il prône une réflexion sur le statut des entreprises pour réellement parvenir à des diagnostics partagés et négociations efficaces.
Titre: La perspective de l’OIT sur la transition écologique et l’emploi par Cyril COSME
Durée: 00:19:12   [01:29:45 > 01:48:58]
Cyril COSME dirige le bureau français de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Le niveau international de la transition énergétique est ainsi mis en perspective. Il indique que la mobilisation de la communauté internationale au sujet de la transition énergétique est indispensable. Le rôle de l'OIT est de promouvoir un consensus entre les agendas de l'emploi et du développement durable. Il développera ici sur l'argumentaire donné par l'organisation, et finira par donner quelques exemples concrets des actions menées sur le terrain. Ainsi, le premier argument qui conduit l'OIT à se saisir de cette question est le constat que la poursuite du rythme actuel de production conduit inévitablement à une impasse en termes de développement humain (santé, inégalités, travail, etc.). Il donne ainsi certains exemples de pénuries déjà constatées dans différentes parties du globe. Le second argument est le fait que les changements climatiques impacteront en premier lieu les catégories plus pauvres de la population. Par exemple, les migrations liées aux changements climatiques, principalement sud-sud, accréditent cette idée. En troisième lieu, l'OIT indique qu'une transition écologique peut être une opportunité pour réduire les inégalités de travail. Il s'agit dès lors de mener conjointement l'agenda de la transition écologique et celui du développement. Le fait de poser le terme en débat d'arbitrage entre ces deux pans représente selon Cyril COSME un danger pour la communauté international. Cyril COSME continue en donnant quelques exemples d'actions de l'OIT : il cite ainsi le programme « Ma maison, ma vie » qui consiste à promouvoir les maisons équipées de panneaux et chauffe-eau solaires au Brésil, certains programmes de formation à l'agriculture, un en Inde permettant des garanties d'emploi, et enfin une réflexion qui consiste à se demander comment les risques de la transition énergétiques peuvent être intégrés dans les socles de protection sociale dans un certain nombre de pays. En définitive, à travers son intervention, Cyril COSME réitère ici une idée traversant cette journée d'études selon laquelle l'emploi et la transition énergétique sont intimement liés, et à mener de manière conjointe.
Titre: Réactions du public
Durée: 00:03:30   [01:48:58 > 01:52:29]
Question 1 : La question de la transition énergétique semble se jouer contre un système économique dominant. Cet aspect semble avoir été éludé par les différentes interventions, et cependant revêtir une importance centrale. Question 2 : Le problème de la pertinence des indicateurs de la transition n'a pas été envisagé.

8 chapitres.
  • Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE est déléguée générale de l'équipe technique de l'Alliance Villes Emploi, un réseau de collectivités territoriales créé il y a environ 20 ans. Son propos vise à montrer que ce type de réseau, se situant au niveau local, peut permettre de penser la question de l'emploi de manière intéressante. Cette alliance a créé un certain nombre d'outils d'analyse du territoire, et les Maisons de l'Emploi. Les travaux menés par le réseau sur la question du développement durable montrent la nécessité d'une gestion territorialisée de l'emploi. Les politiques territoriales de l'emploi ne peuvent selon Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE être efficaces que si elles sont menées de manière collective, avec les acteurs. Ainsi, il n'existe aucun niveau plus légitime que d'autres pour penser ces questions. La politique territoriale se construit ainsi non pas de manière descendante, mais bien sur le territoire-même, en dialogue avec les acteurs locaux. Les diagnostics effectués sur des questions particulières doivent donc impérativement être partagés, afin de pouvoir trouver un langage commun d'analyse et donc d'action. Elle retrace ensuite un projet de diagnostic de la filière du bâtiment et de la construction commencé en 2008 et mené par l'Alliance Villes Emploi en partenariat avec l'ADEME ainsi que plus de 1500 acteurs d'échelons variés sur plus de 43 territoires. Cet exemple de projet de politique territoriale mettant au centre le territoire montre la pertinence de telles démarches, éminemment collectives.
  • Eric KNIAZ est chef du service Eco-développement de la Direction de l'Environnement du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais. Ce service a pour but de traiter les questions économiques et sociales liées aux enjeux environnementaux. Eric KNIAZ est également juriste de formation, et maître de conférence à l'Université Lille 1. Son propos se centrera sur l'échelon régional au sein des politiques d'emploi et de transition écologique. Dans le Nord-Pas-de-Calais, la question environnementale est devenue un objet politique au cours des années 1990. Différentes initiatives expérimentales se sont alors développées, pour avant tout montrer qu'il était possible d'avoir une réelle action à ce propos. Cela s'est réalisé en coopération avec différents acteurs du territoire. Les assises régionales pour la travail et l'emploi ont ainsi visé à mobiliser l'ensemble des acteurs du Nord-Pas-de-Calais. La méthode mise en place a été une démarche de concertation collective permettant ensuite d'aller vers des expérimentations afin de faire progresser les problématiques de l'emploi et de la transition écologique. Eric KNIAZ cite par exemple les recycleries et les ressourceries, qui sont une émanation de cette initiative. A la suite de ces expériences, la question posée par la Direction de l'Environnement était celle de la contribution de la politique environnementale au développement économique et social. A quelles conditions celui-il se réaliser ? Deux éléments ont émergé de cette réflexion. En premier lieu, il semble qu'aussi bien au niveau de l'entreprise que de la collectivité, les initiatives environnementales cherchant à être productives et compétitives ne soient pas suffisantes. Dès lors, il est apparu que d'autres types de réflexions devaient voir le jour. Cela a encouragé en second lieu à développer les éco-entreprises, permettant non plus de seulement réparer les dégâts environnementaux mais de les prévenir. Aujourd'hui, ces éco-entreprises sont perçues par le département comme un secteur d'appui permettant d'aller vers de nouvelles solutions futures. Eric KNIAZ conclut en expliquant que les démarches actuelles de la région Nord-Pas-de-Calais visent à inscrire les questions environnementales et d'emploi en lien avec les acteurs territoriaux. Il souligne enfin la nécessité d'engager au sein de cette démarche une réflexion sur de nouveaux modèles de développement économique permettant de satisfaire les besoins de la population.
  • Geoffroy DE SCHUTTER a eu différentes responsabilités liés à l'environnement au sein d'un gouvernement national belge, et travaille aujourd'hui au sein de l'Institut Eco-Conseil, un cabinet de conseil sur les questions écologiques. Le but de ce celui-ci est de former des demandeurs d'emploi sur une année pour leur permettre de se réinsérer dans le monde professionnel. Il commence par préciser qu'en Belgique, les régions sont totalement souveraines sur les questions environnementales, ce qui est différent du modèle français. Pour répondre à la question posée par cette session, Geoffroy DE SCHUTTER part de deux exemples. Il explique les logiques du nouveau plan Marshall 4.0 présenté lors d'un récent colloque. Ce plan, visant à prioriser des mesures pour le redéploiement économique de la Wallonie, s'appuie sur l'économie numérique et circulaire. Il adopte une posture critique vis-à-vis de ce plan, en montrant en quoi les postures de transition défendues par ces mesures ne rompent pas avec les modèles économiques en place. Il montre cependant en quoi de nombreuses initiatives intéressantes revendiquant le même nom de transition existent à Bruxelles. Il pose alors la question de leur lien avec l'emploi : les activités créées par ces initiatives sont-elles de l'emploi, ou bien sont-elles marginales ? Nécessitent-elles de redéfinir l'emploi ? En somme, Geoffroy DE SCHUTTER explique en quoi le premier modèle (Marshall 4.0, qu'il nomme transition « par le haut ») pose un problème quant à la notion de transition, quand le second (transition « par le bas ») est problématique quant à la notion d'emploi. Ainsi, l'analyse critique de ces deux modèles lui permet de répondre à la question posée, en indiquant que la transition « par le haut » autant que celle « par le bas » présentent des avantages, mais aussi un certain nombre d'inconvénients à prendre en compte.
  • Bernard GERIN est spécialiste de la politique industrielle et énergétique au sein de la Fédération Chimie Energie (FCE-CFDT). Cette fédération couvre des branches essentiellement industrielles, sensibilisées à la transition énergétique. La CFDT s'inscrit dans cette même transition, mais non pas dans un schéma de décroissance. Selon l'organisation syndicale, le développement des énergies renouvelables semble nécessaire à l'existence de filières industrielles compétitives et créatrices d'emploi. Ainsi, toutes les activités liées à l'efficacité énergétique semblent contenir un potentiel d'emploi important. Néanmoins, ce bilan d'emploi lié à la transition énergétique doit prendre en compte des domaines qui seront fragilisés, tels que le raffinage, la filière automobile, et le nucléaire. Une autre inquiétude concerne les secteurs électro et gazo intensifs. Un soutien de ces activités en France semble donc nécessaire, sous la menace de délocalisations importantes. Bernard GERIN développe ensuite plus longuement le secteur de la raffinerie, en ce que l'activité de celui-ci se contracte fortement. Bernard GERIN indique ensuite que l'impact de la transition énergétique sur l'emploi ne se mesure pas seulement en termes de volume d'emplois créés ou détruits, mais aussi de manière plus qualitative. Par exemple, le développement du réseau de compteurs intelligents aura un impact sur les emplois des salariés d'EDF et GDF. Enfin, le syndicaliste conclut sur ce point en indiquant que de manière globale, la FCE-CFDT partage les constats dessinés au sein de ce colloque, et envisage l'impact de la transition énergétique sur les emplois comme positif. Bernard GERIN poursuit en envisageant les différents niveaux auxquels la fédération pourra agir sur cette question. Il indique qu'au niveau national, si la FCE-CFDT mène une action avec les filières, de nombreuses préoccupations existent. Les branches professionnelles sont en revanche le principal niveau auquel l'action de l'organisation syndicale prend place. A cet échelon, des observations et analyses existent pour analyser les effets de la transition énergétique, branche par branche. Bien que les négociations avec le patronat soient difficiles à cet échelon, il est toujours possible de les mener au niveau des entreprises, prises de manière individuelle. Le dernier niveau d'action de l'organisation est celui du territoire. Ici, des difficultés quant à la place du syndicat à trouver se font ressentir. Bernard GERIN lance donc un appel aux élus régionaux pour permettre un dialogue plus efficace à ce niveau. Le membre de l'organisation syndicale conclut en insistant sur l'importance du dialogue social, en amont des phénomènes envisagés.
  • Joël DECAILLON a occupé le poste de secrétaire général adjoint de la Confédération Européenne des Syndicats. Il est maintenant membre de l'association Lasaire, un laboratoire social d'innovations, de réflexions et d'échanges. Il envisage la notion de diagnostic partagé qui, selon son expérience, est bien plus complexe qu'il est communément admis, pour plusieurs raisons. En premier lieu, il commence par indiquer que selon lui, la négociation syndicale par branche ne va pas de soi. Le deuxième élément est qu'il lui semble nécessaire de négocier au sein des entreprises, sans que celles-ci soient clairement définies. En définitive, il prône une réflexion sur le statut des entreprises pour réellement parvenir à des diagnostics partagés et négociations efficaces.
  • Cyril COSME dirige le bureau français de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Le niveau international de la transition énergétique est ainsi mis en perspective. Il indique que la mobilisation de la communauté internationale au sujet de la transition énergétique est indispensable. Le rôle de l'OIT est de promouvoir un consensus entre les agendas de l'emploi et du développement durable. Il développera ici sur l'argumentaire donné par l'organisation, et finira par donner quelques exemples concrets des actions menées sur le terrain. Ainsi, le premier argument qui conduit l'OIT à se saisir de cette question est le constat que la poursuite du rythme actuel de production conduit inévitablement à une impasse en termes de développement humain (santé, inégalités, travail, etc.). Il donne ainsi certains exemples de pénuries déjà constatées dans différentes parties du globe. Le second argument est le fait que les changements climatiques impacteront en premier lieu les catégories plus pauvres de la population. Par exemple, les migrations liées aux changements climatiques, principalement sud-sud, accréditent cette idée. En troisième lieu, l'OIT indique qu'une transition écologique peut être une opportunité pour réduire les inégalités de travail. Il s'agit dès lors de mener conjointement l'agenda de la transition écologique et celui du développement. Le fait de poser le terme en débat d'arbitrage entre ces deux pans représente selon Cyril COSME un danger pour la communauté international. Cyril COSME continue en donnant quelques exemples d'actions de l'OIT : il cite ainsi le programme « Ma maison, ma vie » qui consiste à promouvoir les maisons équipées de panneaux et chauffe-eau solaires au Brésil, certains programmes de formation à l'agriculture, un en Inde permettant des garanties d'emploi, et enfin une réflexion qui consiste à se demander comment les risques de la transition énergétiques peuvent être intégrés dans les socles de protection sociale dans un certain nombre de pays. En définitive, à travers son intervention, Cyril COSME réitère ici une idée traversant cette journée d'études selon laquelle l'emploi et la transition énergétique sont intimement liés, et à mener de manière conjointe.
  • Question 1 : La question de la transition énergétique semble se jouer contre un système économique dominant. Cet aspect semble avoir été éludé par les différentes interventions, et cependant revêtir une importance centrale. Question 2 : Le problème de la pertinence des indicateurs de la transition n'a pas été envisagé.
Titre: Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ?
Sous-titre: Transition écologique, travail, emploi
Auteur(s): COSME Cyril, DECAILLON Joël, DE SCHUTTER Geoffroy, ESTABLIE D'ARGENCE Marie-Pierre, GERIN Bernard, KNIAZ Eric, MEDA Dominique
Date de réalisation: 27/01/2015
Lieu de réalisation: FMSH, 190 avenue de France, 75013 Paris, FRANCE
Genre: Workshop filmé
Langue(s): Français
Cette journée d'études organisée par l'Institut Veblen et le Collège d'Etudes Mondiales de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme est dédiée à l'impact de la transition énergétique sur les emplois. Pour étudier cette question, des acteurs provenant de différents champs (universitaire, associatif, syndical, professionnel) interviendront lors de trois séances dédiées à l'exploration d'une problématique spécifique. Cette seconde séance s'interroge sur les normes qu'il est possible d'adopter et les niveaux auxquels il est possible de négocier pour mener une transition énergétique permettant la création d'emplois.
Marie-Pierre ESTABLIE D'AGENCE, déléguée générale de l'équipe technique de l'Alliance Villes Emploi, montrera que ce type de réseau, se situant au niveau local, peut permettre de penser la question de l'emploi de manière intéressante. Eric KNIAZ, chef du service Eco-développement de la Direction de l'Environnement du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, se centrera sur l'échelon régional au sein des politiques d'emploi et de transition écologique. Geoffroy DE SCHUTTER, expert au sein de l'Institut Eco-Conseil, analysera deux modèles belges différents de transition énergétique et d'emploi. Bernard GERIN, spécialiste de la politique industrielle et énergétique au sein de la Fédération Chimie Energie (FCE-CFDT), expliquera à quels niveau peut intervenir l'organisation sur ces questions. Joël DECAILLON, ex-secrétaire général adjoint de la Confédération Européenne des Syndicats, prolongera cette mise en perspective de la transition énergétique au prisme du syndicalisme. Enfin, Cyril COSME, directeur du bureau français de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) fournira une perspective internationale de la transition énergétique.
Nom: COSME
Prénom: Cyril
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Directeur
Adresse: Paris, FRANCE
Cyril COSME est directeur, Bureau français de l'OIT, Paris, FRANCE, 2015
Nom: DE SCHUTTER
Prénom: Geoffroy
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Expert
Adresse: Namur, BELGIQUE
Geoffroy DE SCHUTTER est expert, Institut éco-conseil ASBL, Namur, BELGIQUE, 2015
Nom: DECAILLON
Prénom: Joël
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Ex-secrétaire général adjoint
Adresse: Paris, FRANCE
Joël DECAILLON est ex-secrétaire général adjoint, Confédération Européenne des Syndicats, Paris, FRANCE, 2015
Nom: ESTABLIE D'ARGENCE
Prénom: Marie-Pierre
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Déléguée générale de l'équipe technique
Adresse: Paris, FRANCE
Marie-Pierre ESTABLIE D'ARGENCE est déléguée générale de l'équipe technique, Alliance Villes Emploi, Paris, FRANCE, 2015
Nom: GERIN
Prénom: Bernard
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Spécialiste de la politique industrielle et énergétique
Adresse: Paris, FRANCE
Bernard GERIN est spécialiste de la politique industrielle et énergétique, FCE-CFDT, Paris, FRANCE, 2015
Nom: KNIAZ
Prénom: Eric
Rôle: Intervenants avec communication
Appartenance: Ergonyme (nom propre)
Fonction: Chef du service Eco-développement
Adresse: Lille, FRANCE
Eric KNIAZ est chef du service Eco-développement, Conseil Général Nord-Pas-de-Calais, Lille, FRANCE, 2015
COSME Cyril, DECAILLON Joël, DE SCHUTTER Geoffroy, ESTABLIE D'ARGENCE Marie-Pierre, GERIN Bernard, KNIAZ Eric, MEDA Dominique. « Transition écologique, reconversion, emplois. Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ? », Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR), n°2348, 2015, [en ligne] ; URL : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/2348
Type: Droit d'auteur relatif à la production du document source
Le producteur de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) est: © ESCoM-AAR (Equipe Sémiotique Cognitive et Nouveaux Médias, Archives Audiovisuelles de la Recherche), FMSH (Fondation Maison des Sciences de l’Homme), Paris, FRANCE, 2015
Type: Droit d'auteur relatif à la réalisation du document source
Les réalisateurs de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) sont: © DE PABLO Elisabeth, responsable éditoriale, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, FRANCE, 2015 © DOBREVA Neli, ingénieur, ESCoM-AAR/FMSH, Paris, FRANCE, 2015 © SALLEY Benjamin, réalisateur free-lance, Paris, FRANCE, 2015
Type: Droit d'auteur relatif au contenu du document source
L'auteur de cette ressource audiovisuelle (documentaire audiovisuel, enregistrement audiovisuel, ...) sont: © COSME Cyril, directeur, Bureau français de l'OIT, Paris, FRANCE, 2015 © DECAILLON Joël, ex-secrétaire général adjoint, Confédération Européenne des Syndicats, Paris, FRANCE, 2015 © DE SCHUTTER Geoffroy, expert, Institut éco-conseil ASBL, Namur, BELGIQUE, 2015 © ESTABLIE D'ARGENCE Marie-Pierre, déléguée générale de l'équipe technique, Alliance Villes Emploi, Paris, FRANCE, 2015 © GERIN Bernard, spécialiste de la politique industrielle et énergétique, FCE-CFDT, Paris, FRANCE, 2015 © KNIAZ Eric, chef du service Eco-développement, Conseil Général Nord-Pas-de-Calais, Lille, FRANCE, 2015 © MEDA Dominique, professeur de sociologie, Université Paris Dauphine, FRANCE, 2015
Type: Régime général "Creative Commons" relatifs au document source
Cette ressource audiovisuelle est protégée par le régime "Creative Commons". Vous êtes libres de la reproduire, distribuer et communiquer au public. Mais vous devez impérativement signaler sa paternité (son ou ses auteurs), vous n'avez pas le droit de la modifier ni d'en faire un usage commercial. Lecture, diffusion et exploitation concrète de cette ressource audiovisuelle présuppose que vous ayez accepté les règles juridiques Creative Commons décrites dans la page http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
Titre: Analyse de la vidéo « Transition écologique, reconversion, emplois. Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ? »
Langue(s): Français
Type: Analyse plus détaillé
Comment citer: FRINGANT, Matthias. Analyse de la vidéo « Transition écologique, reconversion, emplois. Quelles normes (soft law vs hard law), quelles négociations et à quel niveau (local, branche, national) ? » (Portail AGORA, 2015): http://www.agora.msh-paris.fr/
Id analyse: fb629e82-b5af-4568-bb73-8dcaa7c5d778
Id vidéo: 3a528c26-4d3a-4e48-aa51-20b1a5b51f52